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Livenet > Forum > Philosophie
dimanche 20 février 2005 à 13:12
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J'ouvre ce sujet consacré à la philosophie d'Emmanuel Kant


dimanche 20 février 2005 à 13:14
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Kant (né à Königsberg, en Prusse-Orientale, en 1724) est une des figures majeures de l'histoire de la philosophie.

Sa doctrine embrasse tous les domaines de la pensée et renouvelle entièrement les perspectives de l'anthropologie, de la métaphysique, de la logique, de la morale et de l'esthétique, opérant une véritable «révolution copernicienne». La philosophie critique qu'il inaugure, d'une exceptionnelle densité, constitue toujours l'une des références indispensables de toute culture philosophique.

Kant étudia Leibniz, Wolff, Baumgarten et Hume, les lois naturelles de Kepler, de Newton et les écrits de Jean-Jacques Rousseau (Émile, la Nouvelle Héloïse), ainsi que toutes les nouvelles découvertes qui lui parvenaient. Sans parti pris, le philosophe cherchait à approfondir ses connaissances sur la nature et les valeurs morales de l'homme. Il s'intéressait autant à l'histoire des hommes, des peuples et de la nature qu'aux sciences naturelles, aux mathématiques et à l'expérience, sources de son enseignement et de ses entretiens.



-~-~-~-~-~-~-~-

Son oeuvre :

- Dissertation de 1770
- Critique de la raison pure (1781-1787) : deux éditions
- Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science (1783)
- Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique (1784)
- Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)
- Critique de la raison pratique (1788)
- Critique du jugement (1790)
- La Religion dans les limites de la simple raison (1793)
- Traité de paix perpétuelle (1795)
- Anthropologie du point de vue pragmatique (1798)

Ce message a été modifié par RealSidius - dimanche 20 février 2005 à 13:17.
dimanche 20 février 2005 à 13:14
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Kant s'est préoccupé de fournir une réponse décisive aux trois questions suivantes:

o Que puis-je connaître?
o Que dois-je faire?
o Que m'est-il permis d'espérer?

qui constituent par excellence le programme de toute philosophie.

-~-~-~-~-~-~-~-

La connaissance :

Avec la première de ces questions, Kant écarte le dogmatisme, qui affirme la possibilité d'atteindre a priori (hors de toute expérience) une connaissance absolument vraie, mais il rejette aussi l'empirisme sceptique, qui nie absolument une telle possibilité en affirmant que, toute connaissance étant dérivée de l'expérience, elle est particulière et contingente.

Au lieu d'admettre ou de refuser absolument toute espèce de connaissance, il cherche les conditions de possibilité qui permettent d'atteindre une connaissance vraie, dont le modèle est fourni par la science proprement dite (Kant entend par là la physique mathématique de Galilée et de Newton). Cette science existe, ses succès prouvent ce fait. Mais c'est la Critique de la raison pure qui s'emploie à déterminer à quelles conditions elle est possible.
o À cette question Kant répond qu'il ne peut y avoir de connaissance que des phénomènes ayant lieu dans l'espace et dans le temps. Seuls ces phénomènes procurent à notre sensibilité des intuitions, qui constituent la matière de nos connaissances et grâce auxquelles nous sommes en relation avec le monde sensible.

En un premier sens, toute connaissance commence donc avec l'expérience. Mais cela ne signifie nullement que toute connaissance dérive de l'expérience.
o Bien au contraire, c'est l'expérience elle-même qui est a priori, en ce sens qu'il n'y a point d'expérience possible sans les formes a priori de la sensibilité que sont précisément l'espace et le temps.

Ainsi, l'«Analytique» de la Critique de la raison pure établit que l'espace et le temps, formes a priori de la sensibilité, sont des conditions de l'existence des choses, mais seulement comme phénomènes (ou apparences), sans que nous puissions connaître les noumènes («choses en soi»), dont nous n'avons nulle intuition sensible et dont ces phénomènes ne sont que les manifestations.

Pour qu'une connaissance soit réelle, il faut non seulement des intuitions de la sensibilité (espace et temps), dont s'occupe l'esthétique transcendantale, mais aussi des concepts purs de l'entendement, dont traite la logique transcendantale

-~-~-~-~-~-~-~-

La philosophie critique inverse le rapport du sujet à l'objet.

Kant montre que, loin d'être la simple reproduction, dans l'esprit d'un sujet, de la nature réelle d'un objet, la connaissance vraie est relative dans sa découverte empirique d'un objet, qui a la structure a priori du sujet. «La raison ne voit que ce qu'elle produit elle-même d'après ses propres plans»

La «révolution copernicienne», qui caractérise la philosophie critique, est décisive.
Ainsi, de même que Copernic faisait tourner la Terre autour du Soleil, et non l'inverse, Kant fonde et limite la connaissance rationnelle à partir non plus de la nature de l'objet, mais du pouvoir de connaître du sujet (et des limites de ce pouvoir).

Ce message a été modifié par RealSidius - dimanche 20 février 2005 à 13:21.
dimanche 20 février 2005 à 13:15
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Aucun des philosophes qui sont venus après Kant n'a pu ignorer la philosophie critique, et tous ont été obligatoirement amenés à se situer par rapport au kantisme.

En premier lieu, Kant est le fondateur de ce qu'il est convenu d'appeler l'idéalisme allemand, dont les trois grands représentants sont
o Johann Gottlieb Fichte (1762-1814)
o Joseph Friedrich Schelling (1775-1854)
o George Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831).

Les successeurs immédiats ou lointains de Kant se sont divisés essentiellement à propos du statut du «noumène», les uns le considérant comme la réalité suprême quoique inconnaissable selon le kantisme, les autres regardant cette «chose en soi» (Ding an sich) comme une entité dont le système kantien pouvait sans inconvénient faire l'économie.

En d'autres termes, le projet de Kant est, à tort ou à raison, perçu
o tantôt (notamment par le positivisme) comme celui d'un fossoyeur de la métaphysique,
o tantôt (par Bergson) comme celui d'un métaphysicien présentant «un platonisme à peine renouvelé»,
o ou même (avec Heidegger) comme l'ultime tentative d'un refondateur de la métaphysique.

En Allemagne, c'est la philosophie transcendantale de Kant qui a inspiré la phénoménologie de Husserl.

-~-~-~-~-~-~-~-

Quant à Heidegger, il a, durant l'hiver 1925-1926, proposé une analyse de la Critique de la raison pure – elle sera publiée en 1929 sous le titre Kant et le problème de la métaphysique – qui constitue une première élaboration de la seconde partie de l'tre et le Temps.

Le travail de Heidegger a pour but d'expliquer la Critique de la raison pure «en tant qu'instauration du fondement de la métaphysique». Ainsi, selon Heidegger, avec Kant «le problème de la métaphysique se trouve mis en lumière comme problème d'une ontologie fondamentale».


Source : Données encyclopédiques, copyright © 2001 Hachette Multimédia / Hachette Livre, tous droits réservés.

Ce message a été modifié par RealSidius - dimanche 20 février 2005 à 13:23.
dimanche 20 février 2005 à 13:26
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Voila pour la présentation sommaire de la Théorie de la Connaissance !


Ce message a été modifié par RealSidius - dimanche 20 février 2005 à 13:30.
dimanche 20 février 2005 à 13:30
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C'est la théorie de la connaissance de Kant , qui m'intéresse dans sa philosophie , et donc sa réponse à la première des trois questions suivantes :

o Que puis-je connaître?
o Que dois-je faire?
o Que m'est-il permis d'espérer?

J'ai relevé un texte de présentation des questions liées à la Morale aussi...

Je me demande si ce sujet de discussion va intéresser certaines personnes. Si ce n'est pas le cas , je présenterai la suite : sinon , j'en discuterai smile.gif
dimanche 20 février 2005 à 13:41
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"es ist gut" (Emmanuel Kant - 1724-1804)
dimanche 20 février 2005 à 14:55
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Ah! Du hast recht, ein "topic" ( laugh.gif ) uber Kant offnen zu haben ! ( Pour les "umlaut" sur le "u" et le "o", je ne sais pas les faire... dry.gif )

Superbe idée! En plus, je travaille en classe la préface à la Seconde Edition de la Critique de la Raison Pure et en parallèle, pour préparer mon Concours de philo, je travaille d'autres de ses oeuvres axées sur la politique et la Morale (Idée d'une histoire Universelle etc; Fondements de la Métaphysique des Moeurs et Vers la Paix perpétuelle...)

Sur la théorie de la connaissance, Kant affirme que nous ne pouvons pas connaître ni déduire par la raison seule l'existence de Dieu, définir l'âme ou la liberté. Mais nous devons les postuler, par souci de morale, pour légitimer les actions humaines: c'est ce que Kant appelle la Raison Pratique.
Là, au sujet de Dieu, je ne suis pas d'accord...et je me réfère à l'argument de Descartes (ou celui d'Anselme):

(1) Dieu est l'être parfait par excellence (c'est son essence même, tous, même savants ou athés le conçoivent ainsi)
(2) Or s' Il a toutes les perfections, il a aussi celle d'exister;
(3) Donc Dieu existe.

Kant - pour réfuter Descartes- prend l'exemple des "100 thalers" . Le problême avec son exemple, c'est qu'on ne peut pas déduire de l'essence même des thalers qu'ils existent, alors que Dieu, oui.Dieu est un être infiniment parfait, les thalers sont "finis", c'est pour cela qu'on ne peut réitérer le raisonnement ...

Votre avis: par un "effort" de la raison, peut-on prouver l'existence d'entités métaphysiques ?
dimanche 20 février 2005 à 22:26
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QUOTE (Fripouille @ 20 Feb 2005 à 13:55)
Superbe idée! En plus, je travaille en classe la préface à la Seconde Edition de la Critique de la Raison Pure et en parallèle, pour préparer mon Concours de philo, je travaille d'autres de ses oeuvres axées sur la politique et la Morale (Idée d'une histoire Universelle etc; Fondements de la Métaphysique des Moeurs et Vers la Paix perpétuelle...)

Exactement , c'est quel concours ?

Et comment travailles-tu sur ces oeuvres :
o tu les lis et tu essaies d'en extraire des idées fortes , qui ont un sens pour toi ?
o tu essaies de comprendre la pensée de l'auteur ?
dimanche 20 février 2005 à 22:38
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QUOTE (Fripouille @ 20 Feb 2005 à 13:55)
Sur la théorie de la connaissance, Kant affirme que nous ne pouvons pas connaître ni déduire par la raison seule l'existence de Dieu, définir l'âme ou la liberté. Mais nous devons les postuler, par souci de morale, pour légitimer les actions humaines: c'est ce que Kant appelle la Raison Pratique.
Là, au sujet de Dieu, je ne suis pas d'accord...et je me réfère à l'argument de Descartes (ou celui d'Anselme):

(1) Dieu est l'être parfait par excellence (c'est son essence même, tous, même savants ou athés le conçoivent ainsi)
(2) Or s' Il a toutes les perfections, il a aussi celle d'exister;
(3) Donc Dieu existe.

Kant - pour réfuter Descartes- prend l'exemple des "100 thalers" . Le problême avec son exemple, c'est qu'on ne peut pas déduire de l'essence même des thalers qu'ils existent, alors que Dieu, oui.Dieu est un être infiniment parfait, les thalers sont "finis", c'est pour cela qu'on ne peut réitérer le raisonnement ...

J'étudierai la suite du texte en réponse aux deux autres questions , et notamment donc aux questions ayant un rapport avec la morale.

Concernant la question de la preuve ontologique , j'ai l'impression qu'il y a un problème de Réification de Dieu , dans la mesure où la métaphysique s'intéresse non pas à Dieu , mais à un concept...

Mais sur ce point , je ne comprends pas bien en fait : je reviendrai peut-être avec un meilleur éclairage.

-------

En faisant des recherches sur cette question (et en réfléchissant aussi quand même) , je suis tombé sur ces deux points de vue opposés :

Pour Heidegger, l'ontologie (science de l'être) est ce que devint la métaphysique, à savoir une science visant à dire ce qui peut être dit de tout étant, une théorie de l'étant, de son essence (on pourrait dire une science du réel).

On peut dire de toutes choses qu'elles se fondent en Dieu, qu'elles dépendent de Dieu, ont été crées par Dieu ou quelque chose comme cela qui signifie le fondement de toutes choses en Dieu. On cherche l'étant suprême (la chose suprême), le fondement de tous les étants (le fondement de tout ce qui existe). A ce moment, l'ontologie devient théologie, ou plutôt onto-théologie.
o Dieu devient le fondement de tout ce qui existe et on identifie l'être à ce fondement.
On a oublié que l'tre n'est pas un étant, ni la totalité de l'étant. L'onto-théologie est d'ailleurs paradoxale, car les étants sont compris à partir de ce qui les fonde, l'étant suprême, mais l'étant suprême est démontré d'abord comme étant, chose qui existe (allusion sans doute aux preuves de l'existence de Dieu).


Lévinas pose la question de l'onto-théologie d'une autre manière, pratiquement à l'inverse de Heidegger.

A-t-on pris l'être pour Dieu (comme le pense Heidegger), ou Dieu pour l'être demande-t-il (on n'a pas réduit l'être mais Dieu, l'inverse de Heidegger) ? L'être est-il l'ultime source de sens ? Dieu n'est-il pas l'autre de l'être ?
o Il y a plus ancien que l'onto-théologie. Avant elle, il y a l'éthique (le relation) qui témoigne d'un autrement qu'être plus fondamental que l'être. Le fondement de l'étant est un étant.
Seulement penser Dieu comme étant, fondement de tous les étants en le confondant avec l'être est-ce mal penser de l'être ou de Dieu ? Dieu n'est-il pas au-delà de l'être ?

"La transcendance de Dieu ne peut ni se dire ni se penser, en termes de l'être, élément de la philosophie, derrière lequel la philosophie ne voit que nuit" (De Dieu qui vient à l'idée, p 125)
dimanche 20 février 2005 à 22:49
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QUOTE (frofro @ 20 Feb 2005 à 14:02)
kant est dans le desert....depuis trop longtemps! (ok je m'en vais ...bide! )

Malgré son apparence de "légèreté", et le jeu de mots (assez brillant en soi, d'ailleurs) en référence avec la chanson de Capdevielle, la phrase peut être prise au sérieux, en l'interprétant ainsi : qui a tenu vraiment compte de la philosophie de Kant, après sa mort ? A-t-il prêché dans le désert ? Ce qui peut effectivement faire l'objet d'un débat intéressant.

Ne te dévalorise pas, frofro ! wink.gif
dimanche 20 février 2005 à 23:02
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QUOTE (Fripouille @ 20 Feb 2005 à 13:55)
Votre avis: par un "effort" de la raison, peut-on prouver l'existence d'entités métaphysiques ?

Je lis ceci : "Kant fonde et limite la connaissance rationnelle à partir non plus de la nature de l'objet, mais du pouvoir de connaître du sujet".

Ce que Kant dit , c'est que l'énoncé de saint Anselme ci-dessous peut être vrai :

(1) Dieu est l'être parfait par excellence (c'est son essence même, tous, même savants ou athés le conçoivent ainsi)
(2) Or s' Il a toutes les perfections, il a aussi celle d'exister;
(3) Donc Dieu existe.


Mais que cette existence de Dieu ne peut être l'objet d'une expérience pour notre raison , du fait de sa limitation.

------------

La métaphysique prétend connaître les objets hors de l'expérience, hors de la nature , objets que Kant appelle les noumènes. Or Kant répond qu'il ne peut y avoir de connaissance que des phénomènes.

Que dire de cela ? Ces noumènes , ces choses-en-soi , si l'on s'oppose aux conceptions de Kant , sont-ils perceptibles au moyen de la raison , ou au moyen d'autre chose ?

Je vais étudier un texte , et je reviendrai en parler.
dimanche 20 février 2005 à 23:04
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QUOTE (Nuage Blanc @ 20 Feb 2005 à 21:49)
Malgré son apparence de "légèreté", et le jeu de mots (assez brillant en soi, d'ailleurs) en référence avec la chanson de Capdevielle, la phrase peut être prise au sérieux, en l'interprétant ainsi : qui a tenu vraiment compte de la philosophie de Kant, après sa mort ? A-t-il prêché dans le désert ? Ce qui peut effectivement faire l'objet d'un débat intéressant.

Ne te dévalorise pas, frofro ! wink.gif

Un philosophe ne prêche pas smile.gif

Il produit un édifice qui est repensé par les philosophes qui lui succèdent.

Pour l'influence de Kant , et les conséquences de sa philosophie :
http://www.comlive.net/index.php?showtopic...0&#entry2425982

dimanche 20 février 2005 à 23:05
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Cependant Real a déjà cité beaucoup de continuateurs de Kant : Fichte, Schelling, Heidigger et même Hegel... Kant serait plutôt sur "l'agora" que dans le désert !

A propos de la preuve ontologique de l'existence de Dieu, Frip', et indépendamment de sa réfutation par Kant, j'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'un sophisme. En effet, les athées ne croient pas, par définition, ni en Dieu ni en un Etre parfait; et donc pour eux l'équation "Dieu = Etre parfait" équivaut à dire : "une licorne est un cheval avec une corne sur la tête"...
lundi 21 février 2005 à 20:14
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Il s'agit du Concours des Lycées,Réal mais cela ne concerne pas seulement la philosophie...C'est un bon entraînement pour le bac. Comment je m'entraîne ?
° Je m'arme du Livre de Jacqueline Russ, Les Chemins de La pensée, qui regroupe les textes fondamentaux de beaucoup d'auteurs-philosophes.
° En ce qui concerne l'étude des oeuvres: je ne plonge pas tête baissée dans le texte tout de suite, j'essaie de maîtriser les notions ( Par exemple, dans Vers la Paix Perpétuelle, édition Hatier, il y a un super glossaire avec la défintion des termes allant de l' "Alliance des Peuples" à "Souverain Bien politique"). Les préfaces me sont nécessaires, l'analyse des textes principaux aussi.

J'essaie surtout de dialoguer avec l'auteur: parfois, certains passages me rappellent une autre lecture, un autre auteur...Il m'arrive de ne rien cerner de la pensée de l'auteur: dans ces cas-là, mon professeur de philo est toujours là pour éclairer ma lanterne. original.gif

Nuage: Mais la licorne est "finie" dans son essence, elle ne possède pas l'attribut de l'existence dans son essence même étant donnée que la licorne n'est pas l'Etre PArfait ( qui a tout les attributs). Je n'ai pas très bien compris le rapport avec la licorne, Nuage... wacko.gif

Ce message a été modifié par Fripouille - lundi 21 février 2005 à 20:15.
lundi 21 février 2005 à 20:18
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QUOTE
par un "effort" de la raison, peut-on prouver l'existence d'entités métaphysiques ?

Comment notre pensée accède-t'elle à ces entités métaphysiques dont tu parles en fait ?

On peut supposer ces entités comme complètement indépendantes , considérant que l'existence de ces entités métaphysiques découleraient peut-être de leur possibilités. Mais je ne comprends pas :
>> comment notre raison pourrait projeter ces entités dans ce monde , tantôt vu par la sensibilité (Monde Sensible) tantôt appréhendé par l'intelligence (Monde Intelligible)...
>> comment elle pourrait être en rapport avec ces entités...
>> comment ces entités se manifesteraient à nous , si elles ne sont pas le produit d'une intuition sensible (phénoménale) ou intellectuelle (nouménale) , mais un pur produit de notre faculté de former des concepts.

-~-~-~-~-~-~-

Notre raison élabore un concept , celui de Dieu par exemple , un concept qui possède toutes les perfections , y compris celle d'exister. Mais ce Dieu-Concept n'est pas le Dieu objectif incréé mais un Etant , une réification de Dieu produite par notre raison , qui n'a d'existence que pour elle (notre raison étant celle qui a donné l'être à ce concept).

Pour moi , cela signifie que la raison peut concevoir comme possible et donc existante une somme de toutes les perceptions , mais je n'ai pas l'impression que cette somme puisse exister indépendamment d'elle , elle ne sert que de moyen-terme à la raison de l'homme , entre cette raison et le Dieu-Objectif non conceptualisé.

C'est donc une croyance au Concept de Dieu , et non pas en Dieu : peut-être tout simplement parce que la raison n'est pas capable de croire en Dieu , alors que l'homme en est capable , d'où l'importance pour elle (la raison) d'élaborer un Concept-Dieu , et de répondre à l'homme en quête d'explication rationnelle.
C'est autre chose en nous qui croit en Dieu , et qui est en relation avec ce Dieu.

-~-~-~-~-~-~-

Bref , ce Concept-Dieu existe puisque la raison lui a donné l'être , mais reste infiniment éloigné du Dieu Objectif , incréé que ce Concept-Dieu est censé représenter.

P.S.: Ce que je dis , c'est peut-être n'importe quoi smile.gif
lundi 21 février 2005 à 20:23
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"L'intellect peut accéder à la réalité telle qu'elle est en soi , la sensation ne nous livre, quant à elle, que des apparences" (sur Platon)

Pour Platon, le noumène est donc la vérité de ce qui apparaît , la réalité en tant qu'elle ne peut être saisie que par la pensée. Selon lui , l'esprit n'est pas seulement capable de raison (dianoïa) , il peut aussi, dans un élan qui le fait ressembler à un dieu, s'élever à l'intelligence (noésis) qui contemple.

>> Ici, contempler signifie saisir directement par la pensée, sans passer par aucun intermédiaire sensible : Kant appelle intuition intellectuelle une telle représentation immédiate du réel, et il établit que Platon s'est trompé en croyant qu'elle était possible.

Pour qu'une connaissance digne de ce nom soit constituée, nous devons "assembler" concepts et intuitions. En effet, comme l'écrit Kant, "un concept sans intuition est vide" : il n'est qu'une forme intellectuelle sans contenu. Mais inversement, "une intuition sans concept est aveugle" : elle est un contenu sans forme, c'est-à-dire un donné inintelligible.

---------------------------------------

Une chose qui me dépasse chez Kant , c'est son ton autoritaire lorsqu'il affirme qu'il n'y a pas d'intuition intellectuelle :

Kant estime que Platon n'a pas fait la preuve de la possibilité de l'intuition intellectuelle parce qu'il ne le pouvait pas :
>> Nous avons sans doute l'idée de la réalité telle qu'elle est en elle-même (= le monde des choses en soi), et cette idée est précisément l'idée de noumène, mais cette réalité nous est inaccessible.

Prétendre le contraire, comme fait Platon en faisant appel à sa conception mystique de la réminiscence, (on pourrait élaborer d'autres conceptions mystiques que celle-ci également , introduire également la notion d'Inconscient collectif , et ainsi de suite) , c'est prétendre qu'on peut dépasser ce que l'on est capable de faire, c'est-à-dire c'est prétendre quelque chose d'impossible.

En effet, une connaissance noumènale atteindrait la chose en soi en dépassant les conditions de toute expérience possible... ce qui, par définition, est impossible. Nous ne pouvons accéder aux choses (= aux phénomènes) que par le moyen de l'expérience, laquelle est nécessairement conditionnée par la structure transcendantale du sujet humain


---------------------------------------

Je ne suis pas d'accord.

J'ai l'impression que sa théorie de la connaissance est une construction qui tend à limiter donc le pouvoir de la raison , de l'encadrer dans certaines limites (les conditions de possibilité de toute expérience possible) :

>> Lorsqu'il parle de sujet humain , j'ai l'impression qu'il entrave sa "perception" , du fait même de ce qu'il entend par le mot "sujet".
lundi 21 février 2005 à 20:25
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QUOTE (Fripouille @ 21 Feb 2005 à 19:14)
En ce qui concerne l'étude des oeuvres: je ne plonge pas tête baissée dans le texte tout de suite, j'essaie de maîtriser les notions ( Par exemple, dans Vers la Paix Perpétuelle, édition Hatier, il y a un super glossaire avec la défintion des termes allant de l' "Alliance des Peuples" à "Souverain Bien politique"). Les préfaces me sont nécessaires, l'analyse des textes principaux aussi.

J'essaie surtout de dialoguer avec l'auteur: parfois, certains passages me rappellent une autre lecture, un autre auteur...Il m'arrive de ne rien cerner de la pensée de l'auteur.

Merci pour cet éclaircissement : j'essaierai de répondre plus tard à ce que tu viens de dire smile.gif

Pour illustrer ce que je viens de dire , j'ai une question : "comment percevez-vous les membres de ce forum ?"

Ou bien :

Pensez-vous vous tromper sur un membre - sur ce qu'il "est" - , quand vous discutez avec lui (il n'est peut-être pas comme vous l'imaginez) ?
lundi 21 février 2005 à 20:34
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Pour répondre à ta question Réal.....certains membres sont sincères, d'autres ont un masque....(mais ca se voit assez vite) ....en tout cas, j'arrive à les détecter... bluebiggrin.gif


lundi 21 février 2005 à 21:48
Citer +Citer
QUOTE (solyane @ 21 Feb 2005 à 19:34)
Pour répondre à ta question Réal.....certains membres sont sincères, d'autres ont un masque....(mais ca se voit assez vite) ....en tout cas, j'arrive à les détecter... bluebiggrin.gif

Mais comment perçois-tu cela ? C'est l'étude des mots , une impression générale ?

Penses-tu que certains membres sont un produit de ton imagination , et que tu projettes surtout en eux une part de désir , de rêve , d'idéal ou de je ne sais quoi ... sur l'image d'eux qui émane de ce qu'ils écrivent ?

N'est-il pas possible d'imaginer au contraire (aussi) que ce ne soit pas le cas , et que tu les perçoives véritablement tels qu'ils sont ?

Dans cette hypothèse , comment expliquer cela ?

P.S. : pleins de questions !! cool.gif

Ce message a été modifié par RealSidius - lundi 21 février 2005 à 21:49.

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