mercredi 30 janvier 2008 à 18:41
Les palestiniens revendiquent haut et fort Jérusalem comme capitale d'un futur état de Palestine. A quel titre ?
Même si, dans le cadre d'un futur accord de paix, Israël pourrait leur concéder, la mort dans l'âme, un morceau de la ville pour y établir leur capitale, ce ne serait que dans un esprit de conciliation et non au titre d'un quelconque droit.
Il n'est que de se pencher sur le sort que connut Jérusalem sous domination musulmane :
Au début du Xe siècle, la souveraineté musulmane sur Jérusalem était de nature «presque occasionnelle» et ne revêtait «aucune portée politique particulière». Ce fut le cas plus tard également: Al-Ghazali, parfois appelé le "Thomas d'Aquin de l'islam", visita Jérusalem, en 1096, sans faire une seule fois mention de Croisés en route vers cette ville.
(…)
C'est également à cette époque (deuxième moitié du XIII ème siècle que le Dôme du Rocher fut désigné comme l'emplacement exact de l'ascension de Mahomet vers le paradis (mi‘raj) lors de son Voyage nocturne: si la «mosquée la plus éloignée» est à Jérusalem, alors, le Voyage nocturne de Mahomet et ses visites ultérieures au paradis se sont déroulées logiquement sur le Mont du Temple, en fait, sur le rocher même d'où il est dit que Jésus a fait son ascension au paradis.
Le gouvernement britannique prit conscience de l'intérêt très limité des musulmans pour Jérusalem, au cours de la Première Guerre mondiale. Dans le cadre de négociations menées avec le Shérif Husayn, de La Mecque, en 1915-1916, et portant sur la gestion de la révolte arabe contre les Ottomans, Londres décida de ne pas inclure Jérusalem dans les territoires à confier aux Arabes, parce que, pour reprendre la formulation du négociateur britannique responsable, Henry McMahon, «il n’y avait aucun endroit [...] notable [...] situé plus au sud», que Damas, «qui fût d'une importance vitale pour les Arabes».
(…)
Confirmant cette affirmation, en 1917, les suzerains turcs de Jérusalem préférèrent abandonner la ville plutôt que de se battre pour elle, et évacuèrent les lieux juste avant l'arrivée des troupes britanniques. Un compte rendu indique qu'ils étaient même prêts à détruire la ville sainte. Jamal Pasha, le commandant en chef des Ottomans, ordonna à ses alliés autrichiens d'«envoyer Jérusalem au diable», si les Anglais devaient y pénétrer. Les Autrichiens dirigèrent donc leurs armes en direction du Dôme du Rocher, avec assez de munitions pour effectuer des tirs nourris durant près de deux jours entiers. Selon un journaliste nommé Pierre van Paasen, le Dôme évita la destruction totale grâce à un capitaine d'artillerie juif de l'armée autrichienne, Marek Schwartz, qui préféra réagir à l'approche des troupes britanniques en «renonçant à sa propre tactique, pour marcher calmement vers les lignes britanniques».
(…)
La souveraineté de Jérusalem par la Jordanie, entre les périodes britannique et israélienne, de 1948 à 1967, fournit une occasion utile pour y asseoir la domination islamique ; et, comme de juste, lorsque les musulmans eurent pris le contrôle de la ville (qui contenait leurs sanctuaires), ils s'en désintéressèrent ostensiblement. Un certain émoi initial fut sensible lorsque les forces jordaniennes s'emparèrent de la cité, en 1948 – comme en témoigne le couronnement du roi Abdullah comme «Roi de Jérusalem», par l'évêque copte, en novembre de cette même année –, mais l'apathie habituelle reprit vite le dessus. Les Hachémites n'éprouvaient guère d'affection pour Jérusalem, où vivaient certains de leurs pires ennemis, et où le roi Abdullah fut assassiné, en 1951. En fait, les Hachémites firent même un effort concerté pour réduire l'importance de la ville sainte en faveur de leur capitale, Amman. Jérusalem avait servi de capitale administrative sous le mandat britannique, mais à présent tous les organes gouvernementaux (à l'exception de celui du tourisme) devaient fermer leurs portes. Jérusalem perdit même son autorité sur les autres parties de la rive occidentale [Judée-Samarie]. Les Jordaniens fermèrent également des institutions locales (par ex., le Haut Comité arabe, le Conseil suprême musulman) et en déplacèrent d'autres à Amman (la trésorerie du waqf, ou fondation religieuse).
(…)
Les efforts jordaniens portèrent leurs fruits: une nouvelle fois, la Jérusalem arabe se transforma en une bourgade de province isolée, moins importante que Naplouse.
Et les Jordaniens n'étaient pas les seuls à ignorer Jérusalem; la cité avait quasiment disparu de la carte diplomatique arabe. L'étude bien connue de Malcolm Kerr sur les relations interarabes de l'époque (la «guerre froide arabe») semble ne faire aucune mention de la ville. Aucun leader arabe ne se rendit à Jérusalem pendant les dix-neuf années que dura la domination jordanienne sur Jérusalem-est; et le roi Husayn (1952-1999) lui-même n'y fit que de très rares visites.
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Selon tous les recensements faits à Jérusalem (le premier date de 1844) la population juive y constituait la plus nombreuse des trois communautés de croyance.
Depuis le recensement 1876, la population juive en représente la majorité absolue.
En 2000 (malgré la très forte natalité dans la population arabe) elle en représentait 69,9 %.
Les palestiniens revendiquent haut et fort Jérusalem comme capitale d'un futur état de Palestine. A quel titre ?
Même si, dans le cadre d'un futur accord de paix, Israël pourrait leur concéder, la mort dans l'âme, un morceau de la ville pour y établir leur capitale, ce ne serait que dans un esprit de conciliation et non au titre d'un quelconque droit.
Il n'est que de se pencher sur le sort que connut Jérusalem sous domination musulmane :
Au début du Xe siècle, la souveraineté musulmane sur Jérusalem était de nature «presque occasionnelle» et ne revêtait «aucune portée politique particulière». Ce fut le cas plus tard également: Al-Ghazali, parfois appelé le "Thomas d'Aquin de l'islam", visita Jérusalem, en 1096, sans faire une seule fois mention de Croisés en route vers cette ville.
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C'est également à cette époque (deuxième moitié du XIII ème siècle que le Dôme du Rocher fut désigné comme l'emplacement exact de l'ascension de Mahomet vers le paradis (mi‘raj) lors de son Voyage nocturne: si la «mosquée la plus éloignée» est à Jérusalem, alors, le Voyage nocturne de Mahomet et ses visites ultérieures au paradis se sont déroulées logiquement sur le Mont du Temple, en fait, sur le rocher même d'où il est dit que Jésus a fait son ascension au paradis.
Le gouvernement britannique prit conscience de l'intérêt très limité des musulmans pour Jérusalem, au cours de la Première Guerre mondiale. Dans le cadre de négociations menées avec le Shérif Husayn, de La Mecque, en 1915-1916, et portant sur la gestion de la révolte arabe contre les Ottomans, Londres décida de ne pas inclure Jérusalem dans les territoires à confier aux Arabes, parce que, pour reprendre la formulation du négociateur britannique responsable, Henry McMahon, «il n’y avait aucun endroit [...] notable [...] situé plus au sud», que Damas, «qui fût d'une importance vitale pour les Arabes».
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Confirmant cette affirmation, en 1917, les suzerains turcs de Jérusalem préférèrent abandonner la ville plutôt que de se battre pour elle, et évacuèrent les lieux juste avant l'arrivée des troupes britanniques. Un compte rendu indique qu'ils étaient même prêts à détruire la ville sainte. Jamal Pasha, le commandant en chef des Ottomans, ordonna à ses alliés autrichiens d'«envoyer Jérusalem au diable», si les Anglais devaient y pénétrer. Les Autrichiens dirigèrent donc leurs armes en direction du Dôme du Rocher, avec assez de munitions pour effectuer des tirs nourris durant près de deux jours entiers. Selon un journaliste nommé Pierre van Paasen, le Dôme évita la destruction totale grâce à un capitaine d'artillerie juif de l'armée autrichienne, Marek Schwartz, qui préféra réagir à l'approche des troupes britanniques en «renonçant à sa propre tactique, pour marcher calmement vers les lignes britanniques».
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La souveraineté de Jérusalem par la Jordanie, entre les périodes britannique et israélienne, de 1948 à 1967, fournit une occasion utile pour y asseoir la domination islamique ; et, comme de juste, lorsque les musulmans eurent pris le contrôle de la ville (qui contenait leurs sanctuaires), ils s'en désintéressèrent ostensiblement. Un certain émoi initial fut sensible lorsque les forces jordaniennes s'emparèrent de la cité, en 1948 – comme en témoigne le couronnement du roi Abdullah comme «Roi de Jérusalem», par l'évêque copte, en novembre de cette même année –, mais l'apathie habituelle reprit vite le dessus. Les Hachémites n'éprouvaient guère d'affection pour Jérusalem, où vivaient certains de leurs pires ennemis, et où le roi Abdullah fut assassiné, en 1951. En fait, les Hachémites firent même un effort concerté pour réduire l'importance de la ville sainte en faveur de leur capitale, Amman. Jérusalem avait servi de capitale administrative sous le mandat britannique, mais à présent tous les organes gouvernementaux (à l'exception de celui du tourisme) devaient fermer leurs portes. Jérusalem perdit même son autorité sur les autres parties de la rive occidentale [Judée-Samarie]. Les Jordaniens fermèrent également des institutions locales (par ex., le Haut Comité arabe, le Conseil suprême musulman) et en déplacèrent d'autres à Amman (la trésorerie du waqf, ou fondation religieuse).
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Les efforts jordaniens portèrent leurs fruits: une nouvelle fois, la Jérusalem arabe se transforma en une bourgade de province isolée, moins importante que Naplouse.
Et les Jordaniens n'étaient pas les seuls à ignorer Jérusalem; la cité avait quasiment disparu de la carte diplomatique arabe. L'étude bien connue de Malcolm Kerr sur les relations interarabes de l'époque (la «guerre froide arabe») semble ne faire aucune mention de la ville. Aucun leader arabe ne se rendit à Jérusalem pendant les dix-neuf années que dura la domination jordanienne sur Jérusalem-est; et le roi Husayn (1952-1999) lui-même n'y fit que de très rares visites.
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Selon tous les recensements faits à Jérusalem (le premier date de 1844) la population juive y constituait la plus nombreuse des trois communautés de croyance.
Depuis le recensement 1876, la population juive en représente la majorité absolue.
En 2000 (malgré la très forte natalité dans la population arabe) elle en représentait 69,9 %.