Tottenham, le mythe du 5ème Beatles
lundi 13 août 2007
Cherchez pas ! Le championnat anglais va encore se jouer entre Manchester United, Chelsea, Arsenal et Liverpool. Autrement dit, « The big four » ! Ou plutôt « The Fab’ Four » puisque la Premiership se confond à mort avec le rock anglais. Et puis, il y a Tottenham, outsider from London et 5ème roue de la Roll’s, donc tout aussi rock’n’roll que les quatre autres. Si, si ! Voilà pourquoi.
Le rock, c’est quoi ? C’est quatre mecs, en général : un chanteur (gratteux ou non), un guitariste, un bassiste et un batteur. Norme anglaise estampillée sixties dès le départ (Beatles, Kinks, Who, ...). OK, les Stones étaient cinq mais on y reviendra à la fin. Bon, y’a aussi des trios pas crades (Jimi Hendrix Experience, Jam, Police, ...), mais on s’éloigne du sujet. Dans chaque groupe, y’a en général deux leaders : le guitariste et le chanteur, auteur & compositeur, les deux « frontmen » qui friment sur scène et qui ramassent groupies & royalties.
Soit Manchester et Chelsea, les deux leaders de Championship, favoris des pronostics. C’est pas moi qui le dit, ce sont les les bookmakers. Et tac ! A priori, ce sont encore eux qui vont jouer les frontmen, rapport à leur puissance financière et leur effectif maousse. Bon, pas la peine de les présenter, on les connaît par cour. MU et Chelsea, c’est que des duels à distance : les blessés (Drogba, un peu versus Rooney), les « tauliers » (Terry & Lampard versus Giggs & Scholes), les divas (Drogba & Malouda versus C. Ronaldo & Nani) et les boss (Ferggie meets Mourinhox)..
Reste Arsenal et Liverpool, soit le bassiste et le batteur. Depuis son dernier titre de champion en 2004, Arsenal est devenu un bon bassiste de devoir, qui joue bien sa partition en rembourrant bien le son derrière, genre on nous entend moins que les deux autres mais on apporte un peu d’animation dans la compète. Un son mat, une personnalité effacée vu que tout le fric est passé dans la construction de l’Emirates Stadium. Alors, Arsène Wenger bluffe en nous promettant un super album pour la fin de la saison, forcément juvénile. Avec Van Persie, Fabregas ou Walcott, ça pourrait le faire en effet, mais pour l’instant Arsenal ne joue que sur quatre cordes. C’est parfois brillant, mais limité. Et puis, bon, le dub alsacien, faut aimer.
Liverpool est un batteur fougueux qui essaie de se rendre intéressant depuis 1990, année de son dernier N°1 au Billboard. Dix-sept ans que ça dure à nous niquer les tympans avec des solos de batterie, du genre : « Cette année, on s’ra champions ! » Comme toutes les putes de Premiership qui se sont vendues au plus offrant, Liverpool-la-sage, Liverpool-la-humble se la joue maintenant nouveau riche, robe fuseau fendue et rouge à lèvres rouge-mort. Liv’pool claque son fric façon vulgos. Elle s’est payée une double grosse-caisse (double cheeseburger ?) et une douzaine de cymbales supplémentaires, soit Fernando Torres, Ryan Babbel, Andrej Voronine, Yossi Benayoun et Charles Itandje. Et tout ça, POUR FAIRE ENCORE PLUS DE BRUIT. Bon, les Reds se débrouillent pas mal en Coupe d’Europe, mais pas at home. Or, comme le rappelait David Bowie : « Dans ce métier, quand tu as décidé de faire la pute, t’as intérêt à devenir la meilleure du bordel ! ». Et jusqu’à preuve du contraire, Lily Pool tapine toujours dans la rue, entre la 3ème et 4ème place. Tandis que Mancunia et Chelsea Blue restent bien au chaud au Palace.
Et Tottenham ? Ah, ouais, Tottenham. White Hart Line, les Spurs, les maillots blancs, le Chevalier Blanc (Lineker, hein ?!), tout ça, quoi. Tottenham, c’est le seul pari qui vaille tripette chez les bookmakers : est-ce qu’ils vont VRAIMENT finir 5èmes, comme d’hab’ ? ? ? S’ils gardent Berbatov, le dernier Roi de Bulgarie, why not ? Mais tout ça, c’est des questions sans réponses définitives, or y’a le boulot qui attend, qui va pas se faire tout seul ! Alors, on y vient.
Donc, le rock se joue à quatre. Or, le mythe du « cinquième élément » occupe plusieurs chapitres du Gros Bouquin. Bon, déjà, les Stones étaient cinq mais en fait, Brian Jones a vite lâché la guitare (dès 64, Keith Richard dixit !) et a fini au fond d’une piscine en 69, année hydraulique. Donc, les Stones étaient quatre. Mais c’est avec les Beatles que s’est forgée la véritable légende du mystérieux 5ème. Le 5ème Beatles fut tour à tour Stu Sutcliff (premier bassiste des cinq Quarrymen, futurs Beatles, disparu vers 61), Brian Epstein (manager génial et névrosé), George Martin (producteur-arrangeur génial mais pas névrosé), Harold Wilson (leader du Labour qui gagna les élections en 64 en posant avantageusement avec les Fab Four), George Best (connerie tenace et débile, vu que Georgie préférait les Stones) et enfin Yoko Ono (Antéchrist au féminin made in Japan, cinquième branche de l’étoile satanique, apocalyptique, et donc annonciatrice du split ! Ouf.)
Voilà pourquoi, plus que la « voisine du 8ème », le « mythe du 5ème » fascine autant les Anglais. Moralité : grosse cote sur Tottenham chez les parieurs.
Ah, ouais ! Les résultats du week end : Liverpool bat bat Aston Villa 2-1, Chelsea bat Birmingham City 3-2, Arsenal bat Fulham 2-1, Manchester United et Reading 0-0 et enfin Sunderland bat Tottenham 1-0.
Le reste, on s’en tape.
un article paru sur sofoot.com: http://www.sofoot.com/article-100627-totte...les-sofoot.html et écrit parChérif Ghemmour.