mardi 15 janvier 2008 à 23:43
mardi 15 janvier 2008 à 22:55 Exactement. J'affirme que la volonté fait partie de l'âme, qui elle meme se construit au fil des années. Oui, a mes yeux, cette volonté n'est en aucun cas explicable par une quelconque equation chimique. Pour moi, on ne pourra jamais créer de la volonté grace a une solution acqueuse, une impulsion neuronale etc.
Cependant, notez cher collègue que vous pourriez saquer ma réponse sur un point : a l'époque ou on pratiquait l'ablation, si une certaine région corticale était retiré, toute volonté chez le patient disparaissait.
Cependant, j'affirmerai aussi que cette région du cerveau n'est que l'ustensil qui nous permet d'affirmer notre volonté. Tout comme les yeux ne sont que les outils pour voir.
J'aime bien la tournure que prend ce débat. Je peux y développer des conceptions que j'ai longtemps ruminé.
Nietzsche m'a appris une chose très paradoxale, surtout compte tenu de sa réputation de philosophe de la volonté. La volonté n'existe pas. Il ne s'agit que d'un mot pour désigner ce qui fut une limite de notre connaissance.
J'en viens à l'explication. Lorsque nous affirmons que nous désirons une chose, nous tenons cette affirmation pour vraie lorsque la représentation de cette chose provoque un subtil mélange de sensations dont le plaisir est un composant essentiel. La volonté que nous percevons grâce à notre sens interne n'est qu'un mouvement de "l'âme" dans un cocktail de sensations auquel nous avons donné un nom. Nous interprêtons ce phénomène comme une sorte de force nous poussant à agir conformément à une "recherche du plaisir".
Cette interprétation est erronée. Je ne nie pas l'existence de cette "force" biologique, au contraire c'est elle que j'appelle volonté, mais je lui rends sa nature mécanique.
En revanche, nous ferions mieux d'apprendre à nous méfier de notre perception interne, et plus particulièrement de cette croyance selon laquelle nous connaissons notre volonté, car nous ne pouvons bien souvent que vaguement la percevoir, et uniquement lorsqu'elle est suffisamment prononcée.
Tu me diras que j'ai oublié de détruire le concept de volonté. C'est vrai, mais je l'ai tant fait muté, en l'extorquant de la conscience, en le mécanisant, en le désensualisant que cela justifie mon affirmation de départ.
Cette conception acceptée, il n'est plus décemment possible de croire en une quelconque dimension immatérielle, transcendante de la volonté. J'ai en quelque sorte "déplacer" le mystère au niveau de la sensation, domaine contenant les hallucinations de la "volonté" ou encore de la "pensée" consciente.
Après, je me suis peut-être trompé sur tes propos. Peut-être fais-tu parti de ces mystiques qui prétendent que le biologique (indépendamment du "psychique") ne saurait s'expliquer par des lois physiques, dans quel cas tu croiras toujours aussi volontiers que ce que j'appelle volonté reste toujours aussi ineffable.