mercredi 14 mai 2008 à 14:13
La légende de la Palestine arabe
Les Arabes affirment, de nos jours, que les Juifs s’emparèrent d’une contrée bien établie, peuplée et verdoyante. Tous les récits de voyage et rapports sur la Palestine du XVIIe au XIXe siècle parlent, au contraire, d’une région vide de l’Empire ottoman.
• Henry Maundrell, en 1697 : Nazareth, « un village minuscule et sans importance » ;
• Jéricho, « une bourgade minable et sale » ;
• Acre, « une désolation ».
• L’archéologue britannique Thomas Shaw, en 1738 : la Terre Sainte « vide, désolée et manquant de tout ».
• Le comte Volney en 1785 : « Nous avons du mal à reconnaître Jérusalem... on y compte environ douze mille habitants ».
• Alphonse de Lamartine, qui visita la région en 1832, écrit, dans le Voyage en Orient (1835), qu’à part Jérusalem, il ne rencontra pas âme qui vive, et que la Palestine était « le tombeau de tout un peuple ».
• Ou encore, Alexandre Keith, en 1844 : « A l’époque de Volney, la Terre Sainte n’en était pas encore arrivée à l’état de désolation totale, décrit par les prophètes ».
• Et puis le consul britannique en Palestine ottomane, James Pinn, en 1857, dans un rapport à Londres : « Le pays est à peu près inhabité ».
Le compte rendu le plus célèbre de l’état des lieux de la Palestine ottomane, à la fin du XIXe siècle et à la veille de la première aliyah, est le journal de Mark Twain, témoin oculaire en 1867 :
« Pas un seul village (dans la Vallée de Jezréel) – rien sur trente miles dans les deux sens. Deux ou trois petits groupes de tentes bédouines, mais pas une seule habitation permanente. On peut voyager pendant dix miles sans rencontrer dix êtres humains […] Déserts sans âme qui vive, collines vides […] ruine mélancolique de Capharnaüm, stupide village de Tibériade, enterré sous six palmiers […] Nous arrivâmes à Tabor sans encombre et sans rencontrer âme qui vive tout au long du chemin. Nazareth est désolée […] Jéricho est en ruines, comme inchangée depuis le miracle de Josué il y a plus de trois mille ans; Bethléem et Béthanie, dans leur pauvreté et leur humiliation, n’ont plus rien pour rappeler qu’elles furent honorées par la présence du Sauveur, ces endroits où les bergers chantaient « paix sur terre, grâce à l’homme » n’abritent pas une créature vivante […] Bethesda et Horzine ont disparu [ainsi que] les déserts autour d’elles, où des milliers d’hommes écoutèrent la voix du Sauveur et mangèrent le pain miraculeux ; elles se sont endormies dans une solitude qui n’est plus habitée que par des oiseaux de proie et des renards qui rôdent. ».
On peut également citer le cartographe britannique Arthur Penrhyn Stanley, dans une oeuvre parue en 1862 :
« ni signes de vie ni habitations en Judée, sur des distances entières ».
Emmanuel Navon
© Revue Outre-Terre