Monday 10 September 2007 à 09:35
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Le COKINTIME ou la palette d'écriture d'un certain "écrit-vain"... (suite et fin</H3>
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Sur l'Histoire, Cheick Oumar KANTE a écrit
« Le problème n'est pas tant que l'Histoire ait été tout ce qu'elle a été mais bien que
le présent soit ce qu'il est et
augure si mal de ce que sera le futur ! » Extrait de
« Anachronismes !... Vous avez dit : anachronismes ? » article paru sur
Africultures.com le 23 décembre 2005, une contribution au débat sur le prétendu rôle positif de la colonisation
Sur la beauté féminine
Rendre compte de ta beauté ! Si j'avais pu faire ton portrait…Je l'aurais si bien réussi que le premier lecteurTe m'aurait [volée] de son regard envieux.(…)Si j'avais pu te mouler…Mes doigts ruisselant d'affectionAuraient sillonné (…) chaque repli de ton corps,Pétri ton cœur et ton âmeEt, par mille et un attouchements enflammés,T'auraient fixée pour l'éternité (…) Si j'avais pu te sculpter…Je t'aurais faite en or pas en boisEn massif pas en relief (…)Et les nattes sur ta tête auraient brilléPour ternir l'éclat de toutes les beautés imaginables (…) [Mais], ton beau profil arc-en-cielAurait été aspiré par Dieu concupiscent et jaloux. Hélas ! Je désespèreDe jamais réussir à rendre compte de ta beauté (…)Sais-tu pourquoi ?Parce que tu es une Mandingue.Le sais-tu ?Oui, tu le saisEt tu en profites ! Extrait de
« Après les nuits, les années blanches » -
L'Harmattan, 1993. P. 25 et 26
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Quelques considérations sur le journalisme et des extraits d'articles de journaux
GUERRES, SANG, VIOLS, DÉSOLATIONS À LA UNE
ET À N'EN PLUS FINIR !
« (…) Très peu pour moi, le sang et le sensationnel vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Jamais, je n'ai eu envie de devenir un correspondant de guerre, moi ! (…)
Il m'est insupportable d'avoir sans arrêt à procéder aux incontournables décomptes macabres. En pratiquant l'affreuse arithmétique des pertes en vies humaines pour laisser les camps en conflit croire qu'ils auraient perdu plus ou moins de soldats les uns que les autres,
j'aurais eu l'impression d'activer à leur place
la redoutable machine de mise à mort réciproque. (…) Les comptes rendus réguliers d'un journaliste de guerre – ayant même la possibilité d'être au plus près de la réalité – finissent toujours par encourager les ripostes, les représailles et donc un embrasement progressif et général des foyers de tension.
(…) Je préférerais (…), en vivant ou après avoir vécu avec les uns et les autres – ici, là et ailleurs – être à même de leur dire tout ce qui pourrait déclencher à tout moment des conflits entre eux, s'ils n'y prenaient pas garde. Et si, malgré tout, ils entraient quand même en guerre,
j'aimerais tant être de ceux qui les
exhortent à en sortir au plus vite en les encourageant à
recourir à toutes leurs
aptitudes à penser, à comprendre, à transiger puis à tolérer...Sans doute n'est-ce pas la faute du miroir médiatique s'il reflète aussi le laid et l'abominable mais, tant qu'à faire, cassons-le donc une fois pour toutes si, à force de nous montrer l'horreur, il nous la rend admissible et risque de nous la faire prendre pour le beau et le normal ! »
Extrait de
« Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? » -
Menaibuc, 2004. P.11
"[
Matériau … « noble » que] le mot, celui-là même sans lequel on ne saurait conférer aux objets toute leur valeur !
Avec lui, on peut révérer le beau, fustiger l'horreur, saisir la nuance... Il aide à exalter, à exhausser et à émouvoir dans le sens positif du terme parce qu'en donnant à voir, à entendre, à sentir et à ressentir, il permet de choisir devant n'importe quelle situation la meilleure alternative. Fait de sons, choisis avec minutie, et de sens, bien réfléchi,
le mot est sans conteste le meilleur outil pour réconcilier à un moment donné les pires antagonismes qu'il a pu susciter à un autre moment !"
Extrait de
« Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? » -
Menaibuc, 2004. P. 12
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« (…) Tant pis si, après tout, je ne suis peut-être pas un vrai journaliste (…), incapable que je suis de narrer les idylles tourmentées et les émoluments scandaleux de quelques stars prétentieuses dans le monde de la chanson ou du sport, des médias ou du show-biz ! De toute façon, je ne suis pas plus à l'aise pour raconter les frasques des putains de toutes les Républiques ou les flambées d'actions de tels ou tels « start-upistes ». Enfin, je ne suis guère plus apte à relater les revers ou les regains de bonheur conjugal et/ou de fortune des fringants capitaines d'industries ! … » Extrait de
« Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? » -
Menaibuc, 2004. P. 13
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LE JOURNAL [QUI RESTE] À CRÉER
« LES périodiques datant de l'indépendance peinent pour trouver un second souffle à l'image de la plupart des pays africains. La fin des rivalités Est-Ouest réduit de manière considérable l'intérêt des deux blocs pour le continent.Le réveil des nationalités en Europe de l'Est banalise jusqu'à les légitimer les guerres ethniques alors même que l'Afrique s'ouvre avec violence à la démocratie et qu'y rôde le spectre de l'anarchie.Démonter les mécanismes qui permettent à l'Afrique de survivre alors qu'elle est donnée pour moribonde depuis longtemps,Stopper sa dérive qui est d'abord et avant tout intellectuelle,Réconcilier ses nouvelles élites avec l'espoir,Faire en sorte que l'Afrique intéresse à nouveau l'Europe et qu'avec cette dernière se développent des échanges plutôt qu'une fausse assistance perpétuelle,En somme, aider à concevoir un vade-mecum pour des relations nouvelles s'appuyant sur les nécessaires solidarités et complémentarités économiques, sociales, culturelles, écologiques…Voilà des exemples de domaines d'investigations à explorer pour les porter à la connaissance des Africains et des Européens ! » Extrait de
« Plaidoyer pro domo pour une bourse de l'Académie Prisma Presse », dans «
Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? » P. 65 et 66
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"Envoyés spéciaux tous azimuts, sachez par moments arrêter de filmer une information dès qu'elle est horrible, sans pour autant cesser de nous en rendre compte. Nous vous croirons sur parole si vous nous racontez juste ce dont vous-mêmes avez été les témoins. "PRÉSENTATEURS de journaux télévisés, vous n'avez pas, vous non plus, besoin de nous montrer et remontrer les carotides tranchées, les jambes et les bras coupés, les rues jonchées d'hommes, de femmes et d'enfants massacrés, pour nous convaincre de l'authenticité d'un événement tragique…D'ailleurs, parmi vous, plusieurs savent très bien articuler les termes comme « égorger » pour parler des Algériens qui en tuent d'autres au couteau ou « mutiler à la machette » ou, encore, « exécuter à coups de gourdins » quand ce n'est pas « nettoyer ethniquement » pour évoquer le sort des Burundais, Rwandais, Libériens, Sierra Léonais et autres ex Yougoslaves…Ils sont sans doute… télégéniques à souhait les génocides réciproques et récurrents, ici et là, de populations rendues ennemies par la mégalomanie de leurs chefs. Le sont encore plus les attentats à la vie d'étrangers continuant de s'égarer – on ne sait trop comment ni pourquoi – dans ces zones que, depuis plusieurs années, la communauté internationale accepte de voir gagnées par la barbarie !Mais combien elles sont insupportables, aussi, les scènes désormais coutumières où des « reporters d'images » équipés de matériels audiovisuels de pointe, des gens civilisés donc, en quémandant des interviews, « mettent en boîte » des bourreaux, des tortionnaires, des barbares, des bêtes sauvages, des monstres dans l'exercice de leurs prédations sanguinaires (…)" Extrait de « Le droit à l'image contre le droit à l'info », article paru dans Jeune Afrique n° 1993 du 23 au 29 mars 1999. Repris dans « Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? » ***
"L'Internet existe en Afrique aussi où quelques hauts cadres et plusieurs commerçants équipés permettent autour d'eux à des milliers de gens d'en profiter. On observe, du reste, une prolifération de Webcafés à côté ou en lieu et place des anciens centres téléphoniques. Sans compter tous les équipements performants à la disposition des abonnés dans la plupart des centres culturels d'ambassades étrangères. Les Africains privilégiés, acheteurs potentiels de presse écrite, ont donc accès à la Toile qui regorge d'annonces brutes, instantanées, sensationnelles, alléchantes, parmi lesquelles la rumeur, la malveillance, la diffamation, la désinformation, la tentation consumériste, le harcèlement médiatique même, exercices particulièrement prisés par beaucoup d'internautes de tous pays, ont d'ailleurs tendance à supplanter les infos triées, vérifiées, recoupées, bien traitées et mises en perspective. La course à la divulgation de « l'info » est, par conséquent, d'avance gagnée par ce média nouveau dont la déontologie mettra du temps à devenir opérationnelle. Le magazine qui n'en tient aucun compte, de nos jours, court vers une véritable déconvenue.Alors, tout en s'abstenant de développer des dépêches hâtives et des flashes approximatifs, disponibles sur les sites les plus divers, un magazine différent gagnerait par ailleurs à mettre au rebut tous les marronniers : le sida qui va bientôt rayer le continent de la carte du monde, la malédiction « originelle » de ces pays en queue de liste dans le classement selon l'indice de développement humain, la famine qui ressuscite ici, la sécheresse qui revient là, les inondations par-ci, les guerres tribales par-là, le putsch raté dans un pays, le coup d'État réussi dans un autre, les élections truquées partout… AUCUNE FATALITÉ
À vrai dire, il ne s'agit nullement d'occulter ces faits têtus, – et ô combien désespérants ! – mais de les traiter de façon différente en insistant sur les quelques lueurs d'espoir qui existent malgré tout. Assez de journaux sont doués pour faire l'inventaire des maux et des constats de faillite africains, assez de publications se complaisent dans leur manque d'imagination à suggérer des issues de secours pour en rajouter. Il est juste temps que nos propres médias nous aident réellement à explorer les voies et moyens de sortir de ce qui n'est pas une fatalité: la soi-disant spirale infernale africaine ! (…)IL ne faut, en aucun cas, craindre de faire beaucoup de place à l'analyse, à la réflexion, au débat – faut-il ajouter contradictoire ? – à la prospective voire à l'irritation et à l'indignation individuelle et collective non seulement des élites mais aussi et surtout des populations africaines. Les unes et les autres savent si bien le faire quand elles ne sont pas mises à l'écart de façon presque systématique devant les entreprises qui les concernent.QUEL intérêt pour nous de savoir tous les ans le classement des plus grandes fortunes du monde ? Et cette relation strictement sensationnelle de certains scandales internationaux, n'accrédite-t-elle pas en Afrique l'idée que la corruption est la chose au monde la mieux partagée et qu'on ne peut donc rien y faire ? A-t-on jamais expliqué avec la conviction nécessaire que les plus petits détournements de fonds publics africains, ridicules sans doute devant les millions de fonds secrets et les milliards de prises illégales d'intérêts – « broutilles » vite évaporées dans les pays riches – sont des manque à gagner suicidaires pour les plus prospères des pays d'Afrique ?" Félicitations et suggestions à L'Autre Afrique à l'occasion de sa renaissance. L'A.A n°2, août 2001. Repris dans « Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? » P. 106 à 109 ***
"Nelson Mandela, a révélé à sa libération une personnalité d'une envergure encore plus grande que celle bâtie par la légende autour du prisonnier de Robben Island. Homme d'État envié du monde entier, il aura tracé le chemin de la réconciliation entre bourreaux et victimes de l'Apartheid. Et, tout en finesse, il aura même su passer le témoin puisqu'il a la modestie, lui, de ne pas se sentir investi d'un quelconque pouvoir messianique. À lui surtout, l'Afrique doit une rente pour l'éternité et non pas à perpétuité, l'incompressibilité dont cette dernière pourrait être assortie étant toujours limitative. En sachant, du reste, que son ouverture d'esprit lui dicte sans doute des préoccupations d'un tout autre ordre et que, de toute évidence, elle l'empêche de se faire des illusions sur les bégaiements de l'Histoire et la versatilité de ses témoins"*. ***
[font="Times New Roman"]"LA grande « maladie » de beaucoup de leaders politiques africains dont on aurait pu penser les plus jeunes prémunis, c'est de ne pouvoir se dépouiller de leurs oripeaux de syndicalistes (travailleurs ou étudiants) ou de chefs de maquis pour revêtir des habits d'hommes d'État. Leurs partis ne recrutant en priorité que dans les limites de leurs ethnies, ils ne sollicitent de leurs militants que les muscles des bras et ceux des mollets préférant laisser en jachère leurs cœurs et leurs cerveaux. Bouleversante alors est la confusion des esprits qui conduit certains à fouler aux pieds non seulement la politique nationale mais la géopolitique sous-régionale, régionale et internationale la plus élémentaire !" ***
"TOUT le travail politique de la prochaine décennie devrait consister à stopper la circulation anarchique des armes de guerre avant de faire un grand tri de sorte à reconstituer des armées régulières avec le statut digne qui est le leur et le rôle qu'elles n'auraient jamais dû abandonner : la défense et l'aménagement du territoire. Il est tout de même paradoxal, plutôt tragique de constater avec quelle régularité des pays dirigés par des Généraux voire des Maréchaux sont déstabilisés par les bandes armées les plus dépenaillées. Pour positive qu'ait été l'irruption sur la scène politique de militaires de la valeur de Thomas Sankara, Jerry Rawlings ou Toumani Touré, le travail dévolu à un militaire est de préserver la paix intérieure et de défendre la patrie contre les agressions extérieures.Pour en revenir à la politique pure, il existe un réel danger que les habitudes de manipulation de politiciens peu scrupuleux aient produit des « clones » de Idi Amin Dada, Jean-Bedel Bokassa, Sékou Touré, Mobutu Sese Seko et Robert Mugabe, entre autres. Mais il n'est pas interdit non plus de rêver que s'affirmeront plus nombreux, dans un avenir très proche, des émules de Léopold Sédar Senghor et de Nelson Mandela". * *Extraits de « En finir avec tous les rentiers de la politique en Afrique ! » article paru sur Africultures.com (rubrique « Articles des Lecteurs »), le 3 février 2003. Repris dans « Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? » P.129 à 132 ***
Sur le métier d'écrivain
JE ne conçois pas autrement l'acte d'écrire ni celui de lire que comme une envie irrépressible de partager et, donc, un élan de générosité irréversible lui aussi. » Extrait de la quatrième de couverture de « Trente-deux ans de rétention » - Menaibuc, 2006 « POURQUOI un écrivain ne devrait-il pas pouvoir vivre de ses écrits de façon convenable comme un boulanger de son pain, un viticulteur de son vin, un orfèvre de ses bijoux ? ... Bons ou mauvais écrivains, c'est aux lecteurs dont on n'aura pas obscurci le jugement d'en décider. » Extrait de « Trente-deux ans de rétention » P. 88 "[SI l'écriture peut être rapprochée de la cuisine et de la pâtisserie, je n'accours pas à «la houellebecquée » ni ne touche à « la loanane ». Je ne me laisse pas tenter non plus par « la breillatine » et ne succombe pas à « l'angoïsme », écœuré que je suis par les moisissures favorites d'une certaine Amélie Nothomb. Pour tout dire], je préfère la pâtisserie d'un Brillat-Savarin, ancien personnage illustre de mon département d'adoption, disciple de Voltaire et de Rousseau, admirateur de Buffon et de Fénelon, littérateur talentueux lui-même, comme de juste, et fin gastronome aux recettes toujours épicuriennes.JE REFUSE, d'une manière générale, les produits illicites et ceux dont il faut modérer la consommation. Non pas parce qu'ils sont interdits ou réglementés mais parce que pour écrire, je n'ai pas besoin d'halluciner. Le beau, le laid, le bon et l'abominable, je suis apte à l'imaginer et à en rendre compte sans coup de pouce chimique.JE REFUSE de ne relater que ce qui gravite autour de moi, de façon exclusive et tiens plutôt à raconter ce qui touche au Guinéen, à l'Africain, à l'Humain. Le moi, le mien n'est pas haïssable en soi, mais il est tellement beau dissous dans le nous, le nôtre…D'empathie pour moi-même, je ne peux avoir que par ricochets, par effets boomerang. (…) Et, j'incline d'autant plus volontiers à partager le bonheur de tous ceux qui sont heureux.JE REFUSE enfin d'écrire à l'africaine pour les seuls Africains ou les amateurs de littératures exotiques. (…) À la fois Guinéen, Africain, Français, Européen, Humain… de naissance et/ou de papiers, doué de sensibilité et de raison – je l'espère – j'essaie de communiquer aux humains mes semblables – en français, puisque je n'ai pas le choix – quelques-unes [des] émotions que j'ai envie de partager avec eux…" Extrait de « Résistance d'écrivain », article paru sur Africultures.com (rubrique « Engagement de l'écrivain africain ») le 13 octobre 2004. Le texte intégral se trouve dans « Trente-deux ans de rétention », essai paru chez Menaibuc à Paris en 2006 "SEULES l'écriture et la parole, réhabilitées, nous guériront dans un avenir qui reste à préparer de la morbide fascination pour les images et nous délivreront de leur dictature." Extrait de « Pourquoi, diable n'ai-je pas été un griot ? » - Ganndal (Guinée-Conakry) 2006. P. 54 « ET comment* donc arriver à garder le cap ? Quand la plupart des conseillers en voyages littéraires se sont eux-mêmes égarés dans les maquis des écritures surfant sur des goûts spécieux : les révélations scabreuses, les transgressions (fausses ou vraies, petites ou grandes), les violences gratuites, les bas instincts et les mauvais sentiments... seuls thèmes qui seraient générateurs de bons romans ! Que faire ? Quand ceux qui passent encore pour les défenseurs de la littérature sont à leur tour bluffés par les croque-morts de la même littérature, par ailleurs très bons vendeurs de "livres" ! Entrer en résistance ou ne pas entrer ? Longtemps, c'est la question qui se posera à toutes les parties prenantes en littérature. » "POURQUOI* continuer de supposer un auteur toujours mieux inspiré dans sa langue identitaire et ne subissant de ses langues d'emprunt qu'un diktat dévastateur ? Avec la maîtrise plus ou moins parfaite de plusieurs moyens d'expression, un écrivain « trans-ethnique », « transnational », « transcontinental » ne devrait-il pas être, au contraire, capable de produire une prose originale, sertie comme un bijou des subtilités de la langue devenue de facto sa langue maternelle et des nuances de ses langues annexes ? Irriguée par un imaginaire d'appoint, la langue d'autrui ne serait-elle pas, en quelque sorte, le véhicule idéal permettant de soustraire son usager de toute assignation à résidence et même, de manière fictive, de lui faire renouer avec sa « langue morte » ? SI n'étaient autorisés à écrire dans une langue que ceux qui l'avaient acquise par le droit du sang, la littérature s'en porterait encore moins bien, à coup sûr". *Extraits de l'article « Sa langue, qu'est-ce qu'elle a sa langue ? » article paru dans la revue Riveneuve Continents n°3, Automne 2005. P. 297 et 298 ***
Sur la lecture LIRE ! LIRE ENCORE ! LIRE TOUJOURS !
"UNE catastrophe naturelle (séisme, sécheresse, incendie, inondation…) frappe-t-elle sans discrimination une région ? Elle s'en relève toujours.- Mais les guerres et les génocides laissent, quant à eux, des séquelles durables, plus difficilement « résiliables » à cause du tri sélectif opéré entre ceux qui auraient dû rester des compatriotes.- Négationnismes et révisionnismes de toutes sortes rôdent autour de l'histoire de la Guinée.- Il incombe aux écrivains de combler les moindres trous de mémoire. Quand les Guinéens oseront se regarder en face, ils assumeront vite leur passé et envisageront, sereins, un avenir réconcilié.- Il est impératif de ne pas cultiver les seuls muscles de ses bras et de ses mollets ! Lire, lire ! Lire encore ! Lire toujours ! De tout, sur tout, partout, de façon à « se muscler » le cerveau et l'esprit, aussi !- Et pouvoir disposer, après, de ce qu'on pourrait appeler – en comparaison des constructions japonaises – des « réflexes parasismiques » aptes à prémunir la Guinée des tremblements et autres fractures sociales ayant détruit les pays à ses frontières. Ainsi, les Guinéens sauront-ils aménager dans leurs têtes ces digues faites de bon sens et de raison qui empêcheront l'inondation et la submersion de leurs cœurs par la haine destructrice. » Extrait de « Les bonheurs du 4ème Salon du Livre de Conakry ». Article paru sur Africultures.com d'abord le 14 décembre 2004 au Forum « Engagement de l'écrivain africain ». Puis le 3 janvier 2005 sous la rubrique « Littérature ». ***
Sur les nouveaux griots « PLUS question de continuer à jouer les grands griots de la mythologie mandingue édulcorée, simples témoins émerveillés du pèlerinage fastueux d'un certain roi à La Mecque ou du recouvrement miraculeux de l'usage de ses jambes par un autre ou de la tactique de la terre brûlée utilisée par un autre encore comme moyen de résistance à l'occupation coloniale ! Ils ont déjà fait leur temps, tout leur temps. Nous leur en avons été suffisamment reconnaissants et nous le demeurerons. Avec moins de tam-tams et de balafons, cependant. » « LES nouveaux griots s'abstiendraient (...) de tresser des lauriers aux plus grands bâtisseurs si ces derniers se rendaient coupables des moindres manquements aux droits élémentaires de leurs concitoyens... » Extrait de « Pourquoi, diable, n'ai-je pas été un griot ? », essai paru chez Ganndal en 2006
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Bibliographie</H2><H2 style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: left" align=left>
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Ouvrages publiés :</H2>
. Douze pour une coupe (roman), Présence Africaine - Paris, 1987. Fatoba, l'archipel mutant (roman), l'Harmattan - Paris, 1992. Après les nuits, les années blanches (roman) - l'Harmattan, 1993. Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? (essai), Menaibuc - Paris, 2004. (Une édition augmentée a paru en 2007). Orphelins de la Révolution (récit) - Menaibuc, 2004.. Le bogue réparateur ! (nouvelles) - l'Harmattan, 2005. Pourquoi, diable, n'ai-je pas été un griot ? (essai), Ganndal - Guinée (Conakry), 2006. Trente-deux ans de rétention (essai) - Menaibuc, 2006<H6 style="TEXT-ALIGN: left" align=left>
À paraître :</H6>
. J'aurais dû être… un poète (recueil de poèmes)