Tuesday 03 April 2007 à 20:36
Pour celle qui sera,un jour,la reine de la feria.
L'ENFANT QUI AIMAIT TROP LES LIVRES
Plus tard, sa mère dira qu'elle avait cru l 'entendre reciter des poèmes,dans son ventre.
Tres tôt,à l'âge où les enfants jouent aux billes,il mettait ses soldas de Napoleon,en ordre de bataille.
Il n'aimait pas les jeux violents,seulement les tactiques.
Son grand père,berger,lui racontait des histoires d'avant,quand il y avait des bandits d'honneur.
A deux ans,il montait tous les soirs,dans le grand phare blanc,que son père allumait,des la tombée du jour.
Sa mère lui lisait des contes pour enfants,mais il preferait les poèmes qu'elle inventait pour lui.
C'etait un enfant doux et calme,avec de grands yeux verts.
Il n'aimait pas l'école,où il perdait son temps.
A 3 ans,sa soeur vint au monde,il ne la quitta plus jamais.
Il lui restait 4 ans à vivre.
Chacun apporta une peluche,un jouet d'enfant,mais lui,il voulut lui ecrire un poème,dans une ecorce de pin,avec l aide de son grand père.
Juste trois lignes,pour "sa" princesse à lui.
Il lisait couramment toutes sortes de revues,il etait curieux de tout.L'astronomie,l 'histoire des romains le fascinaient.
Et puis,un jour,dans le grenier,il trouva le livre"à ma fille adèle", de Victor hugo.
Ce fut le pemier tournant de sa courte vie.
Il commença à parler de tombes,il criait la nuit.
Il n'allait plus à l'école,les professeurs disaient qu'il s'ennuyait.
Il voulait lire,lire,devorer des ouvrages.Ne plus manger,pour lire.
Il apprit à parler à sa soeur,lui recitait des pages entières de victor Hugo,même si elle ne comprenait pas.
Quand elle fut capable de parler,il mirent au point des jeux de mots,des languages à eux,que les parents ,ne pouvaient decrypter.
Un jour,sa mère le trouva,en pleurs,un livre à la main.
Pour sa fète,son grand père,lui avait offert"la petite fille aux allumettes",il failit en mourrir.
Ses parents eurent beau lui dire que ce n 'etait qu'une histoire inventée,il ne voulut rien savoir.
La souffrance de cette enfant,devint la sienne.Il demanda à ses parents,toutes les versions existantes,de ce conte d'Andersen.
Il se mit à appeler sa Soeur,phenora,comme dans une autre version de ce livre.
Ses parents l'emmenerent consulter un docteur,specialisé dans les maladies infantiles.
Apres maintes auscultations,il leur laissa peu d'espoir qu'il depasse les 20 ans.
Donner de somnifères à un enfant de cet âge,fut la seule soluion,pour lui faire dormir 4 heures.
Le docteur avait onseillé à ses parents,effondrés,de lui attacher les doigts,avec un ruban,pour l'empecher de lire la nuit.
Sa soeur prit la relève,et lui lisait "l albatros".Ils avaient fini par apprendre à le lire à l'envers.
Cet Albatros lui faisat mal,toutes les soufffrances etaient les siennes.
Beaudelaire fut devoré,ruminé,recité.Toute la collection y passa.
Le mal empirait,il delirait,disait que la fin du monde etait proche.
La nuit,il criait"hyperion,hyperion".
Les jours passaient trop vite,il avait encore tant de choses à decouvrir.
Il voulut voir Rome, le forum où Jules Cesar avait parlé, le colisée (il amait les gladiateurs)
Et puis la Grece,où un virus le frappa,aux yeux,pendant qu'il admirait le cirque d'Ephèse.
Terrorisé par la peur de ne plus voir,il ne voulut plus sortir au grand jour,pendant les heures où le oleil,etait à son zenit.
De retour chez lui,une accalmie sembla se dessiner,dans son état de santé.
Mais ce fut de courte durée,les livres l'appelaient,encore et toujours.
Sa maladie,eut un effet sur sa soeur,qui se mit à lire autant que lui.
Pour la Noêl,il demanda la version chantée par leo ferré,de "l albatros".
Sa soeur demanda des livres,des livres,n 'importe lesquels.
Comme ils avaient déjà toute la collecion de hugo et de Beaudelaire,on lui offrit 5 livres de Rimbaud.
Elle battit des mains,devant les livres du poête maudit,que son frère avit déjà commencé à feullieter.
C'est à ce moment qu'il prit sa decision.Pourle titre d'un poême"les poêtes de 7 ans".
C'etait ecrit pour lui,il en etait certain.
Puisqu'on pouvait ètre poête, à sept ans,ça lui suffisait,il n'irait pas jusqu'à huit.
Sa soeur fut alarmée de cette decision,n y crut pas,comment etait-ce possible?
Il n'en parla qu'à elle,qui l'ecoutait en pleurs.
Ne rien dire aux parents,ne pas les inquieter.
A partir du moment où sa decison fut prise, l se mit à aller mieux,visitait son gran-père,montait allumer le phare.
Plus rien ne pouvait lui arriver.
Ses yeux alaient mieux,il respirait normalement,ne criait plus, la nuit.
Il voulait finir 5 livres sur les romains.
Ensuite,il attaquerait "le memorial des corses",en 6 gros volumes,qu'il avait peur de ne pouvoir terminer.
Des camarades de classe,lui rendaient visite,mais ça lui faisait perdre du temps.
Il preferait rester avec sa soeur,lui lire des histoires de leur île, la Corse.
Quand ils passaient devant la maison de Napoleon,en allant chercher le pain,ils saluaient d'un petit signe de tête.
Ils se mirent à passer des journées entières,dans la grotte,où Napoleon aimait mediter et lire.
Son père fut un peu inquiet,de voir sa reaction reservée,quand il lui offrit une monnaie de jules Cesar.
En temps normal,il aurait crié de joie.
Là,seuls ses yeux brillaient de plaisir,mais pas de sauts de joie.
Le père surprit un discret regard de connivance,entre les deux enfants.
Mais il ne pouvait imaginer que,dans deux jours,son fils adoré,serait mort.
Sa mère,pourtant,avait dit que ,selon la voisine,le gamin "aurait l'oeil".Autrement dit,un mauvais sort,aurait été jeté sur lui,et qu'il en mrrait.
Son mari,lui repondit qu'il ne fallait pas ecouter cette vieille sorcière edentée.
L'enfant n'avait jamais paru aussi beau,et joueur.
Il fut tres volubile,avec ses parents.
Avant d'aller se coucher,ils jouerent une petite pièce;sur le thème de la conquète du monde,par Alexandre le grand.
Deux enfants,si beaux,si innocents.
Contrairement aux autres soirs;il ne voulut pas que sa soeur,dorme avec lui.
Il lui parla longtemps,quand elle fut couchée,le regardant de ses yeux de braise.
Elle lui demanda s'il se transformerait en colombe,il acquiesa,et lui dit de bien regarder le ciel,demain;et les autres jours.
Qu'il serait toujours là,pour veiller sur elle.
Qu'elle pense à bien lire tous leurs livres de poêmes,les cita tous.
Et qu'elle soit toujours fière d'ètre Corse.Et que les corses ne pleurent jamais.
Il lui dit qu'elle serait toujours sa Phenora,dans son coeur,qu'il l'aimerait jusqu'à la fin du monde.
Elle ne voulait pas detacher ses petits bras de son cou,lui disant qu'elle serait toute seule,perdue,sans son petit prince.
ET puis, la fatigue venant,elle s'endormit.
Apres l'avoir longtemps regardée,il l'embrassa doucement sur le front,en ecartant ses mèches brunes.
Le lendemain,jour de son anniversaire,ses parents le trouverent dans son lit.Le croyant endormi,ils allaient repartir vers la porte,quand ils apercurent tous les livres,alignés soignesement autour du lit,ainsi que tous les petits soldats de plmob ,de l'armée des grognards de Napoleon,avec Murat,sur son beau cheval.Et surtout,posée sur un mouchoir,la pièce de jules Cesar,avec laquelle,il s'endormait toujours.
Il souriait presque,comme delivré.
Le petit poête etait mort.Il n'avait que 7 ans.
Une petite lettre,etait posée sur ses livres.
Il laissait tout à sa soeur cherie.Qu'elle s'occupe bien de ses petits soldats;ert de ses livres.
Et un mot pour ses parents"ne pleurez pas,je suis avec ce grand albatros blanc,aperçu du phare,l'autre jour".
Comme il l'avait souhaité,ses cendres furent dispersées sur sa terre natale,qui lui servirait de linceul.
Sa soeur avait tenu à conserver quelques cendres,dans un bocal,entouré du drapeau à tête de maure,symbole de la corse.
De sa main mladroite,a soeur avait tenu à ce que soit brûlé avec lui,une lettre,les paroles d'une chanson de goldman.
"deviens souffle,sois colombe,
pour t 'envoler.
vole,vole,petite flamme
vole mon ange,mon âme,
quitte ta peau de misère
va retrouver la lumière"
Quant à ses parents,en guise d'adieu,il lui avaient ecrit ce texte d'Eugène Manuel,tiré de"Le commencement et la fin"
"Enfant, à votre première heure,
On vous sourit, et vous pleurez.
Puissiez-vous, quand vous partirez,
Sourire, alors que l’on vous pleure !"
Des villageois chantèrent sa chanson preférée"Sintinnedi("sentinelles"),en hommage aux tours qui gardent le cap corse.
Ainsi vecu et mourut un amoureux des livres,un petit poête de 7 ans.
Alexandre,alexis,alex, le 3 avril 2007 à 20 heures.
Ce message a été modifié par oz - Tuesday 03 April 2007 à 20:36.