vendredi 20 avril 2007 à 14:42

J'vais téléphoner à mon passé, lui raconter mon présent et on imaginera mon avenir.
Y'a une chose que je voulais dire, même pour 3 centimes, j'veux pas grandir.
J'suis différent au moment où j'écris que je le suis. Vous n'êtes déjà plus le même après avoir franchi ces quelques lignes.
La fille du bar, qu'elle me disait, Schopenhauer il avait raison quand il disait que l'homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps et que l'homme de talent de l'employer.
Alors on en a trinqués cinq, on va passer notre temps à l'oublier.
Si tu crois qu'tu me fais peur, toi et tes miasmes de passé.
Si tu crois que j'vais abdiquer, faudra déjà que tu saches t'arrêter, j'ai pas pour habitude de couper une gorge sans te prendre.
Faudra que tu passes prendre un coup quand tu t'auras, j'veux pas que tu te perdes tu vois ?
T'érodes mon histoire sans décence, t'affectionnes les razzias sur les terres de mon présent. Tu pousses un peu plus loin à chaque instant les contours de mon innocence.
Mais j'suis pugnace, j'vais éradiquer ta race, j'vais faire en sorte que tu te nécroses entre mes songes indélicats. Y'aura pas d'accalmie, j'vais te suivre à la trace.
Bobby me disait l'aut' fois qu'Euripide il était pas con, que le temps ne s'occupe pas de réaliser nos espérances, qu'il fait son oeuvre et qu'il s'envole.
J'sais que le temps, tu le connais quand tu fricotes avec l'attente.
Y'a que dans ces moments que tu peux le sentir, en quelque sorte palper sa consistance éphémère. Peut-être que le temps a des sentiments, peut-être que cette enflure s'arrête et te fixe quand tu chiales, peut-être qu'il s'enfuit quand tes rires l'ennuient.
Y'a pas à dire, le temps a ses raisons que la raison ne connaît point. Lui faudrait p't'ête un coup de bourbon tiens, histoire qu'il se prenne moins au sérieux celui-là.
Farouche comme pas deux, il recèle sûrement toute une panoplie de tourments, qu'il égrenne tout en passant sur les amoureux un peu trop heureux, sur tous ceux qui le négligent, qui ne le voient même plus passer. Le temps est peut-être narcissique, p't'être qu'il aime qu'on le supplie de se donner, qu'on l'exhorte à passer doucement, comme une caresse. Faut penser à lui pour qu'il pense à vous, si c'est pas de l'amour réciproque.
L'idéal serait qu'après ces lignes, vous ne l'ayez pas senti..