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Livenet > Forum > Livres et Bds
Wednesday 30 August 2006 à 17:40
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je l ai deja mis dans le quizz ...mais j aime beaucoup ce texte et il me touche,l heroine souffrant de consomption....
certains savent pourquoi

Zola,le reve
Ce porche de lumière crue ouvrait sur le monde qu'elle ignorait; et elle ralentissait le pas, elle regardait les maisons actives, la foule tumultueuse, tout ce qui la réclamait et la saluait. Sa faiblesse était si grande, que son mari devait presque la porter. Pourtant, elle souriait toujours, elle songeait à cet hôtel princier, plein de bijoux et de toilettes de reine, où l'attendait la chambre des noces, toute de soie blanche. Une suffocation l'arrêta, puis elle eut la force de faire quelques pas encore. Son regard avait rencontré l'anneau passé à son doigt, elle souriait de ce lien éternel. Alors, au seuil de la grand-porte, en haut des marches qui descendaient sur la place, elle chancela. N'était-elle pas allée jusqu'au bout du bonheur ? N'était-ce pas là que la joie d'être finissait ? Elle se haussa d'un dernier effort, elle mit sa bouche sur la bouche de Félicien. Et, dans ce baiser, elle mourut. Mais la mort était sans tristesse. Monseigneur, de son geste habituel de bénédiction pastorale, aidait cette âme à se délivrer, calmé lui-même, retourné au néant divin. Les Hubert, pardonnés, rentrant dans l'existence, avaient la sensation extasiée qu'un songe finissait. Toute la cathédrale, toute la ville étaient en fête. Les orgues grondaient plus haut, les cloches sonnaient à la volée, la foule acclamait le couple d'amour, au seuil de l'église mystique, sous la gloire du soleil printanier. Et c'était un envolement triomphal, Angélique heureuse, pure, élancée, emportée dans la réalisation de son rêve, ravie des noires chapelles romanes aux flamboyantes voûtes gothiques, parmi les restes d'or et de peinture, en plein paradis des légendes. Félicien ne tenait plus qu'un rien très doux et très tendre, cette robe de mariée, toute de dentelles et de perles, la poignée de plumes légères, tièdes encore, d'un oiseau. Depuis longtemps, il sentait bien qu'il possédait une ombre. La vision, venue de l'invisible, retournait à l'invisible. Ce n'était qu'une apparence, qui s'effaçait, après avoir créé une illusion. Tout n'est que rêve. Et, au sommet du bonheur, Angélique avait disparu, dans le petit souffle d'un baiser.





Angélique, dont sont pourtant souvent évoqués la gaieté, le désir de vivre, le rire irrépressible4, meurt de consomption, de "langueur", d’une sorte d’anorexie. Elle ne peut, ne veut plus manger. "Ça ne passe pas", dit l’expression populaire. Angélique est comme étouffée de tout le désir qui est en elle et qu’elle doit refouler. Zola précise son "drame" : "La jeunesse, la santé, l’orgueil, la passion d’un côté ; le devoir, le respect, l’obéissance, le renoncement, l’humilité de l’autre" (folio 152). Il ira plus loin, peu après : "Je ne donne aucune explication médicale" (folio 191).


http://gallica.bnf.fr/Zola/RecepAdap/becker.htm


Ce message a été modifié par sandie72 - Wednesday 30 August 2006 à 17:45.
Thursday 31 August 2006 à 11:58
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"Faute de soleil dans sa vie,Marion saura y allumer un feu d enfer.Et voici qu elle se met a rire tout haut.Elle se sent capable dedevenir mauvaise,la Marion.Une belle haine dans le coeur,cela aide a vivre."

La Marion du Faouet
Yvonne Chauffin
Friday 01 September 2006 à 01:33
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Villanelle du Diable
À Théodore de Banville.

L'Enfer brûle, brûle, brûle.
Ricaneur au timbre clair,
Le Diable rôde et circule.

Il guette, avance ou recule
En zigzags, comme l'éclair ;
L'Enfer brûle, brûle, brûle.

Dans le bouge et la cellule,
Dans les caves et dans l'air
Le Diable rôde et circule.

Il se fait fleur, libellule,
Femme, chat noir, serpent vert ;
L'Enfer brûle, brûle, brûle.

Puis, la moustache en virgule,
Parfumé de vétiver,
Le Diable rôde et circule.

Partout où l'homme pullule,
Sans cesse, été comme hiver,
L'Enfer brûle, brûle, brûle.

De l'alcôve au vestibule
Et sur les chemins de fer
Le Diable rôde et circule.

C'est le Monsieur noctambule
Qui s'en va, l'oeil grand ouvert.
L'Enfer brûle, brûle, brûle.

Là, flottant comme une bulle,
Ici, rampant comme un ver,
Le Diable rôde et circule.

Il est grand seigneur, crapule,
Écolier ou magister.
L'Enfer brûle, brûle, brûle.

En toute âme il inocule
Son chuchotement amer :
Le Diable rôde et circule.

Il promet, traite et stipule
D'un ton doucereux et fier,
L'Enfer brûle, brûle, brûle.

Et se moquant sans scrupule
De l'infortuné qu'il perd,
Le Diable rôde et circule.

Il rend le bien ridicule
Et le vieillard inexpert.
L'Enfer brûle, brûle, brûle.

Chez le prêtre et l'incrédule
Dont il veut l'âme et la chair,
Le Diable rôde et circule.

Gare à celui qu'il adule
Et qu'il appelle " mon cher ".
L'Enfer brûle, brûle, brûle.

Ami de la tarentule,
De l'ombre et du chiffre impair,
Le Diable rôde et circule.

- Minuit sonne à ma pendule :
Si j'allais voir Lucifer ?...
L'Enfer brûle, brûle, brûle ;
Le Diable rôde et circule !


Rollinat

Coup de gueule du jour:et dire que l on est venu m inviter sur mon blog a une reunion autour de l hydropathe...je ne peux m y rendre....quel creve coeur.... sad.gif

Ce message a été modifié par sandie72 - Friday 01 September 2006 à 01:35.
Friday 01 September 2006 à 14:42
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Ce n est pas d un auteur connu mais je l ai trouve sur un site....
je l ai trouve touchant ce poeme...


Quand vient une envie de mourir,
Une forte envie de partir...
Nous ferions tout pour fuir,
En oubliant que ça ferait souffrir...
Le besoin de s'évader,
L'envie de renoncer,
Croire trouver le bien-être enfin,
Arrêter là notre destin...
L'égoïsme s'empare de nous,
Et pourtant, il y a des gens autour de nous,
Qui souffriront de notre disparition...
Comment répondre à nos questions ?
Sûrement pas en fuyant,
Sûrement pas en disparaissant...
Pensons aux personnes qui nous aiment...
Et réglons, avec eux, nos problèmes...

Ce message a été modifié par sandie72 - Friday 01 September 2006 à 14:46.
Friday 01 September 2006 à 19:14
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QUOTE (sandie72 @ 01 Sep 2006 à 14:42)
Ce n est pas d un auteur connu mais je l ai trouve sur un site....
je l ai trouve touchant ce poeme...


Quand vient une envie de mourir,
Une forte envie de partir...
Nous ferions tout pour fuir,
En oubliant que ça ferait souffrir...
Le besoin de s'évader,
L'envie de renoncer,
Croire trouver le bien-être enfin,
Arrêter là notre destin...
L'égoïsme s'empare de nous,
Et pourtant, il y a des gens autour de nous,
Qui souffriront de notre disparition...
Comment répondre à nos questions ?
Sûrement pas en fuyant,
Sûrement pas en disparaissant...
Pensons aux personnes qui nous aiment...
Et réglons, avec eux, nos problèmes...

en effet, très joli wink.gif
Saturday 02 September 2006 à 03:01
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Yodarine avait poste un texte de cet auteur fascinant...

cet extrait ci je l ai etudié en classe de seconde et c est lui qui m a fait decouvrir ce poete mysterieux

Il était nuit. Ce furent d'abord, – ainsi j'ai vu, ainsi je raconte, – une abbaye aux murailles lézardées par la lune, – une forêt percée de sentiers tortueux, – et le Morimont grouillant de capes et de chapeaux.

Ce furent ensuite, – ainsi j'ai entendu, ainsi je raconte, – le glas funèbre d'une cloche auquel répondaient les sanglots funèbres d'une cellule, – des cris plaintifs et des rires féroces dont frissonnait chaque feuille le long d'une ramée, et les prières bourdonnantes des pénitents noirs qui accompagnaient un criminel au supplice.

Ce furent enfin, – ainsi s'acheva le rêve, ainsi je raconte, – un moine qui expirait, couché dans la cendre des agonisants, – une jeune fille qui se débattait pendue aux branches d'un chêne, – et moi que le bourreau liait échevelé sur les rayons de la roue.

Dom Augustin, le prieur défunt, aura, en habit de cordelier , les honneurs de la chapelle ardente ; et Marguerite, que son amant a tuée, sera ensevelie dans sa blanche robe d'innocence, entre quatre cierges de cire.

Mais moi, la barre du bourreau s'était, au premier coup, brisée comme un verre, les torches des pénitents noirs s'étaient éteintes sous les torrents de pluie, la foule s'était écoulée avec les ruisseaux débordés et rapides, – et je poursuivais d'autres songes vers le réveil.

Aloysius BERTRAND (1807 - 1841)
Gaspard de la nuit (1842)
Saturday 02 September 2006 à 11:17
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et toujours du meme auteur...


Ondine
- " Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui
frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta
fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ;
et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui
contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau
lac endormi.

" Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant,
chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais,
et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le
triangle du feu, de la terre et de l'air.

" Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante
d'une branche d'aulne verte, et mes soeurs caressent de
leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénu-
phars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et
barbu qui pêche à la ligne ! "

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son
anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et
de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle,
boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa
un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisse-
lèrent blanches le long de mes vitraux bleus.




pour quelqu un qui comprendra...
Saturday 02 September 2006 à 14:47
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Haiku de Ryokan :

"Le voleur
M'a tout pris, sauf
La lune qui était à ma fenêtre."



Ce message a été modifié par yodarine - Saturday 02 September 2006 à 16:18.
Saturday 02 September 2006 à 22:40
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Merci Yoda pour avoir pense a parler du Haiku...exercice de style assez peu connu dans notre civilisation occidentale...c est dommage car ces mini poemes sont tres originaux! happy.gif

autre exemple :


Matsuo Bashô :

Dans le vieil étang
Une grenouille saute
Un ploc dans l'eau

L'original japonais est:

Fu-ru-i-ké-ya
ka-wa-zu-to-bi-ko-mu
mi-zu-no-o-to

Ce message a été modifié par sandie72 - Saturday 02 September 2006 à 22:43.
Monday 04 September 2006 à 02:00
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Mais, un soir. d'automne, comme l'air dormait immobile dans le ciel, Morella m'appela à son chevet. Il y avait un voile de brume sur toute la terre, et un chaud embrasement sur les eaux, et, 'à voir les splendeurs d'octobre dans le feuillage de la forêt, on eût dit qu'un bel arc-en-ciel 'était laissé choir du firmament. Voici le jour des jours, dit-elle quand japprochai- le plus beau des jours pour vivre ou pour mourir. Cest un beau jour pour les fils de la terre et de la vie, ah ! plus beau encore pour les filles du ciel et de la mort !

Je baisai son front, et elle continua je vais mourir, cependant je vivrai.

Morella !

Ils n'ont jamais été, ces jours où il t'aurait été permis de m'aimer ; mais celle que, dans la vie, tu abhorras, dans la mort tu l'adoreras.

Morella !

Je répète que le vais mourir. Mais en moi est un gage de cette affection ah ! quelle mince affection ! que tu a éprouvée pour moi, Morella. Et, quand mon esprit partira, l'enfant vivra, ton enfant, mon enfant à moi, Morella. Mais tes ,jours seront des jours pleins de chagrin, de ce chagrin qui est la 'plus durable des impressions, comme le cyprès est le plus vivace des arbres ; car les heures de ton bonheur sont passées, et la joie ne se, cueille pas deux fois dans une vie, comme les roses de Paestum deux fois dans une année. Tu ne joueras plus avec le temps le jeu de l'homme de Téos ; le myrte et la vigne te seront choses inconnues et partout sur la terre tu porteras avec toi ton suaire, comme le musulman de la Mecque.

Morella ! m'écriai-je, Morella !, comment sais-tu cela ?

Mais elle retourna son visage sur l'oreiller ; un léger tremblement courut sur ses membres, elle mourut, et je n'entendis plus sa voix.

Cependant, comme elle l'avait prédit, son enfant, auquel en mourant

Edgar Allan Poe

Morella
Wednesday 06 September 2006 à 23:34
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Ce qui ne me tue pas
Me rend forte
On pourrait en venir aux mains
Je suis a celui qui me transporte
Je reste tant que l'on me supporte
Ou je reprends seule le chemin
Malgre les risques que cela comporte
Avec toi j'irai bien
Meme sans toi j'irai bien

Au soleil
M'exposer un peu plus
Au soleil
Quand le coeur n'y est plus
Bruler ce que l'on adore
Et rechauffer son corps

Malgre tout l'amour que je porte
Toi tu n'y entends vraiment rien
Notre histoire que le diable l'emporte tarrraaaa mf_tongue.gif
Wednesday 06 September 2006 à 23:40
Citer +Citer
C est de la litterature ca?? mellow.gif


Vade retro demon de la real tv!!!


bisou.gif salam!



Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. Crépuscule des idoles (1888) F. Nietzsche


Ce message a été modifié par sandie72 - Wednesday 06 September 2006 à 23:46.
Wednesday 06 September 2006 à 23:54
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QUOTE (sandie72 @ 06 Sep 2006 à 23:40)
C est de la litterature ca?? mellow.gif


Vade retro demon de la real tv!!!


bisou.gif salam!



Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. Crépuscule des idoles (1888) F. Nietzsche

Salam!!! happy.gif laugh.gif laugh.gif non pas vraiment!!! laugh.gif

je fais ce que je peux....je sais qu'à coté de tes textes je parrai trop nul là sleep.gif ...mais c mon texte d'un jour!!! happy.gif


real tv??? moi??? jamais!!! pinch.gif

bonne soirée bisou.gif
Wednesday 06 September 2006 à 23:56
Citer +Citer
Dis pas ca lol

Tiens si tu veux mettre tes chansons du jour...Tu as ce topic en Musique!

http://www.comlive.net/sujet-102224.html

wink.gif

Ce message a été modifié par sandie72 - Wednesday 06 September 2006 à 23:57.
Thursday 07 September 2006 à 00:19
Citer +Citer
QUOTE (sandie72 @ 06 Sep 2006 à 23:56)
Dis pas ca lol

Tiens si tu veux mettre tes chansons du jour...Tu as ce topic en Musique!

http://www.comlive.net/sujet-102224.html

wink.gif

merci c symap! happy.gif
Sunday 10 September 2006 à 06:34
Citer +Citer
LA CLOCHE FLÉE

Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.
Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente!
Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie
Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.
Baudelaire
Sunday 10 September 2006 à 10:38
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L'ABSENCE (Eluard)

Je te parle à travers les villes
Je te parle à travers les plaines
Ma bouche est sur ton oreiller
Les deux faces des murs font face
A à ma voix qui te reconnaît
Je te parle d'éternité O villes souvenirs de villes
Villes drapées dans nos désirs
Villes précoces et tardives
Villes fortes villes intimes
Dépouillées de tous leurs maçons
De leur penseurs de leurs fantômes


Campagne règle d'émeraude
Vive vivante survivante
Le blé du ciel sur notre terre
Nourrit ma voix je rêve et pleure
Je ris et rêve entre les flammes
Entre les grappes du soleil Et sur mon corps ton corps étend
La nappe de son miroir clair.


Sunday 10 September 2006 à 12:54
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Tiens je l avais deja mis ici...J aime bien ce texte! happy.gif
bisou.gif toi!
Sunday 10 September 2006 à 18:32
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Ligeia tomba malade. Les étranges yeux flamboyèrent avec un éclat trop splendide ; les pâles doigts prirent la couleur de la mort, la couleur de la cire transparente ; les veines bleues de son grand front palpitèrent impétueusement au courant de la plus douce émotion. Je vis qu'il lui fallait mourir, --- et je luttai désespérément en esprit avec l'affreux Azraël.


Edgar Allan Poe
Monday 11 September 2006 à 13:33
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La chose, qui attendait, s'est alertée, elle a fondu sur moi, elle se coule en moi, j'en suis plein. - Ce n'est rien: la Chose, c'est moi. L'existence, libérée, dégagée, reflue sur moi. J'existe.
J'existe. C'est doux, si doux, si lent. Et léger: on dirait que ça tient en l'air tout seul. Ça remue. Ce sont des effleurements partout qui fondent et s'évanouissent. Tout doux, tout doux. Il y a de l'eau mousseuse dans ma bouche. Je l'avale, elle glisse dans ma gorge, elle me caresse - et la voila qui renaît dans ma bouche, j'ai dans la bouche à perpétuité une petite mare d'eau blanchâtre - discrète - qui frôle ma langue. Et cette mare, c'est encore moi. Et la langue. Et la gorge, c'est moi.
Je vois ma main, qui s'épanouit sur la table. Elle vit - c'est moi. Elle s'ouvre, les doigts se déploient et pointent. Elle est sur le dos. Elle me montre son ventre gras. Elle a l'air d'une bête à la renverse. Les doigts, ce sont les pattes. Je m'amuse à les faire remuer, très vite, comme les pattes d'un crabe qui est tombé sur le dos. Le crabe est mort: les pattes se recroquevillent, se ramènent sur le ventre de ma main. Je vois les ongles - la seule chose de moi qui ne vit pas. Et encore. Ma main se retourne, s'étale à plat ventre, elle m'offre à présent son dos. Un dos argenté, un peu brillant - on dirait un poisson, s'il n'y avait pas les poils roux à la naissance des phalanges. Je sens ma main. C'est moi, ces deux bêtes qui s'agitent au bout de mes bras. Ma main gratte une de ses pattes, avec l'ongle d'une autre patte; je sens son poids sur la table qui n'est pas moi. C'est long, long, cette impression de poids, ça ne passe pas. Il n'y a pas de raison pour que ça passe. A la longue, c'est intolérable... Je retire ma main, je la mets dans ma poche. Mais je sens tout de suite, à travers l'étoffe, la chaleur de ma cuisse. Aussitôt, je fais sauter ma main de ma poche; je la laisse pendre contre le dossier de la chaise. Maintenant, je sens son poids au bout de mon bras. Elle tire un peu, à peine, mollement, moelleusement, elle existe. Je n'insiste pas: ou que je la mette, elle continuera d'exister et je continuerai de sentir qu'elle existe; je ne peux pas la supprimer, ni supprimer le reste de mon corps, la chaleur humide qui salit ma chemise, ni toute cette graisse chaude qui tourne paresseusement comme si on la remuait à la cuiller, ni toutes les sensations qui se promènent là-dedans, qui vont et viennent, remontent de mon flanc à mon aisselle ou bien qui végètent doucement, du matin jusqu'au soir, dans leur coin habituel.
Je me lève en sursaut: si seulement je pouvais m'arrêter de penser, ça irait déjà mieux. Les pensées, c'est ce qu'il y a de plus fade. Plus fade encore que de la chair. Ça s'étire à n'en plus finir et ça laisse un drôle de goût. Et puis il y a les mots, au-dedans des pensées, les mots inachevés, les ébauches de phrases qui reviennent tout le temps: "Il faut que je fini... J'ex... Mort... M. de Roll est mort... Je ne suis pas... J'ex..." Ça va, ça va... et ça ne finit jamais. C'est pis que le reste parce que je me sens responsable et complice. Par exemple, cette espèce de rumination douloureuse:
j'existe, c'est moi qui l'entretiens. Moi. Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c'est moi qui la continue, qui la déroule. J'existe. Je pense que j'existe. Oh! le long serpentin, ce sentiment d'exister - et je le déroule, tout doucement... Si je pouvais m'empêcher de penser! J'essaie, je réussis : il me semble que ma tête s'emplit de fumée... et voila que ça recommence:
"Fumée... ne pas penser... Je ne veux pas penser... Je pense que je ne veux pas penser. Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c'est encore une pensée."
On n'en finira donc jamais?
Ma pensée, c'est moi: voilà pourquoi je ne peux pas m'arrêter. J'existe par ce que je pense... et je ne peux pas m'empêcher de penser. En ce moment même - c'est affreux - si j'existe, c'est parce que j'ai horreur d'exister. C'est moi, c'est moi qui me tire du néant auquel j'aspire: la haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister, de m'enfoncer dans l'existence. Les pensées naissent par derrière moi comme un vertige, je les sens naître derrière ma tête... si je cède, elles vont venir la devant, entre mes yeux - et je cède toujours, la pensée grossit, grossit, et la voilà, l'immense, qui me remplit tout entier et renouvelle mon existence. (...)
Je suis, j'existe, je pense donc je suis; je suis parce que je pense, pourquoi est-ce que je pense? je ne veux plus penser, je suis parce que je pense que je ne veux pas être, je pense que je... parce que... pouah!


Sartre
la Nausée

Grace a ce texte j ai compris beaucoup de ces sensations que j avais ressenties plus jeune...
Que beaucoup d ailleurs ont du eprouver aussi....
Etre si limité par le corps par opposition a notre pensée ouverte a tous les possibles...infini et restriction s affrontent en l Homme en un antagonisme complementaire et morbide...

Enfin ce n est que mon interpretation du texte...peut etre n est elle pas exacte!!! unsure.gif

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