Sunday 13 April 2008 à 13:56
L'ONU épingle le Maroc sur les violations des droits de l'homme au Sahara occidental Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a épinglé le Maroc sur les pratiques répressives au Sahara occidental, relevant des cas de "disparitions forcées" et de "détentions secrètes".
Le cas du Maroc a été examiné mardi à Genève par le Conseil, dans le cadre de sa nouvelle procédure connue sous le nom d'"examen périodique universel".
Un "groupe de travail" du Conseil onusien des droits de l'homme sur les disparitions forcées ou involontaires a noté dans un rapport que "la majorité des cas portés à l'attention du gouvernement marocain concernait des personnes qui auraient disparu parce qu'elles-mêmes ou leurs proches étaient connues comme partisans du Front Polisario".
"Ces personnes disparues auraient été placées en détention dans des centres secrets. Des cellules de dépôt de certains commissariats de police, des casernes militaires et des villas secrètes des faubourgs de Rabat auraient, en outre, été utilisées pour dissimuler ces personnes", ajoute le document.
Le groupe de travail de l'ONU a souligné, par ailleurs, que la question du Sahara Occidental "fait régulièrement l'objet d'un examen par l'Assemblée générale et par le Conseil de sécurité (de l'ONU) et que le Comité des droits de l'homme demeure préoccupé par l'absence de progrès dans la question de l'application du droit à l'autodétermination" du peuple du Sahara occidental.
Le document a relevé, en outre, "la vulnérabilité des défenseurs sahraouis des droits de l'homme, exposés à une répression, des arrestations et des détentions généralisées".
"Dans la plupart des cas, les personnes arrêtées auraient été détenues par les forces de sécurités et il arrive que les autorités judiciaires refusent d'autoriser ces défenseurs à être examinés par un médecin alors que ceux-ci disent avoir subi des tortures ou des mauvais traitements pendant les interrogatoires", a-t-il déploré.
Le groupe de travail a également exprimé ses "vives inquiétudes" concernant les restrictions à la liberté de réunion et d'association auxquelles sont soumis les défenseurs sahraouis des droits de l'homme.
Il a rappelé la confiscation par le gouvernement marocain des passeports de 14 militants sahraouis qui avaient été empêchés de se rendre à Genève pour assister à des conférences internationales.
Le rapport évoque, d'autre part, l'"inquiétude" du rapporteur spécial sur les droits des migrants, qui s'est déclaré "vivement préoccupé par les informations qui avaient signalé la mort de migrants d'origine subsaharienne à la frontière entre les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et du Maroc, dont les forces de sécurité patrouillant le long de la frontière seraient responsables".
Il a mentionné les cas de "nombreux migrants d'origine subsaharienne, qui avaient tenté de traverser la frontière avec l'Espagne à Ceuta et Melilla et qui avaient été expulsés et laissés à la frontière méridionale, en plein désert sans eau, ni nourriture".
Le Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme (HCDH) avait dépêché en 2006 une mission au Sahara occidental, à l'issue de laquelle il avait élaboré un rapport accablant les autorités marocaines.
Ce rapport -- tenu confidentiel mais qui a fait l'objet de fuites dans la presse -- affirme que l'autodétermination est un "droit fondamental" du peuple sahraoui, qui doit en jouir "sans plus de retard".
La délégation du HCDH qui s'était rendue dans les territoires occupés du Sahara occidental et les camps de réfugiés près de Tindouf a conclu que "presque toutes les violations des droits humains du peuple du Sahara occidental (...) découle de la non application de ce droit humain fondamental". (SPS)