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 - Démocrates :
 Hillary Clinton
 Barack Obama
 John Edwards
 - Républicains :
 Rudy Giuliani
 John McCain
 Mitt Romney
Total des votes: 84
 
Monday 12 February 2007 à 02:14
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En ces temps d'élections, je vous propose un éclairage sur les élections présidentielles américaines de 2008. Un petit sondage vous est proposé ci-joint, pour vous permettre de donner votre voix, pour une fois, à l'élection du "président du monde"... siffle.gif

Sources : Wikipédia.org pour la présentation des candidats

Petite présentation des principaux candidats Démocrates déclarés pour la présidentielle américaine de 2008 :


+ Hillary Clinton +
Hillary Clinton, 59 ans, sénatrice de New York (nord-est) et ancienne Première dame des États-Unis.
- atouts : femme, démocrate, épouse de Bill Clinton, favorable à la peine de mort, position modérée sur le droit à l'avortement et l'immigration, a condamné le mariage homosexuel. Elle a effectué un recentrage politique assez net depuis son élection au sénat en 2000 pour gommer son image libérale (de gauche) et a approuvé la guerre et toutes les initiatives militaristes et a insisté sur sa foi méthodiste.
Dispose déjà du plus gros trésor de campagne et d'une équipe de conseillers expérimentés.
- handicaps : élue de New York (donc assimilée aux élites libérales), épouse de Bill Clinton, considérée comme très opportuniste, reste très impopulaire dans le sud et chez les républicains même modérés, malgré ses tentatives et a été prise en grippe par la gauche du parti démocrate. Un sondage de décembre 2005 par Strategic Vision indique que seulement 33% des habitants de l'état souhaitent qu'elle se présente à l'élection présidentielle.

+ Barack Obama +
Barack Obama, 45 ans, sénateur de l'Illinois (nord). Charismatique, il est considéré comme le premier candidat noir à avoir des chances sérieuses de disputer la présidentielle.
- atouts : nouveau démocrate, élu triomphalement en 2004 au siège d'un ancien sénateur républicain.
- handicaps : sa jeunesse, son positionnement trop à gauche.

+ John Edwards +
John Edwards, 53 ans, ancien sénateur et ancien colistier de John Kerry en 2004. Officiellement candidat à l'investiture.
- atouts : sudiste, populiste, populaire, favorable à la peine de mort, proche des syndicats
- handicaps : ancien candidat à la vice-présidence de John Kerry, il ne lui a pas apporté la Caroline du Nord en 2004 et ne détient plus aucun mandat représentatif. De plus, il fut un des sponsors du texte autorisant l'invasion de l'Irak sans aval de l'ONU.

+ Bill Richardson +
- Bill Richardson, 59 ans, gouverneur hispanique du Nouveau-Mexique (sud-ouest). Ancien secrétaire à l'Energie de Bill Clinton.

+ Christopher Dodd +
- Christopher Dodd, 62 ans, sénateur du Connecticut (nord-est). Officiellement candidat à l'investiture.

+ Tom Vilsack +
- Tom Vilsack, 56 ans, ex-gouverneur de l'Iowa (nord), le premier État à consulter ses électeurs lors du processus des primaires en janvier 2008. Officiellement candidat à l'investiture.

+ Dennis Kucinich +
- Dennis Kucinich (représentant de l'Ohio, nord), 60 ans. Déjà candidat en 2004. Officiellement candidat à l'investiture.

FOX News/Opinion Dynamics Poll. Jan. 30-31, 2007
% intentions de vote DEMOCRATES :
43 Hillary Clinton
15 Barack Obama
12 John Edwards
11 Al Gore
4 Joseph Biden
2 Bill Richardson
- Tom Vilsack
- Dennis Kucinich
- Chris Dodd
2 Other (vol.)
9 Unsure
1 Wouldn't vote (vol.)

source du sondage : http://www.pollingreport.com


Ce message a été modifié par rainbow heart - Monday 12 February 2007 à 02:31.
Monday 12 February 2007 à 02:15
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Principaux candidats Républicains déclarés pour la présidentielle américaine de 2008 :



+ Rudy Giuliani +
Rudy Giuliani, 62 ans, ancien maire de New York.
- atouts : charismatique, surnommé le maire de l'Amérique au moment du 11 septembre 2001, considéré comme l'un des meilleurs espoirs des républicains. En janvier 2006, il serait le meilleur candidat républicain face aux démocrates. En décembre 2005, 62 % des habitants de l'état de New York déclarent souhaiter sa candidature à l'élection présidentielle de 2008 (sondage téléphonique de Strategic Vision basé sur un échantillon de 1200 personnes conduites du 2 au 4 décembre 2005).
- handicaps : républicain atypique du nord, pro-avortement, pas opposé à l'homosexualité, trop libéral pour les républicains, trop autoritaire pour les démocrates, sa santé.

+ John McCain +
John McCain, 70 ans, sénateur de l'Arizona (sud-ouest), héros de la guerre du Vietnam et adversaire malheureux de George W. Bush dans les primaires républicaines de 2000.
- atouts: immense popularité nationale, républicain centriste, partisan de la peine de mort, ami de nombreux démocrates dont John Kerry avait songé à en faire son candidat à la vice-présidence. Selon les sondages en janvier 2006, il battrait les principaux candidats démocrates, mais pourrait être devancé par Rudolph Giuliani lors des primaires.
- handicaps : son âge, la méfiance de l'ultra-droite, jamais un sénateur n'a été élu président depuis Kennedy .

+ Mitt Romney +
Mitt Romney, 59 ans, gouverneur sortant du Massachusetts (nord-est). Classé dans la frange conservatrice du parti républicain, il serait le premier mormon à occuper la fonction suprême s'il était élu.
- atouts: seul élu républicain de l'exécutif d'un État très fortement démocrate ; sa gestion politique et économique de l'État ; sa prise de position en faveur de la peine de mort et contre les mariages gays.
- handicaps : républicain libéral, élu d'un État du nord, qui plus est, le Massachusetts.

+ Duncan Hunter +
- Duncan Hunter, 58 ans, représentant de la Californie et ex-président de la commission des forces armées de la Chambre des représentants.

+ Sam Brownback +
- Sam Brownback, 50 ans, sénateur catholique du Kansas (centre). Incarne la droite religieuse.

+ Tommy Thompson +
- Tommy Thompson, 65 ans, ancien secrétaire à la Santé et ancien gouverneur du Wisconsin (nord).

+ Tom Tancredo +
- Tom Tancredo, 61 ans, parlementaire du Colorado (ouest), partisan d'une ligne très dure contre l'immigration.

+ Mike Huckabee +
- Mike Huckabee, 51 ans, né comme Bill Clinton à Hope, Arkansas, doit former un comité exploratoire lundi, avant de faire campagne à droite sur les sujets de société, mais avec une orientation plutôt sociale en économie.

FOX News/Opinion Dynamics Poll. Jan. 30-31, 2007
% intentions de vote REPUBLICAINS :
34 Rudy Giuliani
22 John McCain
15 Newt Gingrich
3 Mitt Romney
2 Duncan Hunter
1 Sam Brownback
- Jim Gilmore
- Mike Huckabee
- Tommy Thompson
- Chuck Hagel
4 Other (vol.)
17 Unsure
1 Wouldn't vote (vol.)

Source et pour plus d'infos voir :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection...C3%A9rique_2008
autre article récent : "Iran et 2008"
http://www.cyberpresse.ca/article/20070204...53/6396/CPMONDE
Monday 12 February 2007 à 02:31
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Super présentation !

Topic à garder pour la suite ...

J'ai voté Edwards ... mais en fait j'aurais du voter Clinton sleep.gif
Monday 12 February 2007 à 02:42
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Je n'ai pas de favori, mais j'aimerais que ce soit un démocrate.
Monday 12 February 2007 à 02:43
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Tiens, le topic est bien foutu, c'est rare ces temps ci.
Monday 12 February 2007 à 02:44
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QUOTE (Yorgat @ 12 Feb 2007 à 01:31)
mais en fait j'aurais du voter Clinton sleep.gif

Ce qui me gêne surtout chez elle, c'est sa position sur la peine de mort et sur le mariage homosexuel..
Monday 12 February 2007 à 02:45
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Sinon je serais plutôt pour Obama ou Clinton, Edwards a voulu l'invasion de l'Irak.
Bon, allez, Obama.

Mais aucun republicain.

Ce message a été modifié par Daddy-O - Monday 12 February 2007 à 02:46.
Monday 12 February 2007 à 02:47
Citer +Citer
Il y a une erreur dans le sondage ou c'est fait exprès ?

QUOTE
-Democrates
-Republicains
Monday 12 February 2007 à 02:51
Citer +Citer
QUOTE (_DaddyO_ @ 12 Feb 2007 à 01:47)
Il y a une erreur dans le sondage ou c'est fait exprès ?

QUOTE
-Democrates
-Republicains

Je l'ai voulu ainsi, cela permet d'exprimer son avis sur un parti, quand on ne sait pas quel candidat choisir...

Ce message a été modifié par rainbow heart - Monday 12 February 2007 à 02:51.
Monday 12 February 2007 à 02:52
Citer +Citer
QUOTE (rainbow heart @ 12 Feb 2007 à 01:51)
QUOTE (_DaddyO_ @ 12 Feb 2007 à 01:47)
Il y a une erreur dans le sondage ou c'est fait exprès ?

QUOTE
-Democrates
-Republicains

Je l'ai voulu ainsi, cela permet d'exprimer son avis sur un parti, quand on ne sait pas quel candidat choisir...

D'accord, merci, ton topic est bien foutu.
Monday 12 February 2007 à 02:52
Citer +Citer
QUOTE (rainbow heart @ 12 Feb 2007 à 01:51)
QUOTE (_DaddyO_ @ 12 Feb 2007 à 01:47)
Il y a une erreur dans le sondage ou c'est fait exprès ?

QUOTE
-Democrates
-Republicains

Je l'ai voulu ainsi, cela permet d'exprimer son avis sur un parti, quand on ne sait pas quel candidat choisir...

Oui, bonne idée, j'ai d'ailleurs choisi l'une de ces options.
Monday 12 February 2007 à 02:55
Citer +Citer
QUOTE (DaddyO @ 12 Feb 2007 à 01:52)
D'accord, merci, ton topic est bien foutu.

Merci Daddy-O. biggrin.gif
Monday 12 February 2007 à 03:13
Citer +Citer
J'ai voté Barack Obama, mais bon je l'ait fait au pif je l'avoue, je ne connait pas suffisamment les candiats à la maison blanche!

Une chose est sûr je ne voterais surtout pas républicain, ah non huit ans avec Bush et sa clique de néocons c'est assez!

Qui sait peut être qu'avec un gouvernement démocrate nous aurons le retrait des troupes américaines d'Irak, une politique moins complaisant visà vis d'Israël, et l'ouverture d'une nouvelle enquête vraiment indépendante sur les attentats du 11 septembre! rolleyes.gif

Bon ok, là je rêve je me doute bien qu'il ne faut pas mettre trop d'espoir dans ces élections même si un candidat démocrate venait à gagner, mais bon ça ne coûte rien que de rêver un peu! happy.gif

Ce message a été modifié par uno - Monday 12 February 2007 à 12:37.
Monday 12 February 2007 à 07:56
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je suis democrate je sais pas encore pour qui voter..de ces resumés je dirais Obama mais il faut que je me renseigne sur lui ..Hillary et John sorry je suis pas favorable pour la peine de mort sad.gif
Monday 12 February 2007 à 12:32
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Comment savoir?
Ils truquent leurs elections.
Monday 12 February 2007 à 12:32
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QUOTE (GrOûMe @ 12 Feb 2007 à 11:32)
Comment savoir?
Ils truquent leurs elections.

Ca ne t'empeche pas de donner ton favori. mrgreen.gif
Monday 12 February 2007 à 12:42
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Franchement qu'est ce que cela apporte de savoir qui sera le futur président des USA ? Quand on sait qui dirige vraiment à la maison blanche, les présidents sont la juste pour éxécuter les plans qu'ont posent à leurs bureaux....
Monday 12 February 2007 à 13:09
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Je ne connaissais pas Barack Obama et bien ... il me plait ce gars la !

Allez lire sa petite bio sur Wiki http://fr.wikipedia.org/wiki/Barack_Obama


Je vote pour lui, en tout cas pour le moment.

Il serait une belle revanche contre l'amérique unilatérale et militariste de l'adminsitration Bush. j'espère sincérement qu'il aura de réelles chances. Parce que je suis plutot déçu d'Hilary Clinton.

Et puis... un type comme ça, premier black président des USA ça le ferais ! happy.gif
Monday 12 February 2007 à 13:11
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QUOTE (montana94 @ 12 Feb 2007 à 11:42)
Franchement qu'est ce que cela apporte de savoir qui sera le futur président des USA ? Quand on sait qui dirige vraiment à la maison blanche, les présidents sont la juste pour éxécuter les plans qu'ont posent à leurs bureaux....

Ca serait trop dur de donner ton avis (ton candidat favori) et d'apprecier l'idée du topic? En gros de nous épargner ton anti-américanisme primaire? sleep.gif
Monday 12 February 2007 à 13:20
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Un article du monde sur ce challenger !




Barack Obama, l'homme sans bagages
LE MONDE | 04.01.07 | 15h55 • Mis à jour le 10.02.07 | 17h15

Au printemps 2000, Lynn Sweet, la correspondante du Chicago Sun Times à Washington, a vu arriver dans son bureau un jeune homme élancé, bien mis, sûr de lui : Barack Obama, candidat à la nomination démocrate pour le siège de représentant dans la 1re circonscription de l'Illinois. Il avait un livre à la main, qu'il était venu lui apporter, son autobiographie. "Je me suis dit : "Mais qui est ce type pour avoir déjà écrit ses Mémoires !"", raconte Lynn Sweet. Elle a posé le livre sur une étagère et n'y a plus pensé. Six ans plus tard, Barack Obama est devenu une star. Les médias ont fait de lui "l'homme qui pourrait être le premier président noir des Etats-Unis".


Barack Obama avait alors 38 ans. Il avait écrit un livre à l'instigation d'un éditeur, impressionné d'apprendre qu'un Afro-Américain avait été élu pour la première fois à la présidence de la prestigieuse Harvard Law Review. Sorti en 1995, Dreams from My Fathers (Les Rêves de mes pères), avait été bien accueilli par la critique, mais les ventes avaient été pitoyables. Obama était content, quoi qu'il en soit, d'avoir mis sa vie à plat, pour ne pas dire en ordre. Hawaï, Djakarta, Los Angeles, il avait décrit les étapes de son parcours de globe-trotteur multiracial ; l'école publique en Indonésie, l'école des riches à Honolulu, un peu de cocaïne à New York, beaucoup d'introspection, le doctorat magna cum laude à Harvard... Obama estimait s'être sorti de l'épreuve avec "une dignité plus ou moins intacte".

Cette année-là, Barack Obama a perdu la course démocrate de l'Illinois. Son adversaire était un ancien membre des Black Panthers et la circonscription un condensé des problèmes sociaux de la ville. Obama était juriste dans un cabinet de défense des droits civils et professeur de droit constitutionnel à l'université. "Il n'était pas assez noir", assure-t-on à Chicago. "Il n'avait pas mis en scène son histoire", ajoute Lynn Sweet. Deux ans plus tard, Barack Obama a de nouveau tenté sa chance, mais cette fois pour un siège au Sénat. Six autres démocrates étaient en lice. "Personne n'aurait parié sur lui, dit Lynn Sweet. On ne lui trouvait rien de spécial." L'Irak a changé la donne. Obama s'est trouvé être le seul candidat à avoir pris nettement position contre la guerre. Son discours de l'automne 2002 - "Je ne suis pas contre toutes les guerres ; je suis seulement contre les guerres idiotes" - a fait le tour des sites Internet de l'Illinois.

Barack Obama avait aussi attaché son nom à quelques réformes significatives, comme l'obligation pour la police de filmer les interrogatoires dans les crimes passibles de la peine capitale. Il a balayé ses adversaires. Il a gagné aussi bien dans les banlieues blanches que dans les quartiers noirs. "Il est sorti tellement fort des primaires que la campagne de John Kerry lui a donné un créneau pour parler à la convention démocrate de 2004, explique Lynn Sweet. Le reste fait partie de l'Histoire."

Le soir du 27 juillet 2004, devant les délégués démocrates, Barack Obama a raconté l'extraordinaire parcours qui l'avait amené là. Son père, un Luo du Kenya, "noir comme le charbon" ; sa mère, Américaine du Kansas, "blanche comme le lait". Il s'est présenté comme l'incarnation du rêve américain, un rêve dans lequel "un gosse efflanqué avec un drôle de nom peut entretenir l'espoir que l'Amérique a une place pour lui". Dans un Parti démocrate en mal d'orateurs, il a bouleversé les militants. Sur eBay, le site de vente aux enchères, Dreams from My Father a atteint dix fois son prix normal. Le livre, réédité d'urgence, est devenu un best-seller. La presse a appris à prononcer son nom. Barack, un prénom qu'il décrit comme d'origine arabe, ou swahilie, voire hébraïque, selon les époques et les audiences, mais qu'il traduit invariablement par "béni". Obama, un nom passe-partout à Kisumu, au Kenya, mais qui lui a valu dans l'Amérique de l'après-11-Septembre "les quolibets de certains républicains zélés", a-t-il écrit. Après avoir fait rimer Obama avec Oussama, les mêmes zélés ont déniché cette année le deuxième prénom du sénateur : Hussein.

En novembre 2004, Obama a été élu sénateur de l'Illinois avec 70 % des voix - pour ratisser au centre, il avait pris soin de faire disparaître le discours antiguerre de 2002 de son site Internet. A 43 ans, il est devenu l'unique Noir du Sénat, le troisième depuis 1867. Dès le premier jour, les appariteurs réclamaient des autographes. Il n'avait pas encore siégé qu'on lui demandait "quelle était sa place dans l'Histoire". Ou ce qu'il pensait des badges "Obama 2008", qui apparaissaient déjà. "Je ne pense pas que j'aie une place dans l'Histoire. Je n'ai encore rien fait", a nuancé le héros.

Au Sénat, Obama a essayé de ne pas se faire remarquer, sinon par son assiduité - le président de la commission des affaires étrangères lui a rendu un jour hommage : il avait été le seul à assister à l'intégralité d'un débat sur l'Irak. Il a décliné les offres des compagnies aériennes d'aller à Chicago en première classe. Il a eu l'intelligence de choisir quelques thèmes : les prêts aux étudiants défavorisés, le Darfour, un sujet qui lui a valu la considération de la communauté juive, des étudiants et de l'acteur George Clooney. Mais sa discrétion n'a pas empêché le buzz. Son éditeur lui a commandé trois livres pour 1,9 million de dollars. Le comédien Matt Damon, l'animatrice Oprah Winfrey lui ont apporté leur soutien. "Il a quelque chose qui ne s'apprend pas. C'est un leader. Il arrive quelque part et vous avez envie de le suivre où qu'il aille", disait en décembre George Clooney. Lynn Sweet est probablement l'une des personnes qui le suivent depuis le plus longtemps. Elle surveille chacun de ses rendez-vous dans le bureau du 7e étage de l'annexe du Sénat, où il conserve des photos de Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela. Elle épluche les comptes de campagne, surveille les sponsors. En août, elle l'a accompagné au Kenya, où il a fait une visite triomphale et appelé la population à se débarrasser de la politique tribale. Elle continue à se poser la même question. Pourquoi lui ? Pourquoi un tel engouement ?


Les théories abondent. Obama est un visage neuf. Un homme sans bagages, dans un pays qui aime les novices - voyez l'exemple de John Kennedy, qui avait tout de même huit ans d'expérience au Sénat. Lynn Sweet pense plutôt à Robert, son frère. "On retrouve la même détermination chez Obama, le même sens du but à atteindre." Obama est l'anti-Hillary Clinton, tout chez lui coule avec facilité - il est "aussi à l'aise dans sa peau qu'elle ne l'est pas dans la sienne", a commenté Maureen Dowd, du New York Times. Avec lui, une page se tournerait enfin, celle des baby-boomers, celle des années 1960, de la polarisation de la société, des divisions qui ont commencé avec le Vietnam et n'en finissent plus avec l'Irak.

Ce serait l'homme des réconciliations ; il est autant chez lui au Kansas, la terre de ses grands-parents maternels, que dans les quartiers noirs du South Side de Chicago, où il s'est marié : sa femme Michelle, diplômée d'Harvard elle aussi, est vice-présidente de l'hôpital universitaire de Chicago. Il transcende l'aspect racial : plus qu'afro-américain, il est africain et américain. Son père était un étudiant étranger, venu faire ses études à Hawaï avec une bourse. Il ne porte pas la mémoire de l'esclavage ; il a grandi avec ses grands-parents et sa mère, et n'a découvert le poids d'être noir qu'à l'âge de 10 ans. "Il est en permanence engagé dans une discussion interne entre les différentes pièces de son moi hybride, a écrit l'éditorialiste conservateur David Brooks, en l'encourageant à se présenter en 2008. Et il fait partager à l'extérieur cette conversation."

A l'inverse, les critiques crient à l'enthousiasme surfait. Obama n'était encore il y a deux ans qu'un sénateur local de la législature de l'Illinois. Comment pourrait-on confier à "Obambi" - selon le trait cruel de Maureen Dowd du New York Times - la gestion de l'armée, des affaires étrangères, de l'économie ? Ce à quoi l'intéressé répond en citant Donald Rumsfeld et Dick Cheney, deux hommes qui "ont un maximum d'expérience"...

Le sénateur n'est pas dupe de l'"obamania". Il plaisante souvent de son "quart d'heure de célébrité", qui va finir par faire pâlir d'envie Paris Hilton. Dans le New Hampshire, à la mi-décembre, il a fait salle comble, presque exclusivement devant des Blancs. Cent cinquante journalistes le précédaient à chaque pas. Il a décrété qu'il n'y était pas pour grand-chose : "Tout ceci n'est pas à cause de moi, c'est à propos de vous."

En fait, l'engouement pour Obama en dit long sur l'état de l'Amérique. Neil Young a intitulé son album contre la guerre Looking for a Leader (A la recherche d'un chef). "Pourquoi pas une femme, un Noir, pourquoi pas Obama ?", chante-t-il. Trois ans après le début de la guerre, l'Amérique est en mal de grands hommes. Elle s'est prise de passion pour le plus improbable des candidats, un homme qui a le sens de la formule - "Un bon compromis, c'est comme une belle phrase", a-t-il expliqué au New Yorker -, mais qui entoure ses phrases de préambules compliqués.

Après six années de présidence Bush et de rapports tendus avec le reste du monde, l'Amérique est éprise, ou en tout cas curieuse, d'un homme qui n'a jamais vécu aux Etats-Unis avant l'âge de 19 ans, qui a des demi-frères et soeurs à Londres, à Nairobi, qui a suivi l'école coranique puis catholique à Djakarta, où sa mère s'était remariée avec un autre étudiant étranger. Un homme sans bagages, mais pourvu d'une biographie aux antipodes du Texas.

Source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-...6-852001,0.html

Ce message a été modifié par dansvot'gueule - Monday 12 February 2007 à 13:26.

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