vendredi 24 août 2007 à 11:15
Si vous comptiez aller au cinéma pour vous détendre devant de belles images, passez tout de suite votre chemin.
Ce film raconte la vie de Jonathan Caouette - à part son nom, rien n’est drôle dans cette histoire. Elevé un temps par sa mère, qui souffre de graves problèmes psychologiques suite aux électrochocs que lui ont imposé ses parents, il est abandonné à quatre ans, victime d’abus, puis recueilli par ses grands-parents qui le maltraitent. La suite est aussi chaotique : bad trip d’acide à 13 ans, tentatives de suicide à répétition...
Sick parents raise sick children (les parents malades élèvent des enfants malades). Et pourtant c’est l’amour pour sa mère - qui n’a cessé de l’aimer malgré son incapacité à s’occuper de lui - qui va donner un but à Jonathan. Sa mère, ainsi que la caméra, dont il se sert pour extérioriser ses peurs. Dès l’age de 11 ans il commence à se filmer. Dans des scènes hallucinantes, il se travestit en femme, crie sa peur, ou - plus tard - filme sa mère en pleine crise, ou interroge ses grands-parents sur les mauvais traitements infligés à leur fille.
A 31 ans, Jonathan se raconte à la troisième personne dans ce film-thérapie qui frôle l’exhibition mais sans tomber dans le voyeurisme ou le pathos. Il explore la profondeur de la souffrance humaine (Tarnation est un néologisme tiré de damnation), mais aussi la résistance de l’esprit humain. Après tout, rien que le fait qu’il soit encore en vie est un message d’espoir.
Il le fait pour lui, pour sa mère et pour son petit ami David (à noter de très belles scènes lorsqu’ils emménagent à New York) et nous prouve qu’une voie pour en sortir est toujours possible.
Un film difficile, dérangeant, mais qui marque pour longtemps.
Fiche d'appréciation
Appréciation globale : A ne pas manquer

Difficulté d'accès du film : Difficile

Référence à l'homosexualité : Oui. Jonathan est gay, et c'est certainement une des choses les plus "normales" de son existence.