Monday 21 January 2008 à 22:48
Monday 21 January 2008 à 20:58 Nico Carielli, le keynesianisme s'est effondré avec la mondialisation des échanges et avec les crashs pétroliers.
Regarde l'Etat dans lequel a fini le Royaume-Uni, la politique monétaire beaucoup trop expansive a amené à une inflation énorme, le chômage atrocement élevé et la pauvreté touchait le quart de la population. Le Royaume-Uni devait emprunter au FMI.
Thatcher a du faire une thérapie de choc.
Et pour l'instant la France n'a qu'une petite gastro avec de la diarrée, prenons du paracétamol et du smecta. C'est dégueulasse sur le moment mais n'attendons pas le dernier moment qui nécessitera une thérapie très lourde donc avec beaucoup d'effets secondaires.
Les pays du Nord appliquent une politique économique néokeynesienne proche de certains principes des néoclassiques comme le désendettement, mais ils sont très interventionnistes, regarde la forte imposition et la politique de sécurisation de l'emploi en échange d'une flexibilité pour l'employeur.
Faux, le chômage était fort mais la pauvreté était relativement faible! Thatcher a appliqué une politique de néoconservateur ultralibéral, certes le chômage a un peu diminué (mais plus fortement sous Blair) mais combien y a t-il eu de travailleurs pauvres en Grande Bretagne? A quel point que Blair a dû mettre en place un SMIC.
La proportion de familles vivant en dessous du seuil de pauvreté (50% du salaire moyen) est passée de 8% en 1979 à 22% en 1990, et la pauvreté infantile a doublé, un enfant sur trois vivant sous le seuil de pauvreté. Cette évolution traduit une forte augmentation des inégalités de revenu.
La dette de l'Etat a certes diminué et ce fut une bonne opération de privatiser les deux boulets qui étaient British Steel et British Airways qui sont devenus par la suite deux entreprises fleurs du R-U qui ont permis une bonne croissance mais elle a ruiné le reste des services publics a tels points que les hopitaux anglais sont devenus des depotoirs et les écoles publiques ont été desertées par les classes moyennes.
En outre, les quartiers déshérités des grandes villes ont été le théâtre d’émeutes violentes (Toxteth à Liverpool en 1981, Brixton à Londres en avril 1981 et septembre 1985), révélateurs de tensions et de problèmes d'insertion dans la société britannique, comme a pu également le montrer le développement du hooliganisme.
Et comment a t-elle traité les syndicats pendant plusieurs années avant tant de mépris? Et c'est cette même personne qui a interdit purement et simplement les raves party?
De plus sa politique etrangère a été catastrophique: elle a soutenu Pinochet et elle était totalement euroseptique, elle nous a d'ailleurs bien ralenti, heureusement Mitterrand l'a maté.
L'historien François-Charles Mougel le résume ainsi : « A l'actif : la libération des initiatives, la baisse de l'inflation, des subventions et des charges, la reprise de la croissance et de l'emploi, la paix sociale et une hausse globale du niveau de consommation et de vie. Au passif : la désindustrialisation, les inégalités sociales, régionales et professionnelles, la vulnérabilité des entreprises, des personnels et des secteurs, les effets risqués de l'ouverture à l'étranger et l'excessive suprématie de la valeur-argent. »
Franchement, elle ne m'inspire que le mépris et quand je pense à elle, je vois la victoire de la droite la plus conservatrice, le thatchérisme, c'est le néolibéralisme au service des plus riches, et mis a part quelques embellies économiques, son bilan est des plus ternes.