| QUOTE (_A_ @ 16 Apr 2007 à 20:44) |
| Si c'était le cas tu m'aurais déjà envoyé un Mp. |
| QUOTE (_A_ @ 16 Apr 2007 à 20:49) |
| Est-ce que ce serait possible pour une fois que je me e-tape un mec sans que personne vienne squatter? |
| QUOTE (Immortel95 @ 16 Apr 2007 à 20:51) |
| Pas de e-partouse si je comprends bien ? |
| QUOTE (_A_ @ 16 Apr 2007 à 21:11) |
| Coquin |
| QUOTE (_A_ @ 17 Apr 2007 à 10:41) |
| Emprisonné dans une pièce enfumée. Voilà l’effet que me faisait ma vie. J’avais un travail des plus ennuyeux et j’étais enchaîné à un mariage raté. Ma femme et moi ne nous parlions presque plus, sauf pour nous disputer. Pourtant, au début je l’aimais tendrement. Mais depuis que nous avions appris qu’elle était stérile, c’était son rêve qui s’était effondré, et toute sa colère s’était abattue sur moi. Je n’avais aucun ami, ils étaient soit partis, soit morts. Cela faisait des jours que je n’avais pas dormi. J’avais l’impression de passer à côté de quelque chose de grand. J’arrivais à trente huit ans sans rien avoir accompli. Il me manquait quelque chose. Je me voyais, en cet instant précis, mon attaché-case à la main, sur le palier de mon appartement, et tout me dégoûtait. Je n’avais jamais aimé le papier peint, je trouvais nos meubles hideux et l’ambiance morbide. Toute ma vie défilait sous mes yeux à la même vitesse que le cafard que je voyais se réfugier sous un meuble de la cuisine. Ma femme a débarqué tout à coup dans mon champ de vision. Elle hurlait encore. « C’est à cette heure-là que tu rentre ? Je te préviens… » Instinctivement, comme une défense immunitaire, un mal de tête incroyable s’était abattu sur moi. Je me suis dirigé vers la salle de bain pour prendre une aspirine et j’ai glissé sur une serpillière trempée. Et elle continuait à crier et crier et crier. Si seulement j’avais eu un bâillon… La tempête était passée. Je l’ai entendu sortir pour aller je ne sais où se plaindre de son abruti de mari. Il faisait nuit à présent et tout était silencieux. Un verre à la main et une cigarette à la bouche, j’observais mon reflet dans le miroir. Je ne me reconnaissais pas. Des cernes immenses soulignaient mes yeux et mes tempes avaient commencé à grisonner. Mais qui était cet étranger qui avait pris ma place pendant ces dix dernières années ? Alors j’ai cru comprendre que le temps est une route, et l’éternité la pays. Non le pays vers lequel la route se dirige, mais celui qu’elle traverse et qui la rend concevable. J’ai entendu le bruit de mon verre s’écrasant sur le sol alors que je me précipitais dans la chambre. J’ai sorti ma valise de l’armoire et y ai entassé tout ce qui me passait sous la main. Sans plus attendre, je suis sorti de chez moi et j’ai pris la direction de l’aéroport. Un sentiment de liberté nouvelle m’a envahi devant la porte d’embarquement. J’avais opté pour l’avion qui partirait le plus vite de cet endroit, et peu importait la destination. La destination, c’était Montréal. Lorsque l’avion allait atterrir, j’ai vu tous ces toits verts, si différents du grisâtre de la capitale française, et un sentiment d’apaisement m’a envahit. J’ai d’abord cherché un hôtel, puis je suis allé visiter la ville. Tout me paraissait éclairé et chaleureux. Les habitants étaient plus ouverts, plus généreux qu’à Paris. Il y avait plus d’espace, je me sentais enfin respirer. Tout était plus beau. Alors que je déambulais, j’ai vu la devanture d’un café-restaurant qui m’a attiré. Un vieux panneau en bois y était accroché. A l’origine il devait représenter un cheval, puisque le nom de l’établissement était le Cheval Blanc, mais les intempéries avaient effacé la quasi-totalité du dessin. Je suis entré dans le café et ai été accueilli par un brouhaha confortable. Je n’étais plus allé dans un café depuis mon mariage et lorsque j’ai retrouvé ce bruit de fond et cette odeur si particulière de café mêlé à celle de cigarette, j’ai compris à quel point cela m’avait manqué. Je suis resté des heures attablé, à écouter les nouvelles du pays et les commérages. La nuit était tombée, illuminant le ciel de ses étoiles. J’avais l’impression qu’elles brillaient plus qu’à Paris. En réalité, je voyais tout d’un œil neuf, et chaque chose m’apparaissait mille fois plus belle que je ne l’avais jamais vue. Tout à ma contemplation, je n’avais pas remarqué que le bar s’était peu à peu vidé. Seuls quelques habitués traînaient encore, l’un discutant avec le patron, l’autre lisant un journal. Le regard perdu dans le vague, absorbé par mes pensées, j’ai mis du temps à me rendre compte que quelqu’un s’asseyait à ma table. Il s’agissait d’un jeune garçon à l’allure plutôt débraillée avec son jean troué et ses cheveux blonds en bataille. Il avait des yeux verts pétillants qui contrastaient avec son attitude tranquille. - Vous venez de Paris ? Etonné, j’opinai du chef, incapable de dire un mot. - Ca se voit, vous avez cette aura grisâtre que tous les parisiens ont. Je n’ai jamais compris pourquoi d’ailleurs. - Certainement l’ennui. Il m’a renvoyé le sourire que je lui ai donné et nous avons commencé à parler. Chassés du café quelques heures plus tard, nous avons continué notre conversation dans les rues de Montréal. Tout en marchant, nous parlions de tout, sans tabou. Depuis combien de temps n’avais-je pas eu une conversation aussi passionnée ? Ce garçon était tout simplement exceptionnel. Non seulement il était très mature, mais il avait une sensibilité charmante qui faisait qu’on ne pouvait lui résister. Durant cette nuit, je me suis senti pousser des ailes. J’avais oublié toute notion de faim, de soif ou de fatigue. J’avais l’impression de le connaître depuis toujours, tout en prenant plaisir à le découvrir comme un ami qu’on n’aurait pas vu depuis le lycée. Lorsque l’aube pointa, nous sommes allés dans ma chambre d’hôtel. Allongés sur le lit, les yeux rivés au plafond, nous avons continué notre échange. Je commençais tout de même à accuser le coup. Le décalage horaire et cette nuit blanche eurent raison de moi. J’avais cru fermer les yeux juste un instant, mes lorsque je les ai rouvert, il était midi passé. Je fus déconcerté de ne pas trouver Gabriel dans la pièce. Est-ce que tout ceci n’avait été qu’un rêve ? Non. Non ! Je me suis levé précipitamment et au même moment Gabriel est sorti de la salle de bain, une simple serviette nouée autour de la taille. Mon premier sentiment fut du soulagement, mais après c’est une chaleur qui ne m’était pas étrangère qui m’a envahit. Les yeux de Gabriel me suppliaient silencieusement. Sans réfléchir, j’ai foncé à travers la pièce et l’ai embrassé passionnément. Je n’avais jamais rien ressentit comme cela auparavant. Nos corps et nos esprits formaient une osmose parfaite. Gabriel était la personne que j’avais attendue toute ma vie. Il réussissait à combler ce manque que j’avais ressenti pendant si longtemps. Notre relation était si intense qu’elle nous surprenait parfois nous même. Chaque jour passé en sa compagnie était un délice sans nom. Je l’aimais. Je l’ai aimé comme jamais je n’avais aimé avant, et comme jamais je n’aimerai plus. Notre vie était faite de voyages. Nous vivions dans les hôtels, sans jamais nous arrêter bien longtemps dans un même pays. C’est à Venise que je lui ai dit à quel point je l’aimais. Nous sommes passés par tous les clichés du romantisme pour enfin nous déclarer notre amour que nous savions déjà si profond. Tout était parfait. Seulement c’est bien connu, la perfection ne dure jamais longtemps. Les mois se sont écoulés, puis les années ont passé et c’est la routine qui a fait son œuvre. Progressivement un mal s’est insinué en nous et a finit par nous gangrener. Nos mots d’amour se sont transformés en silences, nos soupirs en agacement et nos élans en froideur. Une atmosphère lourde nous enveloppait, comme un orage prêt à éclater d’un moment à l’autre. C’est à soir à Stockholm qu’il a explosé. Nous étions à une soirée à laquelle nous avions été invités par une connaissance de Gabriel. Nous nous amusions chacun dans notre coin, sans nous préoccuper de l’autre. Nous cherchions avant tout à nous détendre et à sortir de notre cocon dans lequel nous avions été enfermés trop longtemps. Mais Gabriel a voulu trop s’amuser. Il s’est soûlé comme jamais et je l’ai retrouvé au lit avec un autre. Après cet épisode, notre vie est devenu un enfer. A présent ce que nous échangions n’étaient plus que des reproches, des insultes et des coups. La violence orale comme physique que nous utilisions me rend encore perplexe. Elle était à l’image de notre passion : incontrôlable, dévorante. J’aime à croire que c’est notre passion qui nous a détruit. J’ai eu beau chercher par la suite, je n’ai rien vu qui ressemblait de loin à ce qu’il y a eu entre nous. Parmi tout ce que nous avons vécu ensemble, une scène en particulier est toujours aussi nette que lorsque je l’ai vécu. Je sens encore l’odeur de la pièce, la légère brise qui effleurait ma peau et la présence de Gabriel. J’étais allé faire une petite course et lorsque je suis remonté dans notre chambre, il était debout et regardait à travers la fenêtre. Les derniers rayons de soleil le faisaient baigner dans une lumière tamisée, noircissant ses yeux. Il était tellement beau et tellement calme. Bien trop calme. Je me suis avancé vers lui, pris de panique. - C’est trop tard. Il m’avait jeté cette phrase presque à contre cœur. J’étais stupéfait qu’il puisse autant garder son calme. J’ai lâché les paquets que j’avais dans les mains, refusant d’entendre la suite. - Je pars. Partir ? Comment ça, tu pars ? Et pour allez où ? Tu ne peux pas me quitter ! Je t’aime trop ! J’ai besoin de toi… Ne me quitte pas ! C’est ce que j’aurai aimé lui dire, mais j’étais trop abasourdi. Je suis resté pétrifié, incapable de faire un geste. Je l’ai vu se diriger lentement vers moi. Nous nous sommes regardés un long moment. Le bruit que fit sa main lorsqu’elle frappa ma joue sembla s’être décuplée par le silence, alors que la chaleur de son baiser ne s’attarda même pas sur mes lèvres. Et avant que la douleur de s’apaise, j’entendis la porte claquer, et une larme s’écraser sur le sol. |
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