Sunday 30 September 2007 à 22:05
Sunday 30 September 2007 à 19:18 on a les motifs de cette censure?
L'avis du BVPLe Bureau de vérification de la publicité (BVP), organe d'autorégulation de la profession, a "totalement déconseillé" aux afficheurs français de placarder les photographies d'une jeune femme anorexique nue, actuellement utilisées en Italie dans une campagne de publicité.
Cette campagne contre l'anorexie, parrainée par la marque de vêtements italiens "No-l-ita" et dont les photographies ont été réalisées par Oliviero Toscani, vient de susciter la polémique en Italie, en pleine semaine de la mode. Les photos sont publiées sur une double page dans la presse et affichées sur des panneaux géants dans les villes italiennes.
"En France, il n'y a pas d'interdiction possible pour une communication quelle qu'elle soit. A priori ça n'existe pas. Ca s'appelle de la censure et la censure n'existe plus en France depuis le Second Empire", a déclaré hier à l'AFP le directeur général du BVP, Joseph Besnaïnou.
Mais le BVP "a totalement déconseillé" aux afficheurs d'utiliser les deux "visuels" de la campagne "dans la mesure où il n'est pas recommandé de mettre, surtout sur des affiches - un média très fort -, une personne souffrant manifestement d'une pathologie", a-t-il ajouté.
Le BVP a estimé par ailleurs que les photos étaient "de nature à choquer le public en général, les publics les plus sensibles en particulier au regard de la déontologie publicitaire adoptée par tous les publicitaires français qui prévoit qu'on ne peut pas attenter à la dignité humaine".
M. Besnaïnou a rappelé que les publicitaires participaient au groupe de travail sur l'image du corps mis en place sous le précédent gouvernement. "Nous avons pris à l'époque l'engagement de ne pas accélérer ce mouvement" en faveur de l'anorexie et de ne pas "montrer ce genres de choses", a-t-il déclaré.
Selon lui, la campagne de publicité a été présentée au BVP "comme une campagne pour des vêtements. Aujourd'hui, on nous dit que c'est une campagne contre l'anorexie. Ca, jamais personne n'en a parlé", affirme-t-il.
"On se serait peut-être posé une autre question si on nous avait dit +c'est une campagne contre l'anorexie payée par le ministère de la Santé+", a-t-il ajouté.
"Quand il s'agit d'une grande cause (...), c'est une chose. La publicité marchande, ce n'est pas la même chose".