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Poésie : Mahmoud Darwich

Titrit
Anim Musiques du monde
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Monday 14 June 2010 à 23:05
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Mahmoud Darwich (en arabe : محمود درويش), né le 13 mars 1941 à Al-Birwah en Galilée (Palestine sous mandat britannique) et mort le 9 août 2008 à Houston (Texas, États-Unis), est une des figures de proue de la poésie palestinienne.

Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il n'a pour autant jamais cessé d'espérer la paix et sa renommée dépasse largement les frontières de son pays. Il est le président de l'Union des écrivains palestiniens. Il a publié plus de vingt volumes de poésie, sept livres en prose et a été rédacteur de plusieurs publications, comme Al-jadid - (الجديد - Le nouveau), Al-fajr (الفجر - L'aube), Shu'un filistiniyya (شؤون فلسطينية - Affaires palestiniennes) et Al-Karmel (الكرمل) . Il est reconnu internationalement pour sa poésie qui se concentre sur sa nostalgie de la patrie perdue. Ses œuvres lui ont valu de multiples récompenses et il a été publié dans au moins vingt-deux langues.

père, dis-moi
est-il vrai que tous les hommes, en tous lieux
ont du pain, des espoirs
et un hymne national ?
Pourquoi donc avons-nous si faim
et chantons-nous, tout bas, des poèmes tristes ?
Extrait du poème Chanson naïve sur la Croix-Rouge dans Rien qu’une autre année



RIEN NE ME PLAÎT



Rien ne me plaît,
dit le passager de l’autobus, ni la radio
ni les journaux du matin,
ni les fortins sur les collines.
J’ai envie de pleurer.
Le conducteur dit : Attends le prochain arrêt
et pleure seul tout ton saoul.
Une dame dit : Moi non plus. Moi non plus,
rien ne me plaît. J’ai guidé mon fils
jusqu’à ma tombe.
Elle lui a plu et il s’y est endormi
sans me dire adieu.
L’universitaire dit : Moi non plus, rien
ne me plaît. J’ai fait des études d’archéologie mais
je n’ai pas trouvé mon identité dans les pierres.
Suis-je vraiment moi ?
Un soldat dit : Moi non plus. Moi non plus,
rien ne me plaît. J’assiège sans cesse un fantôme
qui m’assiège.
Le conducteur dit, énervé : Nous approchons
notre dernière station, préparez-vous
à descendre …
Mais ils crient :
Nous voulons l’après-dernière station,
roule !
Quant à moi, je dis : Dépose-moi là. Comme eux,
rien ne me plaît,
mais je suis las de voyager.


http://www.francopolis.net/Vie-Poete/DarwichMahmoud.html





Massinovitch
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(H)
Tuesday 15 June 2010 à 15:34
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titrit
Monday 14 June 2010 à 23:05
RIEN NE ME PLAÎT



Rien ne me plaît,
dit le passager de l’autobus, ni la radio
ni les journaux du matin,
ni les fortins sur les collines.
J’ai envie de pleurer.
Le conducteur dit : Attends le prochain arrêt
et pleure seul tout ton saoul.
Une dame dit : Moi non plus. Moi non plus,
rien ne me plaît. J’ai guidé mon fils
jusqu’à ma tombe.
Elle lui a plu et il s’y est endormi
sans me dire adieu.
L’universitaire dit : Moi non plus, rien
ne me plaît. J’ai fait des études d’archéologie mais
je n’ai pas trouvé mon identité dans les pierres.
Suis-je vraiment moi ?
Un soldat dit : Moi non plus. Moi non plus,
rien ne me plaît. J’assiège sans cesse un fantôme
qui m’assiège.
Le conducteur dit, énervé : Nous approchons
notre dernière station, préparez-vous
à descendre …
Mais ils crient :
Nous voulons l’après-dernière station,
roule !
Quant à moi, je dis : Dépose-moi là. Comme eux,
rien ne me plaît,
mais je suis las de voyager.
http://www.francopolis.net/Vie-Poete/DarwichMahmoud.html




Rien ne me plait, Mon poème préfèré biggrin.gif




T’AIMER OU NE PAS T’AIMER (1972)

(…)

Encore une fois

encore une fois
les assassins dorment
sous ma peau
et la potence devient
drapeau
ou
épi
dans le ciel de la forêt en flammes

l’ombre a détaché ses mains de mon front
et nous nous sommes cachés en plein midi

encore une fois
le militaire passe
sous ma peau
encore une fois
il enterre mes lèvres
dans les rides de l’hymne national
L’ombre a détaché ses mains de mon front
et nous nous sommes cachés en plein midi


encore une fois
les martyrs s’échappent
des chansons des poètes
encore une fois
nous sommes descendus de nos croix
et nous n’avons trouvé nulle terre
et nous n’avons aperçu nul ciel
L’ombre a détaché ses mains de mon front
et nous nous sommes cachés en plein midi

encore une fois
nous nous sommes unis
l’assassin, moi et la mort recommencée
ma liberté est devenue un fardeau
à mon cœur
ses yeux sous l’exil et la patrie
encore une fois
l’eau se perd dans les nuages
et nous sommes appelés au Jihad !

l’ombre a détaché ses mains de mon front
et nous nous sommes cachés en plein midi

En plein midi
ils l’ont tuée
à ma place
et ne m’ont pas arrêté
encore une fois
car les assassins
sont sous ma peau

(…)

Massinovitch
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(H)
Tuesday 15 June 2010 à 15:37
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Le lanceur de dès: Ce long poème de Mahmoud Darwich, a rapidement fait le tour du monde arabe dès sa publication en juillet 2008, un mois avant la mort du poète. Emprunt d'une douce mélancolie, il résume toute une vie, et notamment les hasards de l'histoire qui ont permis à un enfant de Galilée, issu d'une famille modeste, d'échapper plusieurs fois à une mort certaine pour devenir l'homme mûr qui la sent désormais toute proche et l'affronte avec lucidité.
Les autres poèmes qui figurent dans ce recueil ont tous été récités par Mahmoud Darwich ou publiés dans des journaux avec son assentiment durant les deux ou trois années qui ont précédé sa disparition. Ils explorent pour l'essentiel, de façon totalement inédite, le thème central de toute son oeuvre, celui d'un pays "tombé" un jour des cartes du monde.
Ernest Pignon Ernest avait portraituré Mahmoud Darwich de son vivant et projetait de lui rendre visite à Ramallah. La mort du poète l'a décidé à donner un nouveau sens à son voyage : défier l'absence en apposant le portrait de Darwich sur les murs, dans des lieux symboliques de Palestine.


Le lanceur de dès

Qui suis-je pour vous dire
ce que je vous dis,
moi qui ne fus pierre polie par l'eau
pour devenir visage
ni roseau troué par le vent
pour devenir flûte...
Je suis le lanceur de dès.
Je gagne des fois, je perds d'autres fois.
Je suis comme vous
ou un peu moins...
Je suis né près du puits
et des trois arbres solitaires telles des nonnes.
Je suis né sans flonflons ni sage-femme.
J'ai reçu mon nom par hasard,
par hasard,
appartenu à une famille,
et hérité de ses traits, ses caractères
et ses maladies :
Premièrement : Problèmes artériels et hypertension.
Deuxièmement : Pudeur devant le père, et la mère et la grand-mère arbre.
Troisièmement : Illusion que la grippe se guérit par une infusion chaude de camomille.
Quatrièmement : Paresse à évoquer l'antilope et l'alouette.
Cinquièmement : Ennui durant les nuits d'hiver.
Sixièmement : Inaptitude flagrante au chant.
Je n'étais pour rien dans ce que je fus.
Le hasard m'a fait de sexe masculin...
par hasard j'ai vu l'astre lunaire,
pâle tel un citron,
courtiser les femmes encore réveillées
et je n'ai pas fait d'effort pour trouver
un grain de beauté
au plus intime de mon corps !

(...)

J'ai la chance de dormir seul,
d'écouter ainsi mon cœur,
de croire en mon talent à déceler la douleur
et appeler le médecin,
dix minutes avant de mourir,
dix minutes suffisantes pour revivre
par hasard et décevoir le néant.
Mais qui suis-je pour décevoir le néant ?
Titrit
Anim Musiques du monde
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Tuesday 15 June 2010 à 21:24
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j'adore "le lanceur de dés" wub.gif "man ana li akoua lakoum maa9ol,Qui suis-je pour vous dire ce que je vous dis"



musique du Trio Joubran "wissan, samir et Adnan joubran"
Titrit
Anim Musiques du monde
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Tuesday 15 June 2010 à 21:29
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"Il y a sur cette terre" Mahmoud Darwich

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre :

les hésitations d’avril,

l’odeur du pain à l’aube,

les opinions d’une femme sur les hommes,

les écrits d’Eschyle,

les débuts d’un amour, de l’herbe sur des pierres,

des mères se tenant debout sur la ligne d’une flûte

et la peur qu’éprouvent les conquérants du souvenir.

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre :

la fin de septembre,

une dame qui franchit la quarantaine avec tous ses fruits,

l’heure de la promenade au soleil en prison,

un nuage mimant une nuée de créatures,

les ovations d’un peuple pour ceux qui montent à la mort souriants

et la peur qu’ont les tyrans des chansons.

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre :

il y a sur cette terre, le commencement des commencements,

la fin des fins,

On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine.

Madame je mérite, parce que vous êtes ma dame, je mérite de vivre.



musique Trio Joubran


Titrit
Anim Musiques du monde
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Tuesday 15 June 2010 à 21:49
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"Attends-la "

Avec la coupe sertie d’azur,
Attends-la
Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir,
Attends-la
Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne,
Attends-la
Avec le bon goût du prince raffiné et beau,
Attends-la
Avec sept coussins remplis de nuées légères,
Attends-la
Avec le feu de l’encens féminin omniprésent,
Attends-la
Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux,
Attends-la
Et ne t’impatiente pas. Si elle arrivait après son heure,
Attends-la
Et si elle arrivait, avant,
Attends-la
Et n’effraye pas l’oiseau posé sur ses nattes,
Et attends-la
Qu’elle prenne place, apaisée, comme le jardin à sa pleine floraison,
Et attends-la
Qu’elle respire cet air étranger à son cœur,
Et attends-la
Qu’elle soulève sa robe qu’apparaissent ses jambes, nuage après nuage,
Et attends-la
Et mène-la à une fenêtre qu’elle voit une lune noyée dans le lait,
Et attends-la
Et offre-lui l’eau avant le vin et
Ne regarde pas la paire de perdrix sommeillant sur sa poitrine,
Et attends-la
Et comme si tu la délestais du fardeau de la rosée,
Effleure doucement sa main lorsque
Tu poseras la coupe sur le marbre,
Et attends-la
Et converse avec elle, comme la flûte avec la corde craintive du violon,
Comme si vous étiez les deux témoins de ce que vous réserve un lendemain,
Et attends-la
Et polis sa nuit, bague après bague,
Et attends-la
Jusqu’à ce que la nuit te dise :
Il ne reste plus que vous deux au monde.
Alors porte-la avec douceur vers ta mort désirée
Et attends-la!...




Paramore
comrank
24 ans
Suisse
Tuesday 15 June 2010 à 22:03
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Mahmoud Darwwish, c'est bien!

Voilà une petite contribution blush.gif
Titrit
Anim Musiques du monde
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Tuesday 15 June 2010 à 22:31
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Paramore
Tuesday 15 June 2010 à 22:03
Mahmoud Darwwish, c'est bien!

Voilà une petite contribution blush.gif




merci sleep.gif
Pampelune
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France (67)
Tuesday 22 June 2010 à 14:39
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J'aime bien aussi. Mon poème préféré c'est il y a une noce dans comme des fleurs d'amandier ou plus loin chez actes sud
Extraterestre
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27 ans (H)
Tunisie
Thursday 24 June 2010 à 12:18
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ok
Iseria
Mod Espace D & Anim Jazz
comrank
France ()
Thursday 24 June 2010 à 17:58
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titrit
Monday 14 June 2010 à 23:05
"Attends-la "

Avec la coupe sertie d’azur,
Attends-la
Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir,
Attends-la
Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne,
Attends-la
Avec le bon goût du prince raffiné et beau,
Attends-la
Avec sept coussins remplis de nuées légères,
Attends-la
Avec le feu de l’encens féminin omniprésent,
Attends-la
Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux,
Attends-la
Et ne t’impatiente pas. Si elle arrivait après son heure,
Attends-la
Et si elle arrivait, avant,
Attends-la
Et n’effraye pas l’oiseau posé sur ses nattes,
Et attends-la
Qu’elle prenne place, apaisée, comme le jardin à sa pleine floraison,
Et attends-la
Qu’elle respire cet air étranger à son cœur,
Et attends-la
Qu’elle soulève sa robe qu’apparaissent ses jambes, nuage après nuage,
Et attends-la
Et mène-la à une fenêtre qu’elle voit une lune noyée dans le lait,
Et attends-la
Et offre-lui l’eau avant le vin et
Ne regarde pas la paire de perdrix sommeillant sur sa poitrine,
Et attends-la
Et comme si tu la délestais du fardeau de la rosée,
Effleure doucement sa main lorsque
Tu poseras la coupe sur le marbre,
Et attends-la
Et converse avec elle, comme la flûte avec la corde craintive du violon,
Comme si vous étiez les deux témoins de ce que vous réserve un lendemain,
Et attends-la
Et polis sa nuit, bague après bague,
Et attends-la
Jusqu’à ce que la nuit te dise :
Il ne reste plus que vous deux au monde.
Alors porte-la avec douceur vers ta mort désirée
Et attends-la!...





il est jolie ce poème...
Titrit
Anim Musiques du monde
comrank
Sunday 27 June 2010 à 00:12
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UN AMOUREUX DE PALESTINE (1966)
A ma mère
je me languis du pain de ma père
du café de ma mère
des caresses de ma mère
jour après jour
l’enfance grandit en moi
j’aime mon âge
car si je meurs
j’aurai honte des larmes de ma mère

si un jour je reviens
fais de moi un pendentif à tes cils
recouvre mes os avec de l’herbe
qui se sera purifiée à l’eau bénite de tes chevilles
attache moi avec une natte de tes cheveux
avec un fil de la traîne de ta robe
peut-être deviendrai-je un dieu
oui un dieu
si je parviens à toucher le fond de ton cœur

si je reviens
mets-moi ainsi qu’une brassée de bois dans ton four
fais de moi une corde à linge sur la terrasse de ta maison
car je ne peux plus me lever
quand tu ne fais pas ta prière du jour

j’ai vieilli
rends-moi la constellation de l’enfance
que je puisse emprunter avec les petits oiseaux
la voie du retour
au nid de ton attente

une poème chanté par MarceL khalifa


Titrit
Anim Musiques du monde
comrank
Sunday 27 June 2010 à 00:18
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" Rita et le fusil"...elle raconte l'histoire d'amour véridique de Mahmoud Darwich "le palestinien" et Rita "l'israélienne"

Entre Rita et mes yeux: un fusil
et celui qui connaît Rita se prosterne
adresse une prière
à la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel

moi, j'ai embrassé Rita
quand elle était petite
je me rappelle comment elle se colla contre moi
et de sa plus belle tresse couvrit mon bras
je me rappelle Rita
ainsi qu'un moineau se rappelle son étang
Ah Rita
entre nous, mille oiseaux mille images
d'innombrables rendez-vous
criblés de balles.

Le nom de Rita prenait dans ma bouche un goût de fête
dans mon sang le corps de rita était célébration de noces
deux ans durant, elle a dormi sur mon bras
nous prêtâmes serment autour du plus beau calice
et nous brulâmes
dans le vin des lèvres
et ressuscitâmes

Ah Rita
qu'est-ce qui a pu éloigner mes yeux des tiens
hormis le sommeil
et les nuages de miel
avant que ce fusil ne s'interpose entre nous

il était une fois
Ô silence du crépuscule
au matin, ma lune a émigré, loin
dans les yeux couleur de miel
la ville
a balayé tous les aèdes, et Rita
entre Rita et mes yeux, un fusil.


Iseria
Mod Espace D & Anim Jazz
comrank
France ()
Monday 28 June 2010 à 01:45
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ça me fait penser a l'enfant grec de victor hugo ce poème
Pampelune
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France (67)
Monday 28 June 2010 à 14:14
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Moi aussi.
Titrit
Anim Musiques du monde
comrank
Monday 28 June 2010 à 22:34
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crying.gif
père, dis-moi
est-il vrai que tous les hommes, en tous lieux
ont du pain, des espoirs
et un hymne national ?
Pourquoi donc avons-nous si faim
et chantons-nous, tout bas, des poèmes tristes ?
[…]

Extrait du poème Chanson naïve sur la Croix-Rouge dans Rien qu’une autre année,


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