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samedi 14 juin 2008 à 06:21
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Voici la définition du théiste selon Voltaire.


« Le théiste est un homme fermement persuadé de l'existence d'un Être suprême aussi bon que puissant, qui a formé tous les êtres étendus, végétants, sentants, et réfléchissants ; qui perpétue leur espèce, qui punit sans cruauté les crimes, et récompense avec bonté les actions vertueuses.
Réuni dans ce principe avec le reste de l'univers, il n'embrasse aucune des sectes qui toutes se contredisent. Sa religion est la plus ancienne et la plus étendue ; car l'adoration simple d'un Dieu a précédé tous les systèmes du monde. Il parle une langue que tous les peuples entendent, pendant qu'ils ne s'entendent pas entre eux.

Il a des frères depuis Pékin jusqu'à la Cayenne, et il compte tous les sages pour ses frères. Il croit que la religion ne consiste ni dans les opinions d'une métaphysique inintelligible, ni dans de vains appareils, mais dans l'adoration et dans la justice. Faire le bien, voilà son culte ; être soumis à Dieu, voilà sa doctrine. Le mahométan lui crie : « Prends garde à toi si tu ne fais pas le pèlerinage à La Mecque ! » « Malheur à toi, lui dit un récollet, si tu ne fais pas un voyage à Notre-Dame de Lorette ! » Il rit de Lorette et de La Mecque ; mais il secourt l'indigent et il défend l'opprimé. »

Ce texte m'as profondément bouleversé, c'est pourquoi j'ai souhaité en parlé ici avec vous.
Elle est à mes yeux la meilleure définition de ce que doit être "spirituellement" l'être humain, Voltaire à mis des mots sur mes pensées les plus profondent en matière de religion.
Qu'en est-il de vous ? Comment considerez-vous cette philosophie ?













Ce message a été modifié par fano - samedi 14 juin 2008 à 06:22.
samedi 14 juin 2008 à 10:39
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fano
samedi 14 juin 2008 à 06:21
Voici la définition du théiste selon Voltaire.
« Le théiste est un homme fermement persuadé de l'existence d'un Être suprême aussi bon que puissant, qui a formé tous les êtres étendus, végétants, sentants, et réfléchissants ; qui perpétue leur espèce, qui punit sans cruauté les crimes, et récompense avec bonté les actions vertueuses.
Réuni dans ce principe avec le reste de l'univers, il n'embrasse aucune des sectes qui toutes se contredisent. Sa religion est la plus ancienne et la plus étendue ; car l'adoration simple d'un Dieu a précédé tous les systèmes du monde. Il parle une langue que tous les peuples entendent, pendant qu'ils ne s'entendent pas entre eux.

Il a des frères depuis Pékin jusqu'à la Cayenne, et il compte tous les sages pour ses frères. Il croit que la religion ne consiste ni dans les opinions d'une métaphysique inintelligible, ni dans de vains appareils, mais dans l'adoration et dans la justice. Faire le bien, voilà son culte ; être soumis à Dieu, voilà sa doctrine. Le mahométan lui crie : « Prends garde à toi si tu ne fais pas le pèlerinage à La Mecque ! » « Malheur à toi, lui dit un récollet, si tu ne fais pas un voyage à Notre-Dame de Lorette ! » Il rit de Lorette et de La Mecque ; mais il secourt l'indigent et il défend l'opprimé. »




Rions un peu avec Voltaire. En effet, sa définition de "l'Etre Suprême" n'est autre que celle de Dieu dans le christianisme. Il suffit de lire les Evangiles pour s'en convaincre: Dieu est bon, avant toute chose. Il est le Créateur (mais pas seulement, la philosophie médiévale avait une vision bien plus spirituelle de Dieu). Et que demande-t-il des hommes? "D'imiter Jésus en tout point", selon la formule consacrée. C'est à dire d'avoir la foi (qui est véritablement LE pilier du christianisme), et d'agir non pas seulement de manière bonne et juste, mais de la meilleure et la plus juste manière qui soit. N'importe qui peut laisser ses filets et le suivre, comme les apôtres Pierre et André, personne ne peut-être exclu du Royaume de Dieu qui fait le bien et a la foi. Mais au contraire quel que soit leur race, leur statut social, leurs beaux discours, les méchants pleureront et grinceront des dents quand la justice divine aura été faite.
Le théisme n'est jamais qu'un christianisme en pleine crise d'adolescence.

Tout cela est dans les Evangiles, Voltaire n'est que l'héritier de ce patrimoine chrétien, de cette spiritualité et cette morale si forte, mais se croit (et il n'était pas le seul de son temps, je pense que tous ses petits amis franc-macs avaient tous plus ou moins le même genre d'egocentrisme imbu) indépendant, presque révolutionnaire. C'était avant tout un mondain, un homme d'esprit (mais selon la définition de l'époque), qui ne se prenait pas pour de la merde. En réalité, ils avaient de fausses idées sur quantité de choses, on peut déjà le voir dans l'extrait cité par Fano: "Sa religion est la plus ancienne et la plus étendue ; car l'adoration simple d'un Dieu a précédé tous les systèmes du monde." Evidement, rien n'est plus faux. Le premier type de croyance qui ait existé, c'est la vénération des esprits des ancêtres, lié au culte des morts, et de l'autre coté le culte du principe nourricier, le ventre fécond, etc (toute les statuettes de femmes aux attributs hypertrophiés). Puis, à partir de la crainte des éléments s'est élaboré une spiritualité différente, qui évolua vers le polythéisme avec le temps. Le monothéisme est extrêmement loin d'aller de soi, et demande philosophiquement et spirituellement une grande "abstraction", et la conception que le "tout", le "multiple", soit en réalité unité ou puisse y avoir un rapport, ce qui a du paraître extrêmement paradoxal, et qui l'est toujours.

J'aime toujours citer cet extrait de la règle de Saint Benoit, fondateur de l'ordre monastique des bénédictins, qui vécut au Ve siècle. Cette règle servit aussi à la fondation de l'ordre des cisterciens au XIe sècle. Ces deux ordres furent les principaux du Moyen Age. Preuve que le christianisme est riche d'un corpus magnifique et insoupçonné.

"L'ABBÉ AIME TOUS LES FRÈRES SANS FAIRE DE DIFFÉRENCE
Dans le monastère, l'abbé ne fera pas de différence entre les moines. Il n'aimera pas un frère plus qu'un autre, sauf s'il en trouve un qui agit mieux ou qui obéit mieux que les autres. Il ne fera pas passer l'homme libre avant celui qui était esclave, sauf pour une bonne raison. Mais si, pour une raison juste, l'abbé pense qu'il faut agir ainsi, il le fera sans tenir compte du rang des frères dans la communauté. En dehors de ce cas, chacun gardera son rang d'entrée au monastère. En effet, esclave ou homme libre, tous nous sommes un dans le Christ (Galates 3, 28) et nous portons tous la charge du même service pour l'unique Seigneur. Non, Dieu ne fait pas de différence entre les hommes (Ac 10, 34 ; Rm 2, 11). La seule chose qui compte à ses yeux, c'est d'être meilleurs que les autres par nos actions bonnes, et d'être humbles. C'est pourquoi l'abbé aimera tous les frères d'un amour égal. Il appliquera les mêmes règles à tous, mais selon les mérites de chacun."
samedi 14 juin 2008 à 11:03
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fano
samedi 14 juin 2008 à 06:21
Voici la définition du théiste selon Voltaire.
« Le théiste est un homme fermement persuadé de l'existence d'un Être suprême aussi bon que puissant, qui a formé tous les êtres étendus, végétants, sentants, et réfléchissants ; qui perpétue leur espèce, qui punit sans cruauté les crimes, et récompense avec bonté les actions vertueuses.
Réuni dans ce principe avec le reste de l'univers, il n'embrasse aucune des sectes qui toutes se contredisent. Sa religion est la plus ancienne et la plus étendue ; car l'adoration simple d'un Dieu a précédé tous les systèmes du monde. Il parle une langue que tous les peuples entendent, pendant qu'ils ne s'entendent pas entre eux.

Il a des frères depuis Pékin jusqu'à la Cayenne, et il compte tous les sages pour ses frères. Il croit que la religion ne consiste ni dans les opinions d'une métaphysique inintelligible, ni dans de vains appareils, mais dans l'adoration et dans la justice. Faire le bien, voilà son culte ; être soumis à Dieu, voilà sa doctrine. Le mahométan lui crie : « Prends garde à toi si tu ne fais pas le pèlerinage à La Mecque ! » « Malheur à toi, lui dit un récollet, si tu ne fais pas un voyage à Notre-Dame de Lorette ! » Il rit de Lorette et de La Mecque ; mais il secourt l'indigent et il défend l'opprimé. »

Ce texte m'as profondément bouleversé, c'est pourquoi j'ai souhaité en parlé ici avec vous.
Elle est à mes yeux la meilleure définition de ce que doit être "spirituellement" l'être humain, Voltaire à mis des mots sur mes pensées les plus profondent en matière de religion.
Qu'en est-il de vous ? Comment considerez-vous cette philosophie ?






C'est en effet une belle définition que donne Voltaire du théiste , et la blabla de killerpingouino on se demande ce qu'il veut démontrer .


Ce message a été modifié par Okomarac - samedi 14 juin 2008 à 11:04.
samedi 14 juin 2008 à 12:01
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défini comme ça, le theisme est mmoins con que le sectarisme, mais bon, ce n'est pas beaucoup plus défendable.
samedi 14 juin 2008 à 12:07
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Okomarac
samedi 14 juin 2008 à 11:03
C'est en effet une belle définition que donne Voltaire du théiste , et la blabla de killerpingouino on se demande ce qu'il veut démontrer .




KILLPINGOUINO, d'abord, pas killerpingouino sleep.gif
Et je ne cherche pas à démontrer, mais à montrer, que Voltaire n'est qu'un sous-produit de son époque, et qu'en beaucoup de choses il suivait ses modes: anticléricalisme enragé ("écraser l'infâme", etc), mythe du bon sauvage (qui aurait été théiste), mondanité, "esprit", etc... J'adore lire Voltaire, son style est excellent, fluide et tout, et son ironie grinçante flatte mes bas instincts de français railleur et râleur. Mais d'une part il était franc-mac (quand on voit ce que c'est, bien pire au niveau de toute l'hypocrisie, de la malhonnêteté, de la cooptation, de la corruption et des désires despotiques élitistes que le clergé de son époque), et d'autre part était pétri d'idées fausses (ça, il n'en était peut-être pas responsable) mais qu'il prenait pour vrai et sur lesquels il basait un jugement souvent binaire (et ça, il en est responsable). En tant que lettré, je suppose qu'il avait accès à une certaine partie de la théologie chrétienne médiévale, à des chroniques, des mémoires, tant de choses qui auraient pu le détromper et le mettre dans un posture saine et constructive.

Pendant le Moyen Age, on considère qu'il y a eu plusieurs renaissances: celle du IXe siècle (dite renaissance carolingienne), celle de l'An Mil (dite renaissance ottonienne), et celle du XIIe siècle. Par ailleurs, la "vrai" Renaissance est plutôt en continuité avec les époques précédentes, et suit une évolution qui semblait assez probable. Enfin, pendant ces périodes de renaissance médiévale, la préoccupation était non pas de contredire ou d'infirmer les thèses et interprétations anciennes, mais au contraire d'en apporter de nouvelles, et de dire qu'en s'axant de cette nouvelle manière plutôt que de l'ancienne, on irait peut-être plus loin. Cette volonté de renouvellement et cependant de cohérence est vraiment exemplaire.

Puisque j'en parlais, l'ordre cistercien se forma presque en réaction à un certain ramollissement des bénédictins dans l'observation de la règle. Et leur idée n'était pas de dire: "Ils font mal, on va les renverser, les interdire, et prendre en main les choses", mais au contraire: "On va devenir indépendant, agir et prêcher selon nos strictes convictions, donner un nouvel exemple, de telle sorte qu'ils se sentiront honteux d'avoir dévié, et que le gens nous approuveront". C'est sur ce genre de comportement qu'il faut prendre exemple, et non pas sur l'anticléricalisme de Voltaire (et des couillons des "Lumières"), destructif. D'ailleurs, la Révolution aurait pu bien tourner, si c'était cet état d'esprit qui avait prévalu, mais au lieu de ça on a décapité un roi innocent, et il y a eu la Terreur et le génocide vendéen. Renaissance et cohérence, plutôt que révolution et destruction de l'ordre ancien.


Ce message a été modifié par KillPingouino - samedi 14 juin 2008 à 12:11.
samedi 14 juin 2008 à 12:16
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KillPingouino
samedi 14 juin 2008 à 10:39
KILLPINGOUINO, d'abord, pas killerpingouino sleep.gif
Voltaire et des couillons des "Lumières"




On a pigé .


Sans nom
-
--
le génocide vendéen




MDR. J'avais jamais entendu l'expression .


Ce message a été modifié par Okomarac - samedi 14 juin 2008 à 12:19.
samedi 14 juin 2008 à 12:16
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thomasfromparis
samedi 14 juin 2008 à 12:01
défini comme ça, le theisme est mmoins con que le sectarisme, mais bon, ce n'est pas beaucoup plus défendable.




qu'est ce que tu entends par "pas défendable" ?
samedi 14 juin 2008 à 12:31
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Pour info

Deux liens Wiki (avec réserves d’usage)

Théisme
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discuter:Th%C3%A9isme

voir la discussion. original.gif


Déisme

http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9isme

samedi 14 juin 2008 à 12:41
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Okomarac
samedi 14 juin 2008 à 11:03
On a pigé .



MDR. J'avais jamais entendu l'expression .




Okamarac,je comprends d'autant mieux à quoi tu as à faire. respect sleep.gif





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