Wednesday 05 October 2005 à 20:07
Yves Chauvin devient récipiendaire du fameux Prix Nobel pour ses travaux sur la métathèse.
Cocorico... le dernier prix Nobel francais remontait à 1987 où il était revenu à Jean-Marie Lehn pour ses travaux en particulier sur certains complexes extrêmement puissants, les cryptants.
Yves Chauvin a 75 ans... mieux vaut tard que jamais.
La métathèse, ca marche comment?
C'est un peu difficile à expliquer mais disons qu'en gros, grâce à certaines substances organo-métalliques, c'est-à-dire des complexes présentant à la fois un noyau métallique et des "bras" organiques, il est possible d'orienter, en les rapprochant puis en les forcant à réagir, des substances qui normalement devraient être inertes les unes par rapport aux autres.
Ces catalyseurs sont d'une grande utilité dans la synthèse de molécules de grande consommation, telles que les polymères oléfiniques (ou "plastiques"), voire pour réaliser des synthèses très propres de molécules beaucoup plus compliquées, par exemple des médicaments. Gros avantage, la réduction des sous-produits: moins cher, moins de pollution...
Il partage son prix avec deux Américains pour leurs travaux sur la dégradation des protéines.
Plus de 300, 000 EUR, c'est pas si mal! En voilà au moins dont on ne dira pas qu'il a volé son argent.
En revanche, la Chimie francaise n'est plus que l'ombre d'elle même, du moins celle des grands produits de base. Rhodia va peut-être se faire racheter par l'Allemand BASF...
La pharmacie francaise, par contre, se porte encore pas trop mal même si les investisseurs s'en détournent peu à peu devant les profits bien moins attractifs qu'autrefois.