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Livenet > Forum > Philosophie
jeudi 05 mai 2005 à 15:31
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Comme nous sommes dans la partie Philosophie , et même si ce sujet ne passionnera pas les foules (peut-être) , je me suis dit que cette journée du 5 mai (jour anniversaire de sa naissance) me donnait l'occasion de créer un sujet sur le philosophe danois Soren Kierkegaard , dont voici le portrait :



Kierkegaard est le fondateur de l'existentialisme contemporain.
- Il est le grand représentant de l'existentialisme chrétien.

Contre Hegel, contre tout système et toute déification de l'histoire, il donne une place privilégiée à l'individu car, à ses yeux, l'important est d'être subjectif.

Penseur religieux, il se nourrit de la Bible mais refuse les Eglises officielles.
Il s'intéresse au théâtre, à la musique et particulièrement à celle de Mozart.


Ce message a été modifié par RealSidius - jeudi 05 mai 2005 à 15:33.
jeudi 05 mai 2005 à 15:31
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La vie de Kierkegaard


Naissance :

En 1813, Sören Kierkegaard, dernier des sept enfants de Michael, vient au monde. La mère a 44 ans et le père 56. La mère de Sören meurt en 1834 sans paraître avoir exercé d'influence sur son fils (il n'a jamais parlé d'elle).

Sören a 6 ans quand la mort fait son entrée dans la maison, frappant un de ses frères. Les deuils se succèderont. Seuls Sören et son frère aîné, Peter Christian, survivront.

Michael est rempli de crainte pour son dernier né. Il s'efforce de lui inculquer une foi solide mais aussi austère et sombre.


Etudes :

En 1821, Sören entre dans la classe préparatoire du collège Borgerdydskol, dirigé par le célèbre Michael Nielsen. Il n'a ni camarades, ni amis. Il est un étranger et un objet de pitié à cause de son costume, toujours le même. Aucune qualité éclatante, sauf en latin, ne distingue cet élève peu appliqué. Le proviseur Nielsen le présente au baccalauréat en 1830.

Sören décide de suivre ensuite les cours de la faculté de théologie. C'est le début d'une intense activité intellectuelle.

- Il fréquente le cercle fondé par un de ses camarades, P. E. Lind, où l'on discute littérature et politique.

- Il déploie aussi une vive activité à l'Association des étudiants. Il y prend la parole sur la presse libérale et poursuit une mordante campagne contre les leaders libéraux, ce qui lui attire la sympathie de Heiberg (un des premiers à avoir diffusé au Danemark la philosophie de Hegel).

- Sören rencontre le poète Poul Martin Möller et une grande intimité ne tarde pas à s'établir entre les deux hommes.

Mais ce qui attire surtout Sören, c'est le théâtre et il aime aussi passionnément la musique. Il fait des apparitions de plus en plus rares à la faculté et omet de passer ses examens.
jeudi 05 mai 2005 à 15:32
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Les Evénements décisifs :

Vers 1835 se situe le " grand tremblement de terre ". Sören a la révélation de la faute paternelle. Le péché entre dans sa vie et désormais un mal étrange, qu'il appelle sa mélancolie, ne cessera plus de le persécuter.

- Se fuyant lui-même, il se jette à corps perdu dans une vie de dissipation. De violentes querelles l'opposent au vieux Michael. Il s'enfuit de la maison familiale. Il y reviendra pourtant un an plus tard et se réconciliera avec ce père qui meurt le 8 août 1838.


Kierkegaard se remet à ses études et obtient le 3 juillet 1840 le certificat de théologie requis pour exercer le ministère pastoral.

- Il se fiance avec Régine Olsen, fille d'un conseiller à la Cour. Il croit un temps que la fréquentation de cette fraîche créature le guérira de son mal mais se rend assez vite compte de son erreur. Le 16 juillet 1841, il dépose sa thèse de doctorat sur " Le concept d'ironie constamment rapporté à Socrate ".


La brillante réussite universitaire de Kierkegaard sonne le glas de ses fiançailles.

- C'est parce qu'il se sent religieux, l'homme de l'absolu, qu'il renonce au mariage, tout comme, mais de façon inversée, Luther avait renoncé au célibat. Mais même dans un tel sacrifice, Sören se considérait comme lié dans l'éternité à Régine.

- Désemparé, il prend le 25 octobre 1841 la route de Berlin. Il rentre à Copenhague le 6 mars 1842. Il mène une existence paisible de riche célibataire. Il a renoncé à être pasteur.
jeudi 05 mai 2005 à 15:33
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La Publication

De 1841 à sa mort, Kierkegaard se consacre à l’écriture avec ce seul but en tête : fonder le christianisme en humanité. Il s’y emploie de différentes façons :

- Des œuvres littéraires et philosophiques, publiées sous des noms d’emprunt (par exemple, Le journal d’un séducteur, l’Alternative , Crainte et tremblement , Les stades sur le chemin de la vie)

- Des textes spécifiquement religieux, publiés sous son propre nom (Discours édifiants , Les œuvres de l’amour)

- Des textes de combat contre l’Église établie (École du christianisme; revue l’Instant).


Fin de Vie

Au printemps 1851, Kierkegaard prêche pour la dernière fois à l'église de la citadelle et publie le 10 septembre son dernier ouvrage, " Pour un examen de conscience recommandé aux contemporains ".

- Il écrit de moins en moins. Même les notes de son journal se raréfient. Il s'éloigne de l'Église officielle et publie un pamphlet d'une grande violence contre l'hypocrisie de l'Église dans le journal " L'Instant "

Au printemps 1855, Schlegel est nommé gouverneur des Antilles danoises et part avec Régine. Tant d'émotions ont raison de la santé de Kierkegaard qui, un matin d'octobre, tombe évanoui dans la rue et est conduit à l'hôpital. Il repousse le pasteur venu lui apporter le dernier sacrement et meurt le 11 novembre.


Les principales œuvres

Le concept d'ironie constamment rapporté à Socrate (1841)
Le Journal du séducteur (1843)
Ou bien ... Ou bien (1843)
Crainte et tremblement (1843)
La répétition (1843)
Miettes philosophiques (1844)
Le concept d'angoisse (1844)
Les stades sur le chemin de la vie (1845)
Post-Scriptum aux Miettes philosophiques (1846)
Traité du désespoir (1848)
jeudi 05 mai 2005 à 15:37
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Longue introduction sur la vie de ce grand philosophe tout court , parce qu'il n'est pas possible de faire abstraction des événements de son existence , lorsque l'on découvre son oeuvre...

A suivre , néanmoins , une introduction à sa philosophie smile.gif
jeudi 05 mai 2005 à 15:52
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J'ai toujours voulu me plonger dans cet auteur... dont j'ai un ou deux livres (Le journal du séducteur)... mais bon... pas eu le temps... ca sera une joie... wink.gif
jeudi 05 mai 2005 à 16:37
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Beau gosse, en tout cas ! rolleyes.gif
jeudi 05 mai 2005 à 17:54
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Point de vue explicatif de mon oeuvre d'écrivain

Je pense que c'est l'un des textes les plus éclairants sur Kierkegaard. Il y explique qu'on l'aura pris au départ pour un auteur esthétique, alors qu'il est purement un auteur religieux, et ce, depuis le début. Mais il nous dit qu'il ne pouvait pas amener les lecteurs directement au vrai christianisme, qu'il devait passer par la ruse, par le déguisement, dont une des faces est la pseudonymie, et l'autre la communication indirecte.

Ses premiers propos sont poétiques, libertins, mondains, et j'exagère peut-être mais également érotiques. Il se compare alors à Socrate, qui avant d'accoucher les esprits, il recourt à l'ironie et feint de ne rien savoir afin de faire ressortir l'ignorance de son interlocuteur. Et surout, il dit qu'il faut d'emblée plaire, être brillant, et commence par des textes eux-mêmes brillants, qui parlent d'amour, de jouissance et de séduction.

Tout cela n'est qu'un début bien sûr. Car Kierkegaard va bientôt glisser vers autre chose. Donc ce préambule n'est que l'illustration que cette communication indirecte dont j'ai parlé plus haut... Mais ensuite, il reconnaît qu'il est un menteur, mais qu'il trompe pour la vérité. Donc finalement pour lui, la production esthétique n'est qu'une fraude. Selon lui, il trompe l'homme mais pour l'amener au vrai, il parle esthétique précisément pour en venir au religieux.

Je m'arrête là pour l'instant, je vais y cogiter un peu... original.gif

Ce message a été modifié par Kalos - jeudi 05 mai 2005 à 17:55.
jeudi 05 mai 2005 à 17:58
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QUOTE (solyane @ 05 May 2005 à 16:37)
Beau gosse, en tout cas ! rolleyes.gif

Il a dû briser le coeur de cette pauvre Régine. Mais bon, il ne voulait pas se marier et fonder un foyer. Il avait la certitude d'avoir une mission exceptionnelle à remplir. original.gif
jeudi 05 mai 2005 à 19:27
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QUOTE (Kalos @ 05 May 2005 à 17:54)
Mais ensuite, il reconnaît qu'il est un menteur, mais qu'il trompe pour la vérité.

C'est vrai que c'est à l'image de la personne , encore que l'on peut se demander s'il est dans une posture esthétique , là encore (c'est à dire proche du mensonge) , où s'il est dans une posture éthique...

Là encore , les deux sont concevables.

---------

Je sais , par exemple , qu'un thème d'un livre malheureusement introuvable (enfin que je n'ai jamais trouvé) , à savoir "Craintes et Tremblement" , est celui du sacrifice d'Isaac par Abraham.

Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai (Genese 22, 2)

L'ange dit: N'avance pas ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique (Genese 22, 12)

Et toute la question est de savoir comment interpréter le fait que le Dieu puisse dire une chose , et revenir sur ce qu'il a dit , comme si ce Dieu était un Dieu menteur.



Ce message a été modifié par RealSidius - jeudi 05 mai 2005 à 19:34.
jeudi 05 mai 2005 à 19:42
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Je sais , pour l'avoir lu , que Kierkegaard avait une conception de la morale , qui lui faisait considérer que quelque chose est bien parce que Dieu veut que ce soit bien :

- Si Dieu voulait que cette chose ne soit pas bien , alors cette chose ne serait pas bien.

On peut alors concevoir que l'usage du mensonge ou de la "séduction" puissent être employés par lui pour parvenir à ses fins...

---

Mais , si l'on considère que le Dieu ne peut pas être menteur , et si l'on interprète le sacrifice d'Isaac autrement qu'il a dû le faire vraisemblablement , que c'est contraire à sa nature de l'être , et qu'il est la Vérité :

- En d'autres termes , que Dieu n'a pas créé la Morale , avec la possibilité d'en créer une autre selon sa bonne volonté , mais qu'il est la morale (ce que Descartes n'a pas compris avec sa méditation métaphysique) , qu'il l'incarne (en quelque sorte) , alors il n'y a pas de place au mensonge dans toute conduite humaine

En d'autres termes , l'usage du mensonge (et également de toute autre conduite humaine mauvaise - meurtre , colère , vengeance et ainsi de suite) , est contraire à la Vérité , à la Justice et à l'Amour que le Dieu incarne : et est condamnable en toute circonstance smile.gif

P.S.: Ceci conformément au commandement : "Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain (Exode 20, 16)

Ce message a été modifié par RealSidius - jeudi 05 mai 2005 à 19:46.
jeudi 05 mai 2005 à 20:42
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QUOTE (Kalos @ 05 May 2005 à 17:58)
Il a dû briser le coeur de cette pauvre Régine. Mais bon, il ne voulait pas se marier et fonder un foyer. Il avait la certitude d'avoir une mission exceptionnelle à remplir. original.gif

Je ne le pense pas : c'est avoir une vision superficielle de l'homme en question , à mon avis.

Une autre vision superficielle de l'homme serait de considérer qu'il a rompu ses fiancailles avec une femme qu'il n'aurait jamais pu rendre heureuse , se sachant "marqué par la mort" , expression reprise d'un chapître fondamental dans la partie "esthétique" de l'oeuvre extraordinaire "Ou bien ... Ou bien" : Le plus malheureux



"Expression" dont j'ignore la signification : mais tout le cours chapitre introduit l'idée du temps , et d'homme perdu parce qu'il espère ce dont il devrait se ressouvenir , quand il ne cherche pas à se ressouvenir de ce qu'il devrait espérer : ce qui fait penser immédiatement à

- Gérard de Nerval et ses réminiscences.

- Marcel Proust et ce qu'on appelle (je crois) le temps retrouvé.

- Martin Heidegger et ses ek-stases temporelles.

-----

On pourrait considérer en fait que Kierkegaard a trop cherché à "esthétiser son éthique , ou à "éthifier" son esthétique , et que perdu dans cet entre-deux , il n'est jamais parvenu à trouver une issue...

- Une chose extraordinaire est de songer que Nietzsche n'a jamais lu Kierkegaard (puisqu'il n'a été traduit en Allemagne que dans les années 80) , au moment où il écrit la Naissance de la Tragédie , qui aborde ce genre de thème de façon assez voisine au moyen du rapport du dyonisiaque et de l'apollinien.

Je pense que lui-même n'a jamais su pourquoi il s'était séparé de cette femme qu'il aimait. Et qu'il a cherché à interpréter ce geste , tantôt en lui donnant une coloration esthétique , tantôt une coloration éthique. Mais bon , en découvrant sa philosophie , il doit être possible de découvrir l'homme...

P.S.: Certains ont également parler de névrose obsessionnelle

Ce message a été modifié par RealSidius - jeudi 05 mai 2005 à 20:49.
jeudi 05 mai 2005 à 23:33
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QUOTE (RealSidius @ 05 May 2005 à 19:27)
Je sais , par exemple , qu'un thème d'un livre malheureusement introuvable (enfin que je n'ai jamais trouvé) , à savoir "Craintes et Tremblement" , est celui du sacrifice d'Isaac par Abraham.

Collection Rivage Poche, Petite Bibliothèque, traduit du danois et préfacé par Charles Le Blanc. Je pense que c'est l'une des rares maisons d'édition qui le publie encore.

Ce message a été modifié par Kalos - jeudi 05 mai 2005 à 23:41.
vendredi 06 mai 2005 à 13:14
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QUOTE (Kalos @ 05 May 2005 à 23:33)
Collection Rivage Poche, Petite Bibliothèque, traduit du danois et préfacé par Charles Le Blanc. Je pense que c'est l'une des rares maisons d'édition qui le publie encore.

Merci donc pour cette information. smile.gif

Je vais continuer de présenter sa philosophie , en fusionnant deux textes trouvés sur le Web , et en les mettant en forme.

Je précise que c'est la philosophie de Kierkegaard que je présente : il y a une présentation de trois stades , qui ne sont pas selon moi consécutifs dans le temps , mais simultanés dans l'Instant , se présentant comme possibilité à l'homme...

- L'homme choisit alors de vivre l'instant , soit en homme esthétique, soit en homme éthique , soit en homme religieux. Et cela me fait un peu penser à Baudelaire...

Ce message a été modifié par RealSidius - vendredi 06 mai 2005 à 13:15.
vendredi 06 mai 2005 à 13:16
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La Critique Kierkegaardienne


Le Contexte : Hegel et le rationalisme


La connaissance, la science, l’objectivité, en somme la raison deviennent les mots-clés de tout discours qui se veut éclairé.

Pour Kierkegaard, c’est le philosophe allemand Hegel, mort en 1831, qui représente le mieux ce point de vue :

- Celui-ci n’a-t-il pas montré définitivement l’accord profond entre raison et réalité?

- Sa dialectique ne prouve-t-elle pas que la diversité n’est jamais que provisoire, l’opposition relative, le conflit qu’apparent?

- L’immobile et l’homogène triomphent du fluent et du divers, l’universel de l’individuel et l’un du multiple?

Et qu’ainsi la raison humaine peut saisir le sens de l’histoire humaine et entrevoir où nous sommes peu à peu conduits


Ce message a été modifié par RealSidius - vendredi 06 mai 2005 à 13:26.
vendredi 06 mai 2005 à 13:16
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La Protestation Kierkegaardienne :


Les systèmes rationalistes dissuadent l’individu de se centrer sur lui-même et d’obéir à sa vocation originale d’être un existant, un individu , alors qu'il n’y a de vérité pour l’individu qu’en tant qu’il la produit lui-même en agissant.

- La vérité de chaque vie ne peut être manifestée que selon le cheminement irremplaçable de l’individualité

(Pour Kierkegaard, la dialectique de la vie est justement à l’opposé de celle du concept : la vie est contradictoire, ambiguë... sa dialectique est passage du même à l’autre, polémique et conflit en même temps que contact et saut. Les rationalistes , pour penser l’existence, doivent l’abolir, la figer , la clore, alors qu’elle est essentiellement ouverte, en mouvement)


Voilà bien la seule donnée sur laquelle il m’importe de travailler :

- Je suis tel homme, particulier, existant : pas l’abstraction "
homme" , pas seulement un être de connaissance, mais aussi d’action et de spiritualité. Et je n’ai qu’une tâche : me comprendre dans l’existence, donner un sens à ma propre vie, trouver ma propre vérité

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vendredi 06 mai 2005 à 13:16
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Les Stades de l'Existence


Kierkegaard s'oppose au système philosophique et en particulier à celui de Hegel. Il ne saurait, en effet, y avoir un système de l'existence. Il faut devenir subjectif. L'existence passe par trois étapes, trois stades essentiels :


Le stade esthétique :

L'esthéticien est celui qui fait de la jouissance le but de sa vie sans se préoccuper du bien ni du mal.

Le stade esthétique utilise le "Ou bien… Ou bien" d'une façon très particulière. L'opposition des contraires disparaît dans l'indifférence : "Mariez-vous, vous le regretterez ; ne vous mariez pas, vous le regretterez aussi ; mariez-vous ou ne vous mariez pas, vous le regretterez également".

Comme tout homme, l'esthéticien est constamment en face d'un choix : agir ou ne pas agir mais son art consiste à ne pas choisir.
- En face de chaque possibilité, il fait valoir le contraire.
- Le fond même de sa nature, c'est l'angoisse qui ne se dissipe jamais, pas même dans l'instant de la jouissance.
- Il souffre mais d'une souffrance stérile car seule la foi chrétienne donne à la souffrance sa signification. Toute existence esthétique est vouée à la perdition, au désespoir. Parce qu'il croit que le malheur est hors de lui, dans la multiplicité des choses qui passent et meurent, le désespoir de l'esthéticien est stérile.

En revanche, il est salutaire de désespérer de soi-même et de se choisir : je me choisis dans ma valeur éternelle c'est à dire dans ma liberté et je passe alors au second stade : le stade éthique.


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vendredi 06 mai 2005 à 13:17
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Le stade éthique :

L'éthique, c'est le général. C'est le stade du devoir, caractérisé par sa stabilité et sa continuité.

- Au stade éthique, l'homme réalise le général en assumant certaines obligations telles que se marier, travailler pour vivre, entretenir des relations amicales avec autrui.

- Il sait que ses actions sont le fruit de ses aspirations les plus profondes et que les autres hommes peuvent les retrouver en eux.

Vivre au stade éthique, c'est mettre de la cohérence, de la continuité dans son existence. C'est accepter les responsabilités envers soi-même et les autres.
- Grâce à sa volonté, l'homme triomphe des vicissitudes et obtient la liberté mais à la façon stoïcienne : en voulant ce qui est donné, on transforme ce donné en liberté. Vouloir ce qui nous arrive, c'est être libre.

Au stade éthique se rencontre le héros c'est à dire l'honnête homme qui remplit jusqu'au bout sa tache à la place que le sort lui a désignée : "L'homme extraordinaire est un véritable homme ordinaire"


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vendredi 06 mai 2005 à 13:17
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Le stade religieux (selon Kierkegaard)

Pour l'homme religieux, la vie est souffrance.

L'homme ne peut connaître Dieu parce qu'il a péché et perdu l'éternité. Aucun homme ne peut se sauver lui-même ni sauver les autres.

Il est absurde que Dieu se soit fait homme pour sauver les hommes mais la souffrance du chrétien est justement qu'il doit, pour accomplir son salut, croire passionnément au paradoxe, au scandale, à l'absurde


=> Voir la question centrale du Paradoxe de l'Instant


Exemple (selon Kierkegaard) : L'histoire d'Abraham peut nous faire comprendre les limites du stade éthique. Dans la perspective éthique, Abraham est un meurtrier qui veut tuer son fils. Dans la perspective religieuse, il veut le sacrifier.

Abraham considère qu'au-dessus de son devoir éthique de respecter la vie de son enfant, il existe un devoir envers Dieu qui lui ordonne de le sacrifier.
- L'éthique n'est pas niée mais "théologiquement suspendue". Il n'y a plus de paix pour celui qui entre ainsi en conflit avec l'éthique.
- Une nouvelle vie commence dans la crainte et le tremblement car, même si l'on possède une foi aussi solide que celle d'Abraham, on n'est jamais sûr de n'être point dans l'erreur
vendredi 06 mai 2005 à 13:18
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Une Théorie de l'Existence


Etre et Exister :

Etre, c’est rester identique à soi , c’est rester le même. Compris de cette façon, seul Dieu est, toujours le même.
- L’homme lui, n’est pas , il évolue, il devient, il existe. Exister, c’est devenir, changer, se transformer, se chercher.
- L’homme existe , Dieu n’existe pas, Dieu est.

L’homme cherche son être :
- il est le non-être en devenir vers l’être
- ou l’être en devenir vers l’Etre
- ou le moi en devenir vers le moi absolu
L’individu va du moins au plus, en prenant toujours davantage conscience de lui-même.

L'Homme est " placé dans l’existence ", dans le devenir, pour être plus. C’est pour cela que l’homme est esprit , ou mieux : dépositaire d’esprit , conditionné à devenir esprit, il est en chemin pour passer de l’existence à l’être


Ce message a été modifié par RealSidius - vendredi 06 mai 2005 à 13:29.

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