Tuesday 23 November 2004 à 11:45
Israël - Mordechaï Vanunu, "l’espion nucléaire" assigné à résidence
--------------------------------------------------------------------------------
Mordechaï Vanunu, "l’espion nucléaire" israélien arrêté jeudi par la police, a été libéré dans la soirée et assigné à résidence dans l’auberge de Jérusalem-est de l’église anglicane où il habite, pour sept jours, a-t-on appris de source judiciaire.
Il lui a été interdit de parler aux medias et de révéler la teneur exacte des soupçons qui pèsent sur lui. La police a confisqué à fin d’enquête des documents dans sa chambre et ses ordinateurs. Il est passible de poursuites judiciaires et risque d’être interné.
Cet ex-technicien de la centrale de Dimona (sud d’Israël) avait été libéré en avril dernier après avoir purgé 18 ans de prison ferme pour avoir révélé au monde les secrets nucléaires de l’État hébreu.
M. Vanunu, 50 ans, avait été condamné en 1986 à 18 ans de prison pour "trahison" et "espionnage" après avoir transmis au journal londonien Sunday Times des informations sur la centrale où il avait été employé.
Morechaï Vanunu, est soupçonné à présent d’avoir transmis des "informations secrètes à des étrangers" et d’avoir violé les restrictions qui lui étaient imposées par les services de sécurité israéliens depuis sa libération, a-t-on indiqué.
Après sa libération en avril, il lui a été interdit de parler à des médias étrangers, ainsi que de sortir du pays pour au moins un an. Il doit également avertir à l’avance la police de ses déplacements. "C’est une honte pour la démocratie israélienne" a lancé M. Vanunu aux journalistes en faisant le signe de la victoire.
La Cour suprême d’Israël a rejeté le 26 juillet 2004 un recours qu’il avait présenté contre ces restrictions. Depuis sa libération, M. Vanunu a fait savoir qu’il voulait quitter Israël. "Je veux me sentir libre, je ne suis pas libre ici", a-t-il déclaré récemment à la BBC.
"La seule façon de ressentir, de profiter de la liberté, et de démarrer une nouvelle vie (...) sera lorsque je pourrai quitter Israël et vivre aux États-unis, en Europe ou à Londres", avait-il alors ajouté.
M. Vanunu a effectivement multiplié les interviews depuis sa libération, mais selon son avocat, il n’a communiqué aucune information secrète, dont d’ailleurs il ne dispose plus. L’Eglise anglicane a protesté contre la perquisition dans la chambre de M. Vanu qui se trouve dans l’enceinte de la cathédrale St Georges.
Agence France-Presse
Jérusalem - 12 - 11 - 2004