lundi 05 mai 2008 à 00:00
vendredi 02 mai 2008 à 23:41 La contre partie de ça c'est qu'il ne fallait pas compter sur l'état ou quoi que ce soit pour recevoir de l'aide, financière ou autre. Qu'il n'y a avait pas de justice et pas de liberté. Et que le système se reposait sur une idéologie détestable à savoir que quelques Nobles étaient meilleurs car leur sang était meilleur et que donc ceci expliquait pourquoi ils avaient tout et dominé tout.
Heureusement qu'on est en république.
Non, en effet, l'aide aux miséreux, aux orphelins, aux vieillards, aux mendiants était le travail de l'Eglise en général, et particulièrement des monastères. Il y avait une justice, rendue par le seigneur pour les affaires relativement importantes, par le roi pour les affaires très importantes ou pour ceux qui avaient la chance de le voir, et les petits problèmes de voisinage étaient réglés par la coutume. Pas de liberté? Foutaises! Il n'y avait pas de loi, et pas de force répressive, comment pourrait-il ne pas y avoir de liberté dans uns système où le pouvoir ne se mêle pas de la vie des gens au delà que la collecte des impôts. Et prétendre qu'il y avait de l'idéologie au Moyen Age... mais le MA, c'est l'exact opposé de l'idéologie! Il n'y avait pas de noblesse instituée, comme au XVIIe siècle, mais toute un hiérarchie de vassalité, du petit propriétaire jusqu'au roi de France. Et la république n'a rien à voir avec cela: c'est juste le fait qu'il y ait des lois qui s'appliquent à tous.
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Faux, cela dépend de ta naissance. Si tu fais partit des 3/4 de paysans sans terre tu es attaché à ta terre car financièrement dépendant de ton seigneur dont tu ne changeras surement pas. Même en cas de changement de seigneur tu devais payer une taxe pour avoir le droit de partir. Et tu pouvais travailler toute ta vie sans jamais rien posséder. Injuste!
Le système de servage n'était pas un esclavage. C'était un accord, entre une famille et sa descendance de cultiver la terre d'un seigneur et de ses successeurs, en échange de protection. On pouvait racheter son servage pour libérer la famille de l'obligation, ou racheter la terre pour la cultiver à son compte. Mais parmi les enfants, tous n'étaient pas lié forcément à l'obligation, c'était seulement la famille, et si le benjamin, rarement héritier, décidait de partir s'installer à la ville, de devenir indépendant, ou de se mettre en servage après avoir pris épouse, il était libre de le faire. Eventuellement, on pouvait même, à ses risque et péril, quitter le seigneur pour en trouver un autre qui nous protège. En effet, suite à des maladies, ou d'autres causes, certaines zones pouvaient se dépeupler, les seigneurs les possédant faisaient alors leur possible pour attirer les serfs d'autre seigneur, parfois payant leur rachetant leur servage pour les reprendre comme serf ou pour les laisser cultiver leurs terres en hommes libres, parfois les protégeant des représailles de l'ancien seigneur, etc...
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De plus les oppositions politiques des seigneurs débouchés en grande partie sur une insécurité réelle et des guerres où vous seriez enrôlés de force pour une cause qui ne vous concerne pas mais concerne celui qui vous exploite. A côté, nos émeutes de banlieue qui font deux ou trois morts maxi ressembleraient à une paisible promenade citadine.
Foutaises! Les paysans et serfs n'étaient jamais mêlés aux guerres (sauf en cas de pillage, évidement), et il ne leur était demandé aucun service de défense. Seuls les seigneurs et éventuellement leurs gens d'armes réguliers et les mercenaires étaient astreints à ce devoir. Et précisément, les petites échauffourées entre seigneurs étaient la plupart du temps sans grande conséquence: d'une part à cause de la trop grande importance de chacun dans le tissu social, d'autre part à cause du fait qu'un mort ne vaut rien, alors qu'un prisonnier peut-être échangé contre une rançon, pratique extrêmement courante. Et généralement on mariait une cousine et un neveu, et tout le monde se réconciliait.
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Un chaos où une famille en chasse une autre. Même le roi a mit un siècle à réussir à mater les nobles et à reconstituer son autorité. Et encore ça a toujours été un fragile équilibre fait de compromis, jusqu'à Louis XIV en tout cas.
Si on parle de la Guerre de Cent Ans, là c'est différent, ça a été la grande crise du système féodal finissant, et qui a véritablement inauguré le commencement du monarchisme. Mais on commençait déjà à entrer dans une période de dégénérescence, où les seigneurs et le roi prenaient leur distance avec le peuple, et commençaient vraiment à croire qu'ils avaient quelque chose de plus. Dans le même temps, le clergé se sécularisait, et était séduit par l'opulence bourgeoise, commençant à délaisser les campagnes et leurs monastères, qui étaient des éléments importants de la conservation d'une foi chrétienne généreuse et sereine.
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Certes, l'église était celle qui disait quoi penser... Son assise sur les autorités temporelles n'était tout de même pas infaillible.
Non, elle ne disait pas "quoi penser", mais plutôt comment agir pour être un bon chrétien. Jusqu'à ce que les Papes se mettent à dégénérer, à chercher l'opulence et le confort avant d'être des bergers pour les brebis de Dieu. Certainement le renouveau du commerce méditerranéen en Italie, l'arrivée de produits étrangers luxueux, et le lucre qu'en tiraient les bourgeois qui en faisaient le commerce n'est pas étranger à cette décadence. Mais jusque là, la ligne morale et politique prônée était plutôt bonne. Et qui, au monde, pourrait prétendre avoir réussi, par simple injonction, à faire cesser les combats et les violences? Et c'est pourtant ce qu'a réussi l'Eglise avec la Paix de Dieu et la Trêve de Dieu.
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On n'en est plus à résoudre tout par la mort de l'autre. Je vous garanties que dans tous les points on est gagnant avec la république. C'est pas parfait. Y a des frustrations! Mais c'est le régime le moins pire.
Rigolo le "on n'en est plus à..." parce que c'est précisément sur ce sacrifice absurde qu'est née la république française, comme sa seule petite affirmation de "rupture", de "révolution": on tue l'ancien, ça ne laisse la place plus qu'au nouveau. Et moi je garantis qu'en tout point on est gagnant avec des hommes de meilleurs volonté, humbles et bienveillants, quel que soit le régime. C'est la seule chose que je puisse tenir pour sûre.