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Saturday 24 June 2006 à 03:40
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Je cherchais une âme qui me ressemblât, et je ne pouvais pas la trouver. Je fouillais tous les recoins de la terre ; ma persévérance était inutile. Cependant, je ne pouvais pas rester seul. Il fallait quelqu’un qui approuvât mon caractère ; il fallait quelqu’un qui eût les mêmes idées que moi. C’était le matin ; le soleil se leva à l’horizon, dans toute sa magnificence, et voilà qu’à mes yeux se lève aussi un jeune homme, dont la présence engendrait des fleurs sur son passage. Il s’approcha de moi, et, me tendant la main : "Je suis venu vers toi, toi, qui me cherches. Bénissons ce jour heureux." Mais, moi : "Va-t’en ; je ne t’ai pas appelé ; je n’ai pas besoin de ton amitié..."

.......................................................
........................................................
.....................

Ils tournent en rond en nageant, ne se perdent pas de vue, et se disent à part soi : «Je me suis trompé jusqu’ici ; en voilà un qui est plus méchant.» Alors, d’un commun accord, entre deux eaux, ils glissèrent l’un vers l’autre, avec une admiration mutuelle, la femelle de requin écartant l’eau de ses nageoires, Maldoror battant l’onde avec ses bras ; et retinrent leur souffle, dans une vénération profonde, chacun désireux de contempler, pour la première fois, son portrait vivant. Arrivés à trois mètres de distance, sans faire aucun effort, ils tombèrent brusquement l’un contre l’autre, comme deux aimants, et s’embrassèrent avec dignité et reconnaissance, dans une étreinte aussi tendre que celle d’un frère ou d’une soeur. Les désirs charnels suivirent de près cette démonstration d’amitié. Deux cuisses nerveuses se collèrent étroitement à la peau visqueuse du monstre, comme deux sangsues ; et, les bras et les nageoires entrelacés autour du corps de l’objet aimé qu’ils entouraient avec amour, tandis que leurs gorges et leurs poitrines ne faisaient bientôt plus qu’une masse glauque aux exhalaisons de goémon ; au milieu de la tempête qui continuait de sévir ; à la lueur des éclairs ; ayant pour lit d’hyménée la vague écumeuse, emportés par un courant sous-marin comme dans un berceau, et roulant, sur eux-mêmes, vers les profondeurs inconnues de l’abîme, ils se réunirent dans un accouplement long, chaste et hideux !... Enfin, je venais de trouver quelqu’un qui me ressemblât !... Désormais, je n’étais plus seul dans la vie ! Elle avait les mêmes idées que moi !... J’étais en face de mon premier amour !


Lautreamont
les chants de Maldoror
Chant II
strophe 13


Ce message a été modifié par sandie72 - Saturday 24 June 2006 à 03:41.
Sunday 25 June 2006 à 16:42
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Contes et nouvelles



Anonyme
Léon Tolstoï



La Source

Hors de la terre au bord de la grande route. Elle était entourée d’arbres, encadrée d’une herbe épaisse. Ses eaux, pures comme des larmes, étaient recueillies dans un bassin creusé dans la pierre d’où le trop-plein débordait pour former un ruisseau qui, rapide, courait à travers un pré.

Les voyageurs reprirent haleine, à l’ombre, près de la source dont ils burent les eaux. Juste au-dessus d’elle une pierre était dressée, sur laquelle ces mots étaient écrits :

Que cette source soit ton modèle !

Les voyageurs ayant lu l’inscription, se demandèrent quel pouvait bien en être le sens.

L’un d’eux, un marchand évidemment, dit :

– C’est là un bon conseil. La source coule sans arrêt, elle va loin, elle recueille l’eau d’autres sources, elle devient une grande rivière. L’homme doit, comme elle, s’occuper sans cesse de ses affaires ; s’il le fait, il ne connaîtra que les succès et amassera beaucoup de richesses.

Le second voyageur était un jeune homme.

– Non, dit-il. Selon moi, l’inscription signifie que l’homme doit garder son cœur des mauvaises pensées et des désirs mauvais, afin de le conserver aussi pur que l’eau de cette source. Telle qu’elle est, son eau, à ceux qui, comme nous, se reposent auprès d’elle, donne de la joie et leur rend des forces. Tandis que ce ruisseau pourrait bien parcourir toute la terre, si son eau était trouble et sale, quel service rendrait-il et qui s’y désaltérerait ?

Le troisième voyageur, un vieillard, sourit et dit :

– Ce jeune homme a dit vrai. Et voici la leçon que nous trouvons ici : à qui a soif, la source est toujours prête à donner son eau pour rien ; elle dit à l’homme : fais du bien à tous, que tes dons soient gratuits et n’attends en retour ni reconnaissance, ni récompense
Sunday 25 June 2006 à 17:18
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René Guy Cadou "Automne" un souvenir d'enfance (poeme appris quand j'etais enfant):

Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.

O temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.
Sunday 25 June 2006 à 18:04
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tiens je connais ce poeme!je l avais fait reviser je crois au petit que j ai en cours particuliers desfois!!! wink.gif joli texte....empli de nostagie
Sunday 25 June 2006 à 18:53
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QUOTE (sandie72 @ 25 Jun 2006 à 18:04)
tiens je connais ce poeme!je l avais fait reviser je crois au petit que j ai en cours particuliers desfois!!! wink.gif joli texte....empli de nostagie


coucou sandie bisou.gif ah bah tu vois comme quoi moi je me souviens je l'avais appris en CM1 ça date laugh.gif laugh.gif
Sunday 25 June 2006 à 19:54
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eh oui tu as une excellente memoire alors !:bisou:toi!
Monday 26 June 2006 à 00:01
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merci sandie wink.gif ton avatar c'est ton portrait ?? huh.gif il te ressemble
Monday 26 June 2006 à 00:12
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non mais c est tres gentil ce que tu me dis...
c est un personnage d un manga(gto) et je l adore! happy.gif

bisou.gif
Monday 26 June 2006 à 20:56
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Les colchiques Guillaume Apollinaire

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne

Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne
Monday 26 June 2006 à 23:45
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Les Amours Jaunes
Le crapaud
Un chant dans une nuit sans air...
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

...Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif...
-Ca se tait : Viens, c'est là, dans l'ombre...

-Un crapaud!-Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle!
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue...-Horreur!-

...Il chante.-Horreur!!-Horreur pourquoi?
Vois-tu pas son oeil de lumière...
Non : il s'en va, froid, sous sa pierre.
.......................................................
..........
Bonsoir-ce crapaud-là c'est moi

Tristan Corbiere


je fais souvent un parallele entre ce poeme et l extrait des chants de Maldoror ou la confrontation entre le "fils de la sangsue" et cet autre lui meme est conflictuelle...
Friday 30 June 2006 à 03:46
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Lénore
de Gottfried August BÜRGER.
Traduit de l'allemand par Gérard de NERVAL.


Lénore au point du jour se lève,
L’oeil en pleur, le coeur oppressé ;
Elle a vu passer dans un rêve,
Pâle et mourant, son fiancé !
Wilhelm était parti naguère
Pour Prague, où le roi Frédéric
Soutenait une rude guerre,
Si l’on en croit le bruit public.

Enfin, ce prince et la tsarine,
Las de batailler sans succès,
Ont calmé leur humeur chagrine
Et depuis peu conclu la paix ;
Et cling ! et clang ! les deux armées,
Au bruit des instruments guerriers,
Mais joyeuses et désarmées,
Rentrent gaîment dans leurs foyers.

Ah ! partout, partout quelle joie !
Jeunes et vieux, filles, garçons,
La foule court et se déploie
Sur les chemins et sur les ponts.
Quel moment d’espoir pour l’amante,
Et pour l’épouse quel beau jour !
Seule, hélas ! Lénore tremblante
Attend le baiser du retour.

Elle s’informe, crie, appelle,
Parcourt en vain les rangs pressés.
De son amant point de nouvelle…
Et tous les soldats sont passés !
Mais sur la route solitaire,
Lénore en proie au désespoir
Tombe échevelée… et sa mère
L’y retrouva quand vint le soir.

– Ah ! le Seigneur nous fasse grâce !
Qu’as-tu ? qu’as-tu, ma pauvre enfant ?…
Elle la relève, l’embrasse,
Contre son coeur la réchauffant ;
Que le monde et que tout périsse,
Ma mère ! Il est mort ! il est mort !
Il n’est plus au ciel de justice
Mais je veux partager son sort.

– Mon Dieu ! mon Dieu ! quelle démence !
Enfant, rétracte un tel souhait ;
Du ciel implore la clémence,
Le bon Dieu fait bien ce qu’il fait.
– Vain espoir ! ma mère ! ma mère !
Dieu n’entend rien, le ciel est loin…
À quoi servira ma prière,
Si Wilhelm n’en a plus besoin ?

– Qui connaît le père, d’avance
Sait qu’il aidera son enfant :
Va, Dieu guérira ta souffrance
Avec le très-saint sacrement !
– Ma mère ! pour calmer ma peine,
Nul remède n’est assez fort,
Nul sacrement, j’en suis certaine,
Ne peut rendre à la vie un mort !

– Ces mots à ma fille chérie
Par la douleur sont arrachés…
Mon Dieu, ne va pas, je t’en prie,
Les lui compter pour des péchés !
Enfant, ta peine est passagère,
Mais songe au bonheur éternel ;
Tu perds un fiancé sur terre,
Il te reste un époux au ciel.

– Qu’est-ce que le bonheur céleste
Ma mère ? qu’est-ce que l’enfer ?
Avec lui le bonheur céleste,
Et sans lui, sans Wilhelm, l’enfer ;
Que ton éclat s’évanouisse,
Flambeau de la vie, éteins-toi !
Le jour me serait un supplice,
Puisqu’il n’est plus d’espoir pour moi !

Ainsi, dans son coeur, dans son âme,
Se ruait un chagrin mortel :
Longtemps encore elle se pâme,
Se tord les mains, maudit le ciel,
Jusqu’à l’heure où de sombres voiles
Le soleil obscurcit ses feux,
À l’heure où les blanches étoiles
Glissent en paix sur l’arc des cieux.

Tout à coup, trap ! trap ! trap ! Lénore
Reconnaît le pas d’un coursier,
Bientôt une armure sonore
En grinçant monte l’escalier…
Et puis, écoutez ! la sonnette,
Klinglingling ! tinte doucement…
Par la porte de la chambrette
Ces mots pénètrent sourdement :

– Holà ! holà ! c’est moi, Lénore !
Veilles-tu, petite, ou dors-tu ?
Me gardes-tu ton coeur encore,
Es-tu joyeuse ou pleures-tu ?
– Ah ! Wilhelm, Wilhelm, à cette heure !
Ton retard m’a fait bien du mal,
Je t’attends, je veille, et je pleure…
Mais d’où viens-tu sur ton cheval ?

– Je viens du fond de la Bohême,
Je ne suis parti qu’à minuit,
Et je veux si Lénore m’aime
Qu’elle m’y suive cette nuit.
– Entre ici d’abord, ma chère âme,
J’entends le vent siffler dehors,
Dans mes bras, sur mon sein de flamme,
Viens que je réchauffe ton corps.

– Laisse le vent siffler, ma chère,
Qu’importe à moi le mauvais temps,
Mon cheval noir gratte la terre,
Je ne puis rester plus longtemps :
Allons ! chausse tes pieds agiles,
Saute en croupe sur mon cheval,
Nous avons à faire cent milles
Pour gagner le lit nuptial.

– Quoi ! cent milles à faire encore
Avant la fin de cette nuit ?
Wilhelm, la cloche vibre encore
Du douzième coup de minuit…
– Vois la lune briller, petite,
La lune éclairera nos pas ;
Nous et les morts, nous allons vite,
Et bientôt nous serons là-bas.

Mais où sont et comment sont faites
Ta demeure et ta couche ? – Loin :
Le lit est fait de deux planchettes
Et de six planches…. dans un coin
Étroit, silencieux, humide.
– Y tiendrons-nous bien ? – Oui, tous deux ;
Mais viens, que le cheval rapide
Nous emporte au festin joyeux !

Lénore se chausse et prend place
Sur la croupe du noir coursier,
De ses mains de lis elle embrasse
Le corps svelte du cavalier…
Hop ! hop ! hop ! ainsi dans la plaine
Toujours le galop redoublait ;
Les amants respiraient à peine,
Et sous eux le chemin brûlait.

Comme ils voyaient, devant, derrière,
À droite, à gauche, s’envoler
Steppes, forêts, champs de bruyère,
Et les cailloux étinceler !
– Hourrah ! hourrah ! la lune est claire,
Les morts vont vite par le frais,
En as-tu peur, des morts, ma chère ?
– Non !… Mais laisse les morts en paix !

– Pourquoi ce bruit, ces chants, ces plaintes,
Ces prêtres ?… – C’est le chant des morts,
Le convoi, les prières saintes ;
Et nous portons en terre un corps. –
Tout se rapproche : enfin la bière
Se montre à l’éclat des flambeaux…
Et les prêtres chantaient derrière
Avec une voix de corbeaux.

– Votre tâche n’est pas pressée,
Vous finirez demain matin ;
Moi j’emmène ma fiancée,
Et je vous invite au festin :
Viens, chantre, que du mariage
L’hymne joyeux nous soit chanté ;
Prêtre, il faut au bout du voyage
Nous unir pour l’éternité ! –

Ils obéissent en silence
Au mystérieux cavalier :
– Hourrah ! – Tout le convoi s’élance,
Sur les pas ardents du coursier…
Hop ! hop ! hop ! ainsi dans la plaine
Toujours le galop redoublait ;
Les amants respiraient à peine,
Et sous eux le chemin brûlait.

Ô comme champs, forêts, herbages,
Devant et derrière filaient !
Ô comme villes et villages
À droite, à gauche, s’envolaient ! –
Hourrah ! hourrah ! les morts vont vite,
La lune brille sur leurs pas…
En as-tu peur, des morts, petite ?
– Ah ! Wilhelm, ne m’en parle pas !

Tiens, tiens ! aperçois-tu la roue ?
Comme on y court de tous côtés !
Sur l’échafaud on danse, on joue,
Vois-tu ces spectres argentés ? –
Ici, compagnons, je vous prie,
Suivez les pas de mon cheval ;
Bientôt, bientôt je me marie,
Et vous danserez à mon bal.

– Houch ! houch ! houch ! les spectres en foule
À ces mots se sont rapprochés
Avec le bruit du vent qui roule
Dans les feuillages desséchés :
Hop ! hop ! hop ! ainsi dans la plaine
Toujours le galop redoublait ;
Les amants respiraient à peine,
Et sous eux le chemin brûlait.

– Mon cheval ! Mon noir !… Le coq chante,
Mon noir ! Nous arrivons enfin,
Et déjà ma poitrine ardente
Hume le vent frais du matin…
Au but ! au but ! Mon coeur palpite,
Le lit nuptial est ici ;
Au but ! au but ! Les morts vont vite,
Les morts vont vite. Nous voici ! –

Une grille en fer les arrête :
Le cavalier frappe trois coups
Avec sa légère baguette. –
Les serrures et les verrous
Craquent… Les deux battants gémissent,
Se retirent. – Ils sont entrés ;
Des tombeaux autour d’eux surgissent
Par la lune blanche éclairés.

Le cavalier près d’une tombe
S’arrête en ce lieu désolé : –
Pièce à pièce son manteau tombe
Comme de l’amadou brûlé…
Hou ! hou !… Voici sa chair encore
Qui s’envole, avec ses cheveux,
Et de tout ce qu’aimait Lénore
Ne laisse qu’un squelette affreux.

Le cheval disparaît en cendre
Avec de longs hennissements….
Du ciel en feu semblent descendre
Des hurlements ! des hurlements !
Lénore entend des cris de plainte
Percer la terre sous ses pas….
Et son coeur, glacé par la crainte,
Flotte de la vie au trépas.

C’est le bal des morts qui commence,
La lune brille… les voici !
Ils se forment en ronde immense,
Puis ils dansent, chantant ceci :
– Dans sa douleur la plus profonde,
Malheur à qui blasphémera !… –
Ce corps vient de mourir au monde…
Dieu sait où l’âme s’en ira !




j adore ce poeme,conte fantastique versifié...un peu normal si l on sait que mon tableau prefere n est autre que "la balade de Lenore,les Morts vont vite"de Horace Vernet...

Ce message a été modifié par sandie72 - Friday 30 June 2006 à 03:53.
Saturday 01 July 2006 à 05:13
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Le chat - Les Fleurs du mal (XXXIII)

--------------------------------------------------------------------------------

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.


Charles Baudelaire



cool.gif
Saturday 01 July 2006 à 15:50
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Si j'ai bien vu, on met ici des poèmes d'auteurs connus, mais pas les siennes?
Saturday 01 July 2006 à 18:45
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tout ce que tu veux...ton humeur du moment
ca peut etre un poeme dans lequel tu te reconnais
ou alors tes creations...


tout est permis!!!c est cela la poesie! wink.gif
Saturday 01 July 2006 à 18:49
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QUOTE (tysniet @ 26 Jun 2006 à 19:56)
Les colchiques Guillaume Apollinaire

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne

Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne

colchiques dans les prés fleurissent fleurissent ................... je sors dsl happy.gif
Saturday 01 July 2006 à 18:55
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Alors, mon humeur d'hier , qui abeaucoup changé depuis:

ARRACHE-COEUR

Après l'exaltation,
les bonheurs partagés,
voici que s'amoncellent
bien des difficultés.

Coeur en deuil,
il nous faut constater
que ce sont souvent
comme exaspérations et incompréhensions.

L'épreuve du Matériel
ne fait pas la part belle
à l'amour qui déjà dut endurer
deux mois d'être séparés.

Et ce n'est qu'un début.
Pour moi c'est difficile,
ça frôle l'impossible.
Mais le plus minant,
même désespérant,
c'est de s'intérroger en vain :
- coeur de tristesse empreint -

est-ce l'amour en reflux ?





Claude Colson
Saturday 01 July 2006 à 22:21
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QUOTE (sandie72 @ 24 Jun 2006 à 03:40)
Je cherchais une âme qui me ressemblât, et je ne pouvais pas la trouver. Je fouillais tous les recoins de la terre ; ma persévérance était inutile. Cependant, je ne pouvais pas rester seul. Il fallait quelqu’un qui approuvât mon caractère ; il fallait quelqu’un qui eût les mêmes idées que moi. C’était le matin  ; le soleil se leva à l’horizon, dans toute sa magnificence, et voilà qu’à mes yeux se lève aussi un jeune homme, dont la présence engendrait des fleurs sur son passage. Il s’approcha de moi, et, me tendant la main : "Je suis venu vers toi, toi, qui me cherches. Bénissons ce jour heureux." Mais, moi : "Va-t’en ; je ne t’ai pas appelé ; je n’ai pas besoin de ton amitié..."

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Ils tournent en rond en nageant, ne se perdent pas de vue, et se disent à part soi : «Je me suis trompé jusqu’ici ; en voilà un qui est plus méchant.» Alors, d’un commun accord, entre deux eaux, ils glissèrent l’un vers l’autre, avec une admiration mutuelle, la femelle de requin écartant l’eau de ses nageoires, Maldoror battant l’onde avec ses bras ; et retinrent leur souffle, dans une vénération profonde, chacun désireux de contempler, pour la première fois, son portrait vivant. Arrivés à trois mètres de distance, sans faire aucun effort, ils tombèrent brusquement l’un contre l’autre, comme deux aimants, et s’embrassèrent avec dignité et reconnaissance, dans une étreinte aussi tendre que celle d’un frère ou d’une soeur. Les désirs charnels suivirent de près cette démonstration d’amitié. Deux cuisses nerveuses se collèrent étroitement à la peau visqueuse du monstre, comme deux sangsues ; et, les bras et les nageoires entrelacés autour du corps de l’objet aimé qu’ils entouraient avec amour, tandis que leurs gorges et leurs poitrines ne faisaient bientôt plus qu’une masse glauque aux exhalaisons de goémon ; au milieu de la tempête qui continuait de sévir ; à la lueur des éclairs ; ayant pour lit d’hyménée la vague écumeuse, emportés par un courant sous-marin comme dans un berceau, et roulant, sur eux-mêmes, vers les profondeurs inconnues de l’abîme, ils se réunirent dans un accouplement long, chaste et hideux !... Enfin, je venais de trouver quelqu’un qui me ressemblât !... Désormais, je n’étais plus seul dans la vie ! Elle avait les mêmes idées que moi !... J’étais en face de mon premier amour !


Lautreamont
les chants de Maldoror
Chant II
strophe 13

C'est magnifique, je n'avais pas réussi à entrer dans l'univers de Lautreamont au lycée. Mais je vais réessayer je pense original.gif
Saturday 01 July 2006 à 23:30
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A celle que j'aime
wub.gif
Dans ta mémoire immortelle,
Comme dans le reposoir
D'une divine chapelle,
Pour celui qui t'est fidèle,
Garde l'amour et l'espoir.

Garde l'amour qui m'enivre,
L'amour qui nous fait rêver ;
Garde l'espoir qui fait vivre ;
Garde la foi qui délivre,
La foi qui nous doit sauver.

L'espoir, c'est de la lumière,
L'amour, c'est une liqueur,
Et la foi, c'est la prière.
Mets ces trésors, ma très chère,
Au plus profond de ton coeur.
Sunday 02 July 2006 à 03:52
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Aube
J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route
du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq.
A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu
son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.



Arthur Rimbaud
Monday 03 July 2006 à 02:26
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Le revenant
de Charles Pierre Baudelaire - in. Les Fleurs du Mal



Comme les anges à l'œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit,

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant.

Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu'au soir il fera froid.

Comme d'autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l'effroi.
cool.gif

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Voila , juste un petit sujet pour poster des photos de personnages de manga , des photos de manga que l'on trouve tres belles ceux qui


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