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| Combien, parmi le grand public, savent que les évènements de la place Tianan men de 1989 ont eu comme prélude des émeutes anti-étrangers? En effet, depuis les années soixante, la Chine, au nom de la solidarité prolétarienne et tiers-mondiste, accueille un grand nombre d’étudiants africains, à qui elle propose des bourses supérieures à celles qu’elle octroie aux étudiants chinois. Cette situation « privilégiée » des Africains à l’université, ainsi que des préjugés tenaces à l’égard des Noirs, provocait régulièrement des coups de colère de la part de certains étudiants chinois. L’hostilité à l’égard des subsahariens se faisait particulièrement sentir lorsque des contacts publics avaient lieu entre des garçons africains et des jeunes filles chinoises. Le premier incident anti-africain répertorié date de 1979, à Shanghai, lorsque des étudiants africains sont attaqués alors qu’ils jouent de la musique à fort volume sonore en compagnie de jeunes Chinoises. Ce type de fait divers devient de plus en plus courant durant les années quatre-vingt et culmine le 24 décembre 1988. Ce jour-là, deux étudiants africains cherchent à entrer avec deux jeunes chinoises sur le campus de l’université Hehai, a Nankin, pour participer à un réveillon de Noël. Devant la demande du gardien de vérifier les papiers d’identité des jeunes femmes, une querelle éclate et dégénère en une bagarre générale entre étudiants africains et chinois, qui dure jusqu’au petit matin. Treize personnes sont blessées au cours de la nuit. Dans la journée du lendemain, une rumeur court disant que les Africains ont tué un Chinois pendant la nuit. Trois cents étudiants chinois se réunissent alors et défoncent le portail de la résidence des étudiants étrangers, détruisant les dortoirs et hurlant « Sha hai hei gui ! » (« Tuons les démons noirs » ! ). Les étudiants africains, ainsi que les autres étrangers, 140 personnes au total, tentent de fuir vers la gare, où la police leur refuse le droit d’embarquer. Le 26 décembre, une manifestation de 3000 étudiants se dirige vers la gare et demande pour la première fois, outre l’expulsion des étrangers, le respect des droits de l’homme et des réformes politiques. Ces manifestations durent plusieurs jours et sont réprimées par la police antiémeute. Ces manifestations anti-étrangers (particulièrement anti-Africains) se propagent à Shanghai et à Pékin, où elles sont considérées comme un des éléments déclencheurs du Printemps de Pékin, qui a lieu quatre mois plus tard, à l’occasion des funérailles de Hu Yaobang (ex-secrétaire général du parti, considéré comme un réformateur). |
| QUOTE (Soleil Rouge @ 06 Oct 2006 à 17:13) |
| C’est dingue. |
| QUOTE (karim06 @ 06 Oct 2006 à 21:12) |
| Evidemment. Le pire c’est qu’ils manifestaient pour les droits de l’homme et en même temps pour l’expulsion des africains. |
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