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Livenet > Forum > Philosophie
samedi 21 juillet 2007 à 18:53
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Grenouille verte
vendredi 20 juillet 2007 à 19:32
Shopenhauer dénonçait déjà ce type d'argumentation, disant qu'il s'agit en fait d'un stratagème pour manipuler les foules.
Tu ne fait que relativiser la connaissance ("on ne sait rien"), faute d'arguments.
Mais force est de constater qu'en pratique, on sait, que cette connaissance peut être utilisée (ce qui montre bien qu'elle n'est pas complètement fausse)




Karl Popper dénonçait cette faute épistémologique consistant à croire qu'une connaissance expérimentalement vérifiée n'était pas fausse.

En fait, si tu veux montrer que la science est "moins fausse" que la religion, il faut montrer que la religion est logiquement contradictoire, et par conséquent fausse a priori - elle aura alors un désavantage sur la science.
Mais cela ne confère aucunement un caractère de vérité à la science: il existe une infinité de théories contradictoires capables de modéliser les mêmes données empiriques. En modélisant mathématiquement ce constat, on se rend compte que nos théories sont nécessairement fausses. Mais cette modélisation est-elle pertinente ? Qu'importe, ce qui est certain, c'est que l'on ne peut pas affirmer que la science approche plus la vérité que n'importe quelle autre proposition non-contradictoire avec elle-même et l'empirie. "Dieu existe" est aussi vrai que "e=mc²" (à condition de donner une définition cohérente de Dieu, ce qui n'est pas forcément gagné je te l'accorde).

Et si la science peut aujourd'hui être utilisée, il te sera difficile de convaincre nos ancêtres que la religion ne pouvait l'être. Aujourd'hui encore la superstition religieuse n'est pas morte: pour certains les prières fonctionnent à tous les coups. Tu me diras que c'est certainement parce que les résultats des "expérimentations" religieuses sont interprétés selon l'herméneutique religieuse (lorsqu'une prière ne fonctionne pas, c'est certainement parce que j'ai péché). Mais il en va de même pour la science !
Lorsqu'une théorie ne fonctionne pas, on ne l'abandonne pas entièrement. On la mutile le moins possible afin d'en créer une nouvelle pratiquement identique et capable de modéliser la nouvelle empirie (le H3O+ ne s'est pas mélangé avec le HO- pour donner 2H2O ? c'est donc qu'un autre produit a réagit, trouvons, ou plutôt inventons-en les raisons).

samedi 21 juillet 2007 à 19:30
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Dieu666
samedi 21 juillet 2007 à 18:53
Karl Popper dénonçait cette faute épistémologique consistant à croire qu'une connaissance expérimentalement vérifiée n'était pas fausse.

En fait, si tu veux montrer que la science est "moins fausse" que la religion, il faut montrer que la religion est logiquement contradictoire, et par conséquent fausse a priori - elle aura alors un désavantage sur la science.
Mais cela ne confère aucunement un caractère de vérité à la science: il existe une infinité de théories contradictoires capables de modéliser les mêmes données empiriques. En modélisant mathématiquement ce constat, on se rend compte que nos théories sont nécessairement fausses. Mais cette modélisation est-elle pertinente ? Qu'importe, ce qui est certain, c'est que l'on ne peut pas affirmer que la science approche plus la vérité que n'importe quelle autre proposition non-contradictoire avec elle-même et l'empirie. "Dieu existe" est aussi vrai que "e=mc²" (à condition de donner une définition cohérente de Dieu, ce qui n'est pas forcément gagné je te l'accorde).



Je ne suis pas de cet avis, on dispose de très nombreux avis pour rejeter des thèses cohérentes qui ne sont pas plausibles. Le rasoir d'Okkham en est un exemple.
De plus, tu dis qu'il existe une infinité de modèles possibles, mais tu oublies de préciser que sur de nombreux point on ne dispose que d'un seul modèle, que par de nombreuses expériences on se rend compte qu'on est très loin de pouvoir affirmer n'importe quoi.

Tu réduis la notion de plausibilité d'une thèse juste à son caractère cohérent ou contradictoire. C'est une vision plus que manichéenne des choses, il existe de très nombreuses nuances.
L'exemple bateau que j'ai déjà cité à de nombreuses reprise est le procès et la preuve juridique. Si on suit ton raisonnement, on ne pourrait jamais condamner qui que ce soit en justice, car il existe toujours un doute. On voit bien que c'est complètement abbérant.

Bref, le monde réel contredit tous les jours ta vision du monde.
dimanche 22 juillet 2007 à 05:30
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Grenouille verte
samedi 21 juillet 2007 à 19:30
Je ne suis pas de cet avis, on dispose de très nombreux avis pour rejeter des thèses cohérentes qui ne sont pas plausibles. Le rasoir d'Okkham en est un exemple.
De plus, tu dis qu'il existe une infinité de modèles possibles, mais tu oublies de préciser que sur de nombreux point on ne dispose que d'un seul modèle, que par de nombreuses expériences on se rend compte qu'on est très loin de pouvoir affirmer n'importe quoi.

Tu réduis la notion de plausibilité d'une thèse juste à son caractère cohérent ou contradictoire. C'est une vision plus que manichéenne des choses, il existe de très nombreuses nuances.
L'exemple bateau que j'ai déjà cité à de nombreuses reprise est le procès et la preuve juridique. Si on suit ton raisonnement, on ne pourrait jamais condamner qui que ce soit en justice, car il existe toujours un doute. On voit bien que c'est complètement abbérant.

Bref, le monde réel contredit tous les jours ta vision du monde.




Le rasoir d'Ockham n'est nullement un critère de vérité ! C'est un critère pragmatique qui permet d'écarter les théories inutilement complexes. Et nulle autre chose que le goût humain ne peut justifier ce rasoir, ce n'est pas ce que j'appellerais un critère "objectif", et encore moins un critère de vérité.
Ensuite, ce n'est pas parce que nous ne disposons que de quelques modèles concernant certaines parties de la science qu'il n'en existe pas une infinité.
Et si des expériences sont nécessaires pour éliminer les théories "n'importe quoi", c'est donc qu'il n'existe pas de critère a priori permettant d'écarter les dites théories. Toute expérimentation ne résultant au mieux qu'en une empirie plus complète, mais toujours modélisable à l'infini (et c'est là un point clé du débat qui je pense t'échappe), le problème n'est nullement écarté par l'expérimentation. Certaines théories sembleront simplement plus solides que d'autres car elles résisteront à des séries d'expérimentations: ce ne sera qu'une impression.

Tu dis "Tu réduis la notion de plausibilité d'une thèse juste à son caractère cohérent ou contradictoire."
C'est pratiquement vrai.
Je pense que nous sommes d'accord pour affirmer qu'une théorie contradictoire est a priori non plausible. Mais en ce qui concerne les théories cohérentes, mon moi épistémologique me force à les voir du même oeil: elles sont toutes également plausibles, c'est-à-dire que chacune prise indépendamment l'est bien peu.
En revanche, mon moi quotidien est profondément ancré dans la masse de préjugés et de conceptions idiotes nécessaires à la vie en société: mon moi quotidien est culturel et bien peu scientifique (ce qui ne le rend pas nécessairement plus bête que mon autre moi cela dit). Ainsi, lors d'un procès au sujet duquel nous devons décréter un jugement, nous disposons d'un certain nombre de "faits" que notre moi culturel nous a forcé à admettre face à certains types de preuves (vidéo par caméra de surveillance, photographie, etc). D'autres preuves sont plus douteuses (témoin oculaire, bande sonore,...), etc. Mais aucune de ces preuves n'est absolue. Nous devons admettre des tas de choses (une infinité en fait) afin de posséder quelques misérables faits et d'en tirer quelques conclusions.
D'ailleurs, qui oserait prétendre qu'il existe des procès où nous sommes épistémologiquement certains de la culpabilité de l'accusé ?

L'argument que tu brandis n'est nullement philosophique: tu fais appel à l'intuition inconsciente et culturelle, à l'esprit grégaire qui assimile les préjugés fondamentaux de sa société pour lutter contre des arguments épistémologiques.


Ce message a été modifié par Dieu666 - dimanche 22 juillet 2007 à 05:31.
dimanche 22 juillet 2007 à 11:47
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Dieu666
samedi 21 juillet 2007 à 18:53
Le rasoir d'Ockham n'est nullement un critère de vérité ! C'est un critère pragmatique qui permet d'écarter les théories inutilement complexes. Et nulle autre chose que le goût humain ne peut justifier ce rasoir, ce n'est pas ce que j'appellerais un critère "objectif", et encore moins un critère de vérité.



C'est un critère objectif. Il ne dépend d'aucune subjectivité, et permets d'écarter des théories non plausibles. Ce principe a déjà, empiriquement, montré son efficacité.


Dieu666
samedi 21 juillet 2007 à 18:53
Ensuite, ce n'est pas parce que nous ne disposons que de quelques modèles concernant certaines parties de la science qu'il n'en existe pas une infinité.
Et si des expériences sont nécessaires pour éliminer les théories "n'importe quoi", c'est donc qu'il n'existe pas de critère a priori permettant d'écarter les dites théories. Toute expérimentation ne résultant au mieux qu'en une empirie plus complète, mais toujours modélisable à l'infini (et c'est là un point clé du débat qui je pense t'échappe), le problème n'est nullement écarté par l'expérimentation. Certaines théories sembleront simplement plus solides que d'autres car elles résisteront à des séries d'expérimentations: ce ne sera qu'une impression.


Mais sur quoi te bases-tu pour prétendre qu'il ne s'agit que d'une impression ?
C'est là un dogme que je récuse.

L'expérimentation étant le seul moyen d'accès à la vérité, c'est donc aussi le seul critère que l'on peut retenir pour décider si oui ou non une chose est vraie.
Les théories qui sont confirmées par l'expérimentation sont donc plus solides, plus sûres. De plus, un autre critère est aussi retenu pour la fiabilité d'une théorie : son pouvoir prédictif.
Comment expliquer cette capacité à prédire l'avenir s'il n'y a aucune vérité derrière ces théories ?
Ce serait une pure coïncidence si ces théories prédisaient toujours juste ?


Dieu666
samedi 21 juillet 2007 à 18:53
Tu dis "Tu réduis la notion de plausibilité d'une thèse juste à son caractère cohérent ou contradictoire."
C'est pratiquement vrai.
Je pense que nous sommes d'accord pour affirmer qu'une théorie contradictoire est a priori non plausible. Mais en ce qui concerne les théories cohérentes, mon moi épistémologique me force à les voir du même oeil: elles sont toutes également plausibles, c'est-à-dire que chacune prise indépendamment l'est bien peu.



C'est parce qu'arbitrairement tu décide de ne regarder qu'une partie des éléments dont tu dispose : tu ne regarde que la cohérence et pas tous les autres éléments à ta disposition.
Là encore, c'est un dogme irrationnel : tu restreins l'usage de la raison à la seule logique pure alors que son pouvoir s'étends bien au delà.
Le tigre, les oiseaux eux mêmes utilisent la raison (dans une moindre mesure que l'homme) et cela les aident à survivre. Pourtant, ils ne connaissent pas la logique pure...
En vénérant de la sorte la logique pure tu oublies que le critère de vérité fondamental, bien avant la logique pure est l'expérimentation.
Si tu fais un raisonnement que tu penses logique mais qui se trouve être expérimentalement faux, alors tu seras forcé d'admettre que ce n'était pas logique (n'est-ce pas d'ailleurs ainsi, par tâtonnements qu'est né la logique ?).

L'expérimentation est critère de vérité car c'est un accès au monde réel. Au contraire, la logique pure n'a pas accès au monde réel. Pire que tout : elle est même incapable de "parler" du monde réel.
Eriger en seul critère de vérité quelque chose qui ne peut même pas parler du réel est un non sens.



Dieu666
samedi 21 juillet 2007 à 18:53
En revanche, mon moi quotidien est profondément ancré dans la masse de préjugés et de conceptions idiotes nécessaires à la vie en société: mon moi quotidien est culturel et bien peu scientifique (ce qui ne le rend pas nécessairement plus bête que mon autre moi cela dit). Ainsi, lors d'un procès au sujet duquel nous devons décréter un jugement, nous disposons d'un certain nombre de "faits" que notre moi culturel nous a forcé à admettre face à certains types de preuves (vidéo par caméra de surveillance, photographie, etc). D'autres preuves sont plus douteuses (témoin oculaire, bande sonore,...), etc. Mais aucune de ces preuves n'est absolue. Nous devons admettre des tas de choses (une infinité en fait) afin de posséder quelques misérables faits et d'en tirer quelques conclusions.
D'ailleurs, qui oserait prétendre qu'il existe des procès où nous sommes épistémologiquement certains de la culpabilité de l'accusé ?

L'argument que tu brandis n'est nullement philosophique: tu fais appel à l'intuition inconsciente et culturelle, à l'esprit grégaire qui assimile les préjugés fondamentaux de sa société pour lutter contre des arguments épistémologiques.



Au fond, tu te réfugies derrière l'épistémologie de quelques penseurs discutables (épistémologie de la science complètement improductive, irréaliste et donc de fait rejeté par la plus part des scientifiques).
Mais au final, tu ne résous pas la question de fond : comment devrait-on selon toi rationnellement juger les gens ? Comment ? On ne pourrait pas ?
Car ce que tu ne vois pas derrière, c'est les contradictions de ta pseudo-épistémologie avec la réalité.
Les procès fonctionnent plutôt bien, malgré que ton épistémologie les déclarent "impossibles", la science fonctionne plutôt bien alors que si ton épistémologie était correcte elle ne devrait produire aucun résultat.

Comment expliques-tu les différences entre ta théorie et la réalité ?

Pour conclure, je résume les principaux problèmes/contradictions de ton épistémologie :
  • Elle rends la réalité contradictoire
  • Selon elle les procès seraient impossibles. On devrait se tromper aussi souvent qu'on a raison
  • Selon elle la science ne devrait pas être efficace, car la science ne devrait pas pouvoir accéder à une quelconque connaissance et, a fortiori, ne devrait pas pouvoir utiliser sa connaissance du monde réel ni, pire, être capable de prédire l'avenir.
  • Elle restreint arbitrairement la raison à la seule logique pure
  • Elle ne reconnais comme critère de vérité que quelque chose (la logique pure) qui n'est même pas capable de parler du réel
  • Empiriquement, tous les jours, on constate le contraire de ce qu'elle dit
  • Si elle était vrai, le dévellopement du cerveau ne serait pas un avantage pour la survie, et les comportement des animaux issus de leur capacité de réflexion devraient être complètement innéficaces

lundi 23 juillet 2007 à 02:52
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Ockham n est qu un precurseur de Popper... sleep.gif

(desole, je ne peux plus taper les e avec accent aigu...)

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