mardi 10 juin 2008 à 20:40
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La vérité, c'est ce qui est vrai. La vérité existe et nous n'avons pas besoin de la connaître pour qu'elle soit. La vérité, ce n'est pas ce que nous croyons, mais ce qui est.
et ce qui est, c'est ce que nous croyons etre.
la vérité n'est qu'un sentiment et une illusion.
« Qu’est-ce donc que la vérité ? Une armée mobile de métaphores, de métonymies, d'anthropomorphisme, bref une somme de corrélations humaines qui ont été poétiquement et rhétoriquement amplifiées, enjolivées, et qui, après un long usage, semblent à un peuple stables, canoniques et obligatoires : les vérités sont des illusions dont a oublié qu'elles le sont, des métaphores qui ont été usées et vidées de leur force sensible, des pièces de monnaie dont l'effigie s'est effacée et qui ne comptent plus comme monnaie mais comme métal. Nous ne savons toujours pas d'où vient l'instinct de vérité ; car jusqu'ici nous n'avons entendu parler que du devoir imposé par la société pour exister - être véridique, c'est-à-dire employer les métaphores usuelles - , et donc, moralement parlant, du devoir de mentir en suivant une solide convention, de mentir avec le troupeau dans un style obligatoire pour tous. Certes l'homme oublie que tel est son lot ; il ment donc inconsciemment de la manière désignée ci-dessus et selon un habitus séculaire ; et précisément à travers cette inconscience, précisément à travers cet oubli, il arrive au sentiment de la vérité. »
Nietzsche
«Le menteur fait usage des désignations valables, les mots, pour faire que l'irréel apparaisse réel : il dit, par exemple; «je suis riche», tandis que, pour son état, «pauvre» serait la désignation correcte. II mésuse des conventions fermes au moyen de substitutions volontaires ou d'inversions de noms. S'il fait cela d'une manière intéressée et surtout préjudiciable, la société ne lui accordera plus sa confiance et par là l'exclura. Les hommes ne fuient pas tellement le fait d'être trompé que le fait de subir un dommage par la tromperie. Au fond, à ce niveau, ils ne haïssent donc pas l'illusion, mais les conséquences fâcheuses et hostiles de certaines sortes d'illusions. C'est dans un sens aussi restreint que l'homme veut seulement la vérité : il convoite les suites agréables de la vérité, celles qui conservent la vie; envers la connaissance pure et sans conséquence il est indifférent, envers lés vérités préjudiciables et destructives il est même hostilement disposé. »