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Livenet > Forum > Livres et Bds
Monday 23 October 2006 à 19:39
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Une petite foule était assemblée autour du corps. Un enfant accroupi le tripotait du bout d'une branche maigre et effeuillée. Un murmure faisait vibrer l'air autour de l'attroupement. Aucun danger, pourtant la foule éprouvait une certaine angoisse. L'enfant accroupi continuait de faire bouger mollement l'épaule du cadavre. Il ne savait pas. Aujourd'hui, les gens ne meurent plus excepté quelques marginaux et quand ils trouvent un clochard mort dans la rue cela créé un effet de surprise évident mêlant peur et fascination morbide. Dizzy était amoureux d'une femme d'une quarantaine d'années qui, à l'age de douze ans, était une groupie de Nirvana. Des traits poétiques dessinaient sur son visage sa jeunesse envolée et, elle portait des sandales à talons pour montrer qu'elle était encore féminine.
J'essayai de la captiver, de la toucher en plein coeur. Tout n'est pas si simple pour éviter la menace de la solitude et du désespoir. Accoudés à la fenêtre, souvent, on regarde le ruisseau qui passe au pied de l'immeuble, un petit ruisseau sauvage qui s'écoule, depuis des millénaires, juste à côté du grand quadrilatère de béton, sauvé de quelques mètres seulement des projets des urbanistes. De l'autre côté, dans la rue, la petite foule se disperse et dans l'indifférence général la police du bien-être arrête un homme dont le sourire n'est pas assez convainquant.
Tuesday 24 October 2006 à 03:19
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Pardon maman
Je ne m'aime pas
Dois je t'en vouloir
De t'avoir préférée
A moi
Dois je te mépriser
D'avoir pris ma place
Dans le miroir
C'est toi que je vois
Je ne veux pas
Te ressembler
Pardon maman
Tu m'as brisée
J'ai voulu t'aider
Personne ne me croit
Ne veut de moi
Pardon maman
A chaque fois
Je pense à toi
Tu m'as menti
Tu m'as trahie
Tu m'as aimée
Je sais pas pourquoi
Je t'ai pardonnée
J'ai renoncé
Je n'ai pas pu te laisser
Pardon maman
Je reviens
Je te tends la main
Tu me garderas
Je vivrai pour toi
A travers toi
Je ne veux pas être toi
Pardon maman
Je ne t'aime pas
Comme avant
Pas comme un enfant
Je t'ai protégée
Je t'ai défendue
Je n'ai pas su
Me préserver
Pardon maman
Je glisserai
Dans le vent
Je ne peux pas
Te détester
Pardon de ne pouvoir
Te dire au revoir
Tu as besoin de moi
Je t'aime, crois moi
Tuesday 24 October 2006 à 14:23
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QUOTE (Hardoss666 @ 22 Oct 2006 à 09:05)
Shadow 1,618 : qui est cette chanteuse qui aura la chance de chanter ce fabuleux texte ? ph34r.gif

Bah elle n'est pas connue, je fais dans l'amateur, pour l'instant mrgreen.gif
Thursday 02 November 2006 à 20:18
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Le docteur Zen décide de me faire une petite injection. La première fois ça n'avait rien changé, le semi-bond dans le futur avait échoué. Là il a décidé d'agrémenter son cocktail acide gamma hydro butyrique/phencyclidine/chlorhydrate de kétamine/chlorhydrate de fluoxétine d'un truc de son invention. Le genre de truc qui vous dilate les veines comme un ver s'introduisant dans un trou trop étroit, rampant sous votre peau, étendant ses vrilles dans le moindre capillaire, une molécule qui vous agrippe les neurones, s'insinuant dans les axones, comme les racines d'une mauvaise herbe; comme des milliards de micros explosions entre les synapses, fracturant la réalité alentours. Des douleurs tracent leurs sillons acides à travers tout mon corps déphasant mon lien avec le présent, avec le temps et l'espace.

Le visage du docteur se décomposa devant moi comme une pomme pourrissant en quelques secondes. Je cherchai à tirer sur mes liens, mais ne sentis aucune force, ils étaient réduits à l'état de vieilles épluchures grisâtres. Je me levai de mon siège. Les cendres dispersées autour du squelette du docteur s'envolèrent dans un courant d'air indiscernable. Entre ses métacarpes, la seringue se trouvait réduite à un tube de verre piqueté de milliards de trous minuscules comme rongée par l'acide, reposant au milieu de la poussière de rouille de l'aiguille. Une chose arachnide faisait sa toile dans un coin de l'écran plat du pc posé sur la tablette de travail. Une blessure mal cicatrisée sur ma poitrine (que je n'avais jamais remarquée), s'écartait et se resserrait alternativement suivant les battements de mon coeur faible et malade. Le carrelage fendu, brisé et retourné en de nombreux endroit du sol était couvert par du plâtre détaché du plafond, lequel dévoilait son ossature de fer rongé, ses cartilages de bois maintenus en place par un torchis granuleux comme la chair d'un lépreux.
Dans le couloir étroit percé de hautes fenêtres translucides, aux surfaces granitées ne laissant filtrer qu'un peu de lumière, un hululement étrange, lointain, peut être humain, fit vibrer un instant l'air. D'un côté du couloir, il y avait un tas contre une porte à double battant. Un amas de ce qui semblait être du linge sale. Autour de ce tas, trois formes vaguement humaines assises à même le sol fouillait dans cet amas en grognant, l'une d'entre elle en arracha un objet long et blafard comme une racine noueuse et molle. En m'approchant un peu je vis que le tas était un enchevêtrement de bras de jambe, de corps entremêlées d'un gris sale. Le tas de cadavres formait un amoncellement si haut qu'il en bloquait la porte sur laquelle il était appuyé. Les créatures proto-humaines plongeaient avidement leurs mains difformes et griffues dans la masse de chair terne et en tiraient des monceaux qu'elles apportaient à leurs bouches difformes, aux articulations disjointes, aux dents aiguisées comme des bouts de verre ébréché. Le docteur Zen me répétait souvent, comme un mantra à apprendre par coeur, à chacune de ses visites et dans les haut-parleurs installés dans ma cellule : « la condition humaine consiste à réprimer notre nature profonde, celle là même qui nous incite à nous jeter sur nos semblables et à leur briser les os pour en sucer la moelle encore chaude ». Je me dirigeai vers la porte à l'autre extrémité du couloir dont la peinture blanche écaillée révélait la pourriture grisâtre du mur. Dehors, dans la cour recouverte d'un macadam luisant d'une pluie récente, des tas de cadavres étaient assemblés un peu partout comme les tas de feuilles en automne et autour de ces tas, des créatures presque humaines festoyaient. Dans la cours, des humains allaient et venaient par groupes ou solitaires, ils baragouinaient des phrases incompréhensibles, d'autres poussaient des cris simiesques, d'autres encore courraient dans tout les sens fuyant des ennemis invisibles et peut être imaginaires. Un de ces hommes ramassait des dents brillantes sur l'humidité du sol, comme des bijoux de nacre maculés de sang. Il les comptait, dans le creux de sa main, comme on compte sa monnaie et les triait. Il les plaçait dans une de ses poches en fonction de la taille et de la forme de la dent. A côté de lui, plaqué au sol par cinq individus, un homme poussait des cris de goret tandis qu'un sixième lui arrachait les dents en enfonçant une pince épaisse en inox dans sa bouche gonflée, contusionnée et brillante d'un rouge carmin. Un autre humain se cognait la tête contre un mur de pierres épaisses laissant sur celui-ci une trace circulaire rougeâtre à l'endroit de l'impact. Au pieds de ce mur, un homme au regard halluciné et animal grattait le sol de manière frénétique, comme un chien cherchant son os, s'arrachant les ongles et réduisant les bouts de ses doigts à une pulpe brunâtre de saletés et d'hémoglobine. Le mur de pierres épaisses et grossières ceignait la cour de sa hauteur écrasante, ne laissant presque rien voir de l'extérieur, réduisant l'horizon à une ligne de fers barbelés couronnant son sommet. Le seul élément extérieur visible était un haut et large panneau publicitaire éclairé par des petits spots : un visage de femme aux contours parfaits et équilibrés, à la peau lisse et bronzée, aux yeux verts et brillants, au sourire d'un blanc éclatant. De la base de son cou gracile de déesse jusqu'à la ligne de démarcation de ses poils pubiens, son ventre était ouvert et, autour du vide de l'abdomen pareil à un tableau abstrait et organique, les organes étaient étalés méthodiquement de part et d'autre de ses flans, chaque parties ayant sa propre fonction dans une composition complexe, équilibrée, où les courbes harmonieuses du gros intestin associées à la masse compliquée des boyaux de l'intestin grêle faisaient le contrepoint aux surfaces lisses et humides du foie et de l'estomac. En dessous de ce tableau un slogan disait : « En vous éventrant le docteur Zen fait de vous une véritable icône de mode, pour des femmes à la forte personnalité, aux styles et à l'attitude uniques ».
Sunday 12 November 2006 à 13:13
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Bonjour à tous, je me présente, je m'appelle Antocha je suis un passionné de lecture et d'écriture et j'aimerais faire partager mes quelques humbles écrits à de vrais lecteurs.
Je vous laisse l'adresse de mon blog, oui, c'est le meulleir moyen que j'ai trouvé pour exposer mes textes à un grand nombre de personnes.

http://sakhaline.skyblog.com/

Bonne lecture !!
Friday 17 November 2006 à 16:15
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La poupée articulée se disjoint aux goupilles.
Elle demeure iniquement reléguée dans l’armoire,
Niant l’adhésive allégeance des chenilles :
Elles n’ont malheureusement prémuni sa mémoire.

Son odorat, bougon, se fâche violemment,
Car l’automate ne réagit pas au parfum.
Quelle est cette brèche approfondie galamment
Sur le goulot de ses seins ? Est-il cassé ce couffin

Qu’elle aperçoit là-bas, par l’entrebâillement
De son bahut-cachot rongé aux chaînes humiliantes,
Qui bringuebale en trottinant, anse ballante ?
Le bébé dedans en déborde dangereusement…

On l’a abusée, honteusement arnaquée !
C’est inqualifiable ! Tu me fends le cœur, véniel jouet !
Les autres babillent, pissent, sucent, comme les vrais,
Et toi, tu te désoles, endormie dans ta maie laquée.

Celui là c'est un clin d'oeil à une jeune femme extra qui se reconnaitra sûrement wink.gif J'ai été dans ton profil est j'y ai vu pleins d'expressions écrites en russe, alors j'ai supposé que tu fait du russe, ou même que tu es russe (d'origine) ? Evidement, les termes m'ont été donnée sur un logiciel de traduction et sous mon world je n'ai pas la possibilité de rendre justice aux caractères de cette langue. Tout cela fait que je n'ai pas la justesse du vocubulaire. Mais j'ai tout de même trouvé ça très amusant, et puis, je devais au moins fournir l'effort, puisque j'ai pris littérature russe en option définitive pour mon master laugh.gif ! ce texte est ma vision du pays tel que que je l'ai perçu à travers mes cours. Je m'excuse si elle froisse qui que ce soit... Pourrais-tu s'il te plait me transmettre la bonne traduction russe pour les mots entre parenthèse ? Merci.

Ma Russie

Les russes, ils consignent des fleuves en pavés,
Ils cadrent le dressage du brave entravé,
Détaillent la disette, les rudes hivernages ;
Ils substituent à la pléthore les PE3HR (carnages),
Le membre et l’organe de l’éminence humaine.

Ils rugissent leurs révolutions, leurs Amen,
Bus dans l’encre d’un KPOBb (sang) analogue unifié.
Ils n’oublient pas leurs camarades terrifiés,
Lorsque la politique brise les tonneaux du BNHO (vin),
Lève son veto affamant sur le levain.

Les russes, elles se taisent pour forcer les geôles,
S’immergent en ces rouges PEKN (rivières) à la gnôle,
Tissant sous les coups de l’étrivière, leur destin,
Cédant au faucon leurs fratrie, tel un festin.
Leurs fins tinte minuit. Aux abords, requiem

Assène ; comme une chevêche aux abois qui aime
Blaser les luttes des souffrantes mamans, dont
Les BEHbl (veines) exsudent les garçons à l’abandon,
Abattus au noir, travail de sapes, vol de nuit.

L’indicible par l’inaudible s’amende : l’Ennui
Commotionne toujours deux fois, chez elle aussi.
Sa toundra, ses vastes glaces, ses Hommes… C’est la Russie.
Saturday 18 November 2006 à 14:23
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voici un petit texte que j'ai écris suite à une agréable surprise en forêt

RENCONTRE AU BOIS



Instant fugace, instant sauvage,
Une brève rencontre qui reste encrée,
Bien enfermée, bien protégée,
De peur de la voir s'envoler.

Une parole détruirait le charme,
Le silence est là la seule arme,
Echange de regards qui s'enlacent,
Et laissent un souvenir vivace.

Une douce enfant calme et sereine,
Est venue visiter la reine,
Reine de ces bois, reine de ses rêves,
En cette belle journée qui s'achève.

Et elle est là avec son fils,
Sans maquillage, sans artifices,
Elle dévisage l'inconnue,
Qui avec ses yeux la salut.

Son corps est souple et gracile,
A ses yeux perlent de longs cils,
Et sur une dernière révérence,
La biche et son faon s'élancent.

aliana
Sunday 19 November 2006 à 12:58
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J'aime bien alina. Ca nous change ce petit air léger, il faut le reconnaître... Mais bon ça n'auras pas duré. Désolée... J'ai réfléchit aux rimes, pas vraiment au sens, je me suis contenté d'écrire ce qui m'est venu, ça à donné un son pas mal, c'est pour ça qu'il a ce titre.

Ne le comprend pas ; écoute le.

Les crapauds gluants corroborent les noirs cormorans,
L’averse bat leur tempo en tambourinant la taule
Dilatée des combles temporels. Monsieur l’Intendant
Fouquet, leur concierge, en galvaude son flegme mondain !

Prosterné sous ce déluge, tu psalmodies ton Coran.
Ta conviction évince l’écho du matou qui miaule
A la lune vers son prince. L’adepte malentendant
A prospecté jusqu’en Scandinavie, chez les Ondins,

Pour sa rédemption ; mais toi, tu l’as imprégné : - Salut,
Ô insondables piliers nordiques, migrants d’Orient !
Les voies Seigneuriales sont l’impénétrable moyenne ;
L’abscisse des choses, l’ordonnée aux vies, et leur médian.

Bien, au lieu de cela, tombeau la pluie, comme tu lacet,

Mal, a sévi sur ceux à celui dont le pied du talus
N’aura pas servit qu’à couper la langue fourchue, riant
Aux chatouillis des pelles fourchées, ratissant les mendiants.
Dis, qu’est-ce qu’elle bruine, l’ondée, à ta mère, la doyenne ?

Quelle est sa sagamité ? Qui a mité Sagacité ?

Ta mater s’offre à la poussière, son cadeau aux étoiles
Taciturnes, dans un chut si loquace, que les comètes
Méditent. Jeunot, tu avais poché une icône sur toile ;
Un portrait d’elle, Marie, avec tout autour pleins de gommettes.

Ensuite, tu lui en as fait voir de sordides couleurs !
Pour finir par tenir ce dessin, comme un livre saint,
Quand là, une miséricordieuse sieste la mord.

C’est effroyable non, la lividité de la douleur ?
Presque autant que cette aube libidineuse dans la mort.
Elle adorait le matin ; il le lui rend au centuple.
Ce qui était à toi est à lui, ôtes toi. Ses quintuples

Déceptions s'évaporent au porche Edenien.

Les crapauds gluants corroborent les noirs cormorans,
L’averse bat leur tempo en tambourinant la taule
Dilatée des combles temporels pour toi. Tu la reprends,
Cette cadence martiale ; ton cœur, ton œil, ils la contrôlent.

A part ça, de toi ne vivote plus rien.

















Tuesday 21 November 2006 à 18:25
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L'Adieu


Mon cœur, mon mirage,
Une dernière balade sur le rivage
De nos sentiments flamboyants,
Se noyant dans l’abîme d’un océan.
A jamais changé en un mensonge inavoué.
Le temps des adieux a sonné.

Brise moi, tue moi, anéanti chaque parcelle de ce moi qui n’est plus
Plus rien qu’un néant, une souffrance infinie, une obscurité parfaite.
Regarde moi droit dans les yeux en pressant la gâchette.
Achève sans pitié, de tes mots acérés, mon cœur déchiré.
Détruit mon âme, laisse la au vent s’éparpiller.

Je vais disparaître,
Ne jamais renaître,
Dans mon néant infini
Je serai la reine nuit.

Il n’y aura rien de plus fort que nos adieux sur cette page
Rien de plus violant que ma colère et ma rage
Rien ne sera plus fort que cet au revoir
Rien ne sera plus douloureux que cet aveu.



By last
Mardi 21 novembre 2006


( ce texte est dédicacé à une personne dont je ne peux dévoiler l'identité)

Ce message a été modifié par lastangel - Tuesday 21 November 2006 à 18:28.
Wednesday 22 November 2006 à 05:22
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De la perte de temps et du temps de la perte (un truc sans queue ni tête)

"Se moquer de la philosophie c'est vraiment philosopher" disait Pascal, la preuve que H. était capable de réflexion personnelle quand il avait déclaré que les cours de philosophie n'étaient qu'une parodie de philosophie. Il n'y a aucune volupté à voir son prochain comme un être doué d'intelligence. Quand je dis prochain, je pense uniquement à H. en tant qu'être qui avait manifesté à mon égard une décision profondément injuste, celle d'être la pierre tombale de nos amours défunts, sans crier gare (nul doute qu'un coeur qui se meurt s'emmure dans un silence suave sans même prendre garde au travail minutieux de la truelle), sans même afficher quelque oeillets ou quelque odeur putride de regret ou de rancune sur le limon qui commençait déjà à la recouvrir.
Il y a du dégoût à observer un être humain. Encore que je vouais un profond respect à ceux qui aspiraient à devenir meilleur qu'ils ne l'étaient. La plupart n'y parviendrait jamais, se rendant compte que la quête est un enchevêtrement de cercles particulièrement absurde, pour ne pas dire grottesque. L'observateur est tapi dans l'ombre, de son regard de taupe: il aurait pu alors avoir le choix de magnifier les grands traits qu'il pouvait percevoir en les élevant au rang d'idéal, idéal creusant perpétuellement en lui un trou béant qu'il aurait cru devoir remplir à grandes pelletés de détritus fraternels, altruistes pour être plus précis et tout un amas d'immondices hypocrites qui le tirent, ô joie, de sa pénate au lever du jour, quand bien même les abats d'eau rendent boueux le chemin qu'il enprunte sans relâche chaque jour et qu'il connait tellement que la mélancolie qui peint sa figure d'une expression ridicule dénude sa vie entière pour ne révéler qu'une paire de seins tombant lourdement sur un buste rachitique, vaste farce tragicomique, sans aucun échappatoire.Créature rongée par les parasites, les champignons qui lui enlevaient le semblant de dignité qu'elle s'était attachée à la cheville comme un boulet épuisant mais nécessaire, organisme vivant en putréfaction qui pour les âmes vêtues de noblesse (d'un rat tout au plus) attendait de pourrir un peu plus pour voir enfin ses misères prendre des dimensions stellaires. Le poison qu'on insuffle aux âmes naïves est sans remède, comme un flacon d'arsenic posé délibérément sur une table de chevet mais il faut se garder de le croire mortel ou voluptueux dans le drame qu'il incite, c'est donner au singe une banane pourrie. Il criera à l'injustice puis tentera d'extraire la substance exquise de la denrée en décomposition, suintant un coulis doux-amer, affreusement sucré avec cet arrière goût amputé de toute possible saveur, comme ne peut le susciter qu'un profond sentiment d'inachèvement, et enfin, il haïra ses semblables. Le singe aurait voulu être fourmi! Non, pas fourmi. Libellule, c'est plus joli.La sonorité du mot porte déjà en elle un souffle plus grâcieux. Le vol d'une libellule est un cadeau pour les yeux: il sy présente si rarement que la plume peut glisser librement dans l'esprit pour esquisser une trajectoire, une longue avenue d'ormes fondant les uns sur les autres en un lac miroitant la pâleur érotique de la lune et puis, tel le cortège d'une reine, voilà le vol majestueux de la libellule, le mouvement de ses ailes orchestrant les plus petites vibrations animant l'écorce, frôlant le bout des roseaux, ondulant au dessus des nénuphars pour s'imprégner de l'odeur de sacré que dégageait à l'unisson toute la flore, écrin impétueux baigné par une lumière crépusculaire, qui rêvait d'elle-même.
On s'ennuie à lire tout ça n'est-ce pas? A lire, relire, on ne sait plus vraiment, on se lasse juste d'ouvrir grand les lambeaux de rideau sur une statue répugnante dont les bruits qui l'animent ressemblent à ceux d'une bouche d'égoût, encore qu'il soit devenu naturel voir machinal de vouloir se débarrasser de l'odeur nauséabonde qui aurait dû elle aussi ressembler à celle qui s'échappe de l'embouchure d'un tuyau dans lequel massèrent toutes sortes de moisissures. C'est ainsi, le singe ne veut pas rester singe. Ce grand monsieur est un éternel insatisfait, au point qu'aujourd'hui il voudrait changer d'espèce! Mais monseigneur ne croit pas en la réincarnation, déjà qu'en la métamorphose il a du mal, lui qui souffre d'une imagination déficiente. Il est bien connu que pour les êtres sans imagination, se noyer dans le songe ne rime à rien, alors ceux là se mettent à philosopher sur le songe. "Quand ouvrirai-je les yeux?" se disent ils hantés par ... par? "Si nos rêves reprenaient chaque fois là ils avaient fini,ainsi mis bout à bout, il serait impossible de les distinguer de la réalité". Oui c'était peut être ça. Mais les tirades sur le rêve m'ennuient, cacophonie vaniteuse de spéculations grossièrement drapées de soieries précieuses qui n'étaient en réalité que deux mitaines rongées par les mites. Ah, raison, soit disant magnifique instrument, hélàs utilisé à des fins sacralisantes, encore que le mot soit fort et insultant de surcroît ou encore toujours à vouloir donner un sens à tout, là où il n'y a que d'absurdes blocs mal taillés.
Wednesday 22 November 2006 à 05:35
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QUOTE (lastangel @ 21 Nov 2006 à 17:25)
L'Adieu


Mon cœur, mon mirage,
Une dernière balade sur le rivage
De nos sentiments flamboyants,
Se noyant dans l’abîme d’un océan.
A jamais changé en un mensonge inavoué.
Le temps des adieux a sonné.

Brise moi, tue moi, anéanti chaque parcelle de ce moi qui n’est plus
Plus rien qu’un néant, une souffrance infinie, une obscurité parfaite.
Regarde moi droit dans les yeux en pressant la gâchette.
Achève sans pitié, de tes mots acérés, mon cœur déchiré.
Détruit mon âme, laisse la au vent s’éparpiller.

Je vais disparaître,
Ne jamais renaître,
Dans mon néant infini
Je serai la reine nuit.

Il n’y aura rien de plus fort que nos adieux sur cette page
Rien de plus violant que ma colère et ma rage
Rien ne sera plus fort que cet au revoir
Rien ne sera plus douloureux que cet aveu.



By last
Mardi 21 novembre 2006


( ce texte est dédicacé à une personne dont je ne peux dévoiler l'identité)

J'ai bien aimé. happy.gif
Wednesday 22 November 2006 à 14:29
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merci Ban chan bisou.gif
Wednesday 22 November 2006 à 17:11
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Haiku

Pluie de nuit
Papillons lune de vie
Obscurité velours à l 'envi

Ce message a été modifié par sandie72 - Wednesday 22 November 2006 à 17:16.
Saturday 25 November 2006 à 17:17
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J'exige un haut de page dry.gif
Saturday 25 November 2006 à 17:17
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La Raison Hantée


"J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans"

Les pleurs et les rires du passé s'emmêlant,
Me ramènent tantôt à la mélancolie,
Dans le meilleur des cas à de la nostalgie.

Chaque page de ma vie est un grand tombeau,
Dans lequel il y a plus de morts que de mots,
De grands jardins verts bordés d'immenses maisons,
De chemins de terre, aussi des fleurs de béton.

A présent, dans ma tête, persiste l'écho,
Du coeur qui s'effrite comme un coquelicot,
Répandant dans mon être né cadavérique,
Un soupçon de Bretagne et un peu d'Amérique.

Ô passé, mon passé, le dernier ennemi,
Qui jamais ne se rompt ni jamais ne se plie,
Si le temps est ton complice et nous fait vieillir,
Tu es mon plus grand supplice avant de mourir.


SHAD ©



==> Shadow-in-Text.skyblog.com (à jour)




Ce message a été modifié par Shadow 1,618 - Saturday 25 November 2006 à 17:20.
Monday 27 November 2006 à 16:56
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Psychose nocturne


Je me souviens du jour ou j’ai dit : « Si je n’ai rien fait de ma vie à mon 23 éme anniversaire, j’irais en enfer. »
Tic tac, tic tac, il ne reste plus beaucoup de temps
Que faire ???
Pas envie de réfléchir
Blasé de tout
Même de respirer
Je regarde en arrière
Il n’y a rien, normal je suis dans le noir
6h00 du matin, je ne dors toujours pas
Les pensées sombres s’entrechoquent dans ma tête
J’ai mal
Au milieu de ce tourbillon de réflexions morbides
Des morceaux de vérité
Putain, j’ai mal au crâne
Ca tourne trop vite dans mon disc dur
Tout est emmêlé
Les phrases n’ont plus de sens
Les images sont défigurées
Je suis brûlante
Ca cogne dans mes tempes
Le texte perd complètement son sens
Ca parle dans ma tête
Un autre moi
C’est flippant, parce que je l’entends bien
Mais ça a quelque chose d’amusant
Je déraille complètement
Je me tourne, me retourne
Rien à faire ça ne va vraiment pas
Je ne trouve pas le sommeil
Les larmes au bord des yeux, mais ça veux plus couler
J’ai déjà les traces des larmes séchées
Ca me tire les joues
J’approche la folie
Bizarrement je ne me sens pas seule
Je converse avec moi-même
Ce truc planqué dans ma tête qui arrive toujours en pleine tempête.
T’ain c’est lui qui colle la migraine
Il me fait un étal complet de ma vie merdique
J’entends clairement sa voix, j’ai l’impression d’être assise en face de lui dans un café
Où on serait les seuls clients
C’est un vieux pote que je n’ai pas vu depuis un bail ????
Chacun des mots qu’il me susurre je les connais pas cœur
Il a rien d’un diable tentateur
Ce n’est pas non plus un ange salvateur
Bordel, c’est un miroir
J’ai la nausée,
L’espace d’un instant j’ai envie de m’évanouir
Rien.
La vérité c’est que j’en ai marre
Je me demande encore ce que je fou ici
Le texte dans ma tête est complètement perturbé
Encore 5 minutes et j’aurai disjoncté
Tic tac tic tac,
Ca vient, je le sens
Toujours mal au crâne
Je plane a 3000
Je sens mon ptit être devenir un point minuscule
C’est trop pour moi.
A cet instant précis la raison a fui
Me voila à souhaiter ne jamais avoir eu de famille
Ne jamais avoir eu d’amis
Personne
C’est plus simple pour tourner la page
Quand il n’y a personne à blesser
Quand on décide…. de tout lâcher
Mais y’a rien à faire bon sang
J’ai les mains serrées sur ma tête
Complètement recroquevillée sous la couette
Réel, virtuel, tout a fusionné
Je me sens noyée dans la mélasse.
Quand j’entends la voix me murmurer
« Rien ne changera quoique tu fasse
Ton chemin est tout tracé, c’est ton rôle, ta destinée »
Ces mots je les comprends, je les vis
Chaque jour
Je les ressens
Indifférente
Blasée
Biiiiiiip
Retour à la case départ
Le sommeil l’a emporté
« Dis moi sur quel chiffre de la vingtaine
Tout va se terminer ? »






By Last lundi 27 novembre 06


























Monday 27 November 2006 à 19:50
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QUOTE (lastangel @ 21 Nov 2006 à 17:25)
L'Adieu


Mon cœur, mon mirage,
Une dernière balade sur le rivage
De nos sentiments flamboyants,
Se noyant dans l’abîme d’un océan.
A jamais changé en un mensonge inavoué.
Le temps des adieux a sonné.

Brise moi, tue moi, anéanti chaque parcelle de ce moi qui n’est plus
Plus rien qu’un néant, une souffrance infinie, une obscurité parfaite.
Regarde moi droit dans les yeux en pressant la gâchette.
Achève sans pitié, de tes mots acérés, mon cœur déchiré.
Détruit mon âme, laisse la au vent s’éparpiller.

Je vais disparaître,
Ne jamais renaître,
Dans mon néant infini
Je serai la reine nuit.

Il n’y aura rien de plus fort que nos adieux sur cette page
Rien de plus violant que ma colère et ma rage
Rien ne sera plus fort que cet au revoir
Rien ne sera plus douloureux que cet aveu.



By last
Mardi 21 novembre 2006


( ce texte est dédicacé à une personne dont je ne peux dévoiler l'identité)

J'aime bien , c'est un joli texte.
Monday 27 November 2006 à 19:54
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Merci, Hardy...
Monday 27 November 2006 à 20:58
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Un texte que j'ai écris, aujourd'hui-même. (désolée pour la longueur, et la qualité peut-être)



Six heures du matin, le réveil sonne... Mélodie de merde qui ne donne pas envie de se lever. Je me lève péniblement, j'attrape quelques fringues qui trainent ça et là, une touche de maquillage, un peu de parfum. Je sors de cette foutue chambre pour me rendre à la cuisine où je prends mon courage à deux mains pour préparer deux malheureuses tartines que j'avale sans le moindre plaisir... Il est l'heure. Je prends mon sac, un minimum d'affaires pour aller à ce foutu bahut, et je pars en claquant la porte.

Je cale ma tête contre la vitre froide du bus, et je regarde défiler ce désespérant paysage que je connais maintenant trop bien. Puis je sors mon MP3 que je met à fond pour recouvrir les merdes que passe la radio de merde qu'a choisit ce vieux con de chauffeur... Démarre alors cette chanson, celle qui ne me rappele que lui. Parce que c'est à lui que je pensais en l'écoutant, avant... Je zappe, inutile de continuer à se faire du mal. C'est terminé. Et je m'endors... non, je somnole plutôt, la main crispée sur mon portable.

Le bus s'arrête, les autres s'agitent, on est arrivés. Je descend.

Dire bonjour, sourire,... puis je monte au plus vite m'assoir sur une chaise, au fond d'une salle à écouter (ou à faire semblant de) un prof. Et j'ai hâte d'être au prochain cours, histoire que la journée passe et se finisse au plus vite... J'en ai marre d'être ici, au milieu d'eux. La sonnerie retentit, je me lève et je m'en vais, marchant toujours aussi vite que je le peux, sans vraiment trop savoir pourquoi au fond.

Deux heures de libre, que faire ? Je marche, passant devant les vitrines des boutiques en regardant sans vraiment voir. Finalement, je finis par m'installer dans une rue, la plus vide que j'ai pu trouver, mais pas assez quand même. Je sors le bouquin que je viens d'acheter, Hell, rien que le résumé me plaît. Et je me met à consommer chapitre sur chapitre... je ne m'arrête plus, le temps passe sans que je m'en aperçoive. C'est bien. Seul ennui: le regard sur moi de ces gens qui passent. N'avaient-ils encore jamais vu une jeune fille lire un livre sur un banc ? Je les méprise, sans même les connaitre. Et c'est pitoyable. Tant pis.

Le temps à tuer s'est écoulé, je n'ai plus qu'à y retourner. Je reprends mon chemin, tête baissée, ne pensant plus. Je ne calcule pas grand monde lorsque je met les pieds dans ce hall pourri, les gens croient que je ne les aime pas, après. C'est faux. Mais je comprends qu'ils puissent se méprendre... Il faudrait que je fasse des efforts, c'est ce que je me dis tous les jours. J'ai sans doute du manquer des choses depuis que je me comporte ainsi, même sans le vouloir.

Retour en cours. Sommeil. Nouveau départ. Trajet en bus. Maison, enfin.


Et c'est à force de vivre des journées telles que celles-ci que je me
rend compte que je n'attend personne, et que personne ne m'attend.


© La fille de l'air
Tuesday 28 November 2006 à 07:53
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On regardait cette procession sulfureuse, ces adultes sans rêves. On avait pas les yeux plein de lumière. C'était bizarre, ça suintait l'enfer sous une rue emplie de néons. C'est malsain, on était là, comme perchés sur un interstice décalé. On avait rien demandé, rien voulu savoir. Pas si tôt, pas comme ça. Cet instant à jamais graver devint notre secret...... :

Le père noël n'existe pas, la petite souris s'est fait bouffée. Le sexe amène la mort, Dieu est prétexte au meurtre. L'argent de nos bonbons essuie les cadavres purulents de millions d'enfants. Ta couleur de peau peut t'envoyer en enfer. Les femmes se font violer à la volée. Des africains squelettiques laissent des cadavres se dorer la pilule sous les soleils ardents de dictatures sanguinaires. Le tourisme sexuel vole l'espoir de ces enfants voués à se piquer chacune de leurs veines pour dissiper cet enfer. Les femmes sont considérées comme inférieures par beaucoup trop d'hommes et d'états, les homos périssent sous les coups. L'énergie nucléaire est devenue une arme, Des Hommes innocents sont condamnés à mort. Barbie se fait tourner par plusieurs Ken, la terre pleure et nous exhorte à l'euthanasier. On meurt pour des idées. Et la terre tourne, telle certaines filles dans certaines caves. Et certaines se font immoler pour le soi-disant honneur. Mot bien galvaudé par ces scélérats, ces rats. On étrenne chaque jour de nouvelles douleurs dans de nouveaux endroits. On est prêt à se foutre sur la gueule pour un drapeau, pour un livre sacré, pour une équipe, pour une idée, pour un goût, pour une peau, pour une langue...mais surtout pour vêtir la connerie de ses plus beaux effets.
On nous vend des feuilles qui amènent la mort.
On n'a jamais été égaux, ce n'est qu'un ragot.
On a brûlé des juifs par millions, torturé des algériens, on laisse mourir de faim des africains, crever de froid des français, et on allume sa télé le soir en devenant exsangue devant le journal télévisé. Puis la Star Ac ankylose ces sales pensées. On pend des hommes en Chine, en Iran. On injecte du venin légal aux USA, on lapide en Afrique, on donne des armes à des enfants, on parsème de la bonté en faisant travailler de force 14 heures par journée des enfants ayant eu la malchance de naître dans un monde de tarés.
L'opium, le chanvre ou la coke sont le refuge de millions d'hommes, submergés par cette envie incoercible de s'échapper de ce bourbier.
Des étudiantes vendent leur corps pour étudier, des pauvres le font pour ne pas crever.
Les pages noires du passé titillent les pages vierges des grands. On achète tout avec de l'argent, même l'innocence. Des parents vendent leur enfant pour subsister. Des filles sont tuées car la coutume veut que le garçon travaille et soit le seul à aider sa famille, étant bien trop nombreux dans le pays, on préfère les sacrifier elles plutôt qu'un gagne-pain assuré.
Des hommes meurent pour le bonheur d'autres, l'eau n'est pas dans tous les robinets. Les cloches de pâque n'apportent pas que des oeufs en chocolat mais des bombes. Des voitures percutent des enfants à la sortie des écoles. Des animaux sont éventrés vivants pour des lubies.

C'est à partir de ce soir-là que j'ai su. J'ai su que j'allais au devant d'un monde dont l'existence m'était totalement inconnue. Margot et moi étions face à cet avenir insensé dans lequel nous serions projetés quelques années plus tard.
Depuis ce soir-là, mes récréations ne furent plus les mêmes, le goût de mes sucettes changea.
Je ne vis plus l'aube de la même manière, mes peines prirent une tournure dérisoire. Mes réveilles furent moins doux, mes nuits plus doucereuses. J'avais 8 ans et je pris en pleine face la décadence du monde qui m'entourait. C'est à ce moment-là que j'ai pris conscience de l'avenir sombre auquel j'allais devoir faire face.
Margot et moi avions assisté à cette scène ineffable et avions juré de ne jamais dévoiler ce que nous avions appris à d'autres enfants. Et par conséquent, nous étions liés par un certain sceau, celui de savoir.
Nous avons grandi avec ce lourd silence despotique dans les veines. Il le fallait, au nom de l'innocence. Voir des amis à nous s'émouvoir devant le père noël nous confortait dans notre engagement.
Aujourd'hui, nous avons bien vieilli mais il reste encore en nous cette rancoeur envers notre père. S'il n'avait pas été dans ce soir ce soir-là, accompagné de ses enfants. Si le monde s'était arrêté, si les yeux bleus de ma soeur n'avait pas larmoyé. Si sa petite main frêle n'avait pas saisi la mienne pour suggérant sa détresse. Si son petit coeur n'avait pas eu cette rafale de battements. Si ses petits tremblements n'avaient pas enjoint mes bras à la serrer de toutes mes forces.
Alors je pense sincèrement que je serais mort. Sans cette raison de vivre, à 8 ans, je serais allé côtoyer l'éther.
Ma soeur a bien grandi et vient de mettre au monde son premier enfant. Lorsque je suis arrivé à l'hôpital et que j'ai découvert ce petit être fluet, j'ai regardé ma soeur. Les larmes perlant sur mes joues ont suffi à sceller à jamais ce que nous nous étions promis.

Et encore aujourd'hui, je tremble lorsque me revient cette soirée. Des bribes d'images, terrifiantes et obsédantes. Rétrospectivement, je pense ne pas me tromper en qualifiant cette soirée de mise à mort. Mon petit corps innocent fut littéralement mis en lambeaux. Il s'est ensuivi de longues insomnies dont les effets me reviennent encore.

Je ne suis plus que le spectateur de ma déchéance. Mais grâce au ciel, cet enfant m'est apparu comme un séraphin. Un cadeau de dieu pour de meilleurs lendemains. Des lendemains qui n'auront qu'un seul but : Laisser loin de l'innocence de mon neveu les immondices de ces pauvres humains.

Immortel95
Le mardi 28 Novembre à 5h10.

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