Thursday 17 April 2008 à 23:12
Wednesday 16 April 2008 à 20:14 Oui mais comment auraît-il pu connaître ce barman s'il n'avait pas été gay et s'il n'avais donc pas fréquenté cette boîte

Oui bon, pour la suite appelez Julie Lescaut.
Ce genre de fichage me dérange beaucoup, et avec le passé de l'Europe, et la façon dont les Etats-Unis sont montrés du doigts pour des choses similaires, je ne pensais pas trouver ça si tôt en France. Taz, tu parles d'agressions homophobes, et tu dis que c'est nécessaire dans le cadre de l'enquête pour savoir si il y a homophobie ou non... je pense qu'il y a une très grande différence, voire une ligne dangereuse à ne pas franchir, entre dire quelque chose dans le cadre d'une enquête, par exemple 'ils savaient que je suis homosexuel, et ils m'ont agressé pour cette raison", et entrer ça dans une base de donnée. Avant l'apparition de ce logiciel, il me semble que la police était très capable de juger de l'homophobie d'une agression, non ? ce n'est pas l'outil magique qui va permettre de déterminer ça, c'est sur la bonne foi des enquêteurs et des victimes qu'il faut se baser.
Et ça peut même conduire à l'effet inverse... Imagine quelqu'un qui se fait agresser et qui porte plainte. Après recherche on trouve dans cette base de données que la victime est homosexuelle, qu'est-ce qui empêcherait de mettre ça en tant qu'agression homophobe alors que ça n'est pas le cas ? On peut par exemple imagine qu'une association homo fasse pression sur la victime pour dire que c'est une agression homophobe, afin de remplir les quotas et de les tourner à leur avantage.
Bien sûr c'est tout à fait hypothétique

, mais ce qui est flagrant c'est que ce logiciel présente d'énormes défauts sur ces points. S'aider de telles informations au cours d'une enquête, je n'y vois pas de problème, ficher les informations dans une base de données centrale à laquelle n'importe quel service de police peut avoir accès, et non plus uniquement les personnes chargées de l'enquête, ça, c'est autre chose. Ce sont des données personnelles qui relèvent de la vie privée de chaque individu, et ce qui est toujours énervant, c'est qu'il n'existe pas la réplique en "hétérosexuel" et autres. Ce ne sont que les minorités qui sont fichées. En cas d'agression hétérophobe, il coche quoi le flic ?
Bon, maintenant faut pas trop noircir le tableau non plus, si tu te fais arrêter au volant, le flic va pas te dire "bonjour, permis de conduire et orientation sexuelle s'il vous plait" (à prononcer avec l'accent marseillais

), ni que ça va servir à envoyer toutes les minorités citées dans des prisons ou des camps (j'ai un déjà-vu, là

)... le problème et la raison pour laquelle c'est dérangeant et la raison pour laquelle à mon sens, ces dernières options du logiciel doivent être effacées.... c'est que ça reste une possibilité. Récolter des données ne fait pas de mal en soit, tout dépend de qui les as entre les mains et à quelles fins on désire s'en servir ; et ces constantes changent assez souvent. Aujourd'hui il n'y a peut-être pas de raison d'imaginer ces horreurs, mais demain, qui sait ce qui adviendra ? la seule chose qu'on saura alors, et ce à quoi on pensera, c'est que les données seront toujours accessibles.
Bon, j'vais en faire un film, c'est super comme intrigue