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jeudi 08 février 2007 à 12:41
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« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! – hurlai-je en me redressant. – Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le corbeau, immuable, est toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, – jamais plus !


Edgar Allan Poe
le corbeau
samedi 03 mars 2007 à 18:23
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La Folie

La tarentule du chaos
Guette la raison qu’elle amorce.
L’Esprit marche avec une entorse
Et roule avec d’affreux cahots.

Entendez hurler les manchots
De la camisole de force !
La tarentule du chaos
Guette la Raison qu’elle amorce.

Aussi la Mort dans ses caveaux
Rit-elle à se casser le torse,
Devant la trame obscure et torse
Que file dans tous les cerveaux
La tarentule du chaos.



Maurice Rollinat
vendredi 30 mars 2007 à 12:52
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Je suis un grans fan de luis Aragon et j'adore cette poésie aussi belle que vrai.

LA ROSE ET LE RÉSÉDA ( Louis Aragon )

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda
vendredi 30 mars 2007 à 13:25
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Cherchons désormais
À adoucir nos dernières heures ;
Car nous qui ne pouvons plus croire aux miracles,
Il nous faut agir
Et briser tout ce qui peut être brisé
Pour au moins faire le dernier voyage
Non en esclaves, mais en hommes libres ;
Et puisque nous vivons dans ce monde,
Faisons quelque chose pour lui ;
Que celui qui ne vit pas seulement pour les honneurs
Fasse son profit de ce principe :
Le mieux du plus grand nombre est le bien suprême.
J’ai dit, et je sauve mon âme !



August Strindberg


samedi 07 avril 2007 à 18:56
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au lecteur


La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent!
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons,
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins
C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;

C'est l'Ennui!- l'œil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère!

--------------------------------------------------------------------------------
baudelaire
dimanche 08 avril 2007 à 23:15
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jolie texte sandie


Ce message a été modifié par charger - dimanche 08 avril 2007 à 23:15.
lundi 09 avril 2007 à 12:31
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merci moi aussi je l aime beaucoup happy.gif
dimanche 15 avril 2007 à 19:18
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Monsieur Littré, Emile pour les dames, les appréciait beaucoup. Un jour sa femme rentra dans son bureau comme il se trouvait avec sa bonne, respectivement en tenue lui d'Adam et elle d'Eve, occupés à faire ce qu'il est difficile de ne pas faire en telles occasions. Sa femme, très digne, s'écria : — Je suis surprise ! — Non, la corrigea-t-il, c'est nous qui sommes surpris. Vous êtes étonnée - attribué à Littré

purplebiggrin.gif !

Ce message a été modifié par lzaineb - dimanche 15 avril 2007 à 19:20.
lundi 16 avril 2007 à 12:24
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A l'inaccessible
Argile toujours vierge, inburinable airain,
Magicien masqué plus tyran que la femme,
Art ! Terrible envoûteur qui martyrise l'âme,
Railleur mystérieux de l'esprit pèlerin !

Il n'est pas de poète insoumis à ton frein
Et tous ceux dont la gloire ici-bas te proclame
Savent que ton autel épuisera leur flamme
Et qu'ils récolteront ton mépris souverain.

Rageuse inquiétude et patience blême
Usent leurs ongles d'or à fouiller ton problème ;
L'homme évoque pourtant ton mirage moqueur ;

Longuement il te cherche et te poursuit sans trêve,
Abîme où s'engloutit la tendresse du coeur,
Zénith où cogne en vain l'avidité du rêve !
Maurice Rollinat
lundi 16 avril 2007 à 21:02
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toujours aussi jolie.
lundi 16 avril 2007 à 23:07
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merci happy.gif


harmonie du soir de baudelaire pour vous souhaiter bonne nuit

Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !



mercredi 18 avril 2007 à 00:52
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Cette fois, je me souvenais que j’étais couché dans le cabinet de chêne et j’entendais distinctement les rafales de vent et la neige qui fouettait. J’entendais aussi le bruit agaçant et persistant de la branche de sapin, et je l’attribuais à sa véritable cause. Mais ce bruit m’exaspérait tellement que je résolus de le faire cesser, s’il y avait moyen ; et je m’imaginai que je me levais et que j’essayais d’ouvrir la croisée. La poignée était soudée dans la gâche : particularité que j’avais observée étant éveillé, mais que j’avais oubliée. « Il faut pourtant que je l’arrête ! » murmurai-je. J’enfonçai le poing à travers la vitre et allongeai le bras en dehors pour saisir la branche importune ; mais, au lieu de la trouver, mes doigts se refermèrent sur les doigts d’une petite main froide comme la glace ! L’intense horreur du cauchemar m’envahit, j’essayai de retirer mon bras, mais la main s’y accrochait et une voix d’une mélancolie infinie sanglotait : « Laissez-moi entrer ! laissez-moi entrer ! – Qui êtes-vous ? » demandai-je tout en continuant de lutter pour me dégager. « Catherine Linton », répondit la voix en tremblant (pourquoi pensais-je à Linton ? J’avais lu Earnshaw vingt fois pour Linton une fois). « Me voilà revenue à la maison : je m’étais perdue dans la lande ! » La voix parlait encore, quand je distinguai vaguement une figure d’enfant qui regardait à travers la fenêtre. La terreur me rendit cruel. Voyant qu’il était inutile d’essayer de me dégager de son étreinte, j’attirai son poignet sur la vitre brisée et le frottai dessus jusqu’à ce que le sang coulât et inondât les draps du lit. La voix gémissait toujours : « Laissez-moi entrer ! » et l’étreinte obstinée ne se relâchait pas, me rendant presque fou de terreur. « Comment le puis-je ? » dis-je enfin ; « lâchez-moi, si vous voulez que je vous fasse entrer ! » Les doigts se desserrèrent, je retirai vivement les miens hors du trou, j’entassai en hâte les livres en pyramide pour me défendre, et je me bouchai les oreilles pour ne plus entendre la lamentable prière. Il me sembla que je restais ainsi pendant plus d’un quart d’heure. Mais, dès que je recommençai d’écouter, j’entendis le douloureux gémissement qui continuait ! « Allez-vous-en ! » criai-je, « je ne vous laisserai jamais entrer, dussiez-vous supplier pendant vingt ans. – Il y a vingt ans », gémit la voix, « vingt ans, il y a vingt ans que je suis errante. » Puis j’entendis un léger grattement au dehors et la pile de livres bougea comme si elle était poussée en avant. J’essayai de me lever, mais je ne pus remuer un seul membre, et je me mis à hurler tout haut, en proie à une terreur folle. À ma grande confusion, je me suis aperçu que mes hurlements étaient bien réels. Des pas rapides approchaient de la porte de la chambre ; quelqu’un l’a poussée d’une main énergique et une lumière a brillé à travers les ouvertures carrées en haut du lit. J’étais assis encore tout tremblant, essuyant la sueur qui coulait sur mon front ; l’intrus semblait hésiter et se parler à voix basse à soi-même. Enfin il a murmuré, évidemment sans attendre de réponse : « Y a-t-il quelqu’un ici ? » J’ai jugé qu’il valait mieux confesser ma présence, car j’avais reconnu la voix de Heathcliff et je craignais qu’il ne poussât sa recherche plus avant, si je demeurais coi. En conséquence, je me suis tourné et j’ai ouvert les panneaux. Je n’oublierai pas de sitôt l’effet que j’ai produit ainsi.


Emily Brontë : "Les Hauts de Hurle-Vent."
jeudi 19 avril 2007 à 10:49
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A l'aube
Brûlé par l'énorme lumière
Irradiant du ciel caillé,
- Stupéfait, recroquevillé,
Hâlé, sali par la poussière,

Le pauvre paysage mort
Se ranime à l'heure nocturne,
Et puis, murmurant taciturne,
Extasié, rêve et s'endort.

La bonne ombre le rafraîchit ;
Et toute propre resurgit
Sa mélancolique peinture.

Avec l'aurore se levant,
La rosée, au souffle du vent,
Pleure pour laver la nature


Maurice Rollinat
samedi 26 mai 2007 à 13:31
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…il apparut dans la vieille Irlande deux marchands inconnus dont personne n’avait ouï parler. Leurs cheveux étaient noirs et ferrés avec de l’or et leurs robes d’une grande magnificence. Ils paraissaient être des hommes de cinquante ans.
« A cette époque l’Irlande était pauvre. Les indigents ne savaient à quelle sainte se vouer, et la misère devenait de plus en plus terrible.
« Dans l’hôtellerie où descendirent les marchands fastueux, on chercha à pénétrer leurs desseins : mais ce fut en vain. Et pendant qu’ils demeurèrent dans l’hôtellerie, ils ne cessèrent de compter et de recompter des sacs de pièces d’or, dont la vive clarté s’apercevait à travers les vitres du logis.

« Gentlemen, leur dit l’hôtesse, d’où vient que vous êtes si opulents, et que, venus pour secourir la misère publique, vous ne fassiez pas de bonnes œuvres ?
« — Belle hôtesse, répondit l’un d’eux, nous n’avons pas voulu aller au-devant d’infortunes honorables, dans la crainte d’être trompés par des misères fictives : que la douleur frappe à la porte, nous ouvrirons.
« Le lendemain, quand on sut qu’il existait deux opulents étrangers prêts à prodiguer l’or, la foule assiégea leur logis ; mais les figures des gens qui en sortaient étaient bien diverses. Les uns avaient la fierté dans le regard, les autres portaient la honte au front… »

william butler yeats
samedi 02 juin 2007 à 04:25
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Il était une fois
Y l'était une foise.
Il l'aidait, une fois.
Il étais une fois un prince charmant qui aimait une princesse, une fois. Elle mangeait des frites. Alôrrrs, le prince lui, une fois: "Mais pourquoi tu mets touchours de l'huile dans tes frites? Je t'ai dit de te faire livrer de l'huile gratuitement en racontant une histoire belge: "Tu appelle quelqu'un, et quand il te dit "allo", tu répond "à l'huile" et il te livre de l'huile.
"Oui mais moi, tu sais, je m'appelle Françoise Hardy et je marche toute seule dans les rues."
"Mais qu'est-ce qu'il te prend? Tu deviens folle, ou quoi?"
"Attends; je marche seule, mais avec le chien. Et le chien, je lui attache deux entonnoirs dessus. Et après, je vais demander l'heure à des gens qui mangent des frites."
"Mais c'est très mauvais ça, il y a la salive."
"La salive? Noon?"
"Mais si, du chien. ...Euh...ah et puis zut, tu sais ce qu'on fait? On essaye chacun son truc, et puis ce soir on fait un duel au pistolet pour voir qui a gagné. Non je déconne."
"De toutes façons j'aurais préféré un duel au soleil."
Il se fâche tout violet (un belge est déjà rouge, alors il devient violet quand il se fâche). "Alors si tu écoute ce ringard..."
"Oui?"
Il devient magenta/violet foncé
"Mhhh?"
Violet cacadois
"Mhhh...(plus appréciatif)"
Il fait caca
"Mhmm" (à la Raphaël Mezrahi)
Il refait caca, mais ça revient en parapluie sur lui, (le caca flotte) ET C'EST LE MORNING LIIIIVE....

samedi 02 juin 2007 à 04:41
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Sans nom
-
--
la camisole de force




ouais...
samedi 02 juin 2007 à 12:08
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La vie antérieure

--------------------------------------------------------------------------------

J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Au couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs,
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.


Charles Baudelaire



Juday
samedi 02 juin 2007 à 04:25
Il était une fois
Y l'était une foise.
Il l'aidait, une fois.
Il étais une fois un prince charmant qui aimait une princesse, une fois. Elle mangeait des frites. Alôrrrs, le prince lui, une fois: "Mais pourquoi tu mets touchours de l'huile dans tes frites? Je t'ai dit de te faire livrer de l'huile gratuitement en racontant une histoire belge: "Tu appelle quelqu'un, et quand il te dit "allo", tu répond "à l'huile" et il te livre de l'huile.
"Oui mais moi, tu sais, je m'appelle Françoise Hardy et je marche toute seule dans les rues."
"Mais qu'est-ce qu'il te prend? Tu deviens folle, ou quoi?"
"Attends; je marche seule, mais avec le chien. Et le chien, je lui attache deux entonnoirs dessus. Et après, je vais demander l'heure à des gens qui mangent des frites."
"Mais c'est très mauvais ça, il y a la salive."
"La salive? Noon?"
"Mais si, du chien. ...Euh...ah et puis zut, tu sais ce qu'on fait? On essaye chacun son truc, et puis ce soir on fait un duel au pistolet pour voir qui a gagné. Non je déconne."
"De toutes façons j'aurais préféré un duel au soleil."
Il se fâche tout violet (un belge est déjà rouge, alors il devient violet quand il se fâche). "Alors si tu écoute ce ringard..."
"Oui?"
Il devient magenta/violet foncé
"Mhhh?"
Violet cacadois
"Mhhh...(plus appréciatif)"
Il fait caca
"Mhmm" (à la Raphaël Mezrahi)
Il refait caca, mais ça revient en parapluie sur lui, (le caca flotte) ET C'EST LE MORNING LIIIIVE....



ptdrrr laugh.gif
samedi 02 juin 2007 à 23:01
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smile.gif
dimanche 03 juin 2007 à 01:15
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Jadis...



Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient.

Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère. -Et je l'ai injuriée.

Je me suis armé contre la justice.

Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié!

Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce.

J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, avec le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.

Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.

Or, tout dernièrement, m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac! j'ai songé à rechercher le clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.

La charité est cette clef. - Cette inspiration prouve que j'ai rêvé!

"Tu resteras hyène, etc....," se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux."

Ah! j'en ai trop pris: - Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache des quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.


Arthur Rimbaud
dimanche 03 juin 2007 à 12:07
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Je ne sais pas si il a déjà été posté, sans doute, mais il covient à mon humeur du moment...

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Paul Verlaine (Poèmes saturniens/melancholia VI 1866)

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