Sunday 05 September 2004 à 09:34
La prévention de la grossesse
Les médecins ont un rôle important à jouer dans la prévention des grossesses non planifiées chez les adolescentes. Les médecins doivent discuter avec leurs patientes des décisions à prendre dès le bas âge et les appliquer à toutes les questions touchant la sexualité, le choix personnel, la pression des pairs, la pratique de la sexualité en toute sécurité et la contraception, en tenant compte du développement de l'adolescente. Ce concept est particulièrement important pour les adolescentes qui présentent un retard du développement, une incapacité ou une maladie chronique. Les adolescents des deux sexes susceptibles de s'engager dans une activité sexuelle précoce doivent être conseillés sur les méthodes de contraception. Les adolescentes à risque de pratiquer des relations sexuelles non protégées comprennent:
celles qui vivent des problèmes familiaux;
celles dont les mères ont été enceintes durant leur adolescence;
celles qui ont une puberté précoce;
celles qui ont été victimes d'abus sexuels;
celles qui s'absentent fréquemment de l'école ou qui manquent de motivation;
celles qui ont des soeurs devenues enceintes durant leur adolescence;
celles qui consomment de l'alcool, des drogues et qui fument;
celles qui vivent dans les maisons de groupes, les centres de détention ou dans la rue.
Le diagnostic
Le diagnostic précoce de la grossesse est essentiel afin de permettre à l'adolescente d'envisager un maximum de solutions et afin d'initier des soins prénatals poursuivre si elle décide de grossesse. De pietres soins prénatals sont la cause majeure du taux élevé de complications chez les adolescentes de 15 à 19 ans. Ce taux est davantage élevé chez les plus jeunes.2,3
Ce diagnostic précoce est souvent difficile à faire, car plusieurs adolescentes nient, même à elles-même, la possibilité d'une grossesse. Les irrégularités menstruelles du début de l'adolescence peuvent également masquer une grossesse. Celles qui présentent ce type d'irrégularités, accompagnées de nausées, de vomissements ou de fatigue doivent être interrogées sur la possibilité d'une grossesse et dépistées en conséquence.
L'analyse de laboratoire peut diagnostiquer une grossesse bien avant qu'elle soit décelable à l'examen physique. La bHCG sérique peut être positive quelques jours seulement après la conception. De simples tests effectués en cabinet, tel l'HCG monoclonal dans l'urine, sont positifs dix jours après la conception. Un examen pelvien bimanuel doit être effectué pour tenter d'établir l'âge gestationnel. L'ultrason peut également être utilisé. Ces tests ne sont pas des substituts à une anamnèse appropriée.
La prise en charge de l'adolescente enceinte
En faisant l'histoire de cas de l'adolescente enceinte, le médecin doit :
s'enquérir des effets physiques et émotifs de la grossesse chez l'adolescente;
déterminer la connaissance qu'a la patiente des options possibles et ce qu'elle pense de ces choix;
envisager les complications;
étudier le risque de VIH, le statut à l'école et l'hébergement;
établit le réseau de soutien de l'adolescente (par exemple : à qui a-t-elle confié qu'elle était enceinte? Comment ces personnes ont-elles réagi?), ainsi que ses objectifs personnels et académiques futurs.
Le médecin qui ne peut conseiller une adolescente enceinte sur toutes les options possibles a la responsabilité de la référer (ainsi que son partenaire, si elle en fait la demande) vers un établissement capable de le faire. L'information sur les services disponibles au sein de la collectivité (et si nécessaire, à l'extérieur de la région) est essentielle.
Afin de minimiser les risques pour l'adolescente enceinte, la Comité de médecine de l'adolescence recommande que les médecins :
conseillent les adolescentes enceintes sans les juger sur leurs choix possibles face à la grossesse;
tentent de protéger l'adolescente contre toute décision forcée concernant ses choix face à la grossesse;
respectent le droit de la patiente à la confidentialité personnelle et médicale;
aident la patiente à établir un réseau de soutien pouvant inclure ses parents, le père du bébé, les professeurs et le personnel infirmier en santé publique;
conseillent les personnes de ce réseau de soutien et leur indique la façon d'aider le mieux possible l'adolescente enceinte;
fassent des rendez-vous de suivi;
s'assurent que les patientes référées à un autre médecin ou service ont respecté leur rendez-vous.
Bien que le temps soit un facteur important car certains choix ne sont plus possibles après la premier trimestre de la grossesse, l'adolescente ne doit pas être contrainte de prendre une décision hâtive. Toute confusion, hésitation ou pression provenant d'autres personnes doivent être prises en considération. Les médecins doivent se rappeler que peu d'adolescentes choisissent de confier leur bébé en adoption et parmi celles qui prennent cette décision, beaucoup changent d'idée après la naissance du bébé. Pour être certaine de sa décision, la mère hésitante doit pouvoir bénéficier d'un contact avec le bébé.
Les médecins doivent également se rappeler que l'adolescente enceinte souhaite faire le «bon» choix. Il peut être utile de rassurer la patiente en lui disant par exemple : «Lorsque la grossesse n'est pas planifiée, il n'y a pas de choix parfait. Tout ce qu'il faut faire, c'est trouver ce qu'il y a de mieux pour toi à ce moment-ci. Peu importe l'option choisie, c'est peu probable qu'elle te semble la bonne à 100 %.»
Un avortement thérapeutique précoce représente le risque le plus faible; un avortement entre 16 et 20 semaines comporte un risque modéré; un accouchement naturel comporte la risque le plus élevé de morbidité et de mortalité.