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Livenet > Forum > Livres et Bds
Saturday 15 July 2006 à 00:51
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Voici la folle qui passe en dansant, tandis qu'elle se rappelle vaguement quelque chose. Les enfants la poursuivent à coups de pierres, comme si c'était un merle. Elle brandit un bâton et fait mine de les poursuivre, puis reprend sa course. Elle a laissé un soulier en chemin, et ne s'en aperçoit pas. De longues pattes d'araignée circulent sur sa nuque; ce ne sont autre chose que ses cheveux. Son visage ne ressemble plus au visage humain, et elle lance des éclats de rire comme l'hyène. Elle laisse échapper des lambeaux de phrase dans lesquels, en les recousant, très-peu trouveraient une signification claire. Sa robe, percée en plus d'un endroit, exécute des mouvements saccadés autour de ses jambes osseuses et pleines de boue. Elle va devant soi, comme la feuille du peuplier, emportée, elle, sa jeunesse, ses illusions et son bonheur passé, qu'elle revoit à travers les brumes d'une intelligence détruite, par le tourbillon des facultés inconscientes. Elle a perdu sa grâce et sa beauté primitives; sa démarche est ignoble, et son haleine respire l'eau-de-vie. Si les hommes étaient heureux sur cette terre, c'est alors qu'il faudrait s'étonner. La folle ne fait aucun reproche, elle est trop fière pour se plaindre, et mourra, sans avoir révélé son secret à ceux qui s'intéressent à elle, mais auxquels elle a défendu de ne jamais lui adresser la parole. Les enfants la poursuivent, à coups de pierres, comme si c'était un merle.

Lautreamont

Chants de Maldoror
Monday 17 July 2006 à 22:20
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La jeune fille des éditeurs.
La jeune fille des rédacteurs en chef.
La jeune fille épouvantail, monstre, assassin de l'art.
La jeune fille, ce qu'elle est en réalité.
Une petite sotte et une petite s... ; la plus grande imbécile unie à la plus grande dépravation.
Il y a dans la jeune fille toute l'abjection du voyou et du collégien.

Baudelaire
Mon coeur mis a nu
Monday 17 July 2006 à 22:33
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Sandie je trouve tes choix de textes excellents original.gif
Monday 17 July 2006 à 22:35
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Merci beaucoup...j en suis tres touchee icon_redface.gif
Monday 17 July 2006 à 22:55
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QUOTE (sandie72 @ 17 Jul 2006 à 22:35)
Merci beaucoup...j en suis tres touchee icon_redface.gif

Allons mon enfant... (hum?! huh.gif )

Tu as l'air d'apprécier ladite tendance décadente de notre 19e siècle, est-il pas? Pour ma part j'adore.
Monday 17 July 2006 à 22:59
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Tu l as devine...J aime en particulier l esprit de ceux que l on appelle les Poetes Maudits...je me sens en communion avec leur univers noir et fantasmagorique en effet!
Monday 17 July 2006 à 23:06
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Bien ça! Je pense que nous ne nous sommes pas les seuls à aimer ces poètes. Tu sais si un topic leur est déjà consacré? Sinon il faudrait en créer un.
Monday 17 July 2006 à 23:07
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Excellente idee
J avais cree un topic sur Baudelaire
Il y en a un aussi sur Lautreamont
Mais il faudrait un topic federateur! happy.gif
Monday 17 July 2006 à 23:13
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Bon ben c'est parti! Oui, un topic où les amateurs de pourriture en vers pourraient débattre à l'infini sur leurs bien-aimés maîtres...

Tu le crées ou bien m'en chargé-je?
Monday 17 July 2006 à 23:25
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C est fait! happy.gif
Monday 17 July 2006 à 23:28
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QUOTE (sandie72 @ 17 Jul 2006 à 23:25)
C est fait! happy.gif

mf_tongue.gif




Alors allons-y allons-zo!
Thursday 27 July 2006 à 16:10
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Je tombe lentement à genoux :::
::: Poème de Philistin Panger :::
Coule dans mes veines cet espoir,
L’espoir que vienne la lumière.
Coule cette peine de ne plus voir
A jamais une lueur dans la prière.


Je coule sans peine et sans émois.
La volonté de tenir encore debout
M’abandonne, je ne suis plus moi.
Et je tombe lentement à genoux.


Alors que la prière de l’espoir est perdu,
A genoux, j’entends la voie saine,
Et à nouveau, elle coule dans mes veines.


Alors que l’espoir de prier est entendu
A jamais la lumière me rappelle
que la volonté coule de plus belle.


Philistin Panger ©
Saturday 29 July 2006 à 16:14
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::: Poète fou :::
::: Poème de Philistin Panger :::
Parfois tu te plains des langueurs de la nuit
Des froideurs des matins, du soleil et des pluies.
Mais aussi tu admires fleurs, collines et rivières,
Les enfants et leurs rires, les hommes et la lumière


Parfois tu enrages des malheurs de la vie
Des souffrances à tout âge de toi ou de tes amis.
Mais aussi tu abandonnes les armes devant tes espoirs
Alors tu pardonnes ce qu’il y a de plus noirs.


Parfois tu pleures tes amours d’hier,
D’aujourd’hui tu as peur, et pour demain des prières.
Mais aussi tu inventes par l’écriture de mots
Une façon déroutante d’apaiser tous tes maux


Peux tu croire, poète fou, que tu choisis tes émois,
Ta famille et tes goûts ne sont issus que de toi
Peux tu voir la vérité en lisant tous tes vers
Ainsi tout est lié, c’est le seul mystère.



Philistin Panger ©










Sunday 30 July 2006 à 16:28
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Maintenant dans la moitié du monde la nature semble morte, et des songes funestes abusent le sommeil enveloppé de rideaux. Maintenant les sorcières célèbrent leurs sacrifices à la pâle Hécate. Voici l'heure où le meurtre décharné, averti par sa sentinelle, le loup, dont les hurlements lui servent de garde, s'avance, comme un fantôme à pas furtifs, avec les enjambées de Tarquin le ravisseur, vers l'exécution de ses desseins.—O toi, terre solide et bien affermie, garde-toi d'entendre mes pas, quelque chemin qu'ils prennent, de peur que tes pierres n'aillent se dire entre elles où je suis, et ravir à ce moment l'horrible occasion qui lui convient si bien

Macbeth
Shakespeare
Monday 31 July 2006 à 11:20
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La succube
Toute mie, onduleuse et le torse vibrant,
La fleur des lupanars, des tripots et des bouges
Bouclait nonchalamment ses jarretières rouges
Sur de très longs bas noirs d'un tissu transparent,

Quand soudain sa victime eut ce cri déchirant
"Je suis dans un brouillard qui bourdonne et qui bouge
Mon oeil tourne et s'éteint! où donc es-tu, ma gouge ?
Viens ! tout mon corps tari te convoite en mourant !"

A ces mots, la sangsue exulta d'ironie :
"Si tu veux jusqu'au bout, râler ton agonie,
Je t'engage, dit-elle, à ménager ta voix !"

Et froide, elle accueillit, raillant l'affreux martyre,
Ses suprêmes adieux par un geste narquois
Et son dernier hoquet par un éclat de rire.


Maurice Rollinat
Tuesday 01 August 2006 à 01:19
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Une Charogne.

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Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !


Charles Baudelaire
Tuesday 01 August 2006 à 01:22
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QUOTE (sandie72 @ 31 Jul 2006 à 11:20)
La succube
Toute mie, onduleuse et le torse vibrant,
La fleur des lupanars, des tripots et des bouges
Bouclait nonchalamment ses jarretières rouges
Sur de très longs bas noirs d'un tissu transparent,

Quand soudain sa victime eut ce cri déchirant
"Je suis dans un brouillard qui bourdonne et qui bouge
Mon oeil tourne et s'éteint! où donc es-tu, ma gouge ?
Viens ! tout mon corps tari te convoite en mourant !"

A ces mots, la sangsue exulta d'ironie :
"Si tu veux jusqu'au bout, râler ton agonie,
Je t'engage, dit-elle, à ménager ta voix !"

Et froide, elle accueillit, raillant l'affreux martyre,
Ses suprêmes adieux par un geste narquois
Et son dernier hoquet par un éclat de rire.


Maurice Rollinat

je compare souvent ce poeme aux "metamorphoses du Vampire" de Baudelaire
Le theme de la Succube rassemble une fois de plus ces deux poetes!
Wednesday 02 August 2006 à 01:52
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Contes et nouvelles



Anonyme
Léon Tolstoï



Le Cours de l’eau

Un jour, les disciples de Confucius, Sage chinois, le trouvèrent au bord de la rivière. Le maître était assis et contemplait le cours de l’eau. Les disciples, surpris, lui demandèrent :

– Maître, à quoi peut bien servir de regarder l’eau couler ? Rien de plus commun que cela ; toujours cela fut et cela sera toujours.

Confucius répondit :

– Vous dites vrai. Rien en effet de plus commun ; toujours cela fut et cela sera toujours ; c’est ce que chacun comprend. Mais ce que chacun ne comprend point, c’est combien l’eau courante est semblable à l’enseignement de la vérité. En regardant l’eau, c’est à quoi je pensais. Les eaux coulent ; elles coulent jusqu’à ce qu’elles viennent se perdre dans l’immensité des mers. De même, depuis le commencement du monde, la vraie doctrine, sans arrêt, a coulé jusqu’à nous. Agissons donc de telle manière que nous la transmettions à ceux qui vivront après nous afin qu’eux aussi, suivant notre exemple, la transmettent à leurs descendants, et cela jusqu’à la consommation des siècles.


Wednesday 02 August 2006 à 18:15
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LA BRIÈVETÉ

« Pourquoi être si bref? N'aimerais-tu donc plus,
Comme autrefois, le chant? Toi qui, plus jeune,
Aux jours de l'espérance,
Quand tu chantais, ne savais plus finir?» Tel mon bonheur, mon chant. Veux-tu plonger, heureux
Dans le soir rouge? Il a fui, et la terre est froide,
Et, l'oiseau de la nuit devant tes yeux
Alarmant, froue.

Holderlin
Friday 11 August 2006 à 17:10
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Baudelaire : Remords Posthumes


Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton coeur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d'où le sommeil est banni,

Te dira : «Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts?
- Et le ver rongera ta peau comme un remords.






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Voila , juste un petit sujet pour poster des photos de personnages de manga , des photos de manga que l'on trouve tres belles ceux qui


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