Un texte un jour

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mardi 23 mai 2006 à 17:41
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mettez ici le texte poetique qui correspond le mieux a votre etat d esprit! wink.gif on l a fait pour les musiques alors pourquoi pas pour la poesie!



je commence avec le De Profundis de Baudelaire


J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C'est un univers morne à l'horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème ;
Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre ;
C'est un pays plus nu que la terre polaire ;

- Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois !

Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos ;

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide.
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide !






mardi 23 mai 2006 à 17:54
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"Les cloches" de Guillaume Apollinaire (Alcools). Le texte et ses évocations correspondent assez à mon état d'esprit du jour, même si l'histoire racontée n'a rien à voir avec ce que je vis.


Mon beau tzigane mon amant
Écoute les cloches qui sonnent
Nous nous aimions éperdument
Croyant n'être vus de personne


Mais nous étions bien mal cachés
Toutes les cloches à la ronde
Nous ont vus du haut des clochers
Et le disent à tout le monde


Demain Cyprien et Henri
Marie Ursule et Catherine
La boulangère et son mari
Et puis Gertrude ma cousine


Souriront quand je passerai
Je ne saurai plus où me mettre
Tu seras loin Je pleurerai
J'en mourrai peut-être
mardi 23 mai 2006 à 18:23
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Très bonne idée de topic happy.gif
Pour moi ça sera celui-là :


C. Baudelaire : Spleen

Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux,
Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes.
Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon,
Ni son peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesque ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade ;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau,
Ne savent plus trouver d'impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais pu
De son être extirper l'élément corrompu,
Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
II n'a su réchauffer ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé.

Spleen et Idéal, LXXVII
mercredi 24 mai 2006 à 13:50
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"La mort des pauvres" de Baudelaire


C' est la mort qui console, hélas ! et qui fait vivre;
C' est le but de la vie, et c' est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le coeur de marcher jusqu' au soir;

A travers la tempete, et la neige, et le givre,
C' est la clarté vibrante à notre horizon noir;
C' est l' auberge fameuse inscrite sur le livre,
Ou l' on purra manger, et dormir, et s' asseoir;

C' est un ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des reves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus;

C' est la gloire des dieux, c' est le grenier mystique,
C' est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C' est le portique ouvert sur les cieux inconnus!

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Heuuuu voilà, c' est aussi, un texte qu' on a mit en musique avec mon groupe.
mercredi 24 mai 2006 à 14:26
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Le Rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l'image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme continue l'oeuvre de l'existence. C'est un souterrain vague qui s'éclaire peu à peu et où se dégagent de l'ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres ; -- le monde des Esprits s'ouvre pour nous

Gerard de Nerval



ps:gitan j aimerais bien entendre un extrait!pourquoi ne pas le poster sur ce topic?? happy.gif
mercredi 24 mai 2006 à 18:58
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Désolé, pour mon humeur d'aujourd'hui ça sera ENCORE Baudelaire mais c'est vraiment celui que je connais le mieux.


C. Baudelaire : Spleen

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
– Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l'immortalité.
– Désormais tu n'es plus, ô matière vivante !
Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d'un Sahara brumeux,
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.

Spleen et Idéal, LXXVI
mercredi 31 mai 2006 à 15:30
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Oui, je sens que mon âme est cadenacée dans le verrou de mon corps, et qu'elle ne peut se dégager, pour fuir loin des rivages que frappe la mer humaine, et n'être plus témoin du spectacle de la meute livide des malheurs, poursuivant sans relâche, à travers les fondrières et les gouffres de l'abattement immense, les isards humains. Mais, je ne me plaindrai pas. J'ai reçu la vie comme une blessure, et j'ai défendu au suicide d'en guérir la cicatrice. Je veux que le Créateur en contemple, à chaque heure de son éternité, la crevasse béante. C'est le chatiment que je lui inflige.


LAUTREAMONT
CHANTS DE MALDOROR
mercredi 31 mai 2006 à 15:52
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QUOTE (yodarine @ 23 May 2006 à 17:54)
"Les cloches" de Guillaume Apollinaire (Alcools). Le texte et ses évocations correspondent assez à mon état d'esprit du jour, même si l'histoire racontée n'a rien à voir avec ce que je vis.


Mon beau tzigane mon amant
Écoute les cloches qui sonnent
Nous nous aimions éperdument
Croyant n'être vus de personne


Mais nous étions bien mal cachés
Toutes les cloches à la ronde
Nous ont vus du haut des clochers
Et le disent à tout le monde


Demain Cyprien et Henri
Marie Ursule et Catherine
La boulangère et son mari
Et puis Gertrude ma cousine


Souriront quand je passerai
Je ne saurai plus où me mettre
Tu seras loin Je pleurerai
J'en mourrai peut-être

Ce texte me correspond pile poil
Il y a meme le nom de mon copain (qui porte le meme nom que mon ex dry.gif )
vendredi 02 juin 2006 à 17:34
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Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

5 Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
10 Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

- Ô douleur ! ô douleur ! Le temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie



un texte en lequel je me reconnais...car actuellement je fais le menage dans ma tete et ma vie luttant justement contre ce mal

Ce message a été modifié par sandie72 - vendredi 02 juin 2006 à 17:34.
vendredi 02 juin 2006 à 23:20
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Le Pont Mirabeau
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure


Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)


Le temps....
dimanche 04 juin 2006 à 16:26
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Je te nomme Soir ô Soir ambigu, feuille mobile je te nomme.
Et c'est l'heure des peurs primaires, surgies des entrailles d'ancêtres.
Arrière inanes faces de ténèbre à souffle et mufle maléfiques !
Arrière par la palme et l'eau, par le Diseur-des-choses-très-cachées il s'agit du poète,
du maître du verbe !
Mais informe la Bête dans la boue féconde que nourrit tsétsés mouches stégomyas moustiques
Crapauds et trigonocéphales, araignées à poison caïmans à poignards.

Quel choc soudain sans éclat de silex ! Quel choc et pas une étincelle de passion.
Les pieds de l'Homme lourd patinent dans la ruse, où s'enfonce sa force jusques à mi-jambes.
Les feuilles les lient des plantes mauvaises. Plane sa pensée dans la brume.
Silence de combat sans éclats de silex, au rythme du tam-tam tendu de sa poitrine
Au seul rythme du tam-tam que syncope la Grande-Rayée tam-tam à sénestre.
Sorcier qui dira la victoire !

Des griffes paraphent d'éclairs son dos de nuages houleux
La tornade rase ses reins et couche les graminées de son sexe
Les kaïcédratsarbres (rouges) sont émus dans leurs racines douloureuses
Mais l'Homme enfonce son épieu de foudre dans les entrailles de lune dorées très tard.
Le front d'or dompte les nuages, où tournoient des aigles glacés,
O pensée qui lui ceint le front ! La tête du serpent est son œil cardinal.

La lutte est longue trop !anastrophe dans l'ombre, longue des trois époques, de nuit millésime.
Force de l'Homme lourd les pieds dans le potopoto fécond
Force de l'Homme les roscaux qui embarrassent son effort.
Sa chaleur la chaleur des entrailles primaires, force de l'Homme dans l'ivresse
Le vin chaud du sang de la Bête, et la mousse pétille dans son cœur
Hê ! vive la bière de mil à l'Initié !

Un long cri de comète traverse la nuit, une large clameur rythmée d'une voix juste.
Et l'Homme terrasse la Bête de la glossolalie langue inintelligible
(réservée à un petit nombre) du chant dansé.
Il la terrasse dans un vaste éclat de rire, dans une danse rutilant dansée
Sous l'arc-en-ciel des sept voyelles. Salut Soleil-levant Lion au-regard-qui-tue
Donc salut Dompteur de la brousse, Toi Mbarodijeune homme initié ! seigneur des forces imbéciles.

Le lac fleurit de nénuphars, aurore du rire divin.

Leopold Sedar Senghor
Ethiopiques
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mardi 06 juin 2006 à 02:55
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sleep.gif
L’horizon tombe dans l’obscurité
Le vent souffle au loin …
Un tout autre paysage m’apparaît,
Le tonnerre résonne en moi …

Comme la mer qui devient sombre
Quand la tempête s’annonce tel aujourd’hui
Je ne sais différencier les ombres,
Je me perds dans le froid et sous la pluie.

Mon esprit trop plein tangue,
Mon cœur s’est depuis longtemps noyé.
En espérant vainement, il n’a fait que dériver
Et mon âme en a perdu sa langue

Les mots ne viennent plus à moi,
Les vers sont partis voire ailleurs,
Pourquoi se justifier à chaque fois ?
Alors qu’on méconnaît l’origine de nos malheurs.

Pourquoi ce sentiment étrange
Qui parcourt tout mon être ?
Quelle est cette sensation qui me démange ?
Qui me pousse à vouloir disparaître ?

Pourquoi c’est quand on croit fort en une chose,
Qu’on sort de cet état d’hypnose,
Pour réaliser que ce n’était qu’un rêve
Et que ça fait toujours mal quand on se relève …
mardi 06 juin 2006 à 02:59
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Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.



Nerval


ame triste c est de qui???
mardi 06 juin 2006 à 03:01
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si je le savais sleep.gif bluebiggrin.gif
mardi 06 juin 2006 à 03:01
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laugh.gif laugh.gif laugh.gif
mardi 06 juin 2006 à 03:02
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icon_redface.gif
mardi 06 juin 2006 à 03:14
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QUOTE (ame_triste @ 06 Jun 2006 à 03:01)
si je le savais sleep.gif bluebiggrin.gif

Dis-lui que c'est de moi voyons sleep.gif
mardi 06 juin 2006 à 03:20
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c est vrai?? happy.gif c est tres beau...
mardi 06 juin 2006 à 03:23
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bluebiggrin.gif
mardi 06 juin 2006 à 03:26
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mdr vous deux bluebiggrin.gif

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Note 3 V