vendredi 29 juin 2007 à 16:21
Avalanche de condamnations après le «s...!» de Devedjianhttp://www.20minutes.fr/article/167495/200...e-Devedjian.php
La députée UDF-Mouvement démocrate du Rhône, Anne-Marie Comparini, plus que jamais fidèle à François Bayrou, refuse toute alliance avec la gauche pour les législatives, mais elle devra en obtenir les suffrages pour espérer conserver son siège dans la 1ère circonscription.«Ce n'est pas une façon de parler aux femmes, ni à qui que ce soit d'autre», a lâché Nicolas Sarkozy, désavouant Patrick Devedjian, de plus en plus dans la tourmente.
Le secrétaire général délégué de l'UMP, Patrick Devedjian, a traité l'ancienne députée du Rhône, Anne-Marie Comparini, de «s...», dans un reportage diffusé mercredi par la chaîne lyonnaise TLM et publié sur internet.
«Il est intolérable qu'on puisse qualifier (ainsi) une femme, politique ou pas», a rétorqué Rachida Dati.
«Ces propos, je les trouve choquants, déplorables. Comment peut-on, dans notre pays, créer la culture du débat si l'on parle ainsi de ceux qui défendent des valeurs différentes», a réagi la principale intéressée sur Europe 1.
Le propos de Patrick Devedjian «témoigne d'un manque de respect à toutes les femmes, porte atteinte à la dignité des femmes». «Il ferait bien de s'excuser publiquement», a-t-elle ajouté, en précisant qu’il lui avait téléphoné jeudi soir «très tard».
Même Ségolène Royal (PS) a appelé Anne-Marie Comparini vendredi pour l'assurer de son soutien.
Michèle Canet, la présidente du groupe socialiste du conseil général des Hauts-de-Seine, présidé par Patrick Devedjian, a elle aussi «condamné fermement" les propos. «Ils sont d'autant plus inexcusables, qu'ils procèdent d'un machisme d'un autre temps et que les responsabilités de Patrick Devedjian demandent une attitude exemplaire».
«J'ai présenté dès hier des excuses privées à Anne-Marie Comparini et des excuses publiques par voie de communiqué», a répondu Patrick Devedjian. «Je regrette profondément ces propos qui étaient une exclamation à la suite d'une parole».
«Interjection déplacée»Dans un communiqué envoyé notamment à 20minutes.fr, Patrick Devedjian, a réagi jeudi en disant «déplorer la diffusion sur Dailymotion d’images volées lors d’une conversation privée». Il dit toutefois «regretter son interjection déplacée» à l’égard de l'élue UDF «à qui il renouvelle son estime et toute son amitié».
Dans un reportage consacré aux premiers pas parisiens des députés du Rhône nouvellement élus, Michel Havard (UMP) et Pascale Crozon (PS), on voit Renaud Muselier, député des Bouches-du-Rhône, présenter Michel Havard à Patrick Devedjian en lui expliquant qu'il a battu Anne-Marie Comparini. Après l'avoir félicité, Patrick Devedjian ajoute : «Cette s...!».
L'UMP a tenté d'empêché la diffusionSelon Jean-Pierre Vacher, directeur d'antenne de TLM, Michel Havard, par ailleurs secrétaire général de l'UMP dans le Rhône, «était très gêné et nous a demandé de ne pas le diffuser, mais Patrick Devedjian savait qu'il était filmé, et nous trouvons assez déplorables de tenir de tels propos, donc nous l'avons laissé dans le reportage».
L'entourage de Patrick Devedjian a indiqué que le responsable de l'UMP «ne se souvient pas d'avoir dit ça». «La télévision dit qu'il était au courant qu'il était filmé, c'est faux. Il avait une conversation dans un cadre totalement privé. Il n'a fait aucune déclaration destinée à être rendue publique sur Mme Comparini».
Perben condamne l'insulteDominique Perben, candidat UMP à la mairie de Rhône, a déclaré dans un communiqué qu'il «déplore de tels propos et réaffirme son estime personnelle à Anne-Marie Comparini».
L'ancienne députée du Rhône a, quant à elle, indiqué qu'elle n'avait «pas vu l'émission», ajoutant avoir appris la nouvelle «il y a dix minutes en revenant du Conseil régional». «Je déplore ces propos et je n'oublie pas que le combat des femmes en politique est difficile. Sa phrase est doublement incorrecte, d'autant qu'il est l'équivalent d'un président de parti politique, et qu'à ce titre on ne peut pas avoir ce genre de propos».
Quant à Michel Mercier, président du groupe UDF au Sénat et président du Conseil général du Rhône, il a demandé «des excuses».