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vendredi 08 décembre 2006 à 16:27
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" Comme un homme a la mer" de Raphael ...

Comme un homme à la mer
(Raphael Haroche) 26 novembre 2001

----------------------------------

Longtemps sur les chemins
La nuit est encore loin
Marcher jusqu’à user
Voyager sans billet
Un œil à la lucarne
La grande ville
Et défiler les rêves
Le soleil dans les reins
Les voitures gonflées
La rumeur des quartiers
Aux étoiles de papier
Dans le grand désert
A la file indienne

Comme un homme à la mer
Allez ! Dis la nous ta prière
Et allons plus loin mon frère

Dis, c’est quand qu’on revient

Marcher dans les blés lourds
Sur la ligne de front
Au dessus du volcan
Au devant des maisons
Mon amie mon amour
C’est le grand bond en avant
Dont nul ne revient
Nul ne connaît la fin

Comme un homme à la mer
Allez ! Dis la nous ta prière
Et allons plus loin mon frère

Dis, c’est quand qu’on revient

Tous les équipages
Ont fini le voyage
Morts d’insomnie
Dans la nuit des gares
Si jamais je m’égare
Mon amour mon amie

Et un homme à la mer
Comme un homme à la mer
Comme un homme à la mer
Allez ! Dis la nous ta prière
On est bien amers
vendredi 08 décembre 2006 à 16:54
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tres beau ce texte
ja ime bien Raphael en plus! happy.gif
vendredi 08 décembre 2006 à 18:09
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QUOTE (sandie72 @ 08 Dec 2006 à 15:54)
tres beau ce texte
ja ime bien Raphael en plus! happy.gif

Merci,sandie...Aimeras tu celui ci??


Quand le masque tombe (chanté par j. Hallyday,je ne sais pas,qui a composé les paroles°


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Quand tout se pose, quand les corps se défont
Quand la parade est terminée, quand la raison dispose
Quand les amis s'en vont, et le dernier fard effacé
Restent les aveux prisonnier dans le miroir glacé

Je ne suis qu'un homme, mais elle ne sait pas
Dans ces zones d''ombre, quand elle tend ses bras
Oh rien qu'un homme, de peur et de froid
Quand le masque tombe, à chaque fois

Aux futiles danses des guerriers toujours vivants
Aux phrases immenses des enfants
Aux immobiles errances des marins sans océans
Aux parterres de fleurs qu'lle attend
Je n'ai que les pierres de ma voix
C'est peu de choses mais c'est moi

Je ne suis qu''un homme, quand elle me voit roi
Pour ces jours qui fondent, qu'elle ne compte pas
Oh juste un homme de peur et de froid
Quand le masque tombe, quand tout se voit

Et si j'ai appris à faire semblant
A garder les yeux paisibles,
Quand elle plonge dedans, j'ai mal des hivers
Qui m'attirent trop souvent vers les bords du monde
Quand le masque tombe

Quand le masque tombe, je ne suis qu'un homme
Quand le masque tombe, j''ai peur,
J'ai peur et j'ai froid,
Je ne suis qu'un homme quand la nuit est loi
Quand elle me voit roi, quand la nuit est loi
J'ai peur et j'ai froid
vendredi 08 décembre 2006 à 18:39
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tres belle chanson
je la connaissais un peu
par contre pour le compositeur je ne sais pas non plus
mardi 12 décembre 2006 à 00:25
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Extase du soir
Droits et longs, par les prés, de beaux fils de la Vierge
Horizontalement tremblent aux arbrisseaux.
La lumière et le vent vernissent les ruisseaux.
Et du sol, çà et là, la violette émerge.

Comme le ciel sans tache, incendiant d'azur
Les grands lointains des bois et des hauteurs farouches,
La rivière, au frisson de ses petites mouches,
A dormi, tout le jour, son miroitement pur.

Dans l'espace, à présent voilé sans être sombre,
Des morceaux lumineux joignent des places d'ombre,
Du ciel frais tombe un soir bleuâtre, extasiant.

Et, tandis que, pâmé, le peuplier s'allonge,
Le soleil bas, dans l'eau, fait un trou flamboyant
Où le regard brûlé s'abîme avec le songe


Maurice rollinat
mardi 12 décembre 2006 à 15:33
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Lettre de Flaubert a Baudelaire (merci Shadow!!)


J'ai d'abord dévoré votre volume d'un bout à l'autre, comme une cuisinière fait d'un feuilleton, et maintenant, depuis huit jours, je le relis, vers à vers, mot à mot et, franchement, cela me plaît et m'enchante. Vous avez trouvé le moyen de rajeunir le romantisme.
Vous ne ressemblez à personne (ce qui est la première de toutes les qualités).L'originalité du style découle de la conception. La phrase est toute bourrée par l'idée, à en craquer.
J'aime votre âpreté, avec ses délicatesses de langage, qui la font valoir comme des damasquinures sur une lame fine.

Voici les pièces qui m'ont le plus frappé : le sonnet XVIII : La Beauté ; c'est pour moi une oeuvre de la plus haute valeur ; – et puis les pièces suivantes : L'idéal, La Géante (que je connaissais déjà), la pièce XXV : "Avec ses vêtements ondoyants et nacrés..."

Une charogne, le Chat, Le beau navire, À une dame créole, Le Spleen, qui m'a navré, tant c'est juste de couleur ! Ah ! vous comprenez l'embêtement de l'existence, vous ! Vous pouvez vous vanter de cela, sans orgueil. Je m'arrête dans mon énumération, car j'aurais l'air de copier la table de votre volume. Il faut que je vous dise pourtant que je raffole de la pièce LXXV, Tristesses de la lune : "...Qui d'une main distraite et légère caresse, Avant de s'endormir, le contour de ses seins..." et j'admire profondément le Voyage à Cythère, etc. , etc.

Quant aux critiques, je ne vous en fais aucune, parce que je ne suis pas sûr de les penser moi-même, dans un quart d'heure. J'ai, en un mot, peur de dire des inepties, dont j'aurais un remords immédiat. Quand je vous reverrai cet hiver, à Paris, je vous poserai seulement, sous forme dubitative et modeste, quelques questions.

En résumé, ce qui me plaît avant tout dans votre livre, c'est que l'Art y prédomine. Et puis vous chantez la chair sans l'aimer, d'une façon triste et détachée qui m'est sympathique. Vous êtes résistant comme le marbre et pénétrant comme un brouillard d'Angleterre.

Encore une fois, mille remerciements du cadeau ; je vous serre la main très fort.

À vous.[/QUOTE]
jeudi 04 janvier 2007 à 16:56
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A celle qui est trop gaie
Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.

Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
De tes bras et de tes épaules.

Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes toilettes
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.

Ces robes folles sont l'emblème
De ton esprit bariolé ;
Folle dont je suis affolé,
Je te hais autant que je t'aime !

Quelquefois dans un beau jardin
Où je traînais mon atonie,
J'ai senti, comme une ironie,
Le soleil déchirer mon sein ;

Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la Nature.

Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,

Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,

Et, vertigineuse douceur !
A travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T'infuser mon venin, ma soeur !
Baudelaire
samedi 06 janvier 2007 à 13:09
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Raconte moi ce mot étrange et difficile à prononcer
Que je porte depuis que je suis né.

Raconte moi le vieil empire et le trait de mes yeux bridés,
Qui disent mieux que moi ce que tu n’oses dire.

Je ne sais de toi que des images de la guerre,
Un film de Coppola et des hélicoptères en colère.

Un jour, j’irai là-bas, un jour dire bonjour à ton âme
Un jour, j’irai là-bas te dire bonjour, Vietnam.

Raconte moi ma couleur, mes cheveux, et mes petits pieds,
Qui me portent depuis que je suis né.

Raconte moi ta maison, ta rue, raconte moi cet inconnu,
Les marchés flottants et les sampans de bois.

Je ne connais de mon pays que des photos de la guerre,
Un film de Coppola et des hélicoptères en colère.

Un jour, j’irai là-bas, un jour dire bonjour à mon âme.
Un jour, j’irai là-bas te dire bonjour, Vietnam.

Les temples et les Bouddhas de pierre pour mes pères,
Les femmes courbées dans les rizières pour mes mères,

Dans la prière, dans la lumière, revoir mes frères,
Toucher mon âme, mes racines, ma terre.

Un jour, j’irai là-bas, un jour dire bonjour a` mon âme.
Un jour, j’irai là-bas te dire bonjour, Vietnam.


Phạm Quỳnh Anh


samedi 06 janvier 2007 à 13:25
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Forêt brûlée
On voit ce grand fond de vallée
Fuligineux sous les cieux ronds :
Là, terrain, herbes, rameaux, troncs,
Toute une forêt fut brûlée !

D'elle, si verte et si peuplée,
Qui, si fière, portait son front,
Narguait le vent, raillait l'affront
Du tonnerre et de la gelée,

Il reste la place... raclée,
Croupissante et noire, meublée
D'un seul arbre, cuit tout de bon :
Un paysage de charbon
Dans un gouffre de la vallée !
Maurice rollinat
mercredi 10 janvier 2007 à 13:08
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J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre cœur! soyez mère
Même pour un ingrat, même pour un méchant;
Amante ou sœur, soyez la douceur éphémère
D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.
Courte tâche! La tombe attend; elle est avide!
Ah! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,
De l'arrière-saison le rayon jaune et doux!


Baudelaire
lundi 15 janvier 2007 à 17:47
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Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
Le Poëte apparaît en ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié:

- «Ah! que n'ai-je mis bas tout un nœud de vipères,
Plutôt que de nourrir cette dérision!
Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
Où mon ventre a conçu mon expiation!

Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes
Pour être le dégoût de mon triste mari,
Et que je ne puis rejeter dans les flammes,
Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,

Je ferai rejaillir ta haine qui m'accable
Sur l'instrument maudit de tes méchancetés,
Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés!»

Elle ravale ainsi l'écume de sa haine,
Et, ne comprenant pas les desseins éternels,
Elle-même prépare au fond de la Géhenne
Les bûchers consacrés aux crimes maternels.

Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,
L'Enfant déshérité s'enivre de soleil,
Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.

Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
Et s'enivre en chantant du chemin de la croix;
Et l'Esprit qui le suit dans son pèlerinage
Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte,
Ou bien, s'enhardissant de sa tranquillité,
Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
Et font sur lui l'essai de leur férocité.

Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
Ils mêlent de la cendre avec d'impurs crachats;
Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,
Et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.

Sa femme va criant sur les places publiques:
«Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,
Je ferai le métier des idoles antiques,
Et comme elles je veux me faire redorer;

Et je me soûlerai de nard, d'encens, de myrrhe,
De génuflexions, de viandes et de vins,
Pour savoir si je puis dans un cœur qui m'admire
Usurper en riant les hommages divins!

Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies,
Je poserai sur lui ma frêle et forte main;
Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
Sauront jusqu'à son cœur se frayer un chemin.

Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
J'arracherai ce cœur tout rouge de son sein,
Et, pour rassasier ma bête favorite,
Je le lui jetterai par terre avec dédain!»

Vers le Ciel, où son œil voit un trône splendide,
Le Poëte serein lève ses bras pieux,
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l'aspect des peuples furieux:

- «Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés!

Je sais que vous gardez une place au Poète
Dans les rangs bienheureux des saintes Légions,
Et que vous l'invitez à l'éternelle fête
Des Trônes, des Vertus, des Dominations.

Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers.

Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,
Les métaux inconnus, les perles de la mer,
Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
A ce beau diadème éblouissant et clair;

Car il ne sera fait que de pure lumière,
Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs!»





Baudelaire


ce texte est interessant a plusieurs points de vue
il fait ressortir la difficile condition du poete,genie exile sur Terre
et les premieres strophes semblent evoquer les relations tumultueuses qu il eut avec sa mere



mercredi 17 janvier 2007 à 12:24
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Deux bons vieux coqs


Le cabaret qui n'est pas neuf
Est bondé des plus vieux ivrognes
Dont rouge brique sont les trognes
Entre les grands murs sang de boeuf.
L'un d'entre eux, chenu comme un oeuf,
D'une main sur la table cogne,
Et, son verre dans l'autre, il grogne :
" Aussi vrai que j'suis d'Châteauneuf !
J'reste un bon coq, et l'diab' me rogne !
Je r'prendrais femm' si j'dev'nais veuf. "
" Dam ! moi, fait le père Tubeuf,
J'suis ben dans mes quatre-vingt-neuf :
Et j'm'acquitte encor de ma b'sogne ! "


Auteur:Maurice ROLLINAT


vendredi 19 janvier 2007 à 12:54
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Nuit de Samain


Lorsque le disque diurne, exsangue, s'évanouit
Dans les nuées teintées de ses propres hématies
A l'instant où la nuit, de son linceul d'éther
Couvre l'astre défunt pour le porter en terre
Jetant sur ce tombeau, une poignée d'étoiles
C'est alors qu'apparaît, drapé dans son suaire
Ame que tour à tour l'ombre voile et dévoile
Le visage spectral de feu l'astre solaire.
C'est l'heure où les banshees, sinistres messagères,
Figures de la mort tout de brouillard vêtues
Viennent annoncer d'un cri qui glace les artères
Le décès imminent d'un proche individu.
C'est l'heure où les fantômes habillés de néant
A travers la lande et de par les océans
D'une voix morne entonnent un funeste couplet
Qui aux longs hurlements du vent vient se mêler.
Au tréfonds d'un marais des squelettes s'embourbent.
Dans ces cloaques de spectres aux lumières fourbes
Dansent âmes damnées, ombres aux rictus hideux
Diables aux faces marquées de rires insidieux.
Allumez vos lanternes, humains car cette nuit
Des ténèbres ont surgit les plus sombres esprits.

© Bluelantern

C'est un texte que j'ai trouver sur le net. Il m'a beaucoup marquée. J'espère que je n'aurait pas d'ennuit pour l'avoir copié... wacko.gif
lundi 05 février 2007 à 21:54
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LE CHIEN ET LE FLACON
«- Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum, acheté chez le meilleur parfumeur de la ville.»

Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.

«- Ah! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies
Baudelaire
mardi 06 février 2007 à 16:10
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Si noble et si chaste apparaît
ma dame lorsqu'elle salue
que toute langue en tremblant devient muette
et que les yeux n'osent la regarder.

Elle va, s'entendant louer,
bénignement d'humilité vêtue,
et on dirait chose venue
du ciel sur terre pour miracle montrer.

Tant de plaisantes grâces elle offre à qui l'admire
qu'elle infuse au coeur, par les yeux, une douceur
que nul ne peut connaître s'il ne l'a goûtée.

De son visage semble s'envoler
un esprit suave plein d'amour
qui va disant au coeur : soupire.



Dante Alighieri - Vita Nova

Ce message a été modifié par lavienrose - mardi 06 février 2007 à 16:14.
mardi 06 février 2007 à 16:16
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« Quoi que fassent ceux qui règnent chez eux par la violence et hors de chez eux par la menace, quoi que fassent ceux qui se croient les maîtres des peuples et qui ne sont que les tyrans des consciences, l'homme qui lutte pour la justice et la vérité trouvera toujours le moyen d'accomplir son devoir tout entier. « La toute-puissance du mal n'a jamais abouti qu'à des efforts inutiles. La pensée échappe toujours à qui tente de l'étouffer. Elle se fait insaisissable à la compression ; elle se réfugie d'une forme dans l'autre.

Victor Hugo - Les châtiments (livre 1), préface
mardi 06 février 2007 à 17:52
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Au gibet noir, manchot aimable,
Dansent, dansent les paladins,
Les maigres paladins du diable,
Les squelettes de Saladins.
Messire Belzébuth tire par la cravate
Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel,
Et, leur claquant au front un revers de savate,
Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël!
Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles:
Comme des orgues noirs, les poitrines à jour
Que serraient autrefois les gentes damoiselles,
Se heurtent longuement dans un hideux amour.
Hurrah, les gais danseurs qui n'avez plus de panse!
On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs!
Hop, qu'on ne cache plus si c'est bataille ou danse!
Belzébuth, enragé, racle ses violons!
Ô durs talons, jamais on n'use sa sandale!
Presque tous ont quitté la chemise de peau;
Le reste est peu gênant et se voit sans scandale.
Sur les crânes la neige applique un blanc chapeau:
Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées,
Un morceau de chair tremble à leur maigre menton:
On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées,
Des preux raides heurtant armures de carton.
Hurrah, la bise siffle au grand bal des squelettes!
Le gibet noir mugit comme un orgue de fer!
Les loups vont répondant, des forêts violettes:
À l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer...
Holà, secouez-moi ces capitans funèbres
Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés
Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres:
Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés !
Oh! voilà qu'au milieu de la danse macabre
Bondit, par le ciel rouge, un grand squelette fou
Emporté par l'élan : tel un cheval se cabre:
Et, se sentant encor la corde raide au cou,
Il crispe ses dix doigts sur son fémur qui craque
Avec des cris pareils à des ricanements,
Puis, comme un baladin rentre dans la baraque,
Rebondit dans le bal au chant des ossements.
Au gibet noir, manchot aimable,
Dansent, dansent les paladins,
Les maigres paladins du diable,
Les squelettes de Saladins.
Arthur Rimbaud
jeudi 08 février 2007 à 04:32
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Rastignac me dit : « Je m'ennuie, je suis désappointé. L'Alsacienne qu'on m'a proposée pour femme a six doigts au pied gauche, je ne puis pas vivre avec une femme qui a six doigts ! Cela se saurait, je deviendrais ridicule. Elle n'a que dix-huit mille francs de rentes, sa fortune diminue et ses doigts augmentent. Au diable ! En menant une vie enragée, peut-être trouverons-nous le bonheur par hasard ! » Rastignac m'entraîna.

- « Et de l'argent ? lui dis-je.

- N'as-tu pas quatre cent cinquante francs ?

- Oui, mais je dois à mon tailleur, à mon hôtesse.

- Tu paies ton tailleur ? tu ne seras jamais rien, pas même ministre. »


Honoré de Balzac - La peau de chagrin
jeudi 08 février 2007 à 04:38
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Le Rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l'image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l'oeuvre de l'existence. C'est un souterrain vague qui s'éclaire peu à peu, et où se dégagent de l'ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : - le monde des Esprits s'ouvre pour nous.

Gérard de Nerval - Aurélia
jeudi 08 février 2007 à 04:42
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Quelques heures après la réception du télégramme de Dombrowski l'invasion des faubourgs par l'armée de Versailles avait commencé.

Ce furent d'abord de timides escarmouches, quelques coups de feus espacés, puis des bruits confus qui, par instants, s'enflaient en clameurs.

Le flot des envahisseurs montait peu à peu. on entendit bientôt, très distinctement, le pas cadencé de la troupe, de brefs commandements et le sinistre cliquetis des armes de mort !

Déjà, du côté de l'armée, c'était la force dans ce qu'elle a de plus impitoyable, de plus brutal. De l'autre, c'était l'attente, attente calme, héroïque, le courage froid des résignés.

Les rues étaient désertes ; toutes les fenêtres et toutes les portes closes.

On sentait que la Mort allait s'abattre sur Paris.


Louise Michel - La Commune, histoire et souvenirs

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