Wednesday 20 February 2008 à 12:07
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Je vous propose par ce topic de nous pencher sur certains cultes qui eurent par le passé une importance considérable...Souvent diabolisés,ils constituent pourtant une étape non négligeable de l histoire religieuse...


Commençons avec le culte de Baal


Stèle de Baal au foudre, XVe-XIIIe siècle, trouvée à Ras Shamra (Ougarit), musée du Louvre




Baal est un dieu phénicien qui fut plus tard assimile dans la mythologie égyptienne à Seth et Montou
A l ‘origine le terme Baal désigne un être respectable,père , maître ou époux… » l'exemple ba‘lāh hāri’šôn (l'ex-mari, le veuf) démontre la portée très large de ce mot. Un rabbin particulièrement reconnu était appelé Ba‘al Shem. »(Wiki)

Baal est une appellation générique d’un Dieu, accompagnée du nom qui le distingue des autres divinités :exemples : : Baal Marcodés, dieu des danses sacrées; Baal Shamen, dieu du ciel
Chaque région avait donc son Baal !
Baal est devenu l'appellation punique de nombreux dieux d'origine sémite . C'est le titre donné à Yahvé : Bealiah (plus justement bə‘’alyâ), qui signifie Yahvé est Baal. Pour la religion hébraique c est un blasphème…En effet il remet en cause l’unicité de Dieu…car il existait beaucoup de Baal ,consideres par la Bible comme de faux dieux !

Son nom se retrouve partout dans le Moyen Orient…Il est toujours, quoique hermaphrodite, accompagné d’une divinité féminine….Comme Astarté ou Ishtar

Baal comptait un temple important à Émèse (actuelle Homs) en Syrie. En 218, son grand-prêtre devint empereur de Rome sous le nom d'Héliogabale,ou Elagabal grâce à une parenté avec les Sévères . Héliogabale imposa son culte aux Romains.
Son culte fut condamne par la Bible ,étant assimilé à celui du Veau d Or dans le livre d’Osée
Il fut aussi assimilé au Diable qui rassemble toutes les divinités qui pourraient détourner le peuple de Yahvé du droit chemin.(le début de chaque histoire du Livre des Juges le montre : « Le peuple de Yahvé se détourna du Seigneur et adora les Baals et les Astartés. ») Le nom Belzebuth vient d 'ailleurs de Baal...
Il y eut aussi des sacrifices d’enfants en l’honneur de Baal : Jérémie 19:5 Ils ont bâti des hauts lieux à Baal, Pour brûler leurs enfants au feu en holocaustes à Baal : Ce que je n'avais ni ordonné ni prescrit, Ce qui ne m'était point venu à la pensée.

Ce culte avait ses prêtres, et ses temples ou se trouvaient des icônes et statues de Baal, et à l'extérieur des colonnes de pierre (probablement les symboles phalliques de Baal), des poteaux sacrés qui représentaient Ishtar, et des autels à encens. Les sacrifices d enfants étaient pratiqués par des prostitués, hommes et femmes, qui y servaient sexuellement…


De dieu(x) Baal est devenu un puissant démon dans la hiérarchie infernale, étant » général en chef des armées infernales, grand’croix de l’ordre de la mouche ». Grand duc dont la domination est très étendue aux enfers. Il était adoré des Chaldéens, des Babyloniens et des Sidoniens…
Il est generalement représenté ainsi : avec trois têtes : du chat, d'homme couronné et de crapaud, son torse s'achèvant en pattes d'araignée. Il rend invisibles et rusés tous ceux qui l'évoquent.



Ce message a été modifié par sandie72 - Wednesday 20 February 2008 à 12:43.
Wednesday 20 February 2008 à 12:41
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Baal est toujours vivant . Il a donné naissance via les phéniciens au Zeus grec (Zeus-Belos) donc au Jupiter des romains . Mais aussi à Yahvé et fatalement au Dieu du Coran qui repose sur la Bible .


Ce message a été modifié par Okomarac - Wednesday 20 February 2008 à 23:55.
Wednesday 20 February 2008 à 13:07
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Pour en savoir plus:


Baal

Divinité adorée dans de nombreuses communautés du Proche-Orient antique, spécialement par les Cananéens, qui semblent en avoir fait un dieu de la fertilité. Le terme sémitique baal (en hébreu, ba‘al) signifiait « possesseur » ou « seigneur », bien qu'on ait pu l'utiliser de façon plus générale : par exemple, un baal d'ailes était une créature ailée, et, au pluriel, des baalim de flèches désignaient des archers. On attribuait aussi le terme baal à un dieu portant un autre nom. Une telle imprécision dans l'usage de ce mot n'empêchait pas cependant qu'il fût attaché à un dieu bien particulier : Baal désignait alors le dieu universel de la fertilité, lequel, dans ces fonctions, portait le titre de Prince-Seigneur de la Terre, et aussi celui de Seigneur de la Pluie et de la Rosée, les deux formes d'humidité indispensables pour la fertilité en Canaan. Dans la langue ougaritique et dans l'hébreu de l'Ancien Testament, Baal était désigné comme dieu de la tempête sous le titre de « Celui qui chevauche les nuages ». En phénicien, on l'appelait Baal Shamen (en araméen, Baal Shamin), dieu des Cieux.

La nature et les fonctions de Baal nous sont connues surtout par un certain nombre de tablettes découvertes depuis 1929 à Ugarit (l'actuelle Ras Shamra), en Syrie du Nord, et datant du milieu du ~ IIe millénaire. Ces tablettes, bien qu'étroitement liées au culte local de Baal dans son propre temple, représentent probablement la croyance générale en Canaan. Les cycles de fertilité étaient censés durer sept ans. Dans la mythologie de Canaan, Baal, dieu de la vie et de la fertilité, était condamné à livrer un combat mortel avec Mot, dieu de la guerre et de la stérilité. Si Baal triomphait, il s'ensuivait un cycle de sept ans de fertilité ; mais, s'il était vaincu, sept années de sécheresse et de famine accablaient le pays. Les textes ougaritiques évoquent d'autres aspects de la fertilité de Baal, tels que ses relations avec Anath, sa sœur et son épouse, et sa procréation à la suite de l'union d'un veau mâle divin avec une génisse. Quand, sous ces différentes formes, Baal remplissait ce rôle, cela se traduisait par une abondance de récolte et par la fécondité pour les humains comme pour les animaux.

Mais Baal n'était pas exclusivement un dieu de la fertilité. Il était aussi le roi des dieux, rôle dans lequel on le représentait arrachant le pouvoir divin à Yamm, le dieu de la mer. Les mythes parlent également du combat qu'il livra pour obtenir un palais aussi splendide que ceux des autres dieux : il persuade Asherah d'intercéder auprès de son époux, El, le dieu suprême du panthéon, afin qu'il permette la construction d'un palais ; le dieu des arts et des techniques, Kothar, entreprend pour Baal la construction du plus beau des édifices, d'une superficie de 4 000 hectares. Il se peut que ce mythe ait trait à la construction du temple de Baal dans la ville d'Ugarit ; près de ce temple s'élevait celui de Dagon, lequel, selon les tablettes, serait le père de Baal.

À partir du ~ XIVe siècle, le culte de Baal fut très répandu en Égypte ; et, sous l'influence des Araméens, qui empruntèrent l'orthographe babylonienne du nom (Bel), le dieu fut ensuite connu sous le nom grec de Belos et identifié alors avec Zeus.

Baal fut aussi vénéré comme dieu local par divers autres groupes. L'Ancien Testament parle fréquemment du Baal d'une certaine région, ou de baalim au pluriel, ce qui indique qu'il existait, sous ce nom, diverses divinités locales ou des « seigneurs » de différents lieux. On ne sait si les Cananéens tenaient ces baalim pour identiques ou dissemblables, mais il ne semble pas que le culte du Baal d'Ugarit ait été limité à une seule ville ; et, sans nul doute, d'autres communautés lui attribuaient également une souveraineté universelle.

Les références à Baal, au début de l'histoire d'Israël, n'indiquent pas nécessairement qu'il y ait eu, de la part de ce peuple, apostasie ou même syncrétisme. Le juge Gédéon était aussi appelé Jérubbaal (Juges, VI, 32) et le roi Saül avait un fils nommé Ishbaal (I Chron., VIII, 33). Pour les Hébreux, « Baal » désignait alors le dieu d'Israël de la même façon que, plus au nord, ce nom était attribué au dieu du Liban ou d'Ugarit. Il ne devint objet d'anathème de la part des Hébreux que lorsque Jézabel, au ~ IXe siècle, tenta d'introduire en Israël son culte phénicien de Baal pour l'opposer au culte local de Yahweh (I Rois, XVIII). À l'époque du prophète Osée (milieu du ~ VIIIe s.), l'hostilité vis-à-vis du culte de Baal était si forte que ce nom était souvent remplacé, dans les noms propres composés, par le mot péjoratif boshet (honte) ; ainsi le nom d'Ishbosheth fut-il substitué à celui d'Ishbaal.


Extraits de Encyclopædia Universalis


Thursday 21 February 2008 à 01:10
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Sur Baal et UGARIT



En 1929, une mission archéologique française conduite par C. F. A. Schaeffer et G. Chenet entreprenait des fouilles sur le tell de Ras Shamra (le « cap du fenouil »), situé sur la côte syrienne à 12 km au nord de Lattaquié et à 1 km de la mer. Depuis lors, ces fouilles ont été poursuivies et ont mis au jour la cité d'Ugarit, capitale de la principauté du même nom : une acropole, où s'élèvent les temples de Baal et de Dagon, avec ses dépendances parmi lesquelles une bibliothèque religieuse ; un palais royal renfermant les archives diplomatiques et administratives ; des quartiers résidentiels et artisanaux ; un port de mer. Cette cité fut particulièrement florissante au IIe millénaire avant J.-C. et fut détruite brutalement aux environs de 1100. Elle constitue la source principale de nos connaissances sur la civilisation syro-palestinienne de cette époque. En raison de sa situation géographique, Ugarit était une cité commerçante et cosmopolite, un nœud de communications entre la Mésopotamie et les pays hittites à l'est et au nord, l'Égypte au sud, Chypre et les principautés grecques à l'ouest. À l'est, elle touche au désert syrien peuplé de nomades et de semi-nomades. Toutes ces civilisations y ont laissé des traces et l'ont marquée.


La langue

La langue d'Ugarit était cananéenne : langue sémitique à morphologie flexionnelle, à support sémantique trilitère, à verbe aux formes modales plutôt que temporelles, elle servait de langue religieuse. Le babylonien était la langue diplomatique et juridique. Le hourrite, langue d'origine asiatique, était couramment utilisé. On y a aussi trouvé des inscriptions hiéroglyphiques égyptiennes, des tablettes en écriture chypro-minoenne, hittite hiéroglyphique et hittite cunéiforme.
La fonction commerciale d'Ugarit et ses exigences pratiques, les difficultés dues à la pluralité linguistique, le maniement difficile du syllabaire cunéiforme ont poussé les scribes d'Ugarit à créer un alphabet cunéiforme de vingt-huit consonnes et semi-voyelles plus un signe de séparation des mots, le premier peut-être des alphabets. Son déchiffrement a été réalisé dès 1930, presque simultanément par trois philologues travaillant indépendamment les uns des autres : C. Virolleaud à Paris, H. Bauer à Halle et P. Dhorme à Jérusalem. Cet alphabet était utilisé pour l'écriture des textes cananéens et hourrites. Un abécédaire du XIVe siècle avant J.-C., suivant l'ordre de l'abécédaire hébreu, a été découvert en 1949.

La civilisation d'Ugarit est dominée par la religion. Aussi sa littérature est-elle constituée par des textes religieux : mythes et épopées.

Les mythes


Les mythes les plus importants appartiennent au cycle de Baal ; celui-ci constitue un long poème de deux mille lignes environ dont quinze cents nous sont parvenues. Il se divise en deux parties : les luttes de Baal et de Yam, le dieu de la mer, et les luttes de Baal et de Môt, le dieu de la mort.

Baal et le dieu de la mer

Au début de l'action, le monde divin est dominé par le dieu El, le père des dieux, des années et des hommes, « le bienveillant El qui est compatissant ». Il est représenté comme un vieillard barbu ; son animal attribut est le taureau, symbole de la force ; en fait, El est lointain, inactif et faible. Il habite avec son épouse Ashérat, ses enfants Yam et Baal, et les enfants de ce dernier, à la source des fleuves à la limite des deux abîmes, celui des eaux salées et celui des eaux douces. Le fils bien-aimé de El, probablement son premier-né, celui qu'il a tenu dans ses bras à sa naissance, est le prince Yam, le dieu de la mer qui porte encore le nom de Juge-Fleuve parce que son domaine s'étend aussi sur les eaux douces. Yam n'a point d'épouse. Son adversaire est Baal, appelé aussi Aliyan Baal, prince de la Terre et chevaucheur des nuées. Son associée, la déesse Anat, est vierge, aussi est-elle appelée sœur et vraie fiancée de Baal et non pas son épouse ; elle est la belle-mère des peuples et donne à Baal de nombreux enfants. La tension entre Baal et Yam naît de leur cohabitation, car Baal n'a pas de maison. Aux premières scènes du mythe, Yam, fort de la faveur de El, réclame de l'assemblée des dieux qu'on lui livre Baal et son domaine. À la formulation de cette exigence « les dieux plaquèrent leur tête à leurs genoux et à leurs sièges princiers » ; seul Baal garde son sang-froid, leur reproche leur couardise et se charge de répondre. Malgré cela, El acquiesce à la requête des messagers de Yam. Baal, alors, défend par les armes ses prérogatives : armé d'une massue magique, il s'élance en combat singulier ; Yam résiste ; une nouvelle arme plus efficace encore en main, Baal fonce sur son adversaire, le terrasse et le tue. Les dieux entonnent alors le péan de victoire : « Yam est vraiment mort, c'est Baal qui régnera », et s'assemblent autour du vainqueur en un grand banquet. À l'issue du festin, Anat, saisie d'une frénésie meurtrière, extermine « les peuples du bord de la mer et défait les hommes du Levant [...] ; elle se lave les mains dans le sang des gardes, les doigts dans les entrailles des opposants ». Le monde ainsi purifié, c'est à Baal d'en assurer la fécondité. Pour consacrer cette situation, un temple d'or et d'argent lui est construit sur les hauteurs du Nord, avec une ouverture qui permet au dieu de déverser sur le monde sa pluie, son tonnerre et sa rosée.

L'évocation de ce mythe, comme la mise à mort de Léviathan, fait penser aux grandes cosmogonies babyloniennes et bibliques. Les combats d'Anat avec les peuples du bord de la mer y introduisent peut-être des allusions à des combats anciens contre des envahisseurs marins. Le récit de la construction du temple de Baal en fait le mythe d'une liturgie de dédicace.

Baal et le dieu de la mort



La seconde partie du mythe de Baal est l'expression de l'attitude des Syro-Phéniciens face au caractère inéluctable de la mort. Malgré la défaite des puissances du mal et des fauteurs de troubles, la mort est toujours toute-puissante dans le monde. Cette situation est clairement exposée : peu après l'installation de Baal dans son temple, « les ennemis de Baal occupent les forêts, les adversaires d'Adad les gouffres des montagnes ». Pour mettre un terme à cette occupation malfaisante, le prince de la Terre envoie un messager à Môt, personnification de la mort et dieu du monde infernal, pour lui enjoindre de s'en tenir à son domaine et de se contenter des offrandes funéraires : « lui, Baal, doit seul régner sur les dieux afin que les dieux soient dans l'opulence et que les gens qui seront rassasiés, les multitudes de la terre soient à leur service ». Mais Môt ne se le tient pas pour dit et le mal continue à sévir sur terre ; le soleil dévore tout et la pluie ne parvient pas à rafraîchir le sol ; aussi Baal doit-il descendre personnellement dans l'antre de Môt ; il tergiverse et ne s'y décide qu'après qu'Anat a enfanté un mort. La lutte entre Baal et les « dévorants », auxiliaires de Môt, est acharnée ; enfin « Baal tombe à terre, Baal est mort ». Aussitôt toute activité cesse sur la terre : le roi cesse de juger, les femmes cessent de puiser l'eau à la source, les temples sont abandonnés. À cette nouvelle, El, le grand dieu, emplit le cosmos de sa lamentation et la déesse Anat lui fait écho. On enterre alors Baal dans son temple, sur les hauteurs du Nord. Mais les choses allant de mal en pis malgré les efforts d'un substitut de Baal, Anat soupire après son frère et, s'attaquant soudain à Môt : « Du glaive elle le fend, / au van elle le disperse, / au feu elle le brûle, / aux meules elle l'écrase, / au champ elle le sème. » La prospérité revient alors sur la terre et Anat se met en quête de Baal. Six ans s'écoulent et la septième année Baal et Môt s'affrontent de nouveau avec sauvagerie mais sans résultat. À la suite de ce combat sans vainqueur, la déesse solaire prédit à Môt sa déchéance certaine. Celui-ci abandonne la compétition et Baal triomphe. Il connaît de nouveau la déesse Anat, et celle-ci lui donne un enfant à force de buffle.

Ce mythe est une transposition du renouveau annuel de la nature et donne son sens à la liturgie du Nouvel An.

Les épopées

Tandis que les mythes exposent la geste divine dans un but d'efficacité liturgique, les épopées sont consacrées à la geste humaine dans un dessein d'instruction ; elles enseignent aux hommes des « types » de comportements qui attirent sur eux la bénédiction des dieux et éloignent leur malédiction. Le mythe considère le monde du point de vue divin, l'épopée du point de vue humain. Elle est l'envers du mythe comme la voûte céleste est l'envers du monde divin. Le noyau de l'épopée est historique en ce sens qu'un personnage particulièrement représentatif cristallise autour de lui les traditions et les préoccupations constantes du pays. Les fouilles d'Ugarit ont révélé deux épopées, celle de Kéret et celle d'Aquehat, fils de Danel.

L'épopée de Kéret

Kéret est roi d'un Beth-Chabir, probablement d'un clan semi-nomade comparable à celui d'Abraham dont la présence sur le parcours du Croissant fertile est si caractéristique de la situation du Proche-Orient au IIe millénaire. Le douar de Beth-Chabir est installé alors d'une façon stable à quelques lieues d'Ugarit ; au début du poème il est complètement anéanti : Kéret n'a plus ni résidence ni famille ; il est prostré dans sa chambre, pleurant, « ses larmes coulent à terre comme des sicles ». El lui apparaît, lui annonce qu'il doit quitter le lieu de ses malheurs et lui expose la marche à suivre : il doit d'abord offrir un sacrifice, préparer lui-même « la nourriture pour la cité et le froment pour le Beth-Chabir, le pain de cinq mois et les provisions de six mois » ; le clan tout entier doit partir, non seulement « la massive armée », mais aussi les isolés, les veuves, les malades et les aveugles ; six jours de marche sont prévus pour atteindre Edom, principauté au sud de la mer Morte ; il ne devra pas attaquer la capitale du pays mais attendre les propositions pacifiques de Pabil-malik, son roi ; celles-ci doivent lui parvenir au matin du septième jour, après son arrivée sous les murs de la ville ; en réponse, Kéret demandera à Pabil-malik sa fille en mariage ; le dieu El esquisse de la jeune fille un tel portrait que le bonheur réveille Kéret et termine par là même le songe prémonitoire.

Kéret se met immédiatement à l'œuvre et suit méticuleusement le plan divin, qui se déroule exactement comme prévu. La femme de son rêve lui est accordée, leur mariage est béni et ils ont de nombreux enfants.

Survient alors à Kéret, fils de El, une maladie mortelle dont il s'étonne, El lui ayant promis la vie. Le grand dieu se décide à agir en faveur du malade, mais aucun des dieux assemblés ne semble capable de le guérir ; El prend lui-même l'affaire en main et Kéret guérit, à la grande déception de son fils qui s'apprêtait à régner à sa place. L'épopée se termine par une malédiction du fils par le père.

Kéret apparaît dans tout le poème comblé par les dieux en récompense de sa docilité parfaite à leurs directives. La triste fin de l'épopée montre l'incompatibilité entre l'immortalité personnelle et les exigences d'une descendance.

L'épopée d'Aquehat, fils de Danel

La même quête de vie anime cette seconde épopée. Au début du récit, Danel n'a pas de fils comme en ont ses frères, pas de descendance comme en ont ses parents. Désespéré par la malédiction des dieux qui le rend stérile, Danel, le sage, se retire dans une caverne, symbole du tombeau, pour s'y lamenter. Après sept jours de réclusion, Baal s'approche du caveau, implore El en faveur de Danel, et l'épouse de celui-ci conçoit un fils. Sept jours de réjouissances marquent la naissance d'Aquehat. La scène centrale de la vie du héros est une proposition d'immortalité faite à Aquehat par Anat en contrepartie du don à la déesse de l'arc du jeune homme, et le refus d'Aquehat. Ce dialogue entre la déesse et le fils de Danel peut être considéré comme un sommet de la littérature du Proche-Orient au IIe millénaire : « Ne me dupe pas, ô vierge, / en vérité pour le vaillant la duperie est un crachat ! / Qui, étant mortel, peut tenir l'avenir ? / [...] La coupe de décrépitude est versée sur ma tête, / [...] comme tout homme je mourrai. » C'est en raison du symbolisme de cet arc que la déesse le désire avec tant d'ardeur : cet arc apparaît en Canaan comme le signe de la puissance suprême et de l'indépendance. Ce refus se révèle funeste à la famille d'Aquehat et à la nature entière : le fils de Danel est tué et Danel lui-même, malgré sa justice, ne peut empêcher la famine de s'étendre sur son pays. La mise au tombeau d'Aquehat semble devoir rétablir la situation. Aquehat s'insère ainsi dans la catégorie des héros de l'Antiquité qui se révoltèrent contre la divinité et perdirent l'immortalité. L'attitude d'Aquehat s'oppose à celle de Kéret comme la désobéissance à la docilité.

Cette brève, fragmentaire et parfois hypothétique esquisse met en valeur le caractère humain de la littérature religieuse d'Ugarit, sa parenté avec celles des pays voisins, entre lesquelles elle constitue un trait d'union, et son originalité très marquée.



Extrait de Encyclopædia Universalis (René Largement)

Sunday 24 February 2008 à 01:55
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Quelques lien sur BAAL

Baal

http://fr.wikipedia.org/wiki/Baal

Baal – Zebub ( Belzébuth )
http://fr.wikipedia.org/wiki/Belz%C3%A9buth

Dans le Nouveau Testament, Béelzébul (traduit en français par Belzébuth ou Belzébul sous l'influence du latin) est mis dans la bouche des pharisiens pour désigner le « prince des démons » (Marc, III, 22 ; Matth., X, 25 ; etc.). La tradition manuscrite atteste trois variantes du mot : Beelzeboul (dans la majorité des cas), Beezeboul (dans certains manuscrits grecs qui reflète probablement la leçon originale du Nouveau Testament et la prononciation populaire en Palestine) et Beelzeboub (dans la Vulgate et les versions syriaques, qui ont sans doute aligné la lecture sur l'hébreu de II Rois, I, 2).

L'étymologie et la signification du terme sont discutées et malaisées à établir. Dans le IIe Livre des Rois (I, 2), il est fait mention de « Baal Zebub, dieu d'Eqrôn ». Littéralement, la formule signifie « maître (Baal) des mouches », acception que le grec des Septante a adoptée en traduisant par Baal-myia, « Baal-mouche ». Les textes rabbiniques parlent d'un « Seigneur du fumier », évoquant par là le sacrifice offert aux idoles (le verbe zabal est employé dans le sens d'« enfumer »). Il semble cependant que les Évangiles aient conservé le nom primitif Baal-Zebul, « Baal le prince », d'une divinité phénicienne et cananéenne connue. Les tablettes d'Ugarit le confirment : selon le cycle de Baal, on rendait un culte au « Zubulu (prince), Seigneur de la terre ». Au terme de bien des siècles d'évolution et d'influences, ce titre désignera, dans la démonologie juive dont s'inspire le Nouveau Testament, le « prince des démons ». (L'apocalyptique juive, dont, entre autres éléments, relève la démonologie, correspond d'une certaine façon à un mouvement de « remythisation » de l'enseignement biblique traditionnel en Israël.)

Extrait de Encyclopædia Universalis

Baal Hammon
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ba%27al_Hammon


Nous ne savons pratiquement rien de la Carthage des VIIIe et VIIe siècles avant J.-C., si ce n'est qu'elle vivait de cabotage, importait tous les produits fabriqués et avait pour dieu tutélaire Baal Hammon, le El phénicien, assimilé plus tard à Kronos et à Saturne. C'est à lui qu'étaient voués les enfants qu'on brûlait vifs en sacrifice (molek), pour assurer vie et prospérité à la cité, en son tophet de Salammbô. Un siècle et demi après la fondation de la ville, les Carthaginois s'installent à Ibiza (Baléares). Dès le milieu du VIe siècle, la ville est gouvernée par des rois appartenant à la famille des Magonides. Alliée aux Étrusques, elle domine la Sicile du Sud-Ouest, prend pied en Sardaigne, repousse les Phocéens de Corse à Alalia, secourt Gadir (Cadix) assiégée par les Ibères, chasse Dôrieus et ses colons spartiates de Tripolitaine. Dans les dernières années du siècle, les lamelles d'or de Pyrgi attestent son entente avec Caere, et le premier traité d'alliance avec Rome est conclu. La richesse du mobilier funéraire témoigne de sa prospérité et de l'activité du commerce avec l'Égypte, la Grèce et l'Étrurie.



Les guerres contre les Grecs

En 480, Carthage, battue à Himère par Gelon, tyran de Syracuse, évacue la Sicile à l'exception de Motye, tandis que la flotte perse, en grande partie formée de contingents phéniciens, est écrasée à Salamine. Les rois Magonides se replient sur l'Afrique et mettent leur territoire en valeur. Le roi Hannon dirige deux expéditions maritimes de prospection, l'une vers l'Afrique tropicale, l'autre vers la Grande-Bretagne, afin de trouver les ressources minières nécessaires au développement de l'industrie lourde naissante.

À la fin du Ve siècle, la guerre éclate de nouveau en Sicile contre les Grecs ; les Carthaginois s'emparent de Sélinonte, Agrigente et Gela, mais Denys de Syracuse regroupe les Hellènes et le roi Himilcon échoue devant Syracuse. Les Magonides, attaqués par les aristocrates, propriétaires fonciers qui souhaitent la paix, voient leur pouvoir décroître. Une révolution religieuse porte alors Tanit Pene Baal au sommet du panthéon punique, à la place de son parèdre Baal Hammon qui est relégué au second rang ; et, au tophet, des stèles d'inspiration grecque ornées de symboles, dits « signes de la bouteille et de Tanit », remplacent peu à peu les anciens cippes votifs dédiés à Baal Hammon, en forme de trônes et de chapelles égyptisantes. Le culte grec de Déméter est introduit en 396. Vers 380, la noblesse se débarrasse définitivement des Magonides et institue le tribunal des Cent-Quatre qui surveille étroitement les généraux, substitués aux rois à la tête des armées. Le pouvoir réel est aux mains de comités secrets peu nombreux qui se recrutent par cooptation. Vers 360, Hannon le Grand, chef du parti « nationaliste », essaie vainement de renverser le régime oligarchique.
La lutte contre les Grecs de Sicile devient moins âpre après la mort de Denys Ier (367). La diplomatie carthaginoise suit de près l'évolution de la situation en Italie péninsulaire ; en 348, la vieille alliance avec Rome est renouvelée ; cette dernière en profite pour subjuguer la Campanie et le Latium. Carthage incite ses alliés étrusques à conserver la neutralité pendant les guerres samnites ; elle finira par sacrifier l'alliance tyrrhénienne à l'alliance romaine. Cependant, les Grecs reprennent l'offensive en Sicile avec Timoléon, qui inflige une grave défaite à l'armée punique au Crimisos (339), et surtout avec Agathocle, qui prend le pouvoir à Syracuse en 312 et débarque en Afrique en 310. L'invasion provoque des troubles religieux et politiques graves à Carthage, et le roi Bomilcar tente vainement, une nouvelle fois, de renverser le pouvoir oligarchique (307). L'échec d'Agathocle et de Bomilcar permet au régime oligarchique d'atteindre son apogée, qui durera près d'un demi-siècle (307-263). Inquiétée un moment par l'impérialisme macédonien (Alexandre prend Tyr en 332), Carthage conclut une entente économique profitable avec la dynastie lagide qui domine l'Égypte, la Palestine et la Phénicie. Elle accueille largement les influences grecques venues de Sicile, d'Italie méridionale et d'Égypte. Aristote, qui étudie sa constitution vers 330, la compare à celles des cités grecques qu'il considère comme les mieux gouvernées. Dominant économiquement la Méditerranée occidentale et entretenant de bonnes relations avec l'Orient, l'État punique jouit d'une grande prospérité.

Encyclopædia Universalis

Baal Shamîm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Baalshamin

Baal Peor (Belphégor)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Belph%C3%A9go...ivinit%C3%A9%29
Dans la Bible, les croyances reposent sur des « signes », des « témoignages ». Ces signes sont à la fois les miracles de l'Exode et les préceptes de la Loi énoncés par Moïse ; ce sont les signes prophétiques annonçant que Yahwé agit dans l'histoire pour châtier les péchés de son peuple et pour récompenser ici-bas ceux qui lui sont fidèles. Or quel est l'enjeu ? L'enjeu, c'est la vie dans l'alliance exclusive de Yahwé avec Israël, car Yahwé est un Dieu jaloux qui punit les fautes des pères jusqu'à la troisième génération et qui n'admet pas d'autre « Baal » devant lui : « Vos yeux ont vu ce qu'a fait Yahwé à Baal Peor quand tous les hommes qui étaient allés à la suite de Baal Peor, Yahwé, ton Dieu, les extermina du milieu de toi » (Deut., IV, 3). Moïse lui-même, pour avoir douté un instant, fut condamné à mourir avant d'entrer dans la Terre promise. L'enjeu, c'est à la fois la vie et le monothéisme : Dieu est unique en tant qu'il est identifié comme Dieu de l'Alliance. Comment identifier un dieu ? Un dieu s'était révélé à Abraham, sous le nom d'El, dans les pays du Nord ; un dieu s'était révélé à Moïse sous le nom de Yahwé au pays de Madian, dans le Sud. Les deux traditions élohiste et yahwiste coexistent encore dans la Bible ; mais ces deux divinités (ou ces deux révélations) n'en firent qu'une en vertu de l'Alliance.
Encyclopædia Universalis
Bēl
http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C4%93l

Cycle de Baal
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_de_Baal

Yahvé
http://fr.wikipedia.org/wiki/YHWH



Ce message a été modifié par Okomarac - Tuesday 26 February 2008 à 14:37.
Sunday 24 February 2008 à 17:27
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S’il est vrai que même les dieux meurent, quelques uns d’entre eux, les plus anciens, ont fasciné les civilisations plus longtemps que les autres. Leurs cultes violents, en faisant appel aux plus profondes des pulsions humaines, en remontant dans la partie la plus sombre des psychés de leurs desservants, ont marqué davantage la mémoire des hommes. Rares sont les dieux qui peuvent se targuer d’une telle longévité. Baal, le vieux dieu Sémite, en fait partie : son culte a été célébré de ~ 3000 à l’époque romaine, sans discontinuer. Son nom, (« le maître »ou « l ‘époux » : synonymes révélateurs de sociétés où l’homme est le maître de son épouse) se retrouve dans tout le Moyen Orient, depuis les zones peuplées par les peuples Sémites, jusqu’aux colonies phéniciennes, au premier rang desquels on trouve l’immortelle Carthage, la ville dont le nom est à jamais attaché à celui du Dieu. Il est invariablement accompagné d’une divinité féminine dont les noms changent, Astarté, Ishtar ou Tanit à Carthage, la Tanit évoquée par Flaubert dans son magnifique Salambô. Baal n’est d’ailleurs qu’une appellation générique, c’est le second qualificatif qui révèle quel aspect de Baal est ici adoré : Baal Marcodès, Dieu des danses sacrées, Baal Shamen, Dieu des cieux, Baal Bek, le Baal solaire et surtout Hammon-Baal, le terrible dieu carthaginois…

Du Baal originel, on ne sait que peu de choses, mais des tablettes couvertes de signes cunéiformes, retrouvés dans les années 20 par une équipe d’archéologues français à Ras Shamra, dans l’ancienne Ougarit mésopotamienne, ont permis de retrouver la geste divine, dans ses grandes lignes. Le Dieu, dans un Panthéon dominé par la figure dominatrice du Dieu souverain El, fait d’abord figure d’intrus et doit mériter son rang. Il combat d’abord Yam, dieu des océans néfastes, avec l’aide d’Astarté. Il y gagne un côté très positif, celui de protecteur de la vie. Puis il se fait construire un palais, contre l’avis de El avec qui il s’oppose, avant de plonger dans un combat perdu dans la gueule de Môt, la mort déifiée. C’est la sœur de Baal qui finit par faire rendre gorge à l’infâme Môt, libérant un Baal furieux qui fait éclater sa colère sous la forme d’un orage effrayant mais là encore vivifiant. 7 ans plus tard, un nouveau combat entre les deux divinités tourne à l’avantage de Baal. Le mythe se charge d’épisodes prouvant un anthropisation poussée, et contenant nombres d’anecdotes mettant l’accent sur les faiblesses divines, qui sont les mêmes que celles des hommes : goût pour le vin et l’ivresse, obsession du sexe et de l’impuissance…

Avec l’époque hellénistique, la culture grecque et ses dieux recouvrent souvent les cultes de Baal d’oripeaux grecs, identifiant Astarté à Aphrodite et Baal à Zeus dans tout le monde maîtrisé par Alexandre et ses héritiers. L’hellénisation transforme au passage ces vieux cultes agraires, animistes, en cultes aux cérémonials plus élaboré, comportant des degrés d’initiation et de connaissances, dont nous ne connaîtrons jamais le détail, perdu à jamais. C’est Carthage qui nous laisse deviner avec le plus de précision l’un des aspects qu’eurent ces Baal tardifs. La mieux connue et la plus puissante des colonies phéniciennes rompit en 480 avec sa métropole, au lendemain d’une bataille perdue. Le culte local de Baal refléta cette évolution, se concentrant sur le culte lié des deux divinités Hammon-Baal et Tanit, le Jour et la Nuit, le Soleil et la Lune. Les Grecs ne s’y trompèrent pas et le couple divin des Carthaginois n’est plus associé à Zeus et Aphrodite mais à Saturne (ou Cronos) et Héra, la sauvagerie des temps originels alliée à l’austérité de l’époque de Zeus. Changement significatif pour Baal. Les Grecs ne l’identifient plus comme la sagesse même, mais bien à la violence et aux mythes les plus violents de la théogonie hellène : rappelons que Cronos mangeait ses propres enfants, que Saturne représente toute la sauvagerie originelle, la folie des temps premiers. Les sacrifices que la ville organisait pour le plaisir du Dieu sont les plus connus, parce qu’ils ont marqué la mémoire des contemporains comme au fer rouge. Diodore de Sicile, qui connaît d’autant mieux Carthage que les luttes furent permanentes entre les Grecs et Carthage pour le contrôle de la riche Sicile.

En 310, vaincus et assiégés par les Grecs de Sicile, Carthage souffrait de manque d’eau. Les prêtres, pour se faire pardonner leurs péchés par Baal, organisèrent un holocauste, ces sacrifices de grande ampleur (tel est le sens premier du mot) qu’on appelle aussi, dans un vieux terme hébreu passé en langue punique, des Moloch. Selon Diodore, 500 enfants de la noblesse furent exécutés de la plus atroce des façons. Un immense Baal trônait sur la place centrale de la cité. Il était creux, et l’on entretenait à l’intérieur un immense brasier. Les bras de la statue, articulés, emportaient les enfants, encapuchonnés de noir, dans la gorge béante où ils étaient précipités vivants, sous les yeux d’une foule que Diodore de Sicile décrit ivre de joie démente et de folie meurtrière. Selon lui, des hommes et des femmes, rendus fous par la foule surchauffés, se poignardaient mutuellement, se précipitaient dans le bûcher. Baal dut être content : un orage s’abattit sur la ville, noyant la démence collective sous les trombes d’eau et remplissant les citernes. Le plus fou est que ce massacre dément fut fait pour absoudre un péché de la noblesse - toutes les petites victimes, nous l’avons dit, était nobles. Quel péché ? Celui de n’avoir pas perpétué l’antique tradition qui voulait que le premier rejeton de chaque famille noble soit immolé, afin de garantir le destin de la suite de la descendance. Rites de sang et de feu qui choquèrent profondément leurs adversaires grecs - dont les derniers sacrifices humains ne remontaient peut-être pourtant pas si loin. Mais la puissance supposée de ces rites avaient conduit chez les uns comme chez les autres à leur adoucissement, et au remplacement de divinités humaines par des substituts, animaux ou végétaux offerts en ersatz, si l’on ose dire.

Le plus fou est que tout cela recommença, provoquant la même horreur. Si l’histoire ne se répète pas, il lui arrive de bégayer. Au lendemain de la première guerre punique, dans laquelle s’étaient affrontés Carthage et Rome, alors puissance montante en Méditerranée, les mercenaires engagés par Carthage, lassés d’attendre une solde cent fois promise et jamais payée, firent le siège de Carthage, réussissant à prendre la première des trois enceintes. Les mêmes causes produisirent les mêmes effets. Les mercenaires, emmenés par Mâtho - c’est tout le contexte du roman de Flaubert, crevèrent les tuyaux de l’aqueduc qui ravitaillait la cité en eau potable. Plutôt que de payer enfin ses dettes, le Conseil des Anciens décida alors de réitérer le Moloch. Chaque famille de Carthage, et non plus seulement les nobles, dut livrer un enfant pour le sacrifice. Le jour suivant, la foule se pressa en masse sur la place, devant le temple de Moloch. Un pan du mur avait été abattu afin que l’on puisse sortit le Dieu d’airain au grand jour. Le feu avait été entretenu une bonne parti de la nuit. La foule commença à défiler, jetant au feu, à travers l’énorme bouche incandescente, bijoux et richesses. Les offrandes étaient de plus en plus belles, la folie semblait grandir au fur et à mesure. Les prêtres, sur les côtés se balafraient le visage. Des membres du clergé, les Dévoués, s’appliquèrent mille supplices, se perçant la poitrine de pointes de fer, , se fendant les joues, sa lacérant tout le corps. Puis l’on poussa le premier enfant. Un prêtre étendit sa main sur lui, et le chargea de tous les péchés du peuple pour satisfaire la colère de Baal. Partout retentissaient les cris « Seigneur, mange ! », « Verse la pluie, enfante ! »…

Puis tous défilèrent, le visage et le corps masqués pour ne pas voir et pour que dans la foule, aucune mère, aucune sœur ne reconnaisse un fils ou un frère et ne s’effondre en hurlant sa douleur. Il fallait qu’aucun Carthaginois ne faiblisse. On dit qu’il y eut autant de victimes que l’année solaire compte de jours, mais le chiffre fut vite dépassé. Cela dura des heures, et les mercenaires, massés sur la première enceinte, purent voir, horrifiés, le colosse gavé se mettre lentement à rougeoyer, et à vaciller presque, peinant à consumer toutes les victimes de cette folie collective. Les prêtres plongeaient les mains dans les cendres encore chaudes, le rejetant sur la foule amassée au pied de l’édifice. Dans cette frénésie collective, cette ivresse monstrueuse, comme cent ans plus tôt, la soirée ouvrit la voie à une Saint-Barthélémy païenne où les assassinats succédaient aux sacrifices improvisés. Les Carthaginois, gorgés d’horreur, furent là encore récompensés par un orage qui remplit les réservoirs. Le lendemain, les mercenaires levèrent le siège en pataugeant dans la boue. Carthage était sauvée. Baal avait triomphé de ses ennemis.

Il fallut attendre la destruction de la ville, par Scipion, pour que meure le culte de Baal sur la côte africaine autour de Carthage. L’épisode avait tant marqué les esprits que le sol fut maudit, et salé pour que rien, jamais, n’y repousse. Telle était la haine romaine pour la vieille cité punique, qu’il fallut attendre près de 200 ans avant qu’Auguste ne refonde la cité, dont le site était excellent. Ainsi meurent les dieux, quand d’autres dieux plus puissants qu’eux finissent par l’emporter grâce aux peuples qui les révèrent. Mais ils meurent lentement. Combien de pratiques domestiques aujourd’hui disparues perpétuèrent-elle quelque temps les rites maudits de Moloch-Baal ?

source:Inquisitor
Sunday 24 February 2008 à 18:41
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Bien des cultes soit disant révolus ont encore lieu de nos jours.
Monday 25 February 2008 à 14:18
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Moloch Baal

Baal est un dieu à la base même de nombreuses croyances actuelles, alors que peu connaissent ce dieu phénix, qui renaît à chaque orage. Baal signifie " seigneur, maître " en sémite. Il fut vénéré tout au long de l'antiquité, traversant les ages, changeant de nom sans jamais perdre sa dimension de dieu colérique mais bénéfique.

S'appelant tour à tour Bel-Marduk, Belos ou Zeus-Belos chez les Grecs. Son culte perdura de -3000 ans jusqu'à la fin de l'époque romaine. Initialement Baal n'était qu'un simple Dieu local, changeant selon les villages, il pouvait être Baal Bek, le Dieu solaire (qui donna son nom à la ville), ou Bel Zebuth, le Dieu des mouches. La croyance la plus répandue de Baal fut sans conteste celle du dieu de l'orage, un dieu craint de tous mais cependant attendu pour ses bienfaits. Sa soeur et aussi amante, Astarté (aussi nommée Ishtar, Tanit ou Anat)la vache céleste, protectrice de la sexualité et la fécondité, ramène Baal après chaque sècheresse, pour qu'il puisse oeuvrer. Le mythe de Baal raconte ses combats pour devenir un dieu reconnu de tous, aidé par sa soeur. Bien que Baal s'opposa à Môt, déesse de la sécheresse, durant un combat qui les opposa deux fois, celui-ci s'attacha à cette déesse. Durant la période grecque, Baal fut " récupéré ", on lui donna le nom de Zeus-Belos, ou Zeus tout simplement.
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Une des versions les plus connu de Baal est sans conteste son Culte à Carthage, ou il pris le nom d'Hammon Baal et où toute l'ampleur de la sauvagerie de son culte fut révélée. Astarté prit alors le nom de Tanit, et le couple fut vénéré comme deux opposés se complétant. En 310 Carthage subit le siége des Grecs. Retranchée derrière ses murailles, elle n'était plus alimentée en eau. Les prêtes voyant dans leur malheur la juste punition de leur péché. Celui de ne pas avoir perduré une tradition ancestrale, chaque famille devant immolé à la gloire de Baal leur premier enfant. Pour conjurer le mauvais sort, les prêtres firent dresser une statue immense de Baal, entièrement creuse, où ils attisèrent un brasier. La foule se réuni alors autour de la statue rougeoyante et les prêtes jetèrent à l'intérieur les enfants de Carthage. La joie du sang et de la mort s'empara des Carthaginois, ravit de cette effusion de sang. Baal y trouva aussi son compte : Il répandit sur la cité en liesse des trombes d'eau. Cet épisode se répéta dans l'histoire de Carthage, mais à ce moment là cette antique cité était plus forte que jamais. Ce fut les mercenaires engagés par Carthage elle-même qui s'attaquèrent à la ville, lassés d'attendre leur du. Encore une fois assiégée et privée d'eau, Carthage réitéra son Holocauste (appelé alors Moloch par les Carthaginois). Et la folie se répéta, les Carthaginois allumèrent un brasier dans l'antre de la statue de Baal, la foule prise de joie jeta ses biens les plus précieux dedans. Alors les prêtres prirent les enfants, les chargeant des péchés des Carthaginois avant de les offrir à Baal. La foule s'abreuva de cette folie. Les mercenaires au loin pouvaient voir l'immense statue portée au rouge et sentir l'odeur de la chair qui brûle. Baal fut encore ravit, et l'eau tomba une fois de plus sur Carthage. Est-ce la folie des Carthaginois ou la peur de Baal qui poussa les Mercenaires à lever le siège le jour suivant ? Nul ne le saura.

Le culte de Hammon-Baal et de Baal en général pris fin avec le rasage de Carthage par Scipion. Le sol fut salé pour que rien ne repousse sur cette terre maudite. On retrouva des traces de Baal dans la Bible, apparaissant comme l'avatar même des faux dieux (par opposition au vrai Dieu de la Bible). Il perdure dans notre société sous la forme de Satan, la version christianisée de Baal.

http://www.dark-refuge.com/fantastique/moloch-baal.php





Marduk, Bel, Baal, Belos

Tout au long de l’Antiquité et sous des noms différents, diverses civilisations adorèrent le même dieu : il s’appelait Bel-Marduk chez les Babyloniens, Hadad chez les Syriens, Baal chez les Sémites, les Grecs l’appelèrent Bélos ou Zeus-Bélos. En akkadien, Bel signifie « le seigneur ».

Marduk

Dieu tutélaire de Babylone qui résidait dans son temple, l’Esagil. Fils d’Ea et père de Nabu. On le représente avec de larges oreilles, symbole d’un vaste entendement, et armé de l’arme coudée avec laquelle il a abattu Tiamat, le chaos, figuré à ses pieds. C’est durant le règne d’Hammourabi que Mardouk acquiert la prééminence sur les autres dieux sumériens dont il absorbe en partie les attributs.

Chaque année au nouvel an, les dieux de Babylone et de Borsippa viennent lui rendre hommage ; une grande procession s’organise sur la voie sacrée. Le huitième et le onzième jour, les dieux se réunissent dans son temple, le saluent avec crainte, se tiennent agenouillés devant lui pendant que les destins se fixent irrévocablement pour l’année entière. La suppression de ces solennités, en temps de guerre ou de malheurs publics, était une calamité dont on faisait mention dans les annales de la cité.

Bêl

Principale divinité de Palmyre, ce que traduit la monumentalité de son temple. Son nom est emprunté à Bêl-Marduk de Babylone mais il s’agit en fait d’une divinité autochtone, Bôl, à rapprocher du Baal phénicien, qui signifie « maître ». Il est vénéré dès le Ier siècle av. J.-C représenté sous la forme d’un astre ou d’un aigle aux ailes déployées, ou encore d’un dieu soldat.


Baal-Hammon

C’était le grand dieu de Carthage, le maître du tophet, le seigneur du brasier où il reçoit symboliquement les nourrissons en offrande. Il constitue le principe mâle qui régit la lumière, le feu, la chaleur. Le taureau lui est consacré et sa représentation sidérale est le soleil.

http://www.cliolamuse.com/spip.php?article129



A lire : Herodote .net "Les Phéniciens"

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Ce message a été modifié par Okomarac - Thursday 06 March 2008 à 14:31.
Monday 25 February 2008 à 21:02
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Ahura Mazda



Ahura Mazda est la » divinité abstraite et transcendante du zoroastrisme » (du vieux-perse Aura-Mazdâ, « Seigneur-Sagesse »). Esprit suprême selon l’ Avesta il a donné naissance a deux principes qui sont opposés : Spenta Mainyu (l'esprit Saint ou le bon choix) et à Ahra Mainyu (le mauvais choix). Ahura Mazda transcende certes les éléments du monde physique, mais il demeure aussi le pôle de la lumière essentielle,père d Atar , ce dernier se manifestant par le Feu Primordial ,lumière métaphysique qui engendre les illuminations des astres du cosmos…
L opposition des deux entités existait déjà dans le Zervanisme( http://fr.wikipedia.org/wiki/Zervanisme ), Ormuzd (AuhrMadzd ou Ormudz, contraction pehlevienne de Ahura Mazdâ) et Ahriman (contraction pehlevienne de Ahra Mainyu) sont dominés par Zervan (le temps-sans-bornes).Ormuzd , ennemi d’Ahriman(représentation du mal) porte l' arta :sagesse et vérité !




Ahura Mazda est souvent représente par ce disque ailé,très présent a Persepolis et chez les achéménides…Mais selon Paul de Breuil ce disque ne représente pas Ahura Mazda mais l’ Ange qui se trouve dans la sphère du Soleil ,un prêtre de Mardouk vêtu à la mode védique sortant du disque solaire ailé…

Darius Ier dans ses inscriptions le désigne comme le « plus grand des dieux » ,considéré comme l’origine du pouvoir royal.Il est souvent assimilé à Zeus par les Perses et les Grecs(ainsi dans les écrits de Xénophon,Herodote ,Quinte Curce ou le « char sacré de Zeus » est consacré en vérité à Ahura Mazda….)


( d après Wikipedia)


Ce message a été modifié par sandie72 - Monday 25 February 2008 à 21:15.
Tuesday 26 February 2008 à 16:43
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AHURA-MAZDA


LE ZOROASTRISME



Les textes fondateurs du Zoroastrisme sont regroupés dans l'Havesta, collection de traités et de poèmes. On y trouve le Yasna, ensemble de textes liturgiques, dans laquelle est insérée la Ghatta .


A. ZARATHUSTRA : la dimension éthique

1) Vie de Zoroastre

On ne sait pas ni ou ni quand il est né, mais on peut se fier à la légende. Il aurait vécu au IXe siècle av. J-C. Fils d'un prêtre païen, il aurait été illuminé vers 30 ans. Il parvient à convertir le Roi VISHTAPA / HYSTAPES, père de DARIUS I LE GRAND, et gouverneur d'Iran de l'Est. En fait, Zoroastre aurait rencontré l'ange VOHU MANAH, qui l'aurait mené au Dieu AHURA-MAZDA. Celui-ci lui aurait demandé de combattre le polythéisme et de prêcher une religion purifiée. Mais sa carrière est interrompue brutalement à 77 ans, car on l'assassine lors d'une défaite de Vishtapa.

2) Conceptions religieuses

Son Dieu, AHURA-MAZDA est unique et céleste. Les autres dieux ne sont que de mauvais esprits, qui veulent détourner les esprits faibles du droit chemin. Le droit chemin, c'est l'adoration de l'Esprit. DRUJ, le mensonge, est une force maléfique qui combat AHURA-MAZDA. Mazda, c'est la lumière (c'est d'ailleurs l'origine du nom d'une marque de piles électriques) et il faut l'adorer en sacrifiant au feu. C'est ainsi que les zoroastriens adorent le feu ( "firuz " en Persan) et construisent des Temples du Feu un peu partout.

Un bon religieux est un gentilhomme, aimable avec ses voisins, sociable, et qui résiste aux adorateurs des Daevas ( Dieux) qui menacent sa paix de fermier. Souvenons-nous, à ce propos, que les Iraniens étaient presque tous des paysans à cette époque, où les Perses commencent peu à peu à se sédentariser et à passer de nomades à fermiers.

D'après Zoroastre, la vie toute entière n'est qu'un grand combat cosmique où le bon père de famille doit affronter les agents de DRUJ, ORMAZD et HARRIMAN. Cette bataille finira par le résurrection des morts et le Jugement Dernier : les réssucitées traversent le CHINVAT, petit pont menant au repos éternel. Mais si leurs péchés sont trop lourds, ils tombent, et alors là,...

B. LES ACHEMENIDES - dimension rituelle


Les prêtres des Mèdes, les MAGI ( d'où provient le mot " magique") se convertissent au Zoroastrisme, devenu religion dominante. Ils en administrent le culte et l'améliorent par l'introduction de rituels magiques.

C. LES SASSANIDES - dimension doctrinale


Ils se posent des tas de questions métaphysiques et mettent sur pied toute une doctrine complexe. Ainsi, la Théorie de l'Histoire est caractérisée par 4 grandes ères, durant chacune 3000 ans :

a ) Dieu amène les Anges à la vie

b ) Le premier homme, GAYOMARD, et le premier animal vivent seuls, parfaits et heureux.

c ) L'esprit du mal les attaque et les détruit; de leurs cendres naissent des hommes et des animaux mortels, mélanges de bien et de mal.

d ) ZARATHUSTRA arrive sur Terre pour sauver les hommes et écraser, avec l'aide de SHOSHYAN, les esprits du mal de sorte que l'Univers puisse retourner à l'état pur.



Tout serait si simple, si on avait trouvé une réponse cohérente à la question " D'où vient le mal ? Qui l'a créé ? ". La réponse standard est que c'est ZURVAN, le Temps Infini, sorte d'entité au-dessus du bien et du mal, qui a généré en même temps MAZDA et DRUJ .




http://ftp.vub.ac.be/~jmalek/zoroastrisme.html


Wednesday 27 February 2008 à 13:42
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Le mazdéisme, la religion des mages

Jean-Paul Roux
Directeur de recherche honoraire au CNRS Ancien professeur titulaire de la section d'art islamique à l'École du Louvre

Dans l'Iran ancien était vénéré le dieu Ahura Mazda, le Seigneur sage, omniscient ; d'où le nom mazdéisme donné à cette religion traditionnelle, la plus ancienne à s'être pérennisée – parfois sous la dénomination de zoroastrisme, par référence au prophète Zarathoustra/Zoroastre. Il y a quelque 2 000 ans, le mazdéisme croisa sur sa route le christianisme, et il compte encore des adeptes en Iran et en Inde… Pour mieux comprendre sa nature et son histoire, nous nous sommes adressés à Jean-Paul Roux, spécialiste de l'histoire comparée des religions.


LIRE LA SUITE

Saturday 01 March 2008 à 14:25
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Introduction a l 'étude du culte de Mithra:les origines....



Origines de Mithra…

Dieu d’origine indo-iranienne, son nom (mitra en védique) signifie « ami », »contrat »
Dieu bienveillant,protegeant la justice et l’ordre du Monde, il est dieu du serment, de l’alliance.Il est mentionné pour la première fois dans un traité conclu entre des rois orientaux - dans des régions qui correspondent à l'Asie Mineure et à la Mésopotamie - vers 1380 av. J. -C.

Bien que les conceptions de Zarathoustra affirmant l’existence d’un dieu souverain et supreme(Ahura Mazda) ,s opposant à l esprit du mal et bannissant les « anciens dieux » assimilés alors à des démons,rencontrent un grand succès,Mithra continue d être honoré
étant, en tant que Dieu lié à la lumière, le protecteur aussi bien des troupeaux que des soldats…

Mithra fut vénéré chez les Perses au VIème siècle avant J. –C par un culte officiel, en tant que divinité tutélaire du souverain…Ce culte fut pratiqué après la chute de l empire perse par d’ autres royaumes comme ceux d Arménie et du Pont(les rois du Pont prenant le nom de Mithridate : donné par Mithra)

Au premier siècle avant J.- C., des éléments de la mythologie gréco-romaine se mêlent aux légendes concernant Mithra, faisant de ce dernier un dieu hellénisé : on rapproche par exemple Mithra du dieu solaire Hélios – Apollon....


pour en savoir plus...


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Thursday 06 March 2008 à 12:25
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MITHRA

Texte d'un internaute .



Mithra, dieu du soleil chez les mèdes (perses) est une divinité très ancienne, dont les premières apparitions remontent autour du 14eme siècle avant notre ère.
Mithra, dérivé du védique "mitra", signifie "ami", ou "contrat". Il est notamment chargé de réguler le mouvement des astres dans le ciel, mais aussi de diriger la vie des hommes et des rois perses. Longtemps considéré comme l'égal d'Ahura Mazda, il sera cependant déclassé et en partie oublié suite aux réformes entreprises par zoroastre.
Pourtant, il est amusant de constater que quelques siècles après ces réformes, le polythéisme que zoroastre avait tant combattu, revint sur le devant de la scène, réintroduisant ces divinités jamais vraiment oubliées.

Sous le reigne d'Artaxerxès II (autour du 3/4eme siècle av JC), Mithra devient le dispensateur du pouvoir royal, son représentant, mais également le garant des traités et des serments. Il commence alors à revêtir également un aspect très important de sa personnalité: celui de protecteur des combattants. Ainsi, on commence à voir les armées perses vénerer Mithra et l'invoquer avant la bataille afin d'obtenir sa bénédiction dans l'espoir de survivre au combat.

De la perse à l'europe occidentale

Pendant des siècles, l'empire perse fut véritablement gigantesque (plus vaste encore je pense que l'empire romain!), sous les achemenides, il s'étendait de la Lybie aux bords de l'Inde! Ainsi, le mithraisme traversa les frontières de l'iran, pour se rendre notamment en égypte. Au 1er siècle avant JC, le mithraisme est ramené au cours des campagnes orientales menées par le général pompée, et les légionnaires romains introduisent alors les fondements du mithraisme en italie, qui se répendit alors en gaule puis en germanie et en espagne.
A travers tout l'empire, des lieux de pelerinage lui furent consacrés.
Beaucoup de personnes se demandent encore aujourd'hui pourquoi cette divinité avait supplanté sans difficulté le dieu Mars, dieu de la guerre chez les romains. En fait l'explication est simple, et se trouve dans les notions qui étaient inculquées par mithra: vérité, honneur, courage, fraternité et discipline.
A là vu de ces notions, on ne peut que remarquer les flagrantes ressemblances avec les notions inculquées par l'armée: courage, honneur, fraternité et discipline. Rien d'étonnant donc à ce que les légionnaires l'aient préféré à Mars (qui lui était plutôt considéré comme un dieu décadent, fourbe et vil, aimant le sang et le combat POUR le combat, ce qui était diamétralement opposé à la conception de Mithra)

Mais c'est principalement au cours du 2eme et 3eme siècle après JC que le mithraisme connaitra son apogée en occident, où il devient alors la religion principale des soldats de l'armée romaine. L'empereur romain Commode ira jusqu'à se "convertir" au mithraisme et à se faire initier afin d'accroitre son influence sur l'armée, et l'empereur Aurélien proclamera le mithraisme comme religion officielle de l'empire! A cette époque, rien ne laissait présager que le christiannisme pourrait un jour prendre le dessus....

Le mithraisme: saga d'un déclin annoncé

Après la nomination du mithraisme au rang de religion d'état sous le règne d'Aurélien, le christiannisme ne fut plus persécuté, et très vite, il commenca à s'infiltrer dans les cours et les palais.
A cette époque, l'empereur Constantin, adepte de Mithra, chercha à dominer pleinement la vaste superficie de son empire. Il eu une "révélation" en comprenant que la religion serait pour lui le moyen d'asseoir son autorité. Il comprit alors que le christianisme qui commencait à prendre de l'essor, serait le meilleurs moyen pour lui de réformer le système.
Ainsi, en 312 ap JC, il se convertit au christianisme. Néanmoins, que personne ne se méprenne, Constantin n'a jamais abandonné sa foi en mithra, bien au contraire même. Son objectif était de réformer le système mithraique pour que le christiannisme évolue et se transforme progressivement en une vénération totale de mithra.
Ainsi, en 313, il rédige le fameux édit de Milan, qui proclama la liberté de culte, et la possibilité pour chacun de vénérer Dieu sous la forme qui lui plaisait.
Toujours dans son objectif d'élever mithra au rang de divinité suprème, il fit rédiger un édit qui fixa que le dimanche (jour du soleil, donc jour consacré à mythra) comme jour de fête obligatoire, et commenca la conversion officielle des fêtes mithraiques en fêtes chrétiennes.

Malheureusement, à la mort de constantin, sa volonté de réforme se perdit, et malgré tous les efforts réalisés par l'empereur Julien, plus jamais le mithraisme ne put se relever. Au 4eme siècle, il disparut progressivement de la scène et tomba dans l'oubli....


Les traces du mithraisme

Le mithraisme a énormément influence le christiannisme, non seulement grace aux réformes de constantin, mais aussi par volonté des papes successifs d'adapter leur religion pour que le peuple l'accepte mieux.
L'élément qui à mon sens est vraiment le plus marquant, est Noël.
La fête la plus importante dans le mithraisme se situait au jour du Solstice d'hiver, car il s'agissait du jour de naissance de Mithra et la victoire de la lumière sur les ténèbres. Ce symbolisme trouve racine dans le fait qu'à partir du solstice d'hiver les jours s'allongent de plus en plus avec la montée du Soleil vers le Nord.
Vous vous dites alors: "mais pourtant, le solstice d'hivers est le 21, non le 25!"
En fait, l'attribution du 25 décembre par les Romains pour le solstice d'hiver est le fruit d'une erreur dans la réforme du calendrier romain. Comme vous le savez, Jules César fait créer autour de -40 je crois un nouveau calendrier, le calendrier Julien. Ce calendrier avait fixé le début des saisons comme suit:
_le printemps le 25 mars
_l'été le 24 juin
_l'automne le 24 septembre
_l'hiver le 25 décembre
Mais à chaque fois, ces dates étaient erronnées de quelques jours. On attribua donc le 25 décembre au solstice d'hiver, et donc à la naissance de Mithra. Ce fut le pape jules 1er qui fixa la naissance du christ au 25 décembre (dans la bible, aucun passage n'indique la date de naissance du christ, et les textes de Luc prouvent que dans tous les cas il est impossible que jésus soit né en décembre)

Le saviez vous?
_ le jour du seigneur, le dimanche, était sacré pour les adeptes du mithraisme, c'est pour cette raison que le dimanche (jour du soleil) fut également considéré comme sacré chez les catholiques.
_le baptême chrétien, l'utilisation de musique et de l'eau bénite proviennent du culte de Mithra
_Le clergé a lui emprunté le titre de "père" aux prêtres de Mithra (alors que cela était formellement interdit d'appeller quelqu'un "père", car pour jésus, le seul "père" est Dieu lui même)




A lire :


© Clio la Muse - Mithra et le mithraïsme
Au III e siècle, le mithraïsme concurrence dans l’armée et l’administration un christianisme en plein essor. Il faillit devenir la religion officielle de ...

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Ce message a été modifié par Okomarac - Thursday 06 March 2008 à 12:44.
Thursday 06 March 2008 à 14:09
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LE MITHRAÏSME A-T-IL INFLUENCE LE NOUVEAU TESTAMENT ?

par Andronicus Khandjani

Il n’est pas rare de tomber sur un livre traitant sur la civilisation iranienne ou une certaine période des antiquités romaine dans lesquels, il est question d’une certaine influence du mithraïsme sur la foi chrétienne. On parle assez souvent d’analogies éloquentes pour ne part dire troublantes entre le christianisme et le mithraïsme pour conclure à l’influence de cette secte supposé d’origine mazdéenne sur la foi chrétienne. On commence par l’allusion bien connue à Noël, dont la date pour évoquer des épisodes entiers de la narration évangélique et même des reprises mithriaques dans le corpus paulinien.

Parmi les similitudes évoquées il est question de :

1. La naissance virginale : Mithra serait né le 25 décembre d’une vierge

2. Il a été adoré à sa naissance par des bergers

3. Il a été au cours de son ministère terrestre assisté par 12 compagnons

4. Il a instauré une sainte cène incluant du pain et du vin

5. Il s’est sacrifié en tant que grand taureau solaire pour le salut de l’humanité

6. Il a ressuscité le troisième jour

7. Sa résurrection était célébrée chaque année à une date proche de la pâque

8. Il est présenté comme le bon berger, l’agneau parfait et le lion invincible

9. Le culte mithriaque était célébré les dimanches

Des analogies citées plus haut, on a souvent conclu que le christianisme avait beaucoup emprunté au mithraïsme. A partir de la fin du dix-neuvième suite à la publication des « investigations historiques » de Cumont, le premier « mithraïsant », l’influence du mithraïsme est devenue une évidence. Nous allons, à travers cette étude, qui va interroger les données historiques et philosophiques, démontrer que nous avons à faire à un mythe scientiste développé autour de ce personnage de la mythologie indo-européenne, en d’autres termes, d’un mythe sur le mythe.

Il s’agira au cours de cette étude d’interroger l’histoire sur :

-Les origines du mithraïsme

-Ses analogies avec le christianisme



1. Les origines du mithraïsme

Il s’agit sans doute d’une des questions les plus difficiles dans la mesure où les témoignages que nous possédons du passé excluent l’idée d’une origine simple du mithraïsme. Par contre on peut il serait plus commode de commencer par les péripéties historiques de ce dieu du panthéon aryen.

Pour autant que l’histoire nous renseigne, Mithra a été sans doute un des vieux dieux de la mythologie indo-iranienne. Associé à la lumière et partant au soleil, il a été adoré par les tribus aryennes qui allaient s’emparer du plateau iranien et du sous-continent indien. Il fait toujours partie du panthéon indien même si Indra lui aura ravi, entre-temps, la dignité de divinité solaire.

C’est par le biais de sa version iranienne que Mithra sera connu des Grecs et partant du monde méditerranéen. Là aussi le dieu aura connu des hauts et des bas. Il est d’abord adoré comme tous les autres vieux dieux aryens. La réforme de Zoroastre qui correspond à l’arrivée des exilés de l’Israël du Nord, tentera d’imposer le monothéisme absolu autour d’Ormuzd ou Ahura-Mazda dans lequel les autres divinités ne trouveront plus de place. Le mazdéisme, dans sa forme officielle, s’accommodera finalement des vieux dieux du mazdéisme en les reléguant au rang d’anges. Sans doute trop populaire, il devient rapidement un élément important du culte zoroastrien : il sera l’intermédiaire entre Ahura-Mazda et Ahriman, puis celui qui conduit les âmes après leur mort. Il ne faudra donc ce haut personnage céleste de qui dépend le futur de l’âme. Par la force des choses, Mitra rétrogradé au rang d’ange, retrouve peu à peu ses prérogatives divines, comme le témoigne les nombreux noms théophores où Mithra apparaît, dans la forme Mithridate[i], le Mehrdad du farsi moderne. Il s’agit, en l’occurrence, de hauts fonctionnaires de la cour ou de l’administration impériale, ce qui nous suggère que la divinité était encore très vénérée ou adorée dans des classes influentes de la société iranienne. On a même suggéré que les Mages étaient mithraïstes. Il ne s’agit que d’une supposition.

Sans doute éclipsé à l’époque séleucide, le culte de Mithra reviendra en forces à l’époque parthe où il fait partie de la triade suprême aux côtés d’Ahura-Mazda et d’Anahita (l’Athéna des Iraniens). On peut encore visiter en petite Arménie, sur un site magnifique les vestiges d’un temple dédié à cette triade désormais irano-indienne.

2. La pénétration du mithraïsme dans le bassin méditerranéen et en Europe

En parlant de mithraïsme, il faut entendre le terme dans le sens le plus large dans la mesure où le culte de Mithra en Iran ne semble pas avoir constitué une religion, mais plutôt une réminiscence du proto-mazdéisme dans le mazdéisme dans un zoroastrisme édulcoré. En Mésopotamie, alors sous domination iranienne, le culte de Mithra se pénètre « de croyances chaldéennes et Mithra est assimilé au dieu du soleil (Chamach). Ce phénomène de syncrétisme se retrouve en Asie Mineure en Phrygie, notamment, la liaison s’opère entre le dieu «invincible» et les grandes divinités indigènes, Cybèle et Attis, association qui persista à Rome où le culte de Mithra se place sous la protection de la dévotion à la grande Mère. »

Les Parthes, l’une des dernières tribus aryenne à arriver dans le plateau iranien, étant plutôt adorateurs de Mithra, le culte se répandra en Asie Mineur, sans doute grâce aux Mithridate du Pont qui s’affranchissent bientôt de la tutelle Arsacide. Doit-on chercher dans cette dernière période de l’indépendance pontique, les origines du mithraïsme, en tant que religion ? On peut en douter. Il faut toutefois retenir que la fin de la dynastie royale pontique, peut être considérée comme le début d’un nouveau processus de syncrétisme du culte de Mithra. Le culte signalé par Plutarque en Cilicie est sans doute très différent de celui pratiqué deux siècles plus tard dans les régions occidentales de l’empire romain.

C’est aux alentours du deuxième siècle que le mithraïsme romain fait son apparition. On a voulu chercher dans la conquête par Trajan de l’Iran occidentale et l’explosion de la population mithriaste, une relation de cause à effet. Cela est probable, mais il faut aussitôt constater que le culte qui va se développer n’est plus « iranien » proprement mais qu’il porte la marque de nombreux syncrétismes. Ceci pour dire que le mithraïsme participe au phénomène hellénistique du deuxième siècle de notre ère comme d’ailleurs d’autres religions de mystères.

Le mithraïsme dans la version connu, « grâce à des indiscrétions », pour retenir l’expression de Franz Cumont prend la forme d’une société ésotérique qui présente certaines similitudes avec la gnose chrétienne laquelle donnera, à son tour, naissance au manichéisme. La confrérie aurait été divisée en sept grades : les soldats, les lions, les corbeaux, les griffons, les perses, les soleils et les pères. Il fallait, semble-t-il, gravir les échelons par diverses étapes initiatiques. Cela n’est pas sans rappeler le phénomène maçonnique. Y a-t-il un lien « génétique » entre ces deux mouvements ? Les similitudes rapportées peuvent suggérer des liens. Il faut toutefois signaler que les ésotérismes ont finalement tendance à se ressembler.

Il est quelques fois question d’hymnes « mithriaques » en langue barbare, c’est-à-dire en avestique ou en parthe. On peut penser à la rigueur à des hymnes d’origine avestiques que les officiants ne comprenaient pas. Il semble toutefois exclu que les mithriaques aient possédé un canon comme la religion judéo-chrétienne.

3. Les relations entre le mithraïsme romain et l’Iran

Le culte mithriaque indo-iranien s’arrête sans doute sur les bords de l’Euphrate au sud et ne dépasse pas le Pont. Il souffre sans doute déjà dans ces contrées de phénomènes syncrétiques qui tendent à en faire une autre religion. Les évidences archéologies et l’étude de la religion iranienne exclut tout lien direct avec l’Iran. Il se peut que des religions locales aient assimilés leurs divinités à celui de leurs dirigeants aryens et que l’une de ses assimilations aient été à l’origine de la religion romaine. Y a-t-il eu en Iran un mithraïsme ? Rien ne permet dans les rites et les enseignements de remonter dans les antiquités iraniennes. L’idée d’une origine indo-iranienne du mithraïsme romain, avancée par le belge Franz Cumont, est tout simplement infondée. Il a été question de l’usage du persan ou d’une langue iranienne dans les cultes mithriaques, mais combien d’adorateurs de Mithra connaissaient les langues iraniennes pour pouvoir juger de l’«iranité » du « parler » qu’ils entendaient ?

Au niveau de la philosophie pratique, on pourrait au compte de l’empreinte iranienne inscrire l’idée de la loyauté en amitié et en camaraderie comme la pureté de l’action. Ces notions sont exprimées en farsi moderne par des lutigari, javanmardi, kardar nik dans les cercles de lutteurs et des sportifs traditionnels. On peut penser, à la rigueur, que cette philosophie sportive soit à la base des développements religieux et syncrétistes suivants. Il faut toutefois retenir qu’il s’agit de sportifs et des spécialistes d’arts martiaux et non de mages ou de prêtres. On serait passé de ces cercles d’arts où se pratiquaient les arts martiaux à un l’habillement religieux pour renforcer la cohésion des groupes. L’habillement religieux n’était peut-être que pour les nouveaux convertis, cela expliquerait la facilité avec laquelle les emprunts s’opéraient. Finalement tout ce qui pouvait renforcer le lien était bon. C’est d’ailleurs en ces termes qu’un mithraïsant iranien m’a caractérisé le mithraïsme. « Le Mehr [ii]», m’a-t-il dit, « c’est le lien, la force qui lie entre eux les éléments constitutifs de l’univers, les êtres. » Cette définition est sans doute exagérée mais elle est susceptible de nous mettre sur une nouvelle piste de travail. Il y aurait donc à la base une philosophie plutôt qu’un culte et une religion.



4. Les similarités

C’est sur le terrain empirique que nous entendons porter le débat :



1. La naissance virginale dans une caverne un certain 25 décembre : la narration lucanienne se serait servi du vieux mythe mithriaque pour raconter la naissance de Jésus.

Réponse : En dehors de la date approximative où le yalda est célébré, selon le mythe païen, Mithra serait né, dans des temps primordiaux, d’une pierre (la Petra generatrix) sous un arbre sacré et près d’une source primordiale. Selon une autre version, il serait né de l’œuf primordial, ce qui trahit, à tout le moins une influence des cercles orphiques (figure 1). Il n’est pas donc pas question d’une naissance virginale quelconque. Pour en revenir à la nuit de la yalda, notons d’abord l’origine sémitique du terme. Ce qui ouvre à la recherche plusieurs à plusieurs hypothèses de travail dont l’une n’exclurait pas une influence chrétienne.



2. Les bergers auraient été adoré Mithra à sa naissance, scène qu’aurait reprise la narration lucanienne.

Réponse : La scène mithriaque décrit la naissance de la divinité coiffée d’un bonnet phrygien. Il aurait assisté par des bergers lesquelles lui offrent les prémices de leurs récoltes. La scène étant situé avant l’apparition des hommes, comme le signale, un apologiste américain, on voit mal ce que viennent faire ces hommes. Doit-on y voir l’indice de deux états de la tradition mithriaque ? L’idée d’une influence de la tradition lucanienne expliquerait cet anachronisme.



3. Il aurait assisté, au cours de sa vie terrestre, de douze compagnons ou disciples.

Cette affirmation n’est confirmée par aucune source historique. Au niveau de l’empire romain, nous n’avons aucun témoignage et en se rapprochant de la source indo-iranienne, on constate ce même vide.

4. Il aurait instauré une sainte scène dont se serait inspirée la piété chrétienne.

Réponse : cette assertion, répété assez souvent, découle d’une réinterprétation par Cumont des la liturgie mithriaque à la lumière de la terminologie chrétienne. Il s’agit de suppositions émises par ce dernier, sans doute sous l’influence de l’immolation du taureau mythique par Mithra ou plus probablement par ce qu’il aurait d’une cérémonie impliquant l’usage d’un breuvage appelé haoma. Les apprentis historiens n’ont fait que répéter ici les fruits de l’imagination de Cumont, qui par association d’idée, a élaboré une théorie. La Sainte Cène chrétienne dérive directement du rituel pascal juif. A la rigueur, on peut trouver des éléments relatifs à cène pascal dans le livre de la Genèse où Melchisedek offre un repas sacré à Abraham incluant le pain et le vin[iii].

Rien n’interdit toutefois que certains milieux mithriaques se soient servis des symboles chrétiens à une certaine période de son évolution.

5. Il se serait sacrifié en tant que taureau primordial pour la paix de l’humanité.

Réponse : C’est Mithra qui tue, qui immole le taureau. Il ne fait pas le sacrifice de sa personne. Ici encore, on est victime de l’imagination du Cumont qui réinterprète les éléments très fragmentaires auxquels il avait accès à la lumière de la théologie chrétienne



6. Il serait ressuscité le troisième jour.

7. Sa résurrection était célébrée chaque année à une date proche de la pâque

Réponse : Là encore, il semble qu’on soit victime de l’imagination malade de certains « chercheurs » qui se basent sur une affirmation de Tertullien sur scène de résurrection du mithraïsme romain. Les allusions de ce dernier sont floues. Ils peuvent lui avoir été suggérés par une image de Mithra naissant de la « Petra generatrix ». L’autre option, nous renverrais à l’idée d’une influence de la narration évangélique dans le développement du mythe mithriaque. Sa résurrection était célébrée chaque année à une date proche de la pâque. Cela semble d’ailleurs être limité à certains milieux, puisque nous n’avons, en dehors de la patristique, aucun indice là-dessus.

8. Il était présenté comme le bon berger, l’agneau parfait, le lion invincible.

Réponse : Les deux premières affirmations sont sans base historique, à moins que ceux qui en parlent aient effectué un voyage dans le temps. Dans ce cas, nous n’avons pas à analyser ici les rêveries de quelques gourous qui se présentent avec leurs « révélations ésotériques ». On peut être d’accord, par contre, sur la troisième selon laquelle le lion était utilisé comme un emblème de Mithra, ce d’autant plus qu’il a été un dieu de guerre. Cela qui explique sans doute le fait de la propagation du mithraïsme dans les légions romaines, même si la religion s’est quelque peu spiritualisée par la suite.



9. Le culte mithriaque était célébré les dimanches.

Cela est vrai du mithraïsme dans sa forme finale. Etant dans l’impossibilité de faire remonter tout cela au contexte persan, nous devons voir dans cette célébration dominicale, un indice de plus de l’influence du christianisme sur les différentes expressions du paganisme. Les chrétiens se réunissaient le premier jour de la semaine, qui commençait le soir du samedi. Dans Actes 20.7, il semble que les réunions se faisaient après le sabbat. L’heure de la réunion a été déplacé progressivement vers le matin, probablement en souvenir de la résurrection du Seigneur. Ce développement doit être intervenu vers la fin du premier siècle. Toujours est-il que l’antériorité des références chrétiennes est indubitable.









Conclusion

A la lumière des recherches historiques, il s’est avéré, notamment, à partir des années 70 que les uns et les autres avaient été victimes de l’imagination fertile de Franz Cumont. Du coup, la recherche s’est orientée vers une étude plus sérieuse et moins passionnelle, que celles qui caractérise les écrits de Cumont et de ses disciples. L’idée de Renan selon laquelle le mithraïsme aurait été le principal rival du christianisme apparaît désormais injustifiée. Aujourd’hui, aucun historien digne de ce nom n’évoquera une origine païenne du christianisme. Comment aurait-il été en effet possible pour les premiers évangélistes chrétiens dont l’apôtre Paul, de concilier la rupture avec le paganisme avec des emprunts aussi flagrants ? Le christianisme, et c’est sans doute ce qui le fait détester aujourd’hui, n’est pas seulement monothéiste mais prétend détenir dans ses Ecritures le monopole de la vérité. Pour le chrétien, Dieu est un et une seule voie conduit à Lui. L’affirmation de Christ « Je suis le chemin, la vérité et la vie » renferme une exclusive que l’homme enclin au polythéisme a de la peine à supporter. Comment dès lors auraient-ils fait sérieux en réutilisant les mythes païens. Ceux qui comme Cumont avancent de telles affirmations dépassent largement les bornes de la vraisemblance, du moins quand il s’agit de la foi néotestamentaire. La mauvaise foi de ces « chercheurs » est d’autant plus indéniable que tout ce que nous possédons sur le mithraïsme est postérieur au Nouveau Testament. Pour les indices archéologiques important, il y a deux siècles d’écarts.

L’accueil favorable réservé aux « recherches » de Cumont tient avant tout au fait qu’aux prises avec une église, la communauté scientifique ou plutôt scientiste, a fait exception dans les règles d’investigations quand il s’agissait de discréditer le Message chrétien. On constate encore un a priori antichrétien quand il s’agit de commenter toute production littéraire supposé affermir les incroyants dans leur rejet du christianisme.

Il faut noter que malheureusement, il est difficile pour de nombreux auteurs de faire preuve d’impartialité scientifique et partant d’honnêteté quand il s’agit d’un point touchant à la foi judéo-chrétienne, un des critiques Strauss l’avoue clairement : « On rencontre souvent », dit-il, « dans les écrits des théologiens libres-penseurs, l'assurance que leurs recherches reposent sur un intérêt purement historique. Respect à la parole de ces Messieurs ! Mais pour moi, j'envisage ce qu'ils affirment comme quelque chose d'impossible ; et si même le fait était vrai, je ne saurais le considérer comme digne d'éloge. Celui qui écrit sur les monarques de Ninive ou sur les Pharaons égyptiens, peut bien obéir au pur intérêt historique. Mais le christianisme est une force si vivante, et la question de savoir quelles ont été ses origines renferme en elle des conséquences si décisives pour le présent le plus immédiat, qu'il faudrait regarder comme frappé de stupidité l'investigateur qui n'apporterait à l'étude de cette question qu'un intérêt historique...Non, ces savants-là devront reconnaître avec moi que notre but n'est pas de reconstruire une histoire passée, mais bien de travailler à délivrer pour l'avenir l'esprit, humain du joug spirituel qui l'a opprimé jusqu'ici. »[iv]Telles sont les enjeux du débats et les objectifs poursuivis par certains milieux se réclamant de la science mais contournant ses règles quand la question Jésus se pose. Ce cri « crucifie-le, crucifie-le coûte que coûte» retentit dans les recherches scientistes qui expriment la nature obstinée de l’homme déchu se complaisant dans sa déchéance. Mais pour ceux qui cherchent à connaître, cette Parole divine reste toujours d’actualité « Vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres ».