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Livenet > Forum > Livres et Bds
Friday 03 August 2007 à 13:13
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L'Épitaphe de Villon ou " Ballade des pendus "
Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Monday 13 August 2007 à 14:12
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Beck - Loser


In the time of chimpanzees I was a monkey
butane in my veins so i'm out to cut the junkie
with the plastic eyeballs
spray paint the vegetables
dog food stalls with the beefcake pantyhose
kill the headlights and put it in neutral
stock car flamin' with a loser and the cruise control
baby's in Reno with the vitamin D
got a couple of couches sleep on the love seat
someone keeps sayin' I'm insane to complain about
a shotgun wedding and a stain on my shirt
don't believe everything that you breathe
you get a parking violation and a maggot on your sleeve
so shave your face with some mace in the dark
savin' all your food stamps and burnin' down the trailer park
(yo cut it)
Soy un perdedor I'm a loser baby so why don't you kill me?
(double-barrel buckshot)
Soy un perdedor i'm a loser baby,so why don't you kill me?
Forces of evil in a bozo nightmare
banned all the music with a phony gas chamber
'cuz one's got a weasel and the other's got a flag
one's got on the pole shove the other in a bag
with the rerun shows and the cocaine nose job
the daytime crap with the folksinger slop
he hung himself with a guitar string
slap the turkey neck and it's hangin' on a pigeon wing
you can't write if you can't relate
trade the cash for the beef for the body for the hate
and my time is a piece of wax
fallin' on a termite who's chokin' on the splinters
Soy un perdedor I'm a loser baby so why don't you kill me?
(get crazy with the cheeze whiz)
Soy un perdedor I'm a loser baby so why don't you kill me?
(drive-by body pierce)
(yo bring it on down)
soooooooyy....
(I'm a driver I'm a winner things are gonna change I can feel it)
Soy un perdedor I'm a loser baby so why don't you kill me?
(I can't believe you)
Soy un perdedor I'm a loser baby so why don't you kill me?
Soy un perdedor I'm a loser baby so why don't you kill me?
[repeat]
(Sprechen sie Deutches, baby)
Soy un perdedor I'm a loser baby so why don't you kill me?
(Know what I'm sayin'?)

Dédié à Alicia crying.gif


Ce message a été modifié par Juday - Monday 13 August 2007 à 14:15.
Monday 20 August 2007 à 03:51
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Parenthèse

Une immense étendue d'herbes hautes, déserte et attachante

Quelques arbres aux troncs magistraux, solides et protecteurs

Un paysage de douceur baigné d'une lumière paisible

Et au milieu une âme perdue. Et au milieu une âme en perte

En perte de vie, de désir et d'espoirs

L'âme regorgeant de rêves et le cœur débordant de larmes

Elle vient chercher la délivrance ici. Ici où personne ne la verra, ici ou personne ne la jugera

Elle aime ces petits instants à elle où elle peut retirer ce masque qui la défigure tant

Ces moments de soulagement dont elle a tant besoin

Elle peut enfin se libérer, se laisser aller ;

Elle peut enfin lever les bras au ciel.

Fermer les yeux et se sentir partir



Ouvrir la parenthèse

Sentir son cœur se fendre et laisser se déverser ces effluves de mal être

Sentir les larmes tracer leur sillon de peine sur cette peau qu'elle hait tant

Sentir son corps et son âme se libérer peu à peu de cette oppression maladive



Elle peut enfin ouvrir la bouche et hurler

Hurler de toute son âme en serrant les poings de cette force frêle qui la caractérise tant.

Evacuer cette sensation de désespoir qui la ronge depuis si longtemps



Tomber à genoux. Courber le dos. Et pleurer.

Laisser s'échapper ce sentiment d'impuissance qui la pourrit jour après jour

Vomir son âme.



Et renaître. Sereine.

Faire peau neuve. Et cœur vierge.

Se sentir soulagée. Se contenter de cet artifice d'âme en reconstruction pour penser que tout ira mieux

Se surprendre à rêver. Rêver d'y échapper, de fuir enfin, de trouver le courage d'aller au bout.

Se surprendre à sourire. Sourire à cette vie qui la rendrait tellement heureuse

Et se relever.

Essuyer ses joues. Remettre de l'ordre dans ses cheveux.

Et repartir.

Quitter cette immense étendue d'herbes hautes, déserte et attachante.

Fermer la parenthèse


Friday 24 August 2007 à 10:38
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Le crapaud:

Un chant dans une nuit sans air...
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

...Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif...
-Ca se tait : Viens, c'est là, dans l'ombre...

-Un crapaud!-Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue...-Horreur !-

...Il chante.-Horreur !!-Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son oeil de lumière...
Non : il s'en va, froid, sous sa pierre.
.......................................................
..........
Bonsoir-ce crapaud-là c'est moi


Tristan Corbiere
Sunday 16 September 2007 à 02:18
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J'étais dans la mare au grenouille
Et j'avais l'eau jusqu'au genoux.

C'est hallucinant parce que j'allais de toutes façons poster ce texte ...happy.gif

Sunday 16 September 2007 à 04:21
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Rape, D.U.I., assault and battery
Those are the things that will bring you to me
Murder and theft and all of the above
You can bet your life I know what you're thinkin' of
I've takin' you and I'll take your friends
Don't you worry, we'll all meet in the end
'Cause life's a bitch and then you die
Trust me baby cause I don't lie

I'm the Goddamn Devil, this job pleases me
I'm the Goddamn Devil and I dot it for free

I known the story about your life
If you killed your brother or you beat your wife
And I am here to punish you
You can't fool me cause I ain't no fool

The time has come to say goodbye
The end is here for those who cheat, steal and die
There will be torture and there will be pain
Cause this is hell, baby, die in flames.

I'm the goddamn devil, this job pleases me
I'm the goddamn devil, Satan of you please
I'm the goddamn devil, this job pleases me
I'm the goddamn devil, and I do it for free

I don't care about you, don't care about your life
Don't care about your children or about your wife
I'm here to do my job so if you broke the law
You're checkin' in with me
But you can never leave...

There's one way out if you dare
We'll make a deal, you'll grow your hair
As Satan's child you'll start a band
And spread the word across the land

I'm the goddamn devil, this job pleases me
I'm the goddamn devil, satan if you please
I'm the goddamn devil, better believe in me
I'm the goddamn devil !

Ugly Kid Joe

dédié à ariam (je ne sais pas pourquoi, je me suis mis à mimer que je jouais la batterie en pensant à ariam et en écoutant ce morceau smile.gif)


Ce message a été modifié par Juday - Sunday 16 September 2007 à 04:21.
Monday 17 September 2007 à 13:19
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Rien n'est fait pour notre foi
Quoiqu'on fasse,
on dira de nous qu'on s'adonne
à la masturbation intellectuelle
et à la psychologie sexuelle

De toutes parts,
Des attaques qui semblent mortelles
Et la vie continue comme si de rien n'était

Monday 17 September 2007 à 13:50
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De qui est ce ,Juday? original.gif
Monday 17 September 2007 à 13:52
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sandie72
Friday 03 August 2007 à 13:13
De qui est ce ,Juday? original.gif




eh bien c'est de moi...ohlàlà..attends je vais arranger ça sad.gif
Wednesday 19 September 2007 à 12:06
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HÖLDERLIN
A Diotima





Si du lointain, dont nous voici maintenant séparés,

Je ne te suis point étrangère, oh! le passé,

A toi, le commensal de mes douleurs!

Peut toujours t'apporter quelque bienfait encore,



Dis-le aussi, quelle est l'attente de l'amie,

Dans ces jardins, après les temps d'effroi

Et de ténèbres où nous faisons rencontre,

Près des fleuves, ici, du très-saint monde originel.



Je dois le dire: il y avait dans tes regards

Un bon éclat, lorsque lointain déjà, tu t'es

Une fois retourné, joyeux,

Homme toujours fermé et de sombre apparence.



Donc les heures ont fui. Comment avais-je l'âme

Aussi sereine? aussi convaincue que je fusse

Du vrai de la séparation?

Ah ! j'étais tienne et je l'ai reconnu.



Très véritablement! Tel tu veux par tes lettres

Me verser tout le quotidien dans la mémoire

Afin que je n'ignore rien, de même aussi m'appartient-il

A moi de prononcer tout le passé.



Était-ce le printemps? Ou était-ce l'été? Le rossignol

Avec son chant exquis était au nombre des oiseaux

Qui s'ébattaient non loin dans le bocage,

Et les grands arbres nous baignaient de leur parfum.



Les clairs chemins, les brousses rases et les sables

Où se posaient nos pas, rehaussaient tout l'éclat

Et le charme et la joie de la jacinthe,

De la tulipe ou de l'oeillet, de la violette.



Verdissait aux parois, aux murailles, le lierre,

Verte se faisait l'ombre heureuse des allées,

Où souvent nous étions à l'aube, au crépuscule,

Parlant de tout, joyeux et heureux de nous voir.



Entre mes bras reprenait vie l'adolescent

Encor tout délaissé, venu de ces contrées

Qu'il me montrait là-bas, lourd de mélancolie.

Mais les noms de ces lieux les plus exquis et rares,



Il les savait, et toute la beauté, là-bas,

Des rivages bénis que je chéris de même,

Qui fleurit sur la terre aimée de la patrie,

Ou demeure cachée, aperçue d'un haut lieu



D'où l'on peut voir aussi de tous côtés la mer,

Mais où nul ne veut être. Aussi contente-toi

Et songe à celle qui demeure emplie de joie

Du fait que sur nous se leva le jour exquis,



Né d'une confidence ou de nos mains serrées,

Qui nous fait un. Mais hélas! oh! hélas!

Quel temps splendide c'était là! Que devait suivre

Hélas, la tristesse du crépuscule.



Que tu sois seul, si seul en ce monde splendide,

Mon bien-aimé, toujours tu me l'assures. Mais

Ce que tu ne sais pas...



Traduction Armel Guerne


Ce message a été modifié par sandie72 - Wednesday 19 September 2007 à 12:07.
Wednesday 19 September 2007 à 13:08
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Mon texte du jour sleep.gif

Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurai voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino [1]. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J’éspère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte !
Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels [2].
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant.
Courage !
Votre Guy qui vous aime

crying.gif
Wednesday 19 September 2007 à 15:44
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crying.gif Poignant...
Wednesday 19 September 2007 à 15:53
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Il a un ton presque joyeux
Wednesday 19 September 2007 à 16:10
Citer +Citer
Peut etre que c'est fun de se faire executer ohmy.gif
Wednesday 19 September 2007 à 16:19
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ça peut rendre emphatique
Wednesday 19 September 2007 à 19:18
Citer +Citer

Ancien001
Wednesday 19 September 2007 à 13:08
Mon texte du jour sleep.gif

Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurai voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino [1]. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J’éspère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour.
A toi, petit Papa, si je t’ai fait, ainsi qu’à petite Maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis et à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi ! Ma vie a été courte !
Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels [2].
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi Maman, Serge, Papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant.
Courage !
Votre Guy qui vous aime

crying.gif




ok, j'ai posté mon texte dans "vos créations", mais c pas important non huh.gif
Wednesday 19 September 2007 à 19:29
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Extrait de la nuit de Décembre - Alfred De Musset

"- Ami, notre père est le tien.
Je ne suis ni l'ange gardien,
Ni le mauvais destin des hommes.
Ceux que j'aime, je ne sais pas
De quel côté s'en vont leurs pas
Sur ce peu de fange où nous sommes.

Je ne suis ni dieu ni démon,
Et tu m'as nommé par mon nom
Quand tu m'as appelé ton frère ;
Où tu vas, j'y serai toujours,
Jusques au dernier de tes jours,
Où j'irai m'asseoir sur ta pierre.

Le ciel m'a confié ton coeur.
Quand tu seras dans la douleur,
Viens à moi sans inquiétude.
Je te suivrai sur le chemin ;
Mais je ne puis toucher ta main,
Ami, je suis la Solitude."
Wednesday 19 September 2007 à 21:40
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Pause café
Je me délecte du son que produit son crâne en heurtant la surface carrelée des toilettes pour femme. L’endroit est exigu et j’ai tout juste la place d’étendre mes bras pour lui assener mes coups. Au quatrième choc, une gerbe de sang grumeleux se répand sur le mur. Elle émet un gargarisme mais ne se débat plus, les bras pendant je la retiens par les épaules. Un sourire carnassier étire mon visage quand je ne peux plus retenir mon rire dément d’emplir les lieux. Ce sang, rouge et noir, macule mes mains puissantes et meurtrières. Il y a dans l’air sa forte odeur cuivrée. Seule la lumière synthétique du néon gâche mon plaisir. J’aurais aimé la lueur d’une torche.

Oui c’est cela une torche. Je la redresse, presque inconsciente, je chuchote à son oreille de simples paroles. Je sais que dans son état semi inconscient elle les entend. Je veux qu’elle ait peur, je veux qu’elle sache que je vais la tuer. Je lui explique ce que je vais lui faire… Quel plaisir de sentir sous mes doigts sa peau frémir de plus en plus fort. Mes mains tremblantes se déplacent sur son crâne, dans ses cheveux collés. De toutes mes forces, j’abats sa tête sur le rebord du lavabo. Le son produit, ce craquement suintant, cette déchirure, ce bruissement jouissif de la chair s’écrasant sous mes doigts. Des morceaux épars de chair et d’os s’égaillent autour de mes doigts, je ferme les yeux pour mieux profiter de l’odeur, de la sensation, du son qui s’échappe encore convulsivement de son corps agonissant. Alors que j’approche de l’extase, je sens la mort envahir ce corps que je tiens. J’ouvre les yeux et la regarde. Elle me dégoûte, puante, insipide, insignifiante, je la repousse sur le côté prêt de la cuvette. Je note cette ironie, c’est sa place, oui sa place. La haine qui avait quelques secondes refoulé en moi revient comme une tempête souffler sur mon âme.

Je sors des toilettes, chancelant, pris d’un soudain vertige. L’effort peut-être, le besoin sans doute. Trop de colère, trop de haine, je dois encore tuer. Je m’arrête pour contempler la scène. Tu es là et pendant que je m’occupais d’elle tu n’as pas chômé. Que tu peux être belle, ton visage habillé de cette moue démente, le regard fou palpitant de rage, haletante sous l’effort pour te contenir afin faire durer le plaisir. L’autre est à tes pieds, pleurant comme un gamin. Il t’en a fait baver alors tu fais durer le plaisir. Il est captivé par la bouche morte du flingue que tu agites devant ses yeux. Sa lèvre tremblante donne à son visage couvert de larme une note hilarante et pathétique. Je prends plaisir à voir dans quel état tu l’as mis. Le côté droit de son visage et en train de se colorer de violet et son arcade saigne abondamment. Je comprends aux morceaux de peau sanglant qui restent accrochés à la crosse de ton arme que tu t’en es servie pour lui « parler avec douceur ». Tu lui hurles dessus des insanités et lui assène des coups de pieds dans l’estomac et le gifle à plusieurs reprise.
Pendant ce temps, à côté de lui, gît le corps du dernier, il vit encore. J’admire ton travail, il gémit et tente de se traîner mollement sur le sol. Tu as sectionné sa colonne juste au-dessous des omoplates à l’aide d’un couteau à viande encore planté dans son corps. Comme il est pitoyable le petit richard qui, il y a quelques heures encore, nous traitait comme des inférieurs, comme des serviteurs. Je m’approche de lui, alléché par sa peur. Il lève vers moi ses yeux suppliants. Il crie quand je retire la lame son dos, un petit geyser de sang jaillit pendant une seconde de la plaie. Un gargouillis s’échappe de sa bouche.

Tu y es allé franchement, tu as découpé avec tellement de violence que son poumon est perforé et se remplit de son propre sang. Je plaque sa tête sur le sol, je jouis de son impuissance et pose mon genou sur son dos en m’y appuyant de tout mon poids rendant ainsi la douleur qui lui parcourt le corps insoutenable. Il émet un long râle suppliant, mais le sang qui emplit sa gorge rend ses gargouillis incompréhensibles. Je plante alors la lame dans entre ses côtes afin de perforer l’autre poumon, il hurle malgré le souffle qui lui manque. Il mérite de crever comme un porc, il va saigner et se noyer dans son sang comme il le mérite. Je me relève et cesse de prêter attention à ses paroles noyées, ses râles de mourant, sa respiration sifflante s’échappant à la fois de son nez et des trous dans son dos. Je me concentre à nouveau sur toi.

Tu t’es lassé de jouer avec lui. À l’aide d’un ciseau, tu as coupé son oreille droite, et il s’est pissé dessus… Mais il est vraiment trop pitoyable maintenant. Tu lui envoies un dernier coup de pied dans les couilles mais je vois bien qu’il t’ennuie. Je perçois dans ton regard l’instant précis où tu décides de finir de jouer. Tu l’attrapes par les cheveux et le force à se redresser, plié en deux qu’il l’était, gémissant et pleurant. Te faisant face, le canon planté directement sur son oeil larmoyant il commence à bredouiller ce qui aurait pu passer pour des supplications larmoyantes si elles n'avaient été immédiatement couverte par le bruit de détonation, la scène illuminée par le flash de poudre, son crâne pulvérisé, le canon fumant, le mur couvert des morceaux de son cerveau déchiqueté. Il s'affaisse sur la moquette bleue déjà assombrie de nombreuses traces de sang…

Et ce rire, ton rire, démoniaque, fou, délirant, effrayant qui s’élève et résonne dans la pièce comme les cloches annonçant les cavaliers de l’apocalypse. Mon sourire ne m’a pas quitté et s’élargit de te voir si heureuse. Cette folie qui t’habite, tu es merveilleuse, ma petite psychopathe. Je passe par-dessus le corps et viens te serrer dans mes bras. J’écarte une mèche de cheveux maculé et dépose sur ton visage, couvert du sang des autres, un baiser, caressant tes lèvres, empli de tendresse…

Eleken Traski

Thursday 20 September 2007 à 12:50
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Seigneurs et nouvelles créatures - Jim Morrison

Dans sa réplique l’alchimiste répète le travail de la Nature.

Peu de gens pourraient défendre la conception étroite de l’alchimie comme "Mère de la chimie", et confondre son véritable but avec ces arts externes du métal. L’alchimie est une science érotique, occupée par les acpects enfouis de la réalité, tendant aux purification et transformation de tout être et matière. Ceci ne suggère pas que les opérations matérielles soient jamais abandonnées. L’adepte tient au travail tant mystique que physique.

Les alchimistes décèlent dans l’activité sexuelle de l’homme une correspondance avec la création du monde, avec la naissance des planètes, et avec les formations minérales. Quand ils voient l’union de la pluie et de la terre, ils la voient dans un sens érotique, comme copulation. Et cela s’étend à tous les domaines naturels de la matière. Car ils peuvent voir les histoires d’amour d’éléments chimiques et d’étoiles, une romance de pierres, ou la fertilité du feu.

Les alchimistes pressentaient d’étranges et fertiles correspondances dans de peu probables ordres de l’être. Entre les hommes et les planètes, les plantes et les gestes, les mots et le temps qu’il fait. Ces connexions troublantes : le cri d’un nourrisson et la caresse de la soie, le dessin d’une oreille et l’apparition de chiens dans la cour, une tête de femme baissée dans le sommeil et la danse matinale des cannibales, ces conjonctions transcendent le stérile signal de tout montage "voulu". Ces juxtapositions d’objets, de sons, de couleurs, d’armes, de blessures et d’odeurs brillent de manière inouïe, impossible


Ce message a été modifié par sandie72 - Thursday 20 September 2007 à 12:53.
Saturday 22 September 2007 à 17:16
Citer +Citer
À UN BIBLIOPHILE.



Mes enfants, il n'y a plus de
chevaliers que dans les livres.
Conte d'une grand'mère à ses
petits enfants.


Pourquoi restaurer les histoires vermoulues et poudreuses du
moyen-âge, lorsque la chevalerie s'en est allée pour toujours,
accompagnée des concerts de ses ménestrels, des enchantements de ses
fées et de la gloire de ses preux?

Qu'importent à ce siècle incrédule nos merveilleuses légendes:
saint Georges rompant une lance contre Charles VII au tournoi de Luçon,
le Paraclet descendant à la vue de tous sur le concile de Trente
assemblé, et le Juif errant abordant près de la cité de Langres
l'évêque de Gotzelin, pour lui raconter la passion de Notre-Seigneur.

Les trois sciences du chevalier sont aujourd'hui méprisées. Nul
n'est plus curieux d'apprendre quel âge a le gerfaut qu'on chaperonne,
de quelles pièces le bâtard écartèle son écu, et à quelle heure de la
nuit Mars entre en conjonction avec Vénus.

Toute tradition de guerre et d'amour s'oublie, et mes fabels
n'auraient pas même le sort de la complainte de Geneviève de Brabant,
dont le colporteur d'images ne sait plus le commencement et n'a jamais
su la fin.
Aloysius Bertrand
Gaspard de la Nuit

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