| QUOTE (pampelune @ 04 Dec 2006 à 20:24) |
| Oz moi aussi j'ai trouvé ça génial ! C'est si...ressemblant que j'en suis... troublée |
| QUOTE (pampelune @ 05 Dec 2006 à 09:54) |
| Merci et contente que tu te soit rendue compte de mon sexe |
| QUOTE (oz @ 04 Dec 2006 à 17:49) |
| Ce texte n engage que son auteur.J espère que,beaucoup s y reconnaitront. COMLIVE ET LES AMOURS VIRTUELLES |
| QUOTE (oz @ 04 Dec 2006 à 17:49) |
| Ce texte n engage que son auteur.J espère que,beaucoup s y reconnaitront. COMLIVE ET LES AMOURS VIRTUELLES ... |
| QUOTE (space oddity @ 10 Dec 2006 à 06:32) |
| Voilà deux semaines que cette chose était enfermée dans un placard. Quelle idée de l'avoir achetée, quelle idée d'avoir introduit ça chez lui? Ernst regarda autour de lui, persuadé qu'il y avait une présence là où il n'y avait pas même son ombre. "Je deviens fous. Je deviens fou!" murmura-t-il, puis il continua de tourner en rond, imperturbable. Il espèrait que quelqu'un frappe à sa porte, de la chaleur, pour changer de cet endroit confiné qui glaçait les moindres méandres de son épiderme, jusqu'à son âme. En avait-il vraiment une d'ailleurs? Un gros mot encore, entiché d'un orgueil qui n'avait d'égal que l'étroitesse du nom. Il passait et repassait devant ce miroir. Inutile de se regarder en face, il n'y avait que du vide, ce vide du reflet qui avait conquis son regard, ou bien fût-ce l'inverse. Encore ce soir, des fantômes insolents venaient ricaner autour de lui, tournoyant jusqu'à lui en donner le vertige. Mais cette fois-ci c'était différent. Ernst se joignit à la danse, et il ricana avec eux, d'une ironie malsaine. Pour une fois, il n'était pas assomé par eux, pour une fois il ne cherchait pas à les chasser par des cris, des larmes, ou une rangée de verres d'absynthe. Il s'agenouilla face à ces monstres du passé, leur ouvrit des bras de pénitent, et il goûta enfin le suc de la souffrance. Pourquoi vouloir à tout prix changer de trottoir quand elle se présentait dans son plus simple appareil? Tout ce qu'il voulait à présent c'était unir son corps avec la souffrance, cette volupté de la résignation, qui le tiraillait sans vergogne jusqu'au plus petit os, jusqu'à son dernier souffle s'il le fallait. C'était la maîtresse la plus libertine de la vie. Certains la traitaient comme une catin capricieuse, face à laquelle on cédait presque toujours, par faiblesse, et que l'on dénigrait une fois sorti de ses griffes. Entre ses mains on se laissait aller, jusqu'à ce qu'elle décida de nous délaisser, toujours en proie à son bon vouloir, mais surtout toujours parce qu'en sa compagnie on se sentait vivant... "Tu te feras encore la malle quand je m'endormirai, c'est ça?" Il ne supportait plus cette idée. Son lot, il l'avait adopté, il en était dépendant. Qui de la souffrance ou de lui était le parent de l'autre? Il ne savait plus désormais. Ca lui importait peu, elle était sienne et elle devait le rester, quoiqu'il arrive, car elle était le dernier fil auquel il puisse se raccrocher pour se sentir un semblant d'existence, sentir vibrer en lui les mouvement impétueux de ses passions, aussi destructrices fussent-elles. La nuit avançait, il dansait toujours avec ses fantômes, mais de manière frénétique. Il s'engourdit , pâlit de ne les voir jamais se fatiguer. Ils étaient fatalement voués à disparaitre dans son sommeil. Celui-ci claquerait la porte au nez de la souffrance, et Ernst luttait tant bien que mal contre ce moment qui allait de toutes façons arriver. Sa douce sorcière commençait déjà à s'éloigner tandis que les membres de l'homme s'engourdissaient... Dans un dernier sursaut, il contempla son visage aux pommettes si agressives, au regard impitoyable. "Reviens me saigner encore, sale putain" supplia-t-il dans le vide le plus total. Tout fut néant autour de lui, en lui, il n'était plus qu'un caillou échoué au bord d'une rivière qui poursuit son cours, sans lui. Et cela ne lui fit rien... A l'intérieur de lui, tout avait péri, sans exception. Et cela ne s'était pas fait du jour au lendemain, il l'avait vu grandir un peu plus chaque jour, ce néant; néant qui n'avait aucun point de départ, ni dans le temps, ni dans l'espace, il était là et par nature il était voué à tout engloutir dans son informité... Une semaine plus tard, on retrouva son corps, pendu au lustre, seule verrue de ce plafond dont la blancheur maladive rappelle le cadeau empoisonné livré à tous, qu'est la solitude. Et ce ticket de caisse qui traînait encore près du fameux placard, affichait d'une ironie intacte l'achat d'une corde, et son prix, celui de la déliquescence... © anti-copyright Et Joyeuses fêtes bien sûr! |
| QUOTE (Yusaku Godai @ 09 Dec 2006 à 20:21) | ||
Ca a déjà été dit et redit, mais j'aime beaucoup la façon dont tu restitues ce qui est loin d'être irréaliste ici. Bravo. |
| QUOTE (space oddity @ 10 Dec 2006 à 06:32) |
| Voilà deux semaines que cette chose était enfermée dans un placard. Quelle idée de l'avoir achetée, quelle idée d'avoir introduit ça chez lui? Ernst regarda autour de lui, persuadé qu'il y avait une présence là où il n'y avait pas même son ombre. "Je deviens fous. Je deviens fou!" murmura-t-il, puis il continua de tourner en rond, imperturbable. Il espèrait que quelqu'un frappe à sa porte, de la chaleur, pour changer de cet endroit confiné qui glaçait les moindres méandres de son épiderme, jusqu'à son âme. En avait-il vraiment une d'ailleurs? Un gros mot encore, entiché d'un orgueil qui n'avait d'égal que l'étroitesse du nom. Il passait et repassait devant ce miroir. Inutile de se regarder en face, il n'y avait que du vide, ce vide du reflet qui avait conquis son regard, ou bien fût-ce l'inverse. Encore ce soir, des fantômes insolents venaient ricaner autour de lui, tournoyant jusqu'à lui en donner le vertige. Mais cette fois-ci c'était différent. Ernst se joignit à la danse, et il ricana avec eux, d'une ironie malsaine. Pour une fois, il n'était pas assomé par eux, pour une fois il ne cherchait pas à les chasser par des cris, des larmes, ou une rangée de verres d'absynthe. Il s'agenouilla face à ces monstres du passé, leur ouvrit des bras de pénitent, et il goûta enfin le suc de la souffrance. Pourquoi vouloir à tout prix changer de trottoir quand elle se présentait dans son plus simple appareil? Tout ce qu'il voulait à présent c'était unir son corps avec la souffrance, cette volupté de la résignation, qui le tiraillait sans vergogne jusqu'au plus petit os, jusqu'à son dernier souffle s'il le fallait. C'était la maîtresse la plus libertine de la vie. Certains la traitaient comme une catin capricieuse, face à laquelle on cédait presque toujours, par faiblesse, et que l'on dénigrait une fois sorti de ses griffes. Entre ses mains on se laissait aller, jusqu'à ce qu'elle décida de nous délaisser, toujours en proie à son bon vouloir, mais surtout toujours parce qu'en sa compagnie on se sentait vivant... "Tu te feras encore la malle quand je m'endormirai, c'est ça?" Il ne supportait plus cette idée. Son lot, il l'avait adopté, il en était dépendant. Qui de la souffrance ou de lui était le parent de l'autre? Il ne savait plus désormais. Ca lui importait peu, elle était sienne et elle devait le rester, quoiqu'il arrive, car elle était le dernier fil auquel il puisse se raccrocher pour se sentir un semblant d'existence, sentir vibrer en lui les mouvement impétueux de ses passions, aussi destructrices fussent-elles. La nuit avançait, il dansait toujours avec ses fantômes, mais de manière frénétique. Il s'engourdit , pâlit de ne les voir jamais se fatiguer. Ils étaient fatalement voués à disparaitre dans son sommeil. Celui-ci claquerait la porte au nez de la souffrance, et Ernst luttait tant bien que mal contre ce moment qui allait de toutes façons arriver. Sa douce sorcière commençait déjà à s'éloigner tandis que les membres de l'homme s'engourdissaient... Dans un dernier sursaut, il contempla son visage aux pommettes si agressives, au regard impitoyable. "Reviens me saigner encore, sale putain" supplia-t-il dans le vide le plus total. Tout fut néant autour de lui, en lui, il n'était plus qu'un caillou échoué au bord d'une rivière qui poursuit son cours, sans lui. Et cela ne lui fit rien... A l'intérieur de lui, tout avait péri, sans exception. Et cela ne s'était pas fait du jour au lendemain, il l'avait vu grandir un peu plus chaque jour, ce néant; néant qui n'avait aucun point de départ, ni dans le temps, ni dans l'espace, il était là et par nature il était voué à tout engloutir dans son informité... Une semaine plus tard, on retrouva son corps, pendu au lustre, seule verrue de ce plafond dont la blancheur maladive rappelle le cadeau empoisonné livré à tous, qu'est la solitude. Et ce ticket de caisse qui traînait encore près du fameux placard, affichait d'une ironie intacte l'achat d'une corde, et son prix, celui de la déliquescence... © anti-copyright Et Joyeuses fêtes bien sûr! |
| QUOTE (Sablevent @ 15 Dec 2006 à 01:29) | ||
Excellent! |
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