lundi 09 juin 2008 à 19:30
Bon, je pense qu'après avoir laissé tourner le sujet un certain temps, il est temps que je donne ma propre réponse.
Si j'avais un voeu, un seul, ça serait précisément de savoir quel voeu faire.
En effet, je pourrais souhaiter pour moi et les autres la santé, le bonheur, la connaissance, la compréhension, la puissance, que sais-je encore. Mais moi, misérable humain, suis-je en position de savoir si cela est désirable ou pas? Le bonheur, pourrais-je le supporter? Est-ce que je le mérite? Est-ce cohérent avec le but profond de ma vie (que j'ignore moi-même)? La connaissance est un fardeau insoutenable pour l'homme, et d'ailleurs notre esprit ne peut intrinsèquement pas accéder à la connaissance omnisciente des choses, il éclaterait, il se dissoudrait en Dieu. La tolérance, l'Amour chrétien? ce pourrait-être souhaitable, mais que sais-je de ce qui doit être, et ne peut être évité sous peine d'irrémédiable chaos? Je suis un vermisseau, je ne sais pas plus qu'une pierre ce qui est bon et mauvais, ce qui est désirable et ce qui ne l'est pas, ce qui entre dans le grand dessin des choses, et ce qui lui est contraire.
A la limite, devrais-je simplement désirer cette connaissance, qui est peut-être fondamentalement celle du secret des choses? En fait, peut-être est-il même préférable que je n'ai simplement aucun voeu. Peut-être la meilleure réponse est-elle simplement: "Non merci, c'est bon, il me semble que les choses vont nécessairement comme il faut qu'elle aillent, quel que soit mon jugement. Je ne vois rien à soustraire, à rajouter ou à modifier dans ce monde qui me semble familier mais dont la majeure partie est hors de ma perception et de ma compréhension. Les choses sont pour le mieux, sinon elles seraient autrement, c'est là une nécessité. Je ne suis pas en droit de briser ce qui a été lié à un niveau infiniment supérieur au mien."
Cependant, si c'était à moi que le l'on proposait d'exaucer un voeu, et en vertu du principe précédent, c'est que quelque part "on" veut que je fasse un voeu, que je dois me plier à cela, sous peine de briser l'ordre des choses. Alors au final que faire? Toute alternative, absolument toute, semble être une impasse ou une erreur, et toutes s'excluent l'une l'autre. Au final, si on me proposait la réalisation de mon unique voeu, je me sentirais bien à plaindre, paradoxalement. Mais peut-être une cervelle moins chipoteuse et tritouilleuse serait déjà un grand, un immense pas...