Wednesday 02 February 2005 à 20:25
Reprise mouvementée des cours de Bruno Gollnisch à l'Université Lyon III
LYON (AFP), le 02-02-2005
La reprise des cours de Bruno Gollnisch à l'Université Lyon III, interrompus depuis fin octobre à cause de ses propos sur les chambres à gaz, a provoqué mercredi des échauffourées entre opposants et sympathisants du numéro deux du fn.
Un sympathisant du FN a été interpellé et une procédure judiciaire est en cours, a-t-on appris de source judiciaire.
Environ quarante militants d'associations étudiantes rassemblés peu avant 08H00 devant les portes de l'amphithéâtre où se tenait le cours de droit international de M. Gollnisch, se sont affrontés avec une poignée de sympathisants de l'élu d'extrême droite.
Les militants de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et de l'association de lutte contre le révisionnisme Hippocampe, avaient organisé un sit-in pour retarder l'arrivée des étudiants, brandissant des pancartes "Lyon III: ni amnésie, ni amnistie", et scandant des slogans tels que "Gollnisch dehors! Rendez-nous Jean Moulin!" ou "Fascistes! Fascistes! Hors des facs!".
Quelques sympathisants du FN ont rétorqué par des insultes et des slogans tels que "La France aux Français!", "Staline, Trotski, assassins!", avant qu'une bousculade s'ensuive et que des coups soient échangés.
Par ailleurs, une quinzaine d'individus encagoulés, armés de matraques et de grenades lacrymogènes, ont agressé en fin de matinée plusieurs sympathisants frontistes, dans une sandwicherie à l'extérieur de l'université, selon une source judiciaire.
Le président de l'Université Jean-Moulin Lyon III, Guy Lavorel, a porté plainte au nom de l'établissement "pour atteinte à l'ordre public en raison des troubles survenus au sein de l'Université et (...) aux alentours de l'établissement".
L'université a indiqué avoir appelé la police dès le début des échauffourées. "Nous n'avons pas le droit de faire venir les forces de l'ordre dans l'université de façon préventive", a précisé une porte-parole de Lyon III.
Des associations étudiantes ont dénoncé, dans un communiqué, le fait que des partisans de M. Gollnisch aient "pu impunément patrouiller dans les locaux" de l'université.
Le délégué général du FN, visé par une procédure disciplinaire engagée par l'Université pour des propos sur les chambres à gaz tenus lors d'une conférence de presse le 11 octobre, a été autorisé par le Conseil d'Etat le 14 janvier à reprendre ses cours, suspendus par le président de Lyon III fin octobre.
M. Gollnisch s'est déclaré "satisfait" de la reprise de ses cours mais a qualifié "d'entrave inacceptable" l'intervention d'"éléments violents (qui) ont, par la force, tenté d'empêcher (ses) étudiants de rejoindre la salle de cours".
Le 11 octobre à Lyon, Bruno Gollnisch, tout en assurant "ne pas remettre en cause les déportations" ni "les millions de morts" des camps nazis, avait déclaré: "Quant à savoir la façon dont les gens sont morts, le débat doit avoir lieu".
Ce message a été modifié par ginue - Wednesday 02 February 2005 à 20:26.