mercredi 11 avril 2007 à 23:16
Bon j'ai repris un de mes devoirs et je l'ai complété, essayé un plan, si ça peut t'aider : Nathalie Sarraute est un écrivain français, née à Ivanovo, en Russie en 1900 et morte à Paris en 1999. Elle vit à Paris depuis l’âge de huit ans. Elle fait des études de droit puis se consacre à l’écriture. Elle affirmait que « toutes les autobiographies sont fausses ». Dans Enfance, elle a « juste voulu assembler les images tirées d’une sorte d’ouate où elles étaient enfouies ». Sarraute a participé au mouvement littéraire du Nouveau Roman.
Son œuvre est construite sous forme de dialogue, comme nous le démontre l’incipit.
Insiste bien sur l'incipit qui dévoile tout de suite la particularité de l'oeuvre et l'aspect autobiographique mis en évidence. Annonce du plan : Dès l'incipit, il y a la mise en place d'un pacte autobiographique original ; un projet classique d'autobiographie (I) mais une réalisation atypique (II).
I) Un projet classique d'autobiographie...A) Les indices d'une volonté autobiographique
« Evoquer tes souvenirs d’enfance ». Ceci est un projet autobiographique traditionnel qui n’est pas très original. Il est explicite dès le départ. L’auteur en ressent le besoin, c’est une sorte de désir auquel elle ne peut échapper. « Oui (…), ça me tente, je ne sais pas pourquoi ». Elle ne trouve pas de raisons : ce n’est pas la vieillesse : « c’est peut être que tes forces déclinent… Non, je ne crois pas ».
Les indices sont donnés par le dédoublement du dialogue : le "je" et le "tu" (l'auteur et sa conscience).

Le pacte autobiographique
Il est implicite puisque le lecteur n’apparaît pas. Le choix du dédoublement garantit l’authenticité. L’auteur ne va pas dire la vérité, mais « donner forme à l’informe ».
Le projet en lui même est évoqué dès la première ligne : évoquer ses souvenirs d’enfance ; et repris plusieurs fois également par « ça », dépréciatif.
Les motivations sont réelles : interrogations de la narratrice (« je ») poussent l’écrivain à s’interroger sur ses motivations et à préciser le choix d’une forme (commencer par la naissance et finir au temps de l’écriture : non). Nathalie Sarraute choisit le tropisme d’une écriture.
II) ...mais une réalisation atypique A) La forme : un dialogue
Il n’y aura pas de récit, Nathalie Sarraute ne racontera pas ses souvenirs d’enfance. De plus, elle ne fera pas de bilan. Son récit sera exhaustif mais elle refuse de l’affirmer, comme elle refuse également d’affirmer qu’il ne sera pas linéaire. Ce ne sera pas un récit, juste des souvenirs, éparses regroupés sous forme de « fragments » et non de chapitres. Nathalie Sarraute écrit par petits bouts. C’est une forme nouvelle d’écriture, un nouveau style. Elle revendique de ce fait une honnêteté, c’est une garantie.
Ce mode d’expression des souvenirs d’enfance de Nathalie Sarraute couve un mouvement littéraire différent que ceux qu’ont vécu d’autres autobiographes tels que Rousseau et Chateaubriand (romantisme).

Les difficultés liées à son projet
Elle critique ce qu’elle va faire d’emblée : « ça ». Elle exprime ses doutes sur le genre, elle a peur du cliché, elle refuse les topos du souvenir d’enfance.
Elle fait référence aux Tropismes : « quitter ton élément ». Les souvenirs s’échappent, ne se laissent pas saisir. C’est la garantie de son authenticité. Son entreprise est originale : elle essaie de saisir des souvenirs fluctuants. Elle fait un parallèle entre les tropismes et les souvenirs. Elle veut utiliser les souvenirs comme elle utilise les tropismes. Elle montre ainsi qu’Enfance a sa place dans son œuvre, c’est une façon de se justifier.
La particularité de l’entreprise de l’auteur est aussi renforcée par un sentiment d’hésitation, de flou et du refus des souvenirs autant chez l’autobiographe que chez sa conscience.
Conclusion :
Nathalie Sarraute veut faire ressurgir des fragments de sa vie. Elle fait le choix d’une forme nouvelle : le discontinu. Elle a en effet participé au Nouveau Roman. Elle garantit également l’authenticité de sa démarche par la double voix. Comme dans « Tropismes », elle va nommer l’innommable.
Et là tu blablates.