mardi 04 mars 2008 à 00:08
Hillary Clinton en position très délicateHillary n'a pas trouvé la solution pour enrayer la progression et la dynamique Obama. Vendredi et samedi, on s'interrogeait même dans certains médias de savoir si la tendance n'était cette fois plus possible à inverser. Tant au niveau mathématique qu'au niveau du vote populaire et du fameux "momentum" d'un candidat sur un autre. Certains commentateurs sont même allés jusqu'à suggérer que l'intervention finale d'Hillary Clinton lors du débat de jeudi soir sonnait comme une insinuation d'abdication ou, du moins, comme si elle-même envisageait pour la première fois l'hypothèse d'une défaite face à Barack Obama. Il y avait en effet tellement d'émotion et une sorte d'humilité dans ses propos et sa voix que cela pouvait prêter à confusion. Pour mémoire, sa dernière réplique lors de ce débat: "Quoi qu'il arrive dans cette course, c'est un honneur, c'est un honneur pour moi d'être ici avec Barack Obama. C'est vraiment un honneur. Quoi qu'il arrive, ça ira pour nous (...) j'espère juste que nous pourrons dire la même chose des Américains", avait-elle dit. Hillary a presque aussitôt démenti qu'elle était prête à jeter l'éponge, lors d'apparitions dans les médias ou en public, jeudi soir déjà, mais surtout vendredi.
Il n'empêche, le désarroi dans le camp Clinton était patent ce week-end. Un récent article du New York Times avait déjà souligné des tensions ou du moins des divergences de tactiques à la veille du débat dans la camp Clinton. Les stratèges de sa campagne étaient divisés en deux "clans", selon plusieurs témoignages au sein de son équipe: être ou ne pas être agressif à l'encontre d'Obama, jouer l'attaque à outrance ou non. On l'a vu durant le débat, Hillary Clinton s'est essayée à quelques piques et attaques, mais elles n'ont pas eu beaucoup d'effet. Elle s'est même fait un petit peu huer par le public lorsqu'elle a accusé Obama de plagiat. Et puis sa réplique finale contrastait tellement avec les quelques passages tendus et plus pugnaces du débat, que beaucoup d'observateurs se sont demandés si elle-même ne savait plus quelle tactique aborder pour contrer son rival. Et puis samedi, cette confidence d'un conseiller anonyme de Hillary Clinton au Washington Post: "Elle sait où on va, c'est assez clair qu'elle a une grosse décision (à prendre) - mais c'est écrasant, c'est encore dur à accepter". Selon ce conseiller, "la réalité mathématique est devenue impossible à ignorer" après la lourde défaite essuyée mardi dans le Wisconsin. Une enquête de l'agence de presse américaine AP démontre par ailleurs que de nombreux super-délégués (élus démocrates du Congrès et apparatchiks du parti) sont en train de se tourner vers Obama. Ils auront leur mot à dire (voire feront pencher la balance) lors de la Convention nationale démocrate cet été à Denver, grande messe qui intronisera officiellement le candidat démocrate à la course à la Maison Blanche. Barack Obama mène en outre au niveau du suffrage populaire et des délégués ordinaires ("pledged") qui sont tenus de voter à la Convention pour le candidat qui a remporté le caucus ou la primaire de leur Etat. Selon le site indépendant RealClearPolitics, Obama a le soutien de 1374 délégués, contre 1275 pour Clinton. Il en faut 2025 pour s'assurer de l'investiture.
L'équipe Obama et plusieurs analystes indépendants estiment que seules des victoires écrasantes aux prochaines primaires (Texas et Ohio le 4 mars, respectivement 193 et 141 délégués en jeu) pourraient permettre à Hillary de combler ce retard. Certains ont fait un savant calcul et avancent une proportion précise: Hillary doit gagner par 15 à 20% d'avance pour passer devant. La réalité mathématique citée plus haut par le conseiller anonyme de l'équipe Clinton. Son mari lui-même, Bill Clinton, évoquait tout récemment la nécessité de remporter le Texas et l'Ohio pour rester en course. Or un sondage publié jeudi a montré que les deux démocrates étaient presque à égalité au Texas (48% d'intentions de vote pour elle, 47% pour lui) et que l'avance de Clinton se réduit considérablement en Ohio (50% contre 43%). Combien de fois les sondages avaient montré une nette avance pour Clinton, notamment avant le Super-Tuesday, et combien de fois ces sondages se sont ensuite resserrés (ou carrément plantés!). Autant dire que la course restera très serrée jusqu'au bout. Mais si Obama remporte le Texas et l'Ohio, ou un seul des deux Etats, ou que le résultat est très très serré, il paraît de plus en plus clair qu'Hillary Clinton sera la candidate à devoir se poser la question ultime d'un abandon ou non à l'investiture. Mais elle a prouvé plusieurs fois dans sa carrière qu'elle savait rebondir et se battre jusuq'au bout.
http://alterjournalisme.blogs.courrierinte...s-delicate.htmlIl est clair qu'Hillary doit se retirer !