
| QUOTE (sandie72 @ 13 Dec 2006 à 14:40) |
| A mon avis il etait un opportuniste qui a profite du soutien n**i pour faire connaitre ses oeuvres |
| QUOTE (Hadora @ 13 Dec 2006 à 14:01) |
![]() Richard Strauss (1864-1949) a connu quatre régimes différents dans l’Histoire Allemande ainsi que les deux guerres mondiales du XXeme siècle. Défini à la fois comme artiste du renouveau et de la modernité artistique, Richard Strauss a collaboré avec plusieurs personnages pour ses productions artistiques et a rénové le style de l’Opéra avec des productions qui ont bouleversé le monde artistique de l’époque. L’étude du personnage de Richard Strauss ramène aussi à l’étude du comportement des élites à travers le régime n**i, à savoir comment Strauss s’est comporté et comment le régime n**i a utilisé ce dernier. Sur ce point, on peut s’appuyer sur le livre de Fabrice d’Alméida « La vie mondaine sous le troisième Reich ». Ce dernier définit les élites comme une chose concrète, il s’agit de ceux qui réussissent dans leur activité professionnelle et sociale et ceux qui contribuent à l’exercice du pouvoir. Ainsi Richard Strauss lors de la période nazie, faisait partie de cette élite allemande, véritable groupe social avec ses codes propres. Ce qui qualifie Richard Strauss sur le plan artistique est sa modernité. Auteur au début du XXeme siècle de deux opéras, « Salomé » en 1905 et « Electra » en 1909, sa modernité des thèmes évoqués va créer un véritable scandale lors des représentations. La critique lui reprochait la décadence, l’érotisme, la perversité et le goût macabre de ses opéras. C’est dans les cercles les plus ouverts que ces opéras rendent Strauss célèbre. Son premier opéra, « Electra » est salué pour sa modernité thématique ainsi que sa modernité musicale qui crée un véritable « art nouveau » à travers les mélodies qui entrelacent les différents thèmes évoqués. Cependant cet opéra reste à l’opposé des goûts de l’Empereur, Guillaume II et du milieu traditionnel de la haute société allemande. Strauss a su s’entourer d’hommes compétents ainsi la rencontre avec l'écrivain, poète et dramaturge autrichien Hugo von Hofmannsthal marquera un tournant décisif dans la carrière du compositeur. Les opéras écrits sur un livret de Hofmannsthal seront ses plus grands succès avec notamment, « Le Chevalier à la Rose ». D'un point de vue stylistique, « le Chevalier à la Rose », dont l'action se situe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, renoue avec le roccoco et la légèreté de l'opérette viennoise. Ainsi la mélodie infinie héritée de Wagner est abandonnée au profit d'un retour à la division de l'opéra en une succession de scènes, le tout en accord avec une action située au XVIIIeme siècle et avec la volonté d'évolution du théâtre lyrique affirmée par Strauss et Hofmannsthal. A côté d’Hofmannsthal, Strauss travailla avec le décorateur Alfred Roller. Travaillant tout d’abord à l’Opéra avec Gustav Muller de 1897 à 1907, il collabore après la démission de ce dernier, avec Strauss et Reinhard dès 1905 jusqu’en 1935 sur les créations de Richard Strauss. Membre puis Président en 1902 de la « sécession à Vienne », un groupe de peintres et de sculpteurs qui se définissent à l’opposé du style traditionnel de la grande bourgeoisie, Roller sera un artisan de cet art nouveau. Son travail du décor théâtral créant une atmosphère abstraite de l’action reste novateur. L’évolution de Strauss sur le plan institutionnel est marquée par sa direction de l’Opéra de Vienne. Après la première guerre mondiale, il continue de composer. En 1919, il crée la « Femme sans ombre », opéra qui ne connaîtra pas la même célébrité que « Le Chevalier à la Rose » qui reste aujourd’hui encore l’opéra le plus joué à travers le monde. Sous la République de Weimar, Strauss poursuit ses compositions mais il n’est plus en pointe de la créativité artistique, il connaît ainsi une période creuse du point de vue artistique. Il faut souligner qu’à cette époque les tentatives de renouveau de la musique sont nombreuses avec la création de festivals comme celui de Baden-Baden en 1929 consacré à la musique jouée à la radio ou encore le Festival de Salzbourg qui voit le jour en 1920 met à l’honneur de nouveaux artistes. Les années 20 sont marquées par un flux d’expériences artistiques sur les techniques musicales comme la création des « opéras minutes » véritables opéras raccourcis à quelques dizaines de minutes ou le développement des musiques de film muet. Strauss, reste assez en dehors de cette vague de renouveau artistique. Le tournant dans la carrière de Strauss se produit au cours de l’année 1933 avec l’arrivée du nazisme qui marque le triomphe de l’ultra nationalisme. Le nationalisme était déjà présent dans l’art allemand dès les années 20 avec des créations comme « De l’âme allemande » ou « Du nationalisme en musique » de l’auteur juif allemand Schoenberg qui se sent obligé dans un climat d’une hausse du nationalisme, de montrer son appartenance à la race allemande. Pour les théoriciens nationalistes allemands, l’art le plus allemand est la musique car il s’adresse à l’âme correspond à la race allemande. Sous le IIIeme Reich, l’art allemand est utilisé par la propagande nazie dans cet objectif d’unité nationale et du combat contre les juifs. Ainsi en mai 1938, les journées musicales du Reich à Düsseldorf en l’honneur du compositeur du XIX siècle Wagner, sont l’occasion d’une exposition sur la « musique dégénérée », la musique émanant d’artistes juifs. Véritable règlement de compte contre les musiques qui ne représentent par l’art allemand selon les théoriciens nazis, l’exposition sera illustrée d’affiches représentant l’art « judéo-nègre ». Son organisateur, le n**i Zegler, place le compositeur Schoenberg au centre de la critique anti-juive, assimilé comme un « poison » et un « malade dangereux » pour la musique qu’il faut « éradiquer ». Quelle fut l’attitude de Richard Strauss face à ces dérives et au tournant que pris l’art allemand avec l’arrivée du nazisme en 1933. Strauss loin de dénoncer ces dérives raciales, prit la place de compositeurs Juifs. Il se voit proposer la présidence de la Reichsmusikkammer, la Chambre musicale du Reich, organisation créée par le ministre de la propagande du Reich J. Goebbels, poste honorifique, qu’il accepte d’occuper par sa prise de fonction dès le 15 novembre 1933. Dédiant des mélodies à Goebbels, offrant un manuscrit d’Opéra lors du mariage de Goering ou composant l’hymne officiel en 1935 des jeux olympiques, Strauss montre son attachement au régime. Pour le IIIeme Reich, le personnage de Richard Strauss, internationalement connu et reconnu pour son talent artistique, était un aspect important de la propagande nazie où le prestige de Strauss est utilisé pour le régime. Il y a une réelle adéquation entre Strauss et le IIIeme Reich. Cependant il est démis de sa fonction de Président de la Chambre musicale du Reich en juillet 1935 suite à sa collaboration avec l’auteur juif autrichien Stefan Zweig. Refusant de voir supprimer le nom de Stefan Zweig sur les affiches de son opéra « la femme silencieuse » trois jours avant la première, Strauss prend position contre les mesures de Goebbels et réussit à le faire rétablir. Strauss est contraint de démissionner de sa fonction lorsqu’une de ses lettres adressées à Zweig insultant notamment Goebbels est saisie par la Gestapo. Cependant, Strauss ne sera pas inquiété de même que sa famille ; sa belle fille étant juive. Le régime savait pertinemment que pour renvoyer à l'opinion internationale une image acceptable, il était nécessaire de conserver à l'intérieur des frontières les rares personnalités artistiques de grande renommée qui ne sont pas parties en exil. Ainsi Strauss reprendra même la direction d’opéras avec les pardons d’h*****. Après la guerre et l’occupation d’une partie de l’Allemagne par les troupes anglo-saxonnes, Richard Strauss ne sera pas considéré par ces derniers comme une personnalité qui aurait joué un rôle important dans l’entreprise nazie, il ne connaîtra aucune poursuite. Même s’il paraît insensé qu’un compositeur de musique puisse avoir par sa profession, joué un rôle dans le dessein du IIIeme Reich, on ne peut ignorer ces compositeurs allemands qui ont connu un bond dans leur carrière notamment grâce aux mesures prises à l’encontre d’artistes juifs par le régime n**i. Bien qu'on ne trouve chez Strauss aucune trace de quelque allégeance que ce soit à l'idéologie nationale-socialiste, et qu’il n'ait manifesté aucun empressement particulier pour certains protocoles tel le salut hitlérien, il a participé activement à la vie culturelle de son pays durant les années les plus sombres de son histoire. On peut se poser cette question à propos de Richard Strauss, comme, faut-il voir en lui un simple opportuniste ou alors un « convive au banquet n**i » qui malgré sa démission de son poste de Président de la Chambre musicale du Reich en 1935 profita durant le IIIeme Reich, des mesures anti-juives dans le monde artistique allemand ? |
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