jeudi 29 mai 2008 à 02:21 A la différence près que contrairement à toi je respecte toutes les opinions, je comprends qu'on puisse ne croire en rien du tout ou qu'on puisse croire en qqch, et dans les deux cas on ne peut effectivement rien prouver du tout
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Par contre d'un point de vue perso je ne crois pas du tout en la force des cultes (prières, etc)
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Mais bon toujours d'un point de vue perso je préfère une non-existence qui sera donc loin de la souffrance qu'une vie de souffrances justement, donc ça permet de relativiser
Personnellement, je ne me sens pas capable de respecter le point de vue d'insectes se croyant omniscient au point de dire que quelque chose d'absolu ne peut pas exister, qu'il n'y a rien au dessus d'eux. Déjà que j'ai du mal à blairer les petit cons qui se disent, et se croient, différents, indépendants, libres. Alors ceux qui prétendent pouvoir objectivement savoir qu'il n'y a pas de Dieu... précisément, cette connaissance relève de Dieu! Ils se croient détenteur d'une connaissance qu'il leur est intrinsèquement impossible d'atteindre. Déjà que quantité de mystiques et de chamans, c'est à dire de gens qui ont un contact avec cette transcendance, restent toujours humbles part rapport à la connaissance qu'ils en ont, et quantité de philosophes aussi, sachant qu'ils ne sont qu'homme, que leur esprit et leurs sens sont faillibles et corruptibles, peut-être corrompus d'ailleurs. Il me semble franchement que l'athéisme est surtout une réaction anti-cléricale, dirigée contre ce que les hommes font de Dieu, et non une réflexion sur Dieu même (ou son absence). Autant l'anti-cléricalisme peut avoir ses raisons, rapport à des convictions personnelles, autant l'objective négation de Dieu me parait d'une vanité, d'une prétention... toute humaine, mais absolument pas philosophique.
Et ce que tu dis c'est aussi ce qui m'apparait évidement: que la mort du corps soit la fin définitive de toute pensée, de toute émotion, de tout ressenti, toute individualité, toute conscience du "moi" est en effet un soulagement. Le chrétien (je parle de cela car c'est ce qui m'est le plus familier) au contraire est sans cesse anxieux de savoir s'il fera assez bien sur cette Terre, en tout imitant Jésus, pour se retrouver à sa droite, une fois passé de ce royaume à l'autre. Cette croyance n'est pas négative, mais au contraire constructive, elle ne pousse pas au désespoir et à la résignation d'une éternité "pourrie" (enfin, quand on a un minimum de foi et de volonté), mais au contraire à s'améliorer sans cesse dans ce monde. Ce qui compte dans le christianisme, c'est la bonne volonté, l'effort dans l'imitation de Jésus, pas le résultat. C'est pour cela que vivre en chrétien est à la fois une souffrance, une doute par rapport à sa propre foi, mais la joie incommensurable de se rapprocher de Dieu et de Jésus en faisant le bien et en évitant le mal.
Bon, je suis peut-être pas dans le bon forum pour parler de cela, encore cela a à voir des implications d'une des réponses possibles à la question posée en sujet (oh que c'est alambiqué!). J'ai lu les Méditations Métaphysiques, c'est d'ailleurs un des seuls bouquin de philo que j'ai lu, et on note comme l'importance du christianisme est important non pas dans l'élaboration de ses prémices et ses premières conclusions, mais pour aller plus loin. Je rappelle donc le cheminement de sa pensée, très grossièrement:
- "Cogito ergo sum", la seule chose que je sais, et que je peux savoir pour l'instant, c'est que je pense, et cela fait que j'existe nécessairement. Tout le reste n'est qu'impressions invérifiables, préjugés, illusions.
- Manifestement, je ne me suis pas créé tout seul, et je ne suis pas le responsable de la continuité de mon existence (ce n'est pas de ma force que je continue à exister). C'est donc bien que j'ai une cause. Je rappelle que je n'ai pas de parents, ou disons plutôt que je ne sais pas s'ils sont réels, je ne suis qu'un esprit. On peut remonter autant qu'on veut, mais il arrive un moment où on doit nécessairement tombé sur quelque chose qui m'a créé, directement ou indirectement, et qui en plus s'est créé tout seul. Chose impossible pourrait-on dire, rien ne se créé seul. Mais si je ne me suis pas créé moi-même, et que pourtant j'existe, puisque je pense, il est nécessaire que quelque chose se soit créé tout seul. Cette chose est aussi parfaite, puisque si elle a eu le pouvoir de se créé, elle a le pouvoir de se modifier, pouvant ainsi prendre toutes les qualités qu'elle voudra. Cette chose, on l'appelle Dieu.
-Je peux maintenant tenir deux choses pour sûres: J'existe et je pense, Dieu existe et a toutes les qualités. Mais le monde? Mes perceptions? Qu'en est-il de ce que je suis si facilement tenté d'appeler la réalité? Et bien c'est là qu'intervient selon moi le seul argument discutable, et intrinsèquement lié à la foi chrétienne, et fondateur de toute la suite du raisonnement: Dieu n'est pas trompeur. C'est à dire qu'il ne créé rien qui ne puisse être démêlé, aucune rêve dont on ne puisse se réveiller, aucun théâtre dont on ne puisse voir les coulisses, aucune fumée sans feu. C'est donc que tout ce dont je ne puisse d'aucune manière prouver la fausseté, alors qu'au contraire tout m'incline à croire que c'est vrai, il faut le prendre pour véridique: car Dieu n'est pas trompeur et ne me laisserait pas croire quelque chose dont je ne puisse prouver que c'est faux. J'ai donc un corps, puisque je vois, que je sens, que je touche, que j'entends, que je goute, que j'ai besoin de manger et de boire, que je ressens de la douleur quand je me pince, me cogne ou me coupe, etc... Rien de cela ne semble être faux, non pas dans ces observations en elles mêmes, mais dans le fait que je les fait, ces observations, que je sens, que je perçois. D'ailleurs l'impression que j'ai un corps, impression dont je ne prouver qu'elle est fausse, est la seule explication à ces perceptions.
Bon, je ne m'étendrais pas sur la suite, qui n'est pas moins intéressante mais qui n'est plus dans le sujet qui nous concerne présentement. Mais ce que nous dit Descartes, là, c'est qu'un esprit peut exister indépendamment du fait qu'il ait un corps. Quelque chose qui se dirait: "Je pense", sans sentir d'aucune manière qu'il a un corps, existerait cependant. Pour vous et moi, humains normaux, incarnés, il ne semble pas pouvoir être autrement qu'il faut un corps, en particulier un cerveau, pour penser. Mais Descartes dit que cela n'est ni nécessaire (ce pourrait n'être qu'une illusion), ni suffisant (d'ailleurs, comment un corps qui ne pense pas pourrait-il se prouver son existence? Il pourrait y croire, mais aucunement la prouver.). Mais cela au final n'éclaire pas sur ce qui est, mais sur ce qui pourrait être, sans qu'on ne puisse vérifier, tester ou prouver absolument si cela est vrai ou faux. Je crois que nous, pauvres humains, en seront toujours coincé là.
EDIT: Bloom le pavé.
Ce message a été modifié par KillPingouino - dimanche 01 juin 2008 à 10:35.