Thursday 15 May 2008 à 15:58
Je n'espère rien t'apprendre en te rappelant que le Parti Radical de Gauche n'a pas été crée hier, puisqu'il est le plus vieux parti de France. Si notre audience s'est amoindrie depuis 1958, il n'en reste pas moins que nous avons été aux responsabilité sous toute la 3éme et 4éme république, mais j'arrete là l'historique.
Il n'y a pas qu'un centre gauche et je rejette en politique l'idée selon la quelle le débat parce qu'il serait ainsi plus clair doit se réduire à l'opposition de deux ou 3 formations. Oui nous sommes de centre gauche, oui nous sommes tout sauf socialistes.
La pratique politique nous pousse bien entendu à rejoindre nos voisins dans le cadre de la gestion d'une commune, d'une région et même à l'assemblée sur de nombreux textes. Nos valeurs humanistes et sociales se rejoignent régulièrement.
Il n'en reste pas moins que nous pensons la société comme fondées sur les individus libres qui la composent là où les socialistes la pense sur des réflexions collectives. Derrière cette observation abstraite se cache une fracture considérable. Nous agissons pour donner à chacun les moyens de son épanouissement afin qu'il soit acteur de son insertion dans une optique méritocratique. Les socialistes se référent à des corps consitués dont l'opposition doit faire émaner la justice sociale. Je ne m'étends pas trop car m'explqiuer sur le sujet prendrai beaucoup temps, il faudrait aussi que je prenne l'exemple de la laicité si diférente entre radicaux et socialistes (je te renvoi quand même à cet article en ce qui concerne ce que je disais précedemment appliqué à l'entreprise :
"En ce début du XXI° siècle, l’économie du monde repose sur l’entreprise. Les tentatives d’organisation d’une économie étatisée, ignorante de l’initiative individuelle et nécessairement exclusive de toutes les libertés, ont tragiquement échoué. Les traces de ces vains efforts, généreux à leur origine, subsistent pourtant dans une bonne partie des consciences. L’entreprise entre avec peine dans la réflexion des partis de gauche. La résistance à s’engager, sur le terrain de l’économie, dans la seule voie permettant de concilier le progrès et les libertés, trouve il est vrai des justifications dans la persistance d’une conception de l’entreprise qui n’est plus en rapport avec l’état du développement humain. L’organisation et le mode de fonctionnement de l’entreprise rappellent ce qu’étaient les sociétés politiques avant les Lumières.
Or, il est vain de penser que les politiques de solidarité trouveront quelque efficacité si elles continuent de s’appliquer hors du champ où s’accomplissent la création et la distribution des richesses, celui-là même où se déroule, pour l’essentiel, la vie quotidienne de la plupart des citoyens. Les politiques publiques « de progrès » ne sont que des palliatifs, inaptes à produire le consensus social, si, esquivant le lieu où se joue l’avenir des sociétés, comme des femmes et des hommes qui les composent, elles se bornent à des mesures de correction des déséquilibres économiques ou des difficultés sociales imputés à des entreprises que l’on regarde comme étrangères, ou hostiles, à ceux qui les font vivre.
L’objectif d’une société solidaire ne peut être atteint sans l’organisation de la solidarité au sein même de la libre entreprise.
Le modèle de l’ENTREPRISE SOLIDAIRE n’a de signification véritable qu’appliqué au cas des entreprises dont la taille en fait des organisations collectives. Les petites entreprises doivent demeurer le lieu où se déploient librement les initiatives individuelles, dont les succès, précisément, conduisent à la formation de communautés de production de biens ou de services aux plus vastes dimensions.
La réforme de la grande entreprise, en vue de sa transformation en une ENTREPRISE SOLIDAIRE, doit s’appliquer essentiellement à deux domaines, celui de sa gouvernance, et celui de la répartition de ses produits. Dans l’un et l’autre cas, il s’agit d’associer tous les acteurs de l’entreprise pour faire de celle-ci une organisation d’intérêt commun. Au principal, ces acteurs sont les apporteurs de capitaux, les apporteurs de compétence et de travail, et les clients ou usagers de l’entreprise.
Quelques progrès ont été accomplis dans le sens d’un plus grand pluralisme dans la gouvernance des grandes entreprises. Ils ne suffisent pas à faire sortir la grande entreprise de l’Ancien régime. Si la nécessité d’unité et de cohérence dans la direction et la responsabilité de l’entreprise ne sont pas en discussion, la confiance dans ses objectifs et la conduite de son activité appellent une participation de tous ses acteurs au choix de ses dirigeants et à la définition de ses engagements stratégiques. Comment comprendre, aujourd’hui, qu’un dirigeant de grande entreprise soit désigné, pour simplifier, par les représentants de fonds de pension alimentant les retraites de salariés d’entreprises extérieures, au motif qu’ils sont actionnaires, sans qu’aient leur mot à dire les salariés de l’entreprise concernée ? Comment admettre que la seule considération des intérêts des premiers conduise, par la décision d’un seul, à des choix économiques déterminants pour tous les acteurs de l’entreprise. La grande entreprise est riche de compétences, qui doivent contribuer à la définition de choix objectifs et rationnels, en vue de la poursuite de l’intérêt commun. Les clients, consommateurs, ou usagers de la grande entreprise, ne peuvent être tenus à l’écart de décisions qui, nécessairement, les affectent ; ils doivent être représentés dans l’entreprise, informés et écoutés.
La répartition de la valeur ajoutée de l’entreprise doit être également organisée selon des critères objectifs et rationnels. Dans le cas de l’entreprise qui réalise des profits excédant les prévisions, la répartition du surplus après investissement, au-delà de la rémunération normale des capitaux investis et du paiement des salaires convenus, doit s’opérer selon une clé pré-établie, assurant un accroissement des rémunérations salariales au moins proportionnel à celui de la rémunération du capital. Dans le cas de l’entreprise gestionnaire de service public, une part du surplus doit être affectée à l’abaissement des tarifs des redevances perçues sur les usagers. La fixation, par ailleurs, de la rémunération, ou des conditions de retraite, des dirigeants salariés, devrait exclure les extravagances que l’on observe, et qui sont un défi au bon sens. De même qu’il existe un salaire minimum, de même devrait être fixée une limite maximum, tenant compte de tous les critères utiles, à la rémunération du dirigeant.
De tels impératifs de justice, de solidarité et de rationalité dans l’organisation et le fonctionnement des grandes entreprises ne peuvent être imposés de façon générale et immédiate sans risque économique. Les modalités d’organisation et de gestion de l’ENTREPRISE SOLIDAIRE doivent être d’abord précisées. Sur cette base, l’évolution des entreprises existantes vers le modèle retenu peut être favorisée par des aides publiques, notamment fiscales, conformes au droit communautaire dès lors qu’elles répondent à un objectif de politique générale.
Le modèle de L’ENTREPRISE SOLIDAIRE, toutefois, pourrait être expérimenté sans délai chaque fois que l’Etat procède à une opération de privatisation d’entreprise publique. Les statuts des sociétés publiques existantes comportent, par exemple, des dérogations au droit commun permettant, dans ces entreprises, une représentation de l’Etat - dont il ne fait généralement, d’ailleurs, aucun usage - sans rapport direct avec sa situation d’actionnaire. L’opération de privatisation pourrait utilement, et devrait obligatoirement, s’accompagner d’un maintien de telles modalités dérogatoires, au profit d’une représentation, dans les instances de décision de l’entreprise, des salariés et, le cas échéant, des usagers. Elle devrait également comporter la fixation de règles de répartition des produits nets de l’entreprise entre tous ses acteurs : apporteurs de capitaux, apporteurs de compétences et de travail, usagers.
Bernard CASTAGNEDE
Vice-président du Parti Radical de Gauche"