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jeudi 20 juillet 2006 à 22:02
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quel est le poême qui vous a le plus marqué dans votre vie ?

jeudi 20 juillet 2006 à 22:09
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Pour moi, il s'agit d'un poème de Baudelaire intitulé "ENIVREZ-VOUS". Il m'a marqué parce que je l'ai retrouvé plein de fois au cours d'une même année, ça m'a surpris et donc marqué. Je l'aime bien et il est rempli de métaphores et de symboles.


ENIVREZ-VOUS (C. Baudelaire)


"Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise."
jeudi 20 juillet 2006 à 22:16
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Le poème qui m'a le plus marqué, il est trop long pour être mis ici, c'est La crosse en l'air, de Jacques Prévert.

Vu sa longueur, ça pourrait ne pas être vu comme un poème, mais toutes les images, les sonorités, font qu'il n'y a pas de problème, c'est bien de la poésie happy.gif

J'en parlerais plus longtemps à l'occasion.
jeudi 20 juillet 2006 à 22:22
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Shadow, as tu suivi le conseil de Baudelaire ?
et si oui, de quelle façon t'enivres tu ?
vendredi 21 juillet 2006 à 20:15
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"Le spleen" de Baudelaire
vendredi 21 juillet 2006 à 20:23
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Par les soirs bleus d'été j'irai dans les sentiers,
picoté par les blés, fouler l'herbe menue
rêveur j'en sentirai la fraicheur à mes pieds,
je laisserai le vent baigner ma tête nue
je ne parlerai pas, je ne penserai rien
mais l'amour infini me montera dans l'âme
Et j'irai loin bien loin, comme un bohémien
Par la nature, heureux comme avec une femme

RIMBAUD
vendredi 21 juillet 2006 à 20:40
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QUOTE (Jeanne69 @ 20 Jul 2006 à 23:22)
Shadow, as tu suivi le conseil de Baudelaire ?
et si oui, de quelle façon t'enivres tu ?

Bonne question...
Eh bien, j'essaie toujours de m'enivrer de quelque chose, pour pouvoir vivre dans ce monde, soit de vertu, soit d'amour, soit de travail, soit de Comlive happy.gif
vendredi 21 juillet 2006 à 20:52
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faux cul siffle.gif
vendredi 21 juillet 2006 à 22:05
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Nan c'est vrai ! Quand je me suis relu, je me disais "ça fait assez gnan-gnan" mais c'est la réalité donc j'ai laissé sleep.gif

(enfin pour "Comlive" euuh... siffle.gif)
vendredi 21 juillet 2006 à 22:12
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QUOTE (Major tom @ 21 Jul 2006 à 21:23)
Par les soirs bleus d'été j'irai dans les sentiers,
picoté par les blés, fouler l'herbe menue
rêveur j'en sentirai la fraicheur à mes pieds,
je laisserai le vent baigner ma tête nue
je ne parlerai pas, je ne penserai rien
mais l'amour infini me montera dans l'âme
Et j'irai loin bien loin, comme un bohémien
Par la nature, heureux comme avec une femme

RIMBAUD

oui c'est ça laugh.gif je l'avais pris par coeur wub.gif
samedi 22 juillet 2006 à 17:10
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Pour vivre ici - ELUARD

Je fis un feu, l'azur m'ayant abandonné,
Un feu pour être son ami,
Un feu pour m'introduire dans la nuit d'hiver,
Un feu pour vivre mieux.

Je lui donnai ce que le jour m'avait donné:
Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,
Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.

Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
Au seul parfum de leur chaleur;
J'étais comme un bateau coulant dans l'eau fermée,
Comme un mort je n'avais qu'un unique élément.


Ce message a été modifié par 100% - samedi 22 juillet 2006 à 17:12.
samedi 22 juillet 2006 à 17:51
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L'AMOUR, L'AMOUR

Dans un ciné porno, des retraités poussifs
Contemplaient, sans y croire,
Les ébats mal filmés de deux couples lascifs;
Il n'y avait pas d'histoire.

Et voilà, me disais-je, le visage de l'amour,
L'authentique visage.
Certains sont séduisant, ils séduisent toujours,
Et les autres surnagent.

Il n'y a pas de destin di de fidelité,
Mais des corps qui s'attirent.
Sans nul attachement et surtout sans pitié,
On joue et on déchire.

Certains sont séduisants et partant très aimés;
Ils connaitront l'orgasme.
Mais tant d'atres sont las et n'ont rien à cacher,
Même plus de fantasmes;

Juste une solitude aggravée par la joie
Impudique des femmes;
Juste une certitude : "cela n'est pas pour moi",
Un obscur petit drame.

Ils mourront c'est certain un peu désabusés,
Sans illusions lyriques;
Ils pratiqueront à fond l'art de se mépriser,
Ce sera mécanique.

Je m'adrese a tous ceux qu'on a jamais aimés,
Qui n'ont jamais su plaire,
Je m'adresse aux absents du sexe libébé
Du plaisir ordinaire.

Ne craignez rien, amis, vote perte est minime.
Nulle part l'amour existe.
C'est juste un jeu cruel dont vous êtes les victimes;
Un jeu de spécialistes

M.Houellebecq


(j'ai tout recopié tout seul sad.gif )

Ce message a été modifié par Donnie Darko - samedi 22 juillet 2006 à 17:51.
dimanche 23 juillet 2006 à 05:31
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La Beauté

Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!



Je fus empli d'une merveilleuse et ineffable sensation lorsque je lus pour la première fois ce poème de Baudelaire. pleure.gif

Ce message a été modifié par Mister_Saltarello - dimanche 23 juillet 2006 à 05:34.
dimanche 23 juillet 2006 à 21:34
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Les Litanies de Satan, de Baudelaire.
dimanche 23 juillet 2006 à 23:54
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Ce soir, je suis inspirée:

Ce soir j'suis venu pour secouer
Pas d'arbitre on l'a kidnappé
J'ai rejoint tous mes hobby
Programmé pour faire mon bizz
Serveur un verre d'eau stp
Pas besoin d'alcool pour m'allumer
Enchanté moi c M.P.

Ne me complimentez-pas, je sais que je suis la meilleure.
dimanche 23 juillet 2006 à 23:57
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Pas mal les rimes. On voit que tu as un certain talent. wink.gif
lundi 24 juillet 2006 à 11:20
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Je te remercie !
lundi 24 juillet 2006 à 12:56
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Un jour je me baladais,
avec de la crème sur le nez,
la misscorse est arrivée
je me suis alors cogné
lundi 24 juillet 2006 à 13:16
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Liberté

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer



Paul Eluard
in Poésies et vérités, 1942
lundi 24 juillet 2006 à 14:18
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QUOTE (arcadim @ 24 Jul 2006 à 13:56)
Un jour je me baladais,
avec de la crème sur le nez,
la misscorse est arrivée
je me suis alors cogné

cool.gif

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