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Livenet > Forum > Livres et Bds
Tuesday 04 July 2006 à 08:03
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RITE

Dans le fond du wagon
une femme se farde.
Miroir à hauteur d'yeux,
elle accroît sa beauté,
entièrement attentive à
son travail contempler.

Attentif, fasciné,
de très loin je regarde
ce jeu des brossettes et pinceaux
d'où vient surgir le Beau.
....A rêver je m'attarde....

Grave, méditant,
je poursuis l'intrigant mystère
qui sans expliquer explique
le sans nom, le complexe,

l'insondable et unique
attirance des sexes.


Claude Colson
Tuesday 04 July 2006 à 15:47
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La partie la plus longue de la nuit terrifiante s’était écoulée, et elle qui avait été morte une fois de plus bougeait — et maintenant plus vigoureusement qu’auparavant, bien qu’émergeant d’une dissolution plus effrayante par sa complète désespérance qu’autre chose. Depuis longtemps j’avais cessé de lutter ou de bouger, et restais assis rigidement sur l’ottomane, une prière sans secours pour un tourbillon d’émotions violentes, dont l’extrême douleur était peut-être le moins terrible, le moins éprouvant. Le cadavre, je répète, bougea, et maintenant plus vigoureusement qu’auparavant. Les tons de la vie affluèrent avec une énergie inhabituelle sur le visage — les membres se détendirent — et, mis à part que les paupières étaient encore lourdement collées ensemble, et que les bandelettes et draps de la tombe livraient à la silhouette son caractère charnel, j’ai pu rêver que Rowena s’était en effet débarrassée, complètement, des entraves de la Mort. Mais si cette idée n’était pas, même alors, tout à fait adoptée, au moins je ne pouvais plus douter encore, quand, se levant du lit, en chancelant, la démarche affaiblie, les yeux fermés, et dans la manière de quelqu’un effarouché par un rêve, la chose qui était ensevelie s’avança courageusement à tâtons vers le milieu de l’appartement.

Je ne tremblai pas — je ne bougeai point — car une foule de fantaisies inexprimables en rapport avec l’air, la stature, la posture de la silhouette, s’empressant vivement dans ma tête, m’avait paralysé — m’avait pétrifié. Je ne bougeai point — mais observai l’apparition. Il y avait un désordre de folie dans mes pensées — un tumulte impossible à apaiser. Cela pouvait-il, en effet, être Rowena vivante qui m’affrontait ? Cela pouvait-il, en effet, être Rowena du tout — Lady Rowena de Tremaine la blonde aux yeux bleus ? Pourquoi, pourquoi devais-je en douter ? Les bandelettes cachaient lourdement la bouche — mais alors ne devait-elle pas être la bouche de Lady de Tremaine qui respirait ? Et les joues — elles étaient roses comme au midi de la vie — oui, celles-ci devaient être en effet les belles joues de la vivante Lady de Tremaine. Et le menton, avec ses fossettes, comme en santé, ne devait-il pas être le sien ? — mais était-elle donc devenue plus grande depuis sa maladie ? Quelle folie inexprimable me saisit à cette pensée ? D’un bond, et j’étais parvenu à ses pieds ! Se rétractant à mon toucher, elle laissa tomber de sa tête, serrés, les effrayants linceuls qui l’enfermaient, et ils déferlèrent en avant dans l’atmosphère de courants de la chambre d’énormes masses d’une chevelure longue et désordonnée; elle était plus noire que les ailes du corbeau de minuit ! Et maintenant lentement s’ouvrirent les yeux de la silhouette qui se tenait devant moi. « Ici donc, enfin, » je criai fort, « pourrai-je jamais — pourrai-je jamais me tromper — ceux-ci sont les yeux grands, et noirs, et sauvages — de mon amour disparu — de la Lady — de la LADY LIGEIA. »





ligeia
edgar allan poe

Wednesday 05 July 2006 à 01:26
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Lorsqu'il me présenta ma capture, je sursautai de découvrir un rat.
- Ne faites donc pas l'imbécile, dit-il. Vous n'avez jamais vu de rat ?
C'était un énorme rat des champs à la longue queue qui se débattait dans ses mains. Il le maintenait par le cou pour qu'il ne puisse pas mordre.
- Cela peut être très joli, un rat, reprit-il.
Il entra dans le salon, ouvrit la gorge de l'animal au-dessus du verre de cristal qui fut bientôt plein de sang, puis le balança par-dessus la balustrade de la galerie. Lestat éleva la coupe vers le chandelier d'un air de triomphe.
Il se pourrait que vous ayez besoin de vous nourrir de rats de temps à autre... Chassez donc de votre visage cette expression de dégoût, me dit-il. De rats, de poulets, de bétail [...]
Sur ce, il dégusta le sang aussi délicatement que s'il se fût agi d'un bourgogne. Il eut une légère grimace :
- Cela refroidit si vite !"

Anne Rice

Entretien avec un vampire


cool.gif
Wednesday 05 July 2006 à 10:38
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Antigone:

tu m'aimes n'est ce pas? Tu m'aimes comme une femme? Tes bras qui me serrent ne mentent pas? Tes grandes mains posées sur mon dos ne mentent pas, ni ton odeur, ni ce bon chaud, nicette grande confiance qui m'innonde quand j'ai la t^^ete au creux de ton cou?



.....

Thursday 06 July 2006 à 20:38
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Un gazetier philanthrope me dit que la solitude est mauvaise pour l'homme; et à l'appui de sa thèse, il cite, comme tous les incrédules, des paroles des Pères de l'Eglise.
Je sais que le Démon fréquente volontiers les lieux arides, et que l'Esprit de meurtre et de lubricité s'enflamme merveilleusement dans les solitudes. Mais il serait possible que cette solitude ne fût dangereuse que pour l'âme oisive et divagante qui la peuple de ses passions et de ses chimères.
Il est certain qu'un bavard, dont le suprême plaisir consiste à parler du haut d'une chaire ou d'une tribune, risquerait fort de devenir fou furieux dans l'île de Robinson. Je n'exige pas de mon gazetier les courageuses vertus de Crusoé, mais je demande qu'il ne décrète pas d'accusation les amoureux de la solitude et du mystère.
Il y a dans nos races jacassières des individus qui accepteraient avec moins de répugnance le supplice suprême, s'il leur était permis de faire du haut de l'échafaud une copieuse harangue, sans craindre que les tambours de Santerre ne leur coupassent intempestivement la parole.
Je ne les plains pas, parce que je devine que leurs effusions oratoires leur procurent des voluptés égales à celles que d'autres tirent du silence et du recueillement; mais je les méprise.
Je désire surtout que mon maudit gazetier me laisse m'amuser à ma guise. "Vous n'éprouvez donc jamais, - me dit-il, avec un ton de nez très apostolique, - le besoin de partager vos jouissances?" Voyez-vous le subtil envieux! Il sait que je dédaigne les siennes, et il vient s'insinuer dans les miennes, le hideux trouble-fête!
"Ce grand malheur de ne pouvoir être seul!..." dit quelque part La Bruyère, comme pour faire honte à tous ceux qui courent s'oublier dans la foule, craignant sans doute de ne pouvoir se supporter eux-mêmes.
"Presque tous nos malheurs nous viennent de n'avoir pas su rester dans notre chambre", dit un autre sage, Pascal, je crois, rappelant ainsi dans la cellule du recueillement tous ces affolés qui cherchent le bonheur dans le mouvement et dans une prostitution que je pourrais appeler fraternitaire, si je voulais parler la belle langue de mon siècle.

Baudelaire,le Spleen de Paris,La solitude


*pour une fois je ne suis pas d accord avec lui*
Friday 07 July 2006 à 16:35
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Viens, aurore,

Je t'implore,

Je suis gai quand je te voi ;

La bergère

Qui m'est chère

Est vermeille comme toi ;




De rosée

Arrosée,

La rose a moins de fraîcheur ;

Une hermine

Est moins fine,

Le lis a moins de blancheur.

Après s'être naïvement peint la pensée de son coeur par ses chants, Etienne contempla la mer en se disant : -- Voilà ma fiancée et mon seul amour à moi ! Puis il chanta cet autre passage de la chansonnette :

Elle est blonde,

Sans seconde !

et le répéta en exprimant la poésie solliciteuse qui surabonde chez un timide jeune homme, oseur quand il est solitaire. Il y avait des rêves dans ce chant onduleux, pris, repris, interrompu, recommencé, puis perdu dans une dernière modulation dont les teintes s'affaiblirent comme les vibrations d'une cloche. En ce moment, une voix qu'il fut tenté d'attribuer à quelque sirène sortie de la mer, une voix de femme répéta l'air qu'il venait de chanter, mais avec toutes les hésitations que devait y mettre une personne à laquelle se révèle pour la première fois la musique ; il reconnut le bégaiement d'un coeur qui naissait à la poésie des accords. Etienne, à qui de longues études sur sa propre voix avaient appris le langage des sons, où l'âme rencontre autant de ressources que dans la parole pour exprimer ses pensées, pouvait seul deviner tout ce que ces essais accusaient de timide surprise. Avec quelle religieuse et subtile admiration n'avait-il pas été écouté ? Le calme de l'air lui permettait de tout entendre, et il tressaillit au frémissement des plis flottants d'une robe ; il s'étonna, lui que les émotions produites par la terreur poussaient toujours à deux doigts de la mort, de sentir en lui-même la sensation balsamique autrefois causée par la venue de sa mère


Balzac
L enfant Maudit
Friday 07 July 2006 à 16:41
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QUOTE (sandie72 @ 06 Jul 2006 à 21:38)
Un gazetier philanthrope me dit que la solitude est mauvaise pour l'homme; et à l'appui de sa thèse, il cite, comme tous les incrédules, des paroles des Pères de l'Eglise.
  Je sais que le Démon fréquente volontiers les lieux arides, et que l'Esprit de meurtre et de lubricité s'enflamme merveilleusement dans les solitudes. Mais il serait possible que cette solitude ne fût dangereuse que pour l'âme oisive et divagante qui la peuple de ses passions et de ses chimères.
  Il est certain qu'un bavard, dont le suprême plaisir consiste à parler du haut d'une chaire ou d'une tribune, risquerait fort de devenir fou furieux dans l'île de Robinson. Je n'exige pas de mon gazetier les courageuses vertus de Crusoé, mais je demande qu'il ne décrète pas d'accusation les amoureux de la solitude et du mystère.
  Il y a dans nos races jacassières des individus qui accepteraient avec moins de répugnance le supplice suprême, s'il leur était permis de faire du haut de l'échafaud une copieuse harangue, sans craindre que les tambours de Santerre ne leur coupassent intempestivement la parole.
  Je ne les plains pas, parce que je devine que leurs effusions oratoires leur procurent des voluptés égales à celles que d'autres tirent du silence et du recueillement; mais je les méprise.
  Je désire surtout que mon maudit gazetier me laisse m'amuser à ma guise. "Vous n'éprouvez donc jamais, - me dit-il, avec un ton de nez très apostolique, - le besoin de partager vos jouissances?" Voyez-vous le subtil envieux! Il sait que je dédaigne les siennes, et il vient s'insinuer dans les miennes, le hideux trouble-fête!
  "Ce grand malheur de ne pouvoir être seul!..." dit quelque part La Bruyère, comme pour faire honte à tous ceux qui courent s'oublier dans la foule, craignant sans doute de ne pouvoir se supporter eux-mêmes.
  "Presque tous nos malheurs nous viennent de n'avoir pas su rester dans notre chambre", dit un autre sage, Pascal, je crois, rappelant ainsi dans la cellule du recueillement tous ces affolés qui cherchent le bonheur dans le mouvement et dans une prostitution que je pourrais appeler fraternitaire, si je voulais parler la belle langue de mon siècle.

Baudelaire,le Spleen de Paris,La solitude


*pour une fois je ne suis pas d accord avec lui*

wub.gif C'est l'un des rares ecrivains Français que j'ai lu à plusieurs reprise (le spleen de Paris)
j'adore cette citation:
"Presque tous nos malheurs nous viennent de n'avoir pas su rester dans notre chambre",

Ce message a été modifié par Sonia_fan_amina - Friday 07 July 2006 à 16:42.
Friday 07 July 2006 à 16:48
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Nos bonheurs egalement!!! happy.gif


bonne fin de journee a toi! happy.gif


Friday 07 July 2006 à 22:16
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QUOTE (sandie72 @ 07 Jul 2006 à 17:48)
Nos bonheurs egalement!!! happy.gif


bonne fin de journee a toi! happy.gif

happy.gif peut etre , surtt pr l'apprentissage de la vie

Bonne nuit!! bisou.gif

Ce message a été modifié par Sonia_fan_amina - Friday 07 July 2006 à 22:17.
Friday 07 July 2006 à 23:06
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bonne nuit Sonia! bisou.gif
Saturday 08 July 2006 à 02:47
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Désolé, j'avais posté au mauvais endroit


Ce message a été modifié par TontonCyanude - Saturday 08 July 2006 à 02:59.
Saturday 08 July 2006 à 03:01
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dommage ton texte etait tres bien....



n hesitez pas a poster ici egalement vos creations perso! happy.gif
Saturday 08 July 2006 à 03:13
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Bon, je le remets alors

Une production personnelle

Agréable assuétude


Tu penses être ma béquille alors que tu es mon sucre d'orge acidulé. Un dessert croquant et piquant.Si les gourmandises sont à la longue écoeurantes, c'est qu'elles manquent de nuances dans l'expression de leurs saveurs. Mais ne pas se prendre au sérieux est la parade qui te permet de conserver ta légèreté. Tu m'as mis sur orbite en m'autorisant à me noyer dans ton regard. Depuis plus de place à la lassitude, chaque jour une raison de te redécouvrir.
Si certaines personnes pensent que les dépendances à l'héroïne et au crack sont puissantes, c'est que leur coeur n'a jamais été prisonnier d'une personne. Comme j'aimerais que tu avales la clef du verrou que tu as posé sur le mien.
Notre histoire est sans fin mais ne tourne pas en rond. Associe l'ardeur d'un feu de paille et le pétillant d'un champagne. Si tu penses arriver à synthétiser les deux en une émotion, tu pourras tendre vers ce que je ressens chaque jour pour toi. Mais n'oublie pas que tu en seras quand même à des années lumières.

Merci pour ceux qui en on envie de me faire part de leurs impressions ( bonnes comme mauvaises, je prends tout) de le faire par mp.
Sunday 09 July 2006 à 23:08
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La voix est près de manquer au corbeau lui-même, dont les croassements annoncent l'entrée fatale de Duncan entre mes remparts.—Venez, venez, esprits qui excitez les pensées homicides; changez à l'instant mon sexe, et remplissez-moi jusqu'au bord, du sommet de la tête jusqu'à la plante des pieds, de la plus atroce cruauté. Épaississez mon sang; fermez tout accès, tout passage aux remords; et que la nature, par aucun retour de componction, ne vienne ébranler mon cruel projet, ou faire trêve à son exécution15. Venez dans mes mamelles changer mon lait en fiel, ministres du meurtre, quelque part que vous soyez, substances invisibles, prêtes à nuire au genre humain.—Viens, épaisse nuit; enveloppe-toi des plus noires fumées de l'enfer, afin que mon poignard acéré ne voie pas la blessure qu'il va faire, et que le ciel ne puisse, perçant d'un regard ta ténébreuse couverture, me crier: Arrête! Arrête!—(Entre Macbeth.) Illustre Glamis, digne Cawdor, plus grand encore par le salut qui les a suivis, ta lettre m'a transportée au delà de ce présent rempli d'ignorance, et je sens déjà l'avenir exister pour moi

Macbeth Shakespeare



Je mets ce texte car il s agit de ma lecture du moment...oeuvre fascinante! cool.gif

Ce message a été modifié par sandie72 - Sunday 09 July 2006 à 23:09.
Wednesday 12 July 2006 à 01:04
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Les métamorphoses du vampire
La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
" Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !
Je suis, mon cher savant, si docte aux Voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi ! "

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus !
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.
Baudelaire


cool.gif
Wednesday 12 July 2006 à 01:32
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Je marche à côté d’une joie
D’une joie qui n’est pas à moi
D’une joie à moi que je ne puis pas prendre

Je marche à côté de moi en joie
J’entends mon pas en joie qui marche à côté de moi
Mais je ne puis changer de place sur le trottoir
Je ne puis pas mettre mes pieds dans ces pas-là
et dire voilà c’est moi

Je me contente pour le moment de cette compagnie
Mais je machine en secret des échanges
Par toutes sortes d’opérations, des alchimies,
Par des transfusions de sang
Des déménagements d’atomes
par des jeux d’équilibre

Afin qu’un jour, transposé,
Je sois porté par la danse de ces pas de joie
Avec le bruit décroissant de mon pas à côté de moi
Avec la perte de mon pas perdu
s’étiolant à ma gauche
Sous les pieds d’un étranger
qui prend une rue transversale.


-Saint-Denys GARNEAU
Thursday 13 July 2006 à 04:57
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Le Fou


"Je rêve d'un pays rouge et suant le carnage,
Hérissé d'arbres verts en forme d'eteignoir,
Des calvaires autour, et dans le voisinage
Un étang où pivote un horrible entonnoir.

Farouche et raffolant des donjons moyen âge,
J'irais m'ensevelir au fond d'un vieux manoir
Comme je humerais le mystère qui nage
Entre de vastes murs tendus de velours noir!

Pour jardins, je voudrais deux ou trois cimetières
Où je pourrais tout seul rôder des nuits entières;
Je m'y promenerais lugubre et triomphant,

Escorté de lézards gros comme ceux du Tigre.
- Oh! fumer l'opium dans le crâne d'enfant,
Les pieds nonchalament appuyés sur un tigre!"

Maurice Rollinat - Le Fou
Friday 14 July 2006 à 02:15
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Création



Je suis une barque perdue dans un torrent. Certains me voient chavirer à la moindre vague alors que d'autres me sentent invulnérable. Que l'on ne se méprenne pas. Ceux ne sont pas les embruns, les écueils ou la distance me séparant de la ligne d'arrivée qui m'effraient, mais ce sont plutot ces observateurs sans pitié, aux réflexions blessantes, parfois insultantes, qui me déstabilisent en chaque instant où ils pensent analyser avec justesse mon sort.
Parler quand il faudrait se taire, parler quand il faudrait écouter. Critiquer quand il faudrait se taire, critiquer quand il faudrait soutenir. Complimenter quand il faudrait se taire, complimenter quand il faudrait être lucide. Vertus du silence, habileté de la pause. Se taire.


Un de vos amis ne va pas très bien ? Parlez lui, vous vous sentirez beaucoup mieux. Au passage glissez lui quelques banalités sur son état moral. Faites lui bien remarquez que s'il s'endort à six heures du matin c'est parce qu'il ne fait rien de ses journées ; que boire de l'alcool trop souvent ainsi que trop fumer ne sont pas bons pour sa santé. N'ayez pas peur de lui ressasser ces bonnes grosses vérités, car il est de notoriété publique, que les personnes qui ne vont pas très bien voient leur Q.I. se réduire de moitié. Ils n'ont donc plus le discernement leur permettant de faire les bons choix à chaque instant de leur vie. Et comme vous, vous ne vous trompez jamais, que voux comprenez parfaitement ce qui ne va pas chez votre ami et que vous savez de façon sûre comment résoudre la plupart de ses problèmes, n'hésitez pas à lui donner votre avis sur tout, et plus particulièrement sur ses décisions intimes, celles dont vous pensez qu'elles ne vous regardent pas. C'est en général lors de ces moments que vous serez le plus pertinent, et que vous renforcerez à coup sûr vos liens amicaux. Et même s'il n'est pas content, tout cela n'est après tout que pour son bien, et vous n'étiez pas obligé de le faire.
Friday 14 July 2006 à 02:17
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Les critiques, bonnes comme mauvaises sont les bienvenues par mp.
Merci
Friday 14 July 2006 à 12:13
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L'absence


C'est un volet qui bat
C'est une déchirure légère
Sur le drap où naguère
Tu as posé ton bras
Cependant qu'en bas
La rue parle toute seule
Quelqu'un vend des mandarines
Une dame bleu-marine
Promène sa filleule
L'absence, la voilà

L'absence

D'un enfant, d'un amour
L'absence est la même
Quand on a dit je t'aime
Un jour...
Le silence est le même

C'est une nuit qui tombe
C'est une poésie aussi
Où passaient les colombes
Un soir de jalousie
Un livre est ouvert
Tu as touché cette page
Tu avais fêlé ce verre
Au retour d'un grand voyage
Il reste les bagages
L'absence, la voilà

L'absence

D'un enfant, d'un amour
L'absence est la même
Quand on a dit je t'aime
Un jour...
Le silence est le même

C'est un volet qui bat
C'est sur un agenda, la croix
D'un ancien rendez-vous
Où l'on se disait vous
Les vases sont vides
Où l'on mettait les bouquets
Et le miroir prend des rides
Où le passé fait le guet
J'entends le bruit d'un pas
L'absence, la voilà

L'absence

D'un enfant, d'un amour
L'absence est la même
Quand on a dit je t'aime
Un jour...
Le silence est le même.

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