Thursday 08 December 2005 à 12:26
.... Les considérer comme produits atypiques. Le systême économique, libéral - doux éphémismes pour capitalisme sauvage - et les moyens dont il dispose, publicité et politique entre autres, se veux global, mondialisant.
Sa première concrétisation est perçue dans sa volonté d'uniformisation des biens humains. Qu'on soit pauvre ou riche, on aspire aux mêmes choses - toujours plus de bouffe, télé, clopes et alcool. Une fois les désirs attisés en grandes lignes sur un même plan, reste à les rendre primordiaux, à les confondre dans et avec les autres sentiments.
Ce qui entraine une seconde concrétisation - la volonté propre des "prospects" de s'uniformiser, de reléguer les différences au second plan en tant que causes de tous les maux. On mène, très théoriquement toutefois, une lutte sans mercie contre les inégalités - afin que les apparences confortent le courant monopensant ambiant. Les regards bondissent, les yeux clignent dés lors qu'il y a différence - et au fond de soi, résonne cette aporie mais pourquoi ne sont-ils pas comme moi, c'est incompréhensible, si tout le monde me suivait nous serions tous heureux...
Amenant ainsi une dernière concrétude, des plus évidentes : certains intègrent ce mode d'être à leur moi intime, dés lors animés par une moralité tronquée mais perçue comme juste. L'illusion de choix que l'appareil médiatique crée au quotidien - ces prétendus choix de consommation, d'information, de loisirs - s'allie au mieux avec le stress ainsi généré. Ce stress est moteur du monde actuel - il définit la précision, la rigueur intransigeante de nos horraires chargés et saccadés, il définit les intérêts individuels, sachant que si l'on veux obtenir il faudra s'y prendre avant "le voisin" (être fictif créé par l'appareil et modelé à l'image du consommateur idéal, tel qu'on le voudrait). Le stress nous presse, crée une compétition invisible mais ressentie, donc minimise notre temps de réflexion critique.
C'est ainsi que cela peux devenir une habitude, un habitus dans tout ce qu'il a de plus tangible dans sa quotidienneté. Le stress adopté, il engendre tout ce qui se déploie dans la thématique des craintes, de la peur. Et ce avec toutes les conséquences qu'on lui suppose.
Sur le mode caricatural, ceux qui auront intériorisé ce stress alors affilié à cet esprit de conformisme, ou du moins de rejet du différent (càd de l'Autre), si rassemblés par les constantes d'un effet-groupe, seront alors exposés à l'ivresse de la ressemblance pure - ce qui signifie la négation totale de ce qui ne me suis pas. Réduisant ainsi l'ensemble du jeu social au simple "pour ou contre" - et l'exorcisant enfin dans l'exubérance soudaine d'une volonté de replis sur soi, souvent mal interprêtée par le sujet lui-même, contrarié, qui la transcrit dans l'assimilation de l'autre au même, dans l'appropriation de l'autre à soi - dont le vecteur le plus concret est la violence, si proche des peurs, stress et conformismes.