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Livenet > Forum > Star Academy 3
Tuesday 25 May 2004 à 13:28
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Michael prenant des cours chez oscar sisto dans le5 eme arr. de paris , vous pouvez le voir presque tous les jours vers 13h 45 au café le " Mirbel " métro censier daubenton ... il y est souvent voilà !!!

Sunday 10 October 2004 à 10:22
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"Une émancipation féminine inscrite dans les limites autorisées", tel pourrait être le sous-titre de cet ouvrage collectif qui fait apparaître la permanence d'un principe structural de domination masculine. En effet, si les comportements et les trajectoires des femmes et des hommes se sont rapprochés, cette évolution n'a pas fondamentalement remis en cause la division sociale des rôles de sexe. Les rapports hommes-femmes sont donc doublement dialectiques : des progrès quotidiens côtoient des structures et mentalités conservatrices, et les changements opérés peuvent eux-mêmes avoir des conséquences contradictoires.

Il est d'autant plus important de le rappeler que les différences sexuées sont rarement vécues sur le mode de la contrainte, puisqu'elles s'appuient sur une inculcation dès l'enfance, au sein de la famille (dont on étudie le poids dans la formation de l'identité politique en fonction du sexe) puis à l'école, la scolarité confortant dans les faits une socialisation différentielle des filles et des garçons. La logique se reproduit et se renforce sur le marché du travail, la ségrégation se fondant sur l'argument implicite selon lequel il existerait des qualités et aptitudes propres à chaque sexe. La légitimité du travail des femmes est mise en cause jusque dans des mesures censées favoriser une "conciliation" de l'emploi et de la vie de famille qui est pensée comme relevant uniquement de la responsabilité des femmes. Cette surexposition aux rôles affectifs, éducatifs et de solidarité domestique est réactivée au cours du cycle de vie et touche des domaines aussi divers que l'entrée dans la vie adulte, le vieillissement et le rapport au corps, la sexualité et la conjugalité.

Dans une première partie sont étudiées les interrelations entre le lien familial et la reproduction des identités de sexe, à travers la construction d'habitudes et de croyances sexuées dès la petite enfance, la socialisation politique différentielle, la démocratisation toute relative des relations familiales et les effets pervers des politiques publiques. Bernard Lahire prend le temps de démontrer que les catégories de sexes sont socialement construites et que les différences biologiques entre femmes et hommes ne recouvrent pas l'opposition entre le "féminin" et le "masculin", évidence qu'il est toujours bon de rappeler. Il explique ensuite pourquoi ces contraintes ne sont pas ressenties comme telles : elles sont à la fois précoces, omniprésentes et multiformes. La socialisation sexuée correspond donc au modèle de l'habitus, de la "nécessité faite vertu". Mais comment un tel conditionnement est-il possible alors même que filles et garçons se rencontrent sans cesse ? L'absence d'identification va de pair avec une dévalorisation de ce qui est attribué au féminin, jugé futile, comme en témoigne l'exemple du journal intime (un "truc de filles"). Ces habitudes sexuées et discriminantes persistent même lorsque les acteurs ont intégré des croyances égalitaires, qui ne sont guère actualisées autrement que verbalement.

La transmission de l'héritage politique constitue l'un des moments de la socialisation différenciée. Les filles connaissent une politisation tardive et
se disent bien plus souvent apolitiques, ce qui s'inscrit dans un rapport ambigu des femmes à la politique, visible notamment dans le fait que pour les filles comme pour les garçons, la mère est toujours perçue comme en retrait de la scène électorale.

Cette socialisation différenciée s'inscrit dans le cadre de relations domestiques qui restent inégalitaires. En effet si l'égalité au sein de la famille semble s'imposer dans les esprits, dans les faits le processus se révèle pour le moins contrasté, comme en témoigne la non-résolution du problème d'une "conciliation" famille-travail et d'une "double journée" qui restent malheureusement d'actualité. A cet égard, Thierry Blöss dénonce une "domination masculine d'Etat" qui se manifeste à travers des politiques qui ont intériorisé une idéologie des compétences parentales reposant sur l'invention politique du lien mère-enfant pensé comme indissoluble, ce qui constitue une reproduction de la norme sexuellement inégalitaire.

Les auteurs se penchent ensuite de façon détaillée sur le problème de la scolarisation différentielle du primaire au supérieur, pour finir sur des comparaisons à l'échelle mondiale (on peut d'ailleurs regretter que ce soit là le seul exemple d'ouverture comparatiste, le reste de l'ouvrage traitant exclusivement - quoiqu'implicitement- de la France). Malgré la progression spectaculaire de la scolarité féminine, l'école contribue en effet à la socialisation différenciée et à l'inculcation de stéréotypes dangereux, en encourageant la sexuation des aptitudes (l'exemple le plus frappant étant bien entendu celui des mathématiques). Les différences de réussite scolaire, favorables aux filles, sont alors sur compensées par des choix d'orientation qui les enferment dans des filières dites inférieures. On peut ainsi parler d'une "réussite paradoxale", qui est plus marquée dans les pays où l'accès à l'enseignement supérieur est très ouvert.

Le troisième axe de cette étude est lui aussi assez classique : il s'agit du travail et de la mobilité sociale, ce deuxième point donnant lieu à d'intéressantes - quoique incomplètes - réflexions sur la façon dont les méthodes employées par la sociologie pour étudier la mobilité selon le sexe peuvent être biaisées. Le travail des femmes reste difficilement accepté, en particulier en ce qui concerne les emplois à forte composante technique, elles sont sous-payées et cette tendance, loin de s'atténuer comme le prétend un discours triomphaliste aussi répandu que dangereux, ont recommencé à se creuser. Ce sont surtout les trajectoires individuelles qui font ressortir l'existence de discriminations. Or la position de la sociologie à ce sujet est ambiguë, comme le montre - en partie malgré elle - Dominique Merllié. En effet, les tableaux de mobilité centrés sur les hommes, ou même ceux qui prennent pour référence le "travail du père", constituent une expression de la domination masculine, logique à laquelle la sociologie elle-même peine à échapper.

La partie intitulée "âge de la vie et trajectoire de sexe" traite des différences hommes-femmes telles qu'elles ressortent de l'étude des modes
d'entrées dans la vie adulte et du vieillissement, problème qui se pose aux femmes d'une façon accentuée. Les femmes sont toujours beaucoup plus précoces en matière de formation du couple, de logement, de premier enfant, et ces passages à la vie adulte s'opère dans un laps de temps plus court. Leur insertion est souvent plus difficile et elles tendent à répondre à ce problème par le repli sur la sphère familiale. La vieillesse affecte elle aussi les individus de façon différenciée selon le sexe : on oublie souvent que les handicaps subis par les femmes dans leur vie professionnelle et familiale se cumulent lors du départ en retraite, ce qui est d'autant moins justifié que s'opère avec la vieillesse un rapprochement des genres qui confirme le caractère arbitraire et socialement construit de la différenciation de sexe.

Dans la dernière partie les auteurs traitent des représentations corporelles sexuées, de l'enjeu qu'elles constituent dans les rapports sociaux de sexe et des représentations divergentes de la sexualité au sein du couple. Le processus de sexuation du corps, longtemps ignoré par les sciences sociales, participe de la hiérarchisation des sexes, en confortant la figure d'une femme à la fois faible, douce et futile. La domination ne passe pas que par les représentations : elle prend des formes bien concrètes quand elle porte sur le contrôle médical de la grossesse ou même la violence conjugale, qui n'est pas aussi rare qu'on voudrait le croire. Enfin si les trajectoires sexuelles des femmes et des hommes se sont rapprochées, le désir féminin reste encore largement impensé du fait du rôle d'objet à posséder que jouent encore les femmes et qui suppose de leur part une certaine absence d'initiative.

Cet ouvrage fait donc le point sur un certain nombre d'idées fausses et coupe court à une rhétorique triomphaliste qui joue en réalité contre les femmes. Dans la lignée de Margaret Maruani qui, dans Les Nouvelles Frontières de l'inégalité, avait révélé les tensions entre "progressions évidentes et régressions impertinentes" caractérisant les relations femmes-hommes, les auteurs traitent de la distance entre croyances égalitaires et pratiques discriminatoires, démontent les discours faussement raisonnables et visant en réalité à renvoyer les femmes chez elles (idée qu'il est bon d'avoir à l'esprit quand on entend dire que la loi sur la parité va contraindre des femmes à occuper une fonction élective), démontrent que l'universalisme dans le domaine social est aussi inégalitaire que dans le domaine politique, mettent à jour les présupposés misogynes de ceux qui déplorent le recul de "l'autorité paternelle", du retournement de situation à l'oeuvre dans la problématique de "l'homme menacé", philosophiquement insoutenable parce qu'elle consiste en fin de compte à défendre un droit à la domination masculine. Au final, le constat est assez sombre puisque la dialectique que dévoilent les auteurs repose sur une volonté de domination qui se manifeste par la mise en place de stratégies nouvelles (par exemple en matière d'orientation scolaire et professionnelle), ce qui signifie que cette domination masculine est sans cesse reconstruite.

Comment se positionne la sociologie dans cette dialectique ? Si les auteurs ont su résister à la tentation du discours biologisant, ils ne sortent pas tout à fait d'un cadre de pensée masculin. Ils notent par exemple très justement que la référence au père dans les tables de mobilité n'est pas anodine et témoigne au contraire d'une domination, puisqu'elle fonctionne toujours dans le même sens. Mais tout au long de l'ouvrage ils emploient l'expression "hommes-femmes", toujours dans le même ordre, que l'on pourrait qualifier de hiérarchique. Loin d'être neutre, leur sociologie reprend donc des expressions et modes de problématisation orientés dont elle ne pourra sortir que par une plus grande réflexivité
Wednesday 13 October 2004 à 14:15
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j aimerais que mickael chante ça:

Les sophistes sont des maîtres de rhétorique et de philosophie qui enseignaient, au 5e siècle av. J.-C., l'art de parler en public et de défendre toutes les thèses, même contradictoires, avec des arguments subtils.

Cette rédaction a pour but de présenter et d'expliquer la contribution des sophistes à l'élaboration de la pensée rationnelle. Ce texte fera d'abord état de l'évolution des rapports entre la philosophie, la science et la religion à cette époque. Par la suite, il traitera de l'émergence de la démocratie et du rôle qu'ont joué les sophistes à Athènes.

Cet écrit sera réalisé à partir du texte "Trois sophistes au siècle de Périclès : Protagoras, Gorgias et Hippias" (1).

Au siècle de Périclès, la philosophie est encore inséparable de la recherche scientifique. Ce n'est qu'"à la fin du 5e siècle que la science et la philosophie commencent à se distinguer l'une de l'autre : la science se centre sur la nature [...] et la philosophie sur l'homme." (2)

La pensée rationnelle amorce la recherche de sa propre identité et commence tout juste à se désunir du non-rationnel. Pour ce qui est de la religion, elle demeure encore dominante au début du 5e siècle, bien qu'elle soit contestée par plusieurs personnes, parmi lesquelles figurent des sophistes. Les rapports entre la religion et les premiers penseurs deviennent de plus en plus tendus, étant donné que ceux-ci jugent et remettent en question plusieurs aspects de la tradition religieuse.

A cette même époque, on assiste aussi à l'émergence de la démocratie à Athènes. Ce régime a surtout progressé grâce aux différentes réformes amenées par Dracon, Solon, Pisistrate et finalement Clisthène.
Parmi ces réformes, on remarque entre autres celle de Clisthène, qui retira les derniers privilèges des grandes familles et qui basa le statut de citoyen sur un critère géographique plutôt que génétique ou économique, en 507 av. J.-C.. Cette amélioration permit l'accès des citoyens de toutes les classes sociales aux fonctions de magistrats ou de membres du conseil. Selon certains historiens, ces réformes de Clisthène donneraient naissance à la démocratie à Athènes, cependant, d'autres la situent plutôt en 683 av. J.-C., où l'on assiste aux premières fonctions électives dans l'aristocratie. (3)

Les sophistes ont joué un rôle important à Athènes puisque "la cité [avait] besoin d'eux pour éduquer les nouveaux citoyens et les faire participer à la vie collective, l'éducation ayant été jusqu'alors réservée aux aristocrates." (4) Ils eurent donc une influence décisive pour la culture athénienne.
Les sophistes, professeurs itinérants, enseignaient la rhétorique, l'art de bien parler en public ainsi que la dialectique, l'art de discuter, de défendre une thèse contre un adversaire. Cet enseignement avait pour but de préparer l'élève contre d'éventuels conflits de pensée ou d'action par l'antilogie. Leur méthode visant la controverse, avait pour avantage de développer l'esprit critique et par le fait même de faciliter la rationalité. De plus, les sophistes agissaient en tant que diffuseurs de la culture et des connaissances, ce qui favorisait un fonds culturel commun. Finalement, ils préparaient leurs élèves à la logique par leur analyse de l'argumentation ainsi que par leur préoccupation pour la grammaire et le langage en tant que base de la pensée.
Leur existence nous en apprend également beaucoup sur la vie intellectuelle de ce siècle.
Tout d'abord, ils nous informent que la connaissance n'est plus uniquement réservée à une élite héréditaire et que l'on peut apprendre beaucoup plus de choses qu'on ne le pense. Ils introduisent aussi la notion de technique en éducation, c'est-à-dire que l'on peut enseigner à penser, à bien parler, à discuter et à convaincre. L'apport des sophistes au contexte intellectuel est considérable et apporte un changement dans l'objet de la réflexion et de la nature à l'humain. Ils sont à la base d'une révolution qui situe l'humain au centre des questions fondamentales.

En conclusion, la contribution des sophistes à l'élaboration de la pensée rationnelle fut remarquable. Grâce à eux, l'évolution des rapports entre la philosophie, la science et la religion à cette époque fut considérable et on assista à l'émergence de la démocratie. Ils jouèrent un grand rôle à Athènes en portant leurs études sur un objet différent de celui des "premiers penseurs"et en introduisant des attitudes et des activités nouvelles. Sans les sophistes et leurs réformes, la pensée rationnelle et le comportement humain seraient-ils les mêmes aujourd'hui ?
Friday 15 October 2004 à 03:56
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en plus il parait que:


Politique argentine des communications

Étendue internationale du réseau ferroviaire argentin et sa répercussion directe sur le versant du Pacifique et indirecte sur le bassin amazonien.

Le réseau de communications de La Plata est une des preuves les plus éclairantes de ce que peut devenir l’homme en tant qu’acteur de première grandeur dans le domaine géographique. De même, c’est la preuve parfaite de la flexibilité de la géographie politique comme superstructure de l’anthropogéographie, l’éventail de ses variations, depuis la plus rationnelle des hypothèses jusqu’au phénomène le plus déraisonnable.

Des aspects comme celui des communications de La Plata ne laissent aucun doute sur ce que la géographie politique n’est vraiment pas autre chose qu’une géographie animée par l’homme. Observons encore qu’une fois convaincu que, sans l’homme comme acteur géographique, toute la géographie devient un vrai corps sans âme, le sens politique dans toute l’étendue de ses acceptations est bien l’âme des réalités géographiques pour lesquelles l’action de l’homme est tout.

Dans les cas particuliers des communications de La Plata, cette action se montre en outre intéressante puisque ces routes vont se concentrer au cœur même d’un des pays du bassin du Rio de La Plata, de Buenos Aires, la Distributrice au bord de ce même fleuve sur le littoral atlantique. Une fois réalisé, cela honorera grandement la nation argentine pour la portée de ses investissements nationaux, malgré l’importance de la coopération étrangère.

En effet, le système politique argentin est, sur notre continent, l’exemple le plus évident de ce qui est considéré comme meilleur du point de vue dogmatique sur ce sujet. Il ne manque à ce système ni l’ampleur, ni l’équilibre ; il traduit exactement une action coordonnée sur les facteurs géographiques et humains conditionnés par la nation argentine, Il définit avec précision les tendances, les nécessités et les possibilités du peuple argentin, en soi et en relation avec les autres.

En partant d’une quelconque de ses expressions politiques, on peut remonter finalement et spontanément aux instructions de la politique nationale. Globalement, ses activités constituent un réel système de forces selon les aspirations de la nation elle-même pour lequel la politique de l’État argentin en est la résultante logique.

Représentation ferroviaire argentine

Tout ceci se comprend et s’entend quand on se rend compte de l’aspect expansionniste de la politique des communications de La Plata, tellement l’état des communications (étant donné le caractère économique des sociétés modernes) est significatif en tant que sûre indication de l’orientation et de la stabilité d’un sens politique déterminé.

Le schéma qui matérialise l’effort ferroviaire de l’Argentine donne de lui-même une idée de l’importance économique et politique du système de communications argentin. Il laisse percevoir dans toute sa manifestation le caractère concentrique du système, comme l’indique dès maintenant le degré de son incidence sur les réseaux circonvoisins.

Comme on le voit, Buenos Aires est reliée directement par chemin de fer avec les capitales de trois pays limitrophes. De Buenos Aires à Asunción, la ligne double la voie fluviale et assure la liaison (Concordia - Salto) entre les réseaux argentins et uruguayens. Avec Santiago (et Valparaiso), Buenos Aires est reliée par la voie ferrée de montagne qui assure le trait d’union entre l’Atlantique et les richesses andines. Avec La Paz, la jonction du réseau argentin avec les chemins de fer boliviens se fait à Tupiza après un parcours de 1 795 kilomètres depuis Buenos Aires jusqu’à La Quiaca.

Quant au caractère concentrique du système dont l’importance est évidente, il faut en montrer certaines particularités. D’abord, les voies navigables n’ont rien perdu de leur intérêt et il n’y a pas compétition mais coopération. En outre, le service portuaire et les conditions techniques de navigation fluviale se développent tous les jours de plus en plus et l’État argentin maintient, grâce à des dragages constants, la navigabilité des rivières. Par ailleurs, les transports peuvent utiliser soit l’un ou l’autre moyen de communication, où grâce à des transversales on peut passer d’un système à l’autre ; c’est ce qu’on peut aisément constater sur une carte des chemins de fer argentins.

Quant à l’influence du système sur les réseaux circonvoisins, c’est un des aspects qui méritent une attention particulière. Si dans les liaisons Buenos Aires - Santiago et Buenos Aires - Asunción, cette influence ne dépasse pas les limites de ses conséquences naturelles, il n’en va pas de même pour la liaison Buenos Aires - La Paz pour laquelle sont apparues des conséquences capables même d’avoir une incidence jusque sur l’économie du continent.

Influence sur le Pacifique et sur l’Amazonie

Si on examine à nouveau le schéma, on peut, dans une rapide analyse, évaluer l’importance politico-économique des incidences de caractère continental consécutives à la liaison Buenos Aires - La Paz.

Si on évalue tous les facteurs, on conclut dès lors que ces incidences se manifestent suivant deux processus différents ; ils se présentent sous deux aspects, pour ainsi dire opposés mais complémentaires.

En premier lieu, il y a la multiplication des contacts avec le Pacifique. La liaison avec le port de Valparaiso est multipliée par celles avec les ports d’Antofagasta, de Mejillones, d’Arica au Chili et de Mollendo au Pérou. Malgré le caractère indirect de ces liaisons, on ne peut nier leur incidence sur le continent. Il suffit de considérer la signification politique des routes d’Antofagasta à La Paz et d’Arica à La Paz (Guerre du Pacifique), les formes de vie plus ou moins artificielles de ces ports (absence de milieu maritime) ou bien l’"isolement" des eaux au bord desquelles ils sont placés et les conséquences aujourd’hui et dans l’avenir du Canal de Panama sur le trafic maritime du Pacifique. Telles seraient les circonstances qui feraient que ces voies pourraient avoir une finalité allant entièrement à l’encontre de celle qui inspira leur construction, car elles deviendraient des pompes aspirantes, transportant vers les hauts plateaux la richesse des vallées longitudinales du versant ouest des Andes, la ligne Buenos Aires à La Paz faisant le reste.

Ensuite, la signification de la liaison Buenos Aires à La Paz est plus nette par ses prolongements jusqu’à Cuzco. Même face aux hauts des vallées du Mamoré, du Béni et de Madre de Dios, sa voie représente une barrière économique efficace, une sorte de collecteur de trafic en faveur du Rio de La Plata.

Il est vrai qu’une quelconque conjecture qu’on pourrait faire à propos de la représentation politico-économique de la liaison Buenos Aires - La Paz se heurte à des questions difficiles à régler. Parmi celles-ci, il y a les distances énormes le long desquelles a été posée une voie unique et étroite, dont le trafic en de nombreux points est diminué dans les tronçons à crémaillère ou encore par les mauvaises conditions météorologiques locales. De Buenos Aires à Antofagasta il y a 2 701 kilomètres, à Arica, 3 020 kilomètres, à Mollendo (y compris la traversée du Lac Titicaca, 3 433 kilomètres ! Ce sont des chiffres réellement considérables qui entraînent des problèmes de tarifs, des questions de transbordement, en un mot des coûts de transport.

Il est sûr cependant que les impératifs économiques se chargeront beaucoup d’aplanir ces difficultés par des conventions (trafic réciproque) et par des solutions techniques tendant à accroître le rendement de ces lignes ; c’est ce que nous commençons à constater.

Enfin, de ceci on peut conclure avec une certaine assurance que le rôle de la liaison ferroviaire Buenos Aires - La Paz est le symbole de l’homogénéité en réponse aux antagonismes géographiques sud-américains, que ce soit ceux entre versants ou ceux d’un opposition entre les deux bassins principaux du versant atlantique. Cette ligne escalade le haut plateau brésilien et sa voie franchit les cols andins dans un effort neutralisant d’une bonne partie des aspects de ces oppositions, mais toutefois au profit de La Plata.

Saturday 16 October 2004 à 03:17
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vous pensez qu avant de s inscrire mickael à pensé à ça?:

De la notion de « Star »

Qu’entend-on par le mot « Star » ? Une star est un personnage célèbre, mais pas seulement : cette condition n’est pas suffisante, et l’on aurait du mal à nommer « star » Moïse, Galilée, Voltaire, Newton, Pasteur, Staline, Einstein, etc.

Une star est une personne célèbre qui attire les foules : Jésus, la Joconde et h***** (malheureusement, pour le dernier) aussi. Difficile pourtant de les considérer comme des « stars ».

Une star est une personne célèbre, qui attire les foules, et qui plus est, elle est riche : Bill Gates est également célèbre, riche, et attire tout autant les foules (directement et indirectement) : pas une star pourtant.

Une star est une personne célèbre, riche, attirant les foules, et ayant un ou plusieurs grands talents artistiques. Ah ! Nous voilà sur une définition qui semble déjà plus sélective et qui peut moins facilement être prise en défaut. C’est donc celle-ci (bien qu’on puisse toujours la parfaire) que je retiendrai pour la suite.

Une star est donc quelqu’un qui réunit (au moins) ces quatre caractéristiques, et - ce qui pourrait devenir un cinquième critère distinctif - qui arrive à en jouir, au moins un peu, de son vivant : la « staritude » est un statut social, la star est consacrée de son vivant, sinon ce n’est pas (plus) vraiment une star, même si la mort (de préférence en pleine gloire) peut renforcer ce statut - on pensera à Édith Piaf, Marilyn Monroe, Jim Morrison, etc.

De la notion du « devenir Star »

La définition retenue se pose bien évidemment en fonction du regard sociologique de la star, car par définition, une star est star aux yeux de ses pairs et du public, et pas (uniquement) aux siens. Cela dit, le statut de star a des implications intrinsèques, en termes de devenir tout autant qu’en termes de « maintien », de « stabilisation » à ce rang.

Comment la star devient-elle riche ? En devenant célèbre et en attirant les foules. Comment la star devient-elle célèbre et attire-t-elle les foules ? En dévoilant son ou ses grands talents artistiques. De là viennent deux nouvelles questions : comment la star parvient-elle à dévoiler ses talents, et d’où/de quoi proviennent ces derniers ?

La première trouve sa solution dans le monde professionnel des arts, car une notoriété de star ne peut s’acquérir que par des systèmes déjà en place, très amples et bien implantés, rodés et performants, systèmes très structurés qui incluent des personnalités artistiques mais également « économiques » à même de porter un jugement fiable sur lesdits talents et aussi sur la « viabilité/rentabilité » d’un « projet artiste » : à savoir, les productions, les managements, etc. La star doit savoir se montrer aux bonnes personnes, qui à leur tour sauront la révéler aux yeux et aux oreilles du public. Et le facteur chance n’est pas étranger à la « staritude », j’y reviendrai.

Pour la question relative directement au (aux) talent(s) de la star, elle relève de plusieurs éléments, très disparates et très délicats à isoler. On y trouve pêle-mêle : des « dons » et inclinations particuliers, propres à la personne (aspect physique, organe vocal, caractère, charisme, etc.), des événements extérieurs (milieu familial, rencontres décisives - directes ou indirectes - sur le plan artistique, etc.), et surtout, beaucoup de travail. Car, intrinsèquement, la star est une bosseuse, elle a même tendance à se consumer dans le travail, ce qui nuit bien souvent au bon déroulement de sa vie privée.

La star, en tant que phénomène « individu », se construit donc par un mélange d’aptitudes, de chance (les « rencontres ») et de travail, mélange qui induit (toujours avec un fort facteur chance) les événements et éléments qui rentrent dans la définition développée précédemment.

Du facteur « chance »

Cet élément « déterminant » est présent à chaque étape. Même si, dans certains cas, il peut prendre moins d’importance que dans d’autres (mais, là, cela dépend aussi de l’angle de vue). Pour faire bref la « chance » de la star se manifeste en différents points du temps et lui permette d’accéder à son statut : chance d’avoir un « don » (ou plusieurs) particulier, chance de pouvoir s’en rendre compte, chance de pouvoir l’exploiter et l’entretenir un minimum au départ, chance d’arriver à le faire reconnaître à son entourage, chance de le faire reconnaître à ceux qui pourront le lui faire développer et maîtriser en vue de devenir professionnel en premier lieu puis de lui monter les marches de l’escalier de la célébrité ensuite, chance que ce que la star a à offrir trouve une résonance chez un (LE) public, etc.

Soit toute un série de « chances » ponctuelles qui, enchaînées, lui permettront de devenir star. Mais bien évidemment, les chances se calculent, s’anticipent et elles se gèrent. D’où l’intérêt d’être bien entourée et d’être dur à la tâche.

De la notion de « Star Academy » ou « d’usine à stars »

Partant de toutes ces considérations, il semble logique voire souhaitable d’offrir aux talents en germe un maximum de chance de concrétiser leur désir. Mais la question est, en définitive : « Est-il véritablement possible de "construire" une star ? »… C’est au départ un souci tout américain que cette problématique de la star. « Star » est un terme anglais, introduit par les aux Etats-Unis pour évoquer certains de ces artistes hyper talentueux et hyper plébiscités - et qui en général se posaient tout à la fois comme excellents acteurs, danseurs, chanteurs, bêtes de scène, etc. Car n’oublions pas que la star doit remplir au moins les quatre critères que j’évoquais : célébrité, richesse, mouvement de foules, talent(s), et que tout ceci se travaille. Mais, pour prendre des exemples dans le milieu du cinéma, qu’est-ce qui différencie par exemple un Gary Sinise (excellent second couteau) d’un Bruce Willis (une vraie tête d’affiche) ? Certains critiques n’hésitent pas à parler de « facteur X », ce petit quelque chose, cet espèce de charisme indéterminable qui fait que le second attire les spectateurs sur son seul nom (il est une star), alors que le premier est juste, finalement, un très bon acteur, reconnu, mais pas une star au sens plein du terme…

Ceci ne se fabrique pas, ou en tout cas, on ne sait pas encore le fabriquer. Qu’ont donc trouvé les « inventeurs » de la Star Academy pour palier cette incapacité et tenter tant bien que mal de générer des stars ?

Première idée : jouer sur le capital sympathie du public envers les futures stars en prenant véritablement des « inconnus ». Si l’on regarde attentivement la liste de tous les candidats retenus, l’on ne trouve aucun jeune artiste qui ait déjà tenté de faire un bout de chemin professionnel par lui-même, ni qui ait éventuellement déjà réalisé quelque chose dans une démarche professionnelle, alors que, on le sait bien, notre beau pays regorge de talents divers et variés qui peinent à émerger aux yeux du public national. Non, il vaut mieux prendre des inconnus complets, car le spectateur lambda pourra mieux s’y identifier, voire fantasmer sur ses propres talents et désirs…

Deuxième idée : jouer sur le capital sympathie du public envers les futures stars en les montrant en situation de « devenir star », en montrant leurs difficultés, leurs faiblesses, leurs doutes, leurs turpitudes même, et bien souvent, leurs habits par terre, leurs ronflements à 4 heures du matin, leurs tentatives de flirt plus ou moins abouties et j’en passe… Bref, surfant sur une sympathie déjà ancienne pour les apprentis artistes (émergée à la sortie du film « Fame » d’Alan Parker, suivi par la série du même nom), la « Star’Ac » cherche à créer artificiellement un « facteur X » permettant d’accrocher le public à des personnages qui, malgré leur valeur intrinsèque, ne « perceraient » peut-être jamais véritablement…

De la notion du «Star » revisitée

Finalement, l’on assiste à un renversement assez spectaculaire, dû à l’époque sans doute, et à la télé-réalité avec certitude. La Star’Ac inverse la tendance, la notion même de « star » !!! En effet, dans la mesure où ce facteur X n’est pas injectable à la demande, elle contourne le problème, et du coup, change la signification du mot star sans que l’on s’en rende vraiment compte à première vue - et c’est certainement ce qui dérange sans que l’on sache pourquoi.

Par définition, la star est quelqu’un d’admirable et d’admiré, que le public, dans sa majorité, reconnaît comme inimitable, voire comme « intouchable » dans sa partie… Bref : quelqu’un qu’on pose comme modèle tout en sachant qu’on n’a pour ainsi dire aucune chance de lui arriver à la cheville (c’est bien pour ça, aussi, qu’on l’admire autant : l’on n’admire pas quelqu’un qui ne nous dépasse pas). Mais là, dans la Star’Ac, la star en devenir est quelqu’un de tout à fait normal, et ce n’est plus le résultat qu’on nous donne à admirer mais le devenir, le rêve que finalement c’est peut-être possible pour tout le monde… C’est un peu comme si l’on demandait au public d’aimer une pièce en fonction des répétitions et de ce qui se passe dans les coulisses…

Eh bien moi, je dis non. Car même si les événements qui entourent la naissance d’un artiste et d’une œuvre ne sont pas de peu d’importance, c’est tout de même le résultat qui prévaut. Beethoven n’est pas un génie de la musique parce qu’il a composé la grande majorité de son œuvre en étant quasiment complètement sourd, mais parce qu’il a réellement produit des chefs d’œuvre. Sa surdité en rajoute à sa compétence musicale et à son génie, mais le résultat en artistique en lui-même justifie son aura. On est loin, très loin de ça dans le cas de la Star Academy…

Je pense au « Grand Petit Conservatoire de Mireille », où cette exceptionnelle musicienne (et pédagogue, en fin de compte) a su montrer que l’on pouvait, comme pour la comédie par exemple, enseigner la variété. Les artistes arrivaient avec quelque chose à eux, qu’ils avaient travaillé avec leurs tripes, leur talent propre, et Mireille tâchait de les faire accoucher du meilleur en s’adonnant à une savante maïeutique non dénuée d’humour. Aujourd’hui, la Star’Ac cherche à faire rentrer dans un moule galvaudé et surtout déformé de « star » des apprentis artistes qui, si l’on observe attentivement leur dire et leurs réactions, sentent bien, dans le fond, que ça ne leur correspond pas.

C’est une grande machine, une espèce d’usine, avec beaucoup de frous-frous, de poudre aux yeux. En tant qu’artiste-interprète (si c’était le cas), je sais que j’apprécierais beaucoup d’avoir l’opportunité de chanter avec un Johnny Hallyday ou un Lionel Richie, mais à la réflexion, si ça devait avoir lieu, je préférerais que cela arrive après une sollicitation particulière (venant de moi, ou mieux, de lui !), car cela pourrait signifier que mon talent est reconnu par lui. Là, c’est moins qu’une master-class, c’est un passage télé. Une occasion de faire quelque chose d’inédit et d’unique, mais sur la base d’un « marché » publicitaro-commercial, et non d’une connivence artistique réelle. C’est du rapiécé machine, sans fondements valables. Ce n’est plus le public qui choisit, en réalité : il ne fait que cocher des cases déjà pré-cochées pour lui, et sans s’en rendre compte qui plus est. Et là ; je me rends compte que je contreviens à mon intention initiale qui était de ne pas jeter la pierre sur la Star Academy…



Conclusion : les concepts évoluent, c’est un fait. Mais certaines choses méritent de garder le mystère, et les tenants et les aboutissants d’une œuvre ne devraient pas prendre le dessus sur le résultat lui-même, ce qui pourtant est en train de se produire depuis quelques temps. Le travail sur une œuvre n’est pas l’œuvre elle-même, et ne la remplacera jamais. Entendre des apprentis reprendre des tubes variété en les massacrant un peu au passage n’a rien, à mon sens, d’intéressant ni de valorisant pour eux. Il serait peut-être temps que la Star’Ac recrute également des compositeurs, qu’on ait au moins droit à du nouveau, à défaut d’avoir de l’abouti. C’est un souhait, sincère, mais je doute qu’il soit jamais exaucé…

Ce message a été modifié par breog - Saturday 16 October 2004 à 03:18.
Sunday 17 October 2004 à 00:04
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vous croyez que ça ça interesse michael?

GESTATION
Fertilisation
La fertilisation est l'union d'un spermatozoïde avec un ovule pour former la première cellule de l'embryon. La fertilisation prend place dans l'oviducte. L'embryon entre dans l'utérus deux ou trois jours après la fertilisation, mais ne s'attache à la paroi utérine (implantation) que 28 jours plus tard.

Implantation
L'implantation consiste, en partie, en la formation de 80 à 100 structures oè le tissu fàtal (cotylédon) et le tissu maternel (caroncule) s'entremêlent intimement. Après le vêlage, si les caroncules et le tissu fàtal ne se séparent pas, le placenta est retenu (rétention d'arrière-fait). Le processus d'implantation inclut aussi la formation du cordon ombilical qui permet les échanges de nutriments et de déchets entre le tissu maternel et celui du fàtus. L'implantation est, en général, terminée au 45ème jour de gestation.

Mortalité embryonnaire
Jusqu'à ce que l'implantation soit terminée, le risque de mortalité embryonnaire reste élevé. En fait, 10 à 20% des gestations se terminent par la mort de l'embryon avant son implantation. Si la mort de l'embryon se produit endéans 17 ou 18 jours de l'insémination, la vache revient en chaleur comme si elle avait un cycle normal de 21 jours; le producteur ne sait pas que la vache, en fait, était gestante. La mortalité embryonnaire à un stade plus avancé peut entraîner des délais du retour des chaleur et des cycles qui sont "apparemment" de 30 à 35 jours. La mortalité embryonnaire peut donc facilement être confondue avec le manque de fertilité chez la vache.


Diagnostic de gestation
Les méthodes les plus courantes pour diagnostiquer la gestation sont (1) l'absence de retour en chaleur, (2) la concentration de progestérone dans le lait et (3) la palpation rectale.

Absence de retour en chaleur

En général, une vache est déclarée gestante si on n'observe pas de chaleurs pendant plus de 60 jours après une saillie (la durée de trois cycles). Cependant, une vache peut ne pas revenir en chaleur pour d'autres raisons: un kyste ovarien ou le manque de détection des chaleurs.

Palpation rectale

Un vétérinaire peut utiliser la palpation rectale 40 à 60 jours après la date de saillie. Il peut non seulement déceler la présence d'un foetus dans l'utérus, mais surtout, identifier d'autres structures associées avec la gestation et en particulier la présence d'un corps jaune sur l'ovaire.

Progestérone du lait

Pendant une gestation, le cycle oestral est interrompu à cause de la présence du corps jaune qui persiste et continue sa sécrétion de progestérone pendant toute la gestation. La persistance de progestérone dans le lait de 21 à 23 jours après la saillie peut être utilisée comme outil diagnostique pour déceler une gestation.

Croissance du fàtus
La plus grande partie de la croissance fàtale se produit pendant le troisième trimestre de la gestation (jours 190 à 282). Durant cette période, le poids du fàtus augmente de 4 à 40-45 kg et les besoins nutritionnels de la vache augmentent.

Avortement
L'avortement est l'expulsion d'un foetus non viable avant le terme normal de gestation. Après l'implantation de l'embryon dans l'utérus, le pourcentage d'avortements diminue fortement et ne dépasse pas 3 à 5%. Les avortements sont dês à de nombreuses causes:

Insémination d'une vache gestante;
Blessure physique (mauvais traitement physique d'une vache gestante);
Aliments contenant des toxines, des moisissures ou un haut niveau de l'hormone oestrogène;
Infections microbiennes (maladies vénériennes et autres).
Tous les avortements doivent être considérés comme une situation potentiellement dangereuse et un effort rigoureux doit être entrepris pour en déterminer la cause. Les infections bactériennes, virales, ou fongiques peuvent provoquer l'avortement, surtout entre le quatrième et septième mois de gestation

VELAGE
Le vêlage, ou parturition, est défini comme la naissance d'un veau suivie de l'expulsion du placenta (arrière-fait). La position normale du veau au vêlage est illustrée dans la Figure 2. Il faut s'attendre à une présentation anormale du veau environ une fois tous les 20 vêlages (5%).

Signes du vêlage
Les signes d'un vêlage imminent sont:

Elargissement du pis qui peut devenir oedémateux, surtout chez les primipares;
Relaxation des ligaments du pelvis qui provoque une descente de la queue entre les os proéminents du bassin;
Décharge du bouchon liquéfié qui ferme l'utérus durant la gestation (quelques jours avant le vêlage).

Les trois étapes du vêlage

Stade 1: Dilatation du cervix

Le premier stade du vêlage dure de deux à trois heures chez la vache adulte et de deux à six heures chez la primipare. Durant cette phase, le cervix se dilate et le foetus commence à progresser dans le canal cervical. La vache pousse son premier "sac d'eau" contre le cervix, ce qui a pour effet de le dilater progressivement. Le "sac d'eau" ne doit pas être brisé manuellement parce qu'il joue un r°le important dans la dilatation du cervix.

Stade 2: Expulsion du veau

Ce second stade est caractérisé par la progression du veau à travers le cervix et son expulsion. Lors d'une présentation normale, les pattes de devant apparaissent d'abord et ensuite vient le museau. En général, après que la tête est entièrement passée, une seule poussée supplémentaire suffit pour que les épaules et le reste du veau soient expulsés. Ce stade peut durer de 2 à 10 heures. Une erreure fréquente est d'aider la vache au vêlage soit en tirant les pattes du veau trop t°t ou en tirant inutilement.

Stade 3: Expulsion du placenta

Pendant la troisième phase, le placenta (arrière-fait) est expulsé de l'utérus. Après l'expulsion du veau, les contractions utérines continuent et aident à séparer le placenta des caroncules de l'utérus. Normalement, l'arrière-fait doit être expulsé moins de 12 heures après la naissance du veau.

Que faire en cas de vêlage difficile?
L'expérience et le jugement sont nécessaires pour décider d'intervenir lors d'un vêlage. Après une ou deux heures de contractions intensives, les pattes du veau devraient apparaître. S'il n'y a pas de progrès et que la vache commence à montrer des signes de détresse, il faut intervenir. La position du veau doit être vérifiée et corrigée si nécessaire avant d'appliquer une traction. La pression doit être appliquée progressivement et autant que possible en synchronisme avec les contractions de la vache. Il est important de se laver et désinfecter les mains, ainsi que la vulve de la vache et tous les ustensiles utilisés durant le vêlage.

Apres le velage
Un processus qui s'appelle l'involution utérine prend place directement après le vêlage. L'utérus reprend une forme et dimension normale. De plus, le tissu qui tapisse l'utérus est renouvelé. Chez les vaches en bonne santé, la maturation d'un follicule et une ovulation peuvent se produire 12 à 14 jours après le vêlage. Ce cycle n'est toutefois pas accompagé de signes de chaleurs (chaleurs silencieuses). Néanmoins, plus de 90% des vaches doivent être observées en chaleur moins de 60 jours après le vêlage.

Complications apres le velage

Rétention du placenta

Il y a normalement 5 à 10% de rétention de placenta après un vêlage normal. Cette fréquence augmente avec les vêlages difficiles ou prématurés et les infections bactériennes. Le placenta NE DOIT PAS être retiré manuellement parce que les blessures qui s'ensuivent peuvent provoquer une stérilité permanente. Les efforts doivent se concentrer sur la prévention de l'infection utérine et la stimulation des contractions utérines pour faciliter le détachement. Parfois l'hormone oestrogène est utilisée avec un certain degré de succès pour accélérer ce processus.

La prévention de la rétention du placenta est importante parce qu'elle est souvent suivie d'autres complications. Les mesures de prévention consistent à maintenir une hygiène parfaite au vêlage et une alimentation bien équilibrée pendant la période de tarissement. g the dry period.

Infection utérine (Métrite)

L'inflammation de l'utérus est due principalement à l'invasion de micro-organismes. L'infection utérine est détectable par l'odeur et les décharges purulentes du vagin. Ces infections sont souvent des complications secondaires à un vêlage difficile ou à une rétention de placenta. Beaucoup de vaches qui souffrent de métrite se "nettoient" en quelques semaines sans traitement.

Lors d'une infection de l'utérus, le vétérinaire peut évacuer le fluide purulent qui s'y accumule par palpation rectale suivie d'une infusion d'antibiotiques ou d'antiseptiques. Lorsque les antibiotiques sont utilisés, le lait doit être rejeté à cause de la contamination avec des résidus antibiotiques. Un traitement alternatif est d'utiliser la prostaglandine pour induire un cycle de chaleurs. Les contractions et sécrétions utérines pendant les chaleurs aident à éliminer les agents infectieux et minimiser le recours aux antibiotiques.

Pyometrie

La pyométrie est aussi une infection de la matrice. Cependant, dans ce cas, le cervix s'est fermé, ce qui empêche le drainage du pus. Les dommages causés par la pyométrie peuvent en4 August, 20044 August, 2004

De bonnes pratiques lors du vêlage permettent de minimiser le stress pour la vache et le risque de mortalité du veau. Les facteurs nécessaires pour minimiser les difficultés au vêlage, sont aussi nécessaires pour obtenir et garder un bon niveau de reproduction au sein du troupeau:

Alimentation adéquate: Les génisses et les vaches ne doivent pas être sousalimentéees ou suralimentées pendant la dernière partie de la gestation parce le risque de vêlage difficile et de problèmes de santé en début de lactation augmentent chez les vaches qui sont trop grasses (obèse) ou trop mince (émanciée) au vêlage.
Utiliser une salle d'accouchement: Une salle d'accouchement oè les vaches peuvent se mouvoir librement doit être disponible pour chaque multiple de huit vaches présentes dans le troupeau. La salle doit être maintenue en parfait état de propreté, bien ventilée et soigneusement nettoyée après chaque vêlage.
En cas de problèmes: Il faut détecter les premiers signes de vêlage et observer sa progression. Donnez à la vache suffisamment de temps pour se préparer et progresser à travers le vêlage; après une ou deux heures de contractions intensives, les pattes du veau doivent faire leur apparition. Lorsqu'il n'y a pas de progrès et que la vache commence à montrer des signes de détresse, il faut intervenir pour d'abord vérifier la position du veau. S'il y a un doute quant à la position du veau, ou s'il est difficile de savoir comment corriger la position anormale, c'est le moment d'appeler un vétérinaire.
Si on prend la décision d'intervenir, les conditions strictes d'hygiène doivent être respectées: Ceci est important pour minimiser les risques d'infections.
Fournir les premiers soins au nouveau-né: Il faut dégager les narines de toutes obstructions (mucus) et s'assurer que le veau respire. En général, chatouiller l'intérieur des narines est suffisant pour initier le réflexe de la respiration. Il faut utiliser un désinfectant pour éviter l'infection de la région ombilicale. Il ne faut pas oublier d'offrir le colostrum quelques heures après le vêlage pour donner au veau les moyens de combattre les infections.


Sunday 17 October 2004 à 16:04
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michael aime beaucoup freud il parait d ou ce petit hommage que je fais au pere de la psychanalyse:

Père de la psychanalyse, souvent controversé, Sigmund Freud est sans aucun doute l'un des scientifiques qui aura le plus influencé la pensée de son siècle.
Né à Freiberg (Moravie) le 6 mai 1856, Sigmund n'a que trois ans lorsque son père, un négociant en textile, doit faire face à la faillite économique. Tous ses biens perdus, la famille Freud se réfugie à Vienne en 1860. Le parcours scolaire du petit Sigmund est brillant, malgré ses difficultés d'adaptation à la "grande ville". Il obtient son baccalauréat à l'âge de dix-sept ans et opte alors sans enthousiasme pour des études de médecine. Son entrée à l'école médicale viennoise est à ce moment muée plus par la soif de savoir que celle de guérir. Ce qui l'intéresse : les relations humaines. En 1876, il entre au laboratoire de Ernst Wilhelm Brücke où il entame une prometteuse carrière en anatomo-physiologie du système nerveux. Diplômé de médecine en 1881, il fait la connaissance de Martha Bernays qui deviendra sa femme le 14 septembre 1886 et qui lui donnera trois enfants. Pressé de fonder une famille, Freud a besoin d'argent ; il quitte les sombres laboratoires de la recherche théorique pour entrer dans le service psychiatrique du professeur Theodor Meynert où il étudie et pratique la neurologie. En 1885, à l'occasion d'une étude sur la cocaïne, il met en évidence ses propriétés analgésiques et publie "Uber coca", un ouvrage louant les vertus de la substance mais qui lui sera plus tard reproché par le corps médical viennois.

L'année 1885 marque par ailleurs une étape décisive dans la vie de Sigmund Freud. Ayant obtenu une bourse, il se voit ainsi offrir la possibilité de partir pour Paris, en stage auprès du neurologue français Jean Charcot dont il a plus d'une fois entendu parler. Freud est déçu par la ville et ses habitants, mais tombe sous le charme du maître qu'il décrit en ces termes à sa fiancée : "Charcot, un des plus grands médecins et dont la raison confine au génie, est en train de démolir mes conceptions et mes desseins. La graine produira-t-elle son fruit, je l'ignore ; mais que personne n'a jamais eu autant d'influence sur moi, de cela je suis sûr." A l'hôpital de la Salpêtrière, Freud observe donc les manifestations de l'hystérie, les effets de l'hypnotisme et la suggestion. Il propose à Charcot de traduire certains de ses ouvrages en allemand : "Leçons sur les maladies du système nerveux" est publié en 1886.

Quittant la capitale française, Freud effectue un bref séjour à Berlin où il s'intéresse à la neuropathologie infantile puis retourne à Vienne. Là, il ouvre son propre cabinet de consultation et reçoit beaucoup de "nerveux" qu'il traite par électrothérapie et hypnose comme c'est le cas à l'époque. Pourtant, Freud est à la recherche de nouveaux moyens thérapeutiques ; en 1889, il se rend à Nancy étudier les méthodes du professeur Hippolyte Bernheim. Pour ce dernier, l'hypnotisme n'existe pas réellement : il n'y a que des phénomènes de suggestion.

Pendant dix ans, Freud va se consacrer entièrement au traitement des malades et créer jour après jour la psychanalyse. Le cas d'Anna O., relaté par Joseph Breuer dans "Etudes sur l'hystérie", est traditionnellement reconnu comme le premier pas vers la théorie freudienne. Les deux médecins, qui se connaissent de longue date, sont amenés à se pencher sur les symptômes d'hystérie présentés par cette jeune femme. Au fur et à mesure des consultations, Freud met en évidence l'origine des manifestations : pour lui, "l'accès hystérique est un souvenir, la revivification hallucinatoire d'une scène ayant joué un rôle important dans la maladie". Entre 1887 et 1902, il travaille à élucider les mécanismes du refoulement et la formation des symptômes, découvre l'Œdipe (1897) et rédige "l'Interprétation des rêves" (1900) qui fait pour la première fois du rêve un objet d'étude scientifique. En 1905, il publie "Trois essais sur la théorie de la sexualité", second ouvrage capital avec "le Mot d'esprit dans ses rapports avec l'Inconscient". La psychanalyse est devenue la théorie du fonctionnement de l'appareil psychique. Et cette théorie fait des émules… Sous la forme de la Société psychologique du mercredi d'abord, institution analytique créée en 1902 qui regroupe les premiers disciples de Freud comme Paul Federn et Carl Gustav Jung, puis sous celle de la Société psychanalytique de Vienne (1908).

Entre 1910 et 1930, Freud fait publier un certain nombre d'ouvrages. Parmi eux, "Totem et tabou" (1913) qui lui permet d'introduire la notion de "narcissisme" à travers l'histoire des origines de l'humanité. En 1920, c'est "Au-delà du principe de Plaisir" ; Freud y expose ce qu'il désigne comme les pulsions de vie et de mort et soumet le modèle de l'appareil psychique faisant intervenir le Moi, le Ça et le Surmoi. Enfin, appliquant les théories psychanalytiques aux civilisations, il dénonce, d'abord dans "L'avenir d'une illusion" (1927) puis dans "Malaise d'une civilisation" (1929), le poids que la religion et la morale civilisée imposent à l'enfant.

En 1930, Freud reçoit le prix Goethe et ainsi la reconnaissance de l'Allemagne. Mais h***** se profile à l'horizon et quatre ans plus tard, les nazis brûlent ses livres à Berlin. Freud est alors contraint à l'exil. Il quitte Vienne en 1938 pour s'installer en Angleterre où il continue à traiter de rares patients.
Opéré une première fois en 1923 pour un début de cancer à la mâchoire, Freud souffrira tant de la progression du mal que le 21 septembre 1939, il demande à son médecin d'abréger son calvaire. Deux centigrammes de morphine le plongent dans le coma. La mort surviendra deux jours plus tard.
Sunday 17 October 2004 à 16:07
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il aime beaucoup moins kant par contre:

Vie et oeuvre
«À Königsberg, aujourd'hui dénommée Kaliningrad, en cette ville où Kant est né, où il a enseigné et où il est mort, et qui fut détruite à 90 % en 1944-1945, on ne trouvera aujourd'hui ni sa maison natale ni celle où il est mort. Mais il y a un musée Kant à l'université, et il reste à l'une des extrémités de la cathédrale de Königsberg, maintenant en ruines, une tombe bien entretenue qu'on peut considérer comme un lieu de souvenir et aussi comme un monument de la réconciliation intellectuelle qui se manifeste actuellement dans le monde et nous fait honorer la mémoire de l'un des plus grands philosophes allemands depuis l'époque des Lumières. Kant peut être en effet considéré comme l'un des grands représentants de la philosophie européenne dans son expression germanique depuis le XVIIIe siècle. (...)

Données biographiques

Immanuel Kant (7) est né à Königsberg le 22 avril 1724. Ses parents, de condition modeste, n'en ont pas moins élevé leur fils de telle façon que celui-ci leur garda un sentiment de «profonde reconnaissance» et assura qu'il n'aurait pu recevoir meilleure éducation morale. Les compétences culturelles de base, la lecture et l'écriture, il les acquit à la Hospitalschule, dans un faubourg de la ville. Puis il fréquenta le Collegium Fridericianum, où les principales matières enseignées étaient le latin (les classiques), le grec (le Nouveau Testament), ainsi que la religion et la théologie, dont la présence constante dans l'enseignement et la vie scolaire, certes, lui pesa, mais assura les bases de ce qui fut par la suite sa religion personnelle, conciliable avec la raison. A l'âge de seize ans, en 1740, Kant s'inscrivit à l'université de Königsberg où il peut se familiariser avec la philosophie de Leibniz). Au cours des années suivantes, il instruisit et éduqua, en qualité de précepteur, des garçons de moins de douze ans. En 1755, il fut reçu docteur de l'université de Königsberg, et fut autorisé, cette année, à enseigner en tant que Privatdozent ou maître de conférences non rémunéré.
En cette qualité il analysa les oeuvres de Newton, de Hume surtout Rousseau, qui, selon ses propres termes, le mit «sur le droit chemin», et provoqua chez lui une «révolution de la réflexion». Cette situation de maître de conférences, partiellement financée par son salaire de sous-bibliothécaire à la Bibliothèque royale de Königsberg, prit fin en 1770 avec sa nomination à une chaire de professeur titulaire de logique et de métaphysique (sa leçon inaugurale eut pour titre: «Sur la forme et des
principes du monde des sensible et du monde intelligible). La carrière professorale de Kant le mena à la tête des intellectuels de langue allemande. Au cours de son existence vouée au savoir (il fut aussi recteur de l'université en 1786 et 1788), il rédigea les oeuvres philosophiques majeures de son époque (...).
Débattant avec ceux qui faisaient autorité dans l'Europe intellectuelle de son temps, Kant écrivit, outre de nombreux textes mineurs, sa célèbre Réponse à la question: Qu'est-ce que les Lumières? (1784). Il fit son dernier cours en 1796, et mourut en 1804. Ses derniers mots furent: «C'est bien». Le déisme qu'il professait en matière de religion l'avait affranchi de l'angoisse de la mort. Qui veut tenter de résumer les préoccupations intellectuelles de Kant en quelques formules lapidaires peut se référer aux questions, universellement connues par la suite, qu'il posa en 1793: Que puis-je savoir? Que dois-je faire? Que m'est-il permis d'espérer? Qu'est-ce que l'homme? Les problèmes qu'elles recèlent, Kant s'en saisit, avec un esprit critique et en en recherchant très loin les prémisses, à deux niveaux de réflexion:
Tout d'abord il procéda, avec le positivisme propre à l'esprit des Lumières, à l'examen de la raison humaine, la soumettant à une auto-évaluation rationnelle des possibilités qu'elle ouvre à l'homme et de ses limites. C'est dans cette perspective que se situe l'extraordinaire «modestie» critique et la limitation aux expériences possibles à tout homme («phénomènes») qui caractérisent la Critique de la raison pure où, poussant jusqu'à l'absurde les soi-disant preuves de l'idéologie, Kant établit l'impossibilité d'une connaissance scientifique des choses en soi (Noumena).
Mais aussi, dépassant le stade de ce jugement plutôt réservé à l'égard de la raison humaine, Kant ouvre des perspectives sur l'importance morale qu'ont pour l'homme la liberté, l'immortalité et l'accomplissement religieux. Kant lui-même croyait, dans sa Critique de la raison pure de 1781 (II. Théorie transcendantale de la méthode, Chapitre II, Troisième section: De l'opinion, du savoir et de la foi) «inévitablement à l'existence de Dieu et à une vie future» (8). La foi en «Dieu, la liberté et l'immortalité», qui apporte aux hommes le bonheur et fonde la paix sur terre, ne saurait cependant, selon Kant, être («dogmatiquement») fondée en raison et érigée en doctrine ou idéologie. Aussi sa critique met-elle en garde contre l'idée qu'il serait possible de procéder en la matière par démonstration. Cela reviendrait en effet à nier la liberté de l'esprit humain. C'est en ce sens que Kant avait critiqué la raison dans la Préface de la seconde édition (1787) de la Critique de la raison pure: «Je devais donc supprimer le savoir, pour trouver une place pour la foi» (9), c'est-à-dire pour ouvrir la voie à des certitudes morales correspondantes, au niveau de l'existence humaine. La raison pure «ouvre des vues sur des articles de foi» (10), ni plus ni moins.
Kant a ainsi revendiqué sans ambiguïté la liberté humaine et, respectant la dignité humaine, renvoyé l'aperception de cette liberté au domaine de la subjectivité, dont il est principalement traité dans la Critique de la raison pratique (1788). La conclusion de cette Critique commence en ces termes: «Deux choses remplissent le coeur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique: le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi.» (11) (...)
Sans conteste, c'est l'expression «critique transcendantale» qui qualifie le mieux la méthode d'investigation philosophique de Kant (18). Selon ses propres termes, Kant a sorti la philosophie de son «sommeil dogmatique» en matière de contenus et de méthodes, et élaboré sa propre méthode de réflexion philosophique qui allait faire de lui l'une des grandes figures de la philosophie mondiale. (...)
Kant, fondateur de l'idéalisme allemand, limite la connaissance scientifique à ce qui est de son ressort, sans pour autant ignorer les idées «non empiriques» inhérentes à l'existence humaine. Il cherche au contraire, il cherche à garantir intellectuellement la liberté de la pensée de l'homme, d'une part en montrant l'indémontrabilité des valeurs suprêmes de l'homme par la science empirique, car cette preuve impliquerait la négation de la liberté de l'esprit, et d'autre part, en appelant l'attention «phénoménologico-transcendantal» sur la dignité par laquelle se définit la condition humaine et qui mérite un commentaire critique. (...)

Les acquis durables de Kant

Quelles qu'aient pu être l'influence de Kant, au sens étroit ou au sens large, au fil de l'histoire, et les différentes images, parfois contradictoires, données de son oeuvre, nous allons conclure en tentant d'esquisser ce que cette oeuvre signifie pour nous et de monter sur quelques points, sous forme en quelque sorte idéogrammatique, sans faire de mythologie et en toute honnêteté, ce qu'il faut considérer comme sa contribution, sur le plan philosophico-pédagogique, à l'édification spirituelle et normative d'une future société universelle. Quatre thèmes peuvent servir de point de départ pour une réflexion plus approfondie.

L'Europe au siècle des Lumières

Prenant une part décisive à ce mouvement, Kant a su donner une expression frappante et définitive à ses arguments contre l'intolérance, l'endoctrinement, la lâcheté et la paresse, de sorte qu'ils peuvent nous servir encore aujourd'hui pour édifier une société universelle sur de bonnes assises. Souvenons-nous de sa définition des Lumières: «Les Lumières se définissent comme la sortie de l'homme hors de l'état de minorité où il se maintient par sa propre faute. La minorité est l'incapacité de se servir de son propre entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d'un manque d'entendement mais d'un manque de résolution et de courage pour s'en servir sans être dirigé par un autre. Sapere aude! Aie le courage de te servir de ton propre entendement! Voilà la devise des Lumières» (30).
Depuis cette définition, la notion de «Lumières» a évolué au cours des différentes phases de l'histoire de la culture. On a pu parler d'une deuxième, d'une troisième et d'une quatrième époque des Lumières dans l'histoire européenne des idées. Il apparaît aujourd'hui qu'un retour à Kant et, à partir de sa conception des Lumières, une reconstitution de ce concept «évolutif» est une tâche qui s'impose aux intellectuels, notamment dans la situation résultant du remodelage de l'Europe depuis 1989.
Les tâches majeures de l'éducation telles que Kant les conçoit , c'est-à-dire sous une quadruple forme (discipliner, cultiver, civiliser et moraliser), il convient de les réinterprétées aujourd'hui, après les nombreuses erreurs de la pédagogie allemande, en revenant à leur sens originel. Kant ne voulait pas que l'éducation soit opposée à la croyance religieuse. Et il n'appuyait pas non plus implicitement le principe inhumain d'obéissance qui est une constante de l'histoire prussienne. Bien au contraire, il cherchait à exprimer le fait que toutes les activités éducatives et formatrices devaient être régies en vertu d'un principe excessif d'exigence ou d'indulgence, en respectant et en appliquant, dans toute la mesure du possible, l'axiome de la dignité de l'être humain. Telle devrait être la démarche permettant de redéfinir et de consolider, en termes adaptés à notre époque, cette exigence de «moralisation» que nous a léguée la pensée kantienne.

Le concept de l'individu

Que tout homme, partout dans le monde et en tout temps, constitue une individualité existentielle élémentaire à considérer comme fin en soi, voilà qui est devenu depuis Kant et grâce à lui une idée que l'on ne peut ignorer et dont il est admis qu'elle doit guider la conduite des hommes. L'intérêt que revêt l'idée kantienne de la personne humaine pour la pédagogie s'impose à l'évidence, si l'on considère les analyses qui en ont été faites dans les sciences voisines. En philosophie du droit, par exemple, il est entendu que: «Par sa doctrine de l'autonomie morale de l'homme, Kant a ouvert une voie tout à fait nouvelle. Il substitue au problème de la moralité posé en termes factuels et objectifs, tel qu'il avait préoccupé toute la doctrine du droit naturel avant lui, le problème de la moralité subjective. L'autonomie morale de l'homme devient le principe de la moralité. La personne morale - c'est-à-dire non pas l'homme empirique, élément du monde sensible, mais «l'humanité présente en l'homme» - est fin en soi, et non moyen en vue de fins étrangères. Et pour ce qui est du «comment» de la démarche morale, Kant le définit par son célèbre impératif catégorique: «Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle» (31).
Maintes objections ont été faites à cette argumentation de Kant, qui a pourtant très largement contribué à la justification philosophique des droits de l'homme. On lui a notamment reproché de tourner en rond lorsqu'il déduit le «quoi», c'est-à-dire le contenu éthique, du «comment», à savoir l'impératif catégorique. Mais ce reproche serait injustifié, car fondé sur l'idée erronée que le «quoi» pourrait être défini sans référence subjective, sans le «comment» «Mais il est vrai que le «quoi» ne peut être entièrement défini par le «comment», comme l'admet cependant le fonctionnalisme moderne (N. Luhmann)» (32). Il importe de rappeler ici les conséquences du concept de personne humaine: «Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours comme une fin, et jamais simplement comme un moyen» (33).

Au service de la paix

Le devoir de paix tel qu'il se présente aujourd'hui, absolu et d'application universelle, s'imposant à tous les hommes de tous les continents et de tous les temps, on peut à bon droit en situer le fondement historique dans le théorème kantien de l'impératif catégorique, et notamment dans ses incidences sur les activités qui tendent à faire de la dignité humaine une réalité sans réserves, avec pour fin l'établissement de la paix éternelle. Kant lui-même s'en est expliqué clairement dans ses leçons de pédagogie.
L'importance de la théorie de l'impératif catégorique comme base de réflexion dans la problématique actuelle de la paix et en vue d'une coexistence pacifique de tous les peuples et de toutes les cultures (sans les connotations négatives des penseurs allemands), d'autres cheminements la font également apparaître: l'impératif catégorique s'impose toujours dès qu'il s'agit de définir une norme éthique fondamentale d'application universelle. C'est ce qu'a bien vu P. Mikat lorsqu'il s'est préoccupé de définir les facteurs stabilisateurs du mariage dans le monde moderne. Reprenant les différents éléments du débat scientifique, il rappelle la valeur qui fonde essentiellement l'éthique moderne de la liberté en responsabilité : la dignité de l'être humain comme sujet moral, comme personne, la dignité intangible de celui qui, en réglant sa propre conduite, a le pouvoir d'édicter les lois devant présider universellement à la coexistence d'êtres humains (34). «En effet, et bien que l'homme agisse comme un être de chair et d'os, il n'est pourtant pas un instrument de l'arbitraire mais, confié -- en liberté et en raison - à sa propre responsabilité, il est à lui-même sa propre fin.
«Tout être raisonnable, capable de définir des fins, se distingue donc, en dernier ressort, par son propre caractère de fin en soi et de volonté autonome, et c'est là ce qui constitue le sens de son être moral» (35).
L'impératif catégorique et la reconnaissance de la dignité de la personne, quels que soient l'homme et son champ d'activité, peuvent être considérés comme les deux faces d'une même médaille. L'impératif catégorique rappelle que la dignité de la personne humaine est la notion qui doit guider généralement l'action humaine. C'est la notion de la «dignité fondamentale de toutes les données naturelles qui portent et environnent l'être humain, comme de toutes les productions normatives transmises par voie socio-culturelle». C'est ce qui permet à Kant de formuler, dans la célèbre seconde version de l'impératif catégorique, le principe fondamental de la conduite de l'homme, en tant que personne morale, à l'égard de lui-même et des autres hommes: «Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen» (36).
Cette idée que tout homme constitue une fin en soi, liée pour nous au nom de Kant, revêt lorsqu'elle est située par certains commentateurs dans une perspective d'avenir (voir, par exemple, Reiner ou Bärthlein) une grande importance pour ce qui concerne la solidarité de la communauté humaine (37). Elle répond à des besoins anthropologiques essentiels et ouvre la voie à la coopération de cultures différentes. «Le droit que revendique tout être raisonnable comporte la reconnaissance du même droit pour tout autre être raisonnable, si l'on admet que tous puissent exister simultanément et côte à côte en cette qualité». C'est là le principe de réciprocité qui est posé. «Ce dernier a déjà, sous forme de «règle d'or», profondément marqué, de façon ou d'autre, la conscience morale de tous les peuples», et il se trouve formulé en termes positifs dans le Nouveau Testament: «Ainsi, tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux» (Mathieu 7, 12).
Le précepte de portée universelle ainsi exprimé dans l'ouvrage fondamental du christianisme, en accord avec les autres grandes religions, peut être formulé à peu près comme ceci dans le langage de la philosophie européenne: «La nature de l'être humain, que la liberté et la raison constituent en sujet moral, oblige par là même à reconnaître tout homme comme objet moral, comme un individu» (38). Quiconque s'efforcera de mettre en pratique l'impératif catégorique et sa conception de la personne ne manquera pas d'aborder les problèmes interhumains et internationaux sous l'angle des droits légitimes des différentes parties concernées. «Dans le domaine des relations morales entre les personnes, il s'établira entre celles-ci un équilibre, dès lors que tout en poursuivant la réalisation de ses prétentions, l'individu ne fera jamais de la personne d'autrui un simple moyen, mais au contraire la respectera toujours comme porteuse de sens et animée de prétentions propres, différentes des siennes mais également légitimes. Ainsi la règle éthique fondamentale devra-t-elle toujours être appliquée comme critère suprême, et elle pourra, en outre, être utilisée aussi comme principe heuristique dès lors qu'il s'agira, dans le cas concret, de diriger l'action de l'être humain vers un résultat conforme à sa nature spirituelle» (39).
Les considérations qui précèdent ne sont pas de pure théorie, comme on peut le voir dans l'éloge de l'impératif catégorique qu'a prononcé le professeur Kurt Huber devant le Tribunal du peuple, le 19 avril 1943, avant d'être exécuté par les nazis: «Je m'étais fixé pour but de susciter dans les milieux étudiants, non pas au moyen d'une organisation mais par le seul verbe, non quelque acte de violence mais une prise de conscience morale des maux graves qui marquent actuellement notre vie politique. Le retour à des principes moraux clairs, à l'État fondé sur le droit, à la confiance d'homme à homme, cela n'est pas illégal mais c'est, au contraire, rétablir la légalité. Je me suis demandé, dans l'esprit de l'impératif catégorique de Kant, ce qu'il adviendrait si cette maxime subjective de mon action devenait loi universelle. À cette question, il ne peut y avoir qu'une seule réponse: ce serait alors le retour, dans notre vie politique, de l'ordre, de la sécurité, de la confiance en notre État» (40).
Monday 18 October 2004 à 00:38
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[QUOTE]il aime beaucoup moins kant par contre:

Vie et oeuvre
«À Königsberg, aujourd'hui dénommée Kaliningrad, en cette ville où Kant est né, où il a enseigné et où il est mort, et qui fut détruite à 90 % en 1944-1945, on ne trouvera aujourd'hui ni sa maison natale ni celle où il est mort. Mais il y a un musée Kant à l'université, et il reste à l'une des extrémités de la cathédrale de Königsberg, maintenant en ruines, une tombe bien entretenue qu'on peut considérer comme un lieu de souvenir et aussi comme un monument de la réconciliation intellectuelle qui se manifeste actuellement dans le monde et nous fait honorer la mémoire de l'un des plus grands philosophes allemands depuis l'époque des Lumières. Kant peut être en effet considéré comme l'un des grands représentants de la philosophie européenne dans son expression germanique depuis le XVIIIe siècle. (...)

Données biographiques

Immanuel Kant (7) est né à Königsberg le 22 avril 1724. Ses parents, de condition modeste, n'en ont pas moins élevé leur fils de telle façon que celui-ci leur garda un sentiment de «profonde reconnaissance» et assura qu'il n'aurait pu recevoir meilleure éducation morale. Les compétences culturelles de base, la lecture et l'écriture, il les acquit à la Hospitalschule, dans un faubourg de la ville. Puis il fréquenta le Collegium Fridericianum, où les principales matières enseignées étaient le latin (les classiques), le grec (le Nouveau Testament), ainsi que la religion et la théologie, dont la présence constante dans l'enseignement et la vie scolaire, certes, lui pesa, mais assura les bases de ce qui fut par la suite sa religion personnelle, conciliable avec la raison. A l'âge de seize ans, en 1740, Kant s'inscrivit à l'université de Königsberg où il peut se familiariser avec la philosophie de Leibniz). Au cours des années suivantes, il instruisit et éduqua, en qualité de précepteur, des garçons de moins de douze ans. En 1755, il fut reçu docteur de l'université de Königsberg, et fut autorisé, cette année, à enseigner en tant que Privatdozent ou maître de conférences non rémunéré.
En cette qualité il analysa les oeuvres de Newton, de Hume surtout Rousseau, qui, selon ses propres termes, le mit «sur le droit chemin», et provoqua chez lui une «révolution de la réflexion». Cette situation de maître de conférences, partiellement financée par son salaire de sous-bibliothécaire à la Bibliothèque royale de Königsberg, prit fin en 1770 avec sa nomination à une chaire de professeur titulaire de logique et de métaphysique (sa leçon inaugurale eut pour titre: «Sur la forme et des
principes du monde des sensible et du monde intelligible). La carrière professorale de Kant le mena à la tête des intellectuels de langue allemande. Au cours de son existence vouée au savoir (il fut aussi recteur de l'université en 1786 et 1788), il rédigea les oeuvres philosophiques majeures de son époque (...).
Débattant avec ceux qui faisaient autorité dans l'Europe intellectuelle de son temps, Kant écrivit, outre de nombreux textes mineurs, sa célèbre Réponse à la question: Qu'est-ce que les Lumières? (1784). Il fit son dernier cours en 1796, et mourut en 1804. Ses derniers mots furent: «C'est bien». Le déisme qu'il professait en matière de religion l'avait affranchi de l'angoisse de la mort. Qui veut tenter de résumer les préoccupations intellectuelles de Kant en quelques formules lapidaires peut se référer aux questions, universellement connues par la suite, qu'il posa en 1793: Que puis-je savoir? Que dois-je faire? Que m'est-il permis d'espérer? Qu'est-ce que l'homme? Les problèmes qu'elles recèlent, Kant s'en saisit, avec un esprit critique et en en recherchant très loin les prémisses, à deux niveaux de réflexion:
Tout d'abord il procéda, avec le positivisme propre à l'esprit des Lumières, à l'examen de la raison humaine, la soumettant à une auto-évaluation rationnelle des possibilités qu'elle ouvre à l'homme et de ses limites. C'est dans cette perspective que se situe l'extraordinaire «modestie» critique et la limitation aux expériences possibles à tout homme («phénomènes») qui caractérisent la Critique de la raison pure où, poussant jusqu'à l'absurde les soi-disant preuves de l'idéologie, Kant établit l'impossibilité d'une connaissance scientifique des choses en soi (Noumena).
Mais aussi, dépassant le stade de ce jugement plutôt réservé à l'égard de la raison humaine, Kant ouvre des perspectives sur l'importance morale qu'ont pour l'homme la liberté, l'immortalité et l'accomplissement religieux. Kant lui-même croyait, dans sa Critique de la raison pure de 1781 (II. Théorie transcendantale de la méthode, Chapitre II, Troisième section: De l'opinion, du savoir et de la foi) «inévitablement à l'existence de Dieu et à une vie future» (8). La foi en «Dieu, la liberté et l'immortalité», qui apporte aux hommes le bonheur et fonde la paix sur terre, ne saurait cependant, selon Kant, être («dogmatiquement») fondée en raison et érigée en doctrine ou idéologie. Aussi sa critique met-elle en garde contre l'idée qu'il serait possible de procéder en la matière par démonstration. Cela reviendrait en effet à nier la liberté de l'esprit humain. C'est en ce sens que Kant avait critiqué la raison dans la Préface de la seconde édition (1787) de la Critique de la raison pure: «Je devais donc supprimer le savoir, pour trouver une place pour la foi» (9), c'est-à-dire pour ouvrir la voie à des certitudes morales correspondantes, au niveau de l'existence humaine. La raison pure «ouvre des vues sur des articles de foi» (10), ni plus ni moins.
Kant a ainsi revendiqué sans ambiguïté la liberté humaine et, respectant la dignité humaine, renvoyé l'aperception de cette liberté au domaine de la subjectivité, dont il est principalement traité dans la Critique de la raison pratique (1788). La conclusion de cette Critique commence en ces termes: «Deux choses remplissent le coeur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique: le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi.» (11) (...)
Sans conteste, c'est l'expression «critique transcendantale» qui qualifie le mieux la méthode d'investigation philosophique de Kant (18). Selon ses propres termes, Kant a sorti la philosophie de son «sommeil dogmatique» en matière de contenus et de méthodes, et élaboré sa propre méthode de réflexion philosophique qui allait faire de lui l'une des grandes figures de la philosophie mondiale. (...)
Kant, fondateur de l'idéalisme allemand, limite la connaissance scientifique à ce qui est de son ressort, sans pour autant ignorer les idées «non empiriques» inhérentes à l'existence humaine. Il cherche au contraire, il cherche à garantir intellectuellement la liberté de la pensée de l'homme, d'une part en montrant l'indémontrabilité des valeurs suprêmes de l'homme par la science empirique, car cette preuve impliquerait la négation de la liberté de l'esprit, et d'autre part, en appelant l'attention «phénoménologico-transcendantal» sur la dignité par laquelle se définit la condition humaine et qui mérite un commentaire critique. (...)

Les acquis durables de Kant

Quelles qu'aient pu être l'influence de Kant, au sens étroit ou au sens large, au fil de l'histoire, et les différentes images, parfois contradictoires, données de son oeuvre, nous allons conclure en tentant d'esquisser ce que cette oeuvre signifie pour nous et de monter sur quelques points, sous forme en quelque sorte idéogrammatique, sans faire de mythologie et en toute honnêteté, ce qu'il faut considérer comme sa contribution, sur le plan philosophico-pédagogique, à l'édification spirituelle et normative d'une future société universelle. Quatre thèmes peuvent servir de point de départ pour une réflexion plus approfondie.

L'Europe au siècle des Lumières

Prenant une part décisive à ce mouvement, Kant a su donner une expression frappante et définitive à ses arguments contre l'intolérance, l'endoctrinement, la lâcheté et la paresse, de sorte qu'ils peuvent nous servir encore aujourd'hui pour édifier une société universelle sur de bonnes assises. Souvenons-nous de sa définition des Lumières: «Les Lumières se définissent comme la sortie de l'homme hors de l'état de minorité où il se maintient par sa propre faute. La minorité est l'incapacité de se servir de son propre entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d'un manque d'entendement mais d'un manque de résolution et de courage pour s'en servir sans être dirigé par un autre. Sapere aude! Aie le courage de te servir de ton propre entendement! Voilà la devise des Lumières» (30).
Depuis cette définition, la notion de «Lumières» a évolué au cours des différentes phases de l'histoire de la culture. On a pu parler d'une deuxième, d'une troisième et d'une quatrième époque des Lumières dans l'histoire européenne des idées. Il apparaît aujourd'hui qu'un retour à Kant et, à partir de sa conception des Lumières, une reconstitution de ce concept «évolutif» est une tâche qui s'impose aux intellectuels, notamment dans la situation résultant du remodelage de l'Europe depuis 1989.
Les tâches majeures de l'éducation telles que Kant les conçoit , c'est-à-dire sous une quadruple forme (discipliner, cultiver, civiliser et moraliser), il convient de les réinterprétées aujourd'hui, après les nombreuses erreurs de la pédagogie allemande, en revenant à leur sens originel. Kant ne voulait pas que l'éducation soit opposée à la croyance religieuse. Et il n'appuyait pas non plus implicitement le principe inhumain d'obéissance qui est une constante de l'histoire prussienne. Bien au contraire, il cherchait à exprimer le fait que toutes les activités éducatives et formatrices devaient être régies en vertu d'un principe excessif d'exigence ou d'indulgence, en respectant et en appliquant, dans toute la mesure du possible, l'axiome de la dignité de l'être humain. Telle devrait être la démarche permettant de redéfinir et de consolider, en termes adaptés à notre époque, cette exigence de «moralisation» que nous a léguée la pensée kantienne.

Le concept de l'individu

Que tout homme, partout dans le monde et en tout temps, constitue une individualité existentielle élémentaire à considérer comme fin en soi, voilà qui est devenu depuis Kant et grâce à lui une idée que l'on ne peut ignorer et dont il est admis qu'elle doit guider la conduite des hommes. L'intérêt que revêt l'idée kantienne de la personne humaine pour la pédagogie s'impose à l'évidence, si l'on considère les analyses qui en ont été faites dans les sciences voisines. En philosophie du droit, par exemple, il est entendu que: «Par sa doctrine de l'autonomie morale de l'homme, Kant a ouvert une voie tout à fait nouvelle. Il substitue au problème de la moralité posé en termes factuels et objectifs, tel qu'il avait préoccupé toute la doctrine du droit naturel avant lui, le problème de la moralité subjective. L'autonomie morale de l'homme devient le principe de la moralité. La personne morale - c'est-à-dire non pas l'homme empirique, élément du monde sensible, mais «l'humanité présente en l'homme» - est fin en soi, et non moyen en vue de fins étrangères. Et pour ce qui est du «comment» de la démarche morale, Kant le définit par son célèbre impératif catégorique: «Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle» (31).
Maintes objections ont été faites à cette argumentation de Kant, qui a pourtant très largement contribué à la justification philosophique des droits de l'homme. On lui a notamment reproché de tourner en rond lorsqu'il déduit le «quoi», c'est-à-dire le contenu éthique, du «comment», à savoir l'impératif catégorique. Mais ce reproche serait injustifié, car fondé sur l'idée erronée que le «quoi» pourrait être défini sans référence subjective, sans le «comment» «Mais il est vrai que le «quoi» ne peut être entièrement défini par le «comment», comme l'admet cependant le fonctionnalisme moderne (N. Luhmann)» (32). Il importe de rappeler ici les conséquences du concept de personne humaine: «Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours comme une fin, et jamais simplement comme un moyen» (33).

Au service de la paix

Le devoir de paix tel qu'il se présente aujourd'hui, absolu et d'application universelle, s'imposant à tous les hommes de tous les continents et de tous les temps, on peut à bon droit en situer le fondement historique dans le théorème kantien de l'impératif catégorique, et notamment dans ses incidences sur les activités qui tendent à faire de la dignité humaine une réalité sans réserves, avec pour fin l'établissement de la paix éternelle. Kant lui-même s'en est expliqué clairement dans ses leçons de pédagogie.
L'importance de la théorie de l'impératif catégorique comme base de réflexion dans la problématique actuelle de la paix et en vue d'une coexistence pacifique de tous les peuples et de toutes les cultures (sans les connotations négatives des penseurs allemands), d'autres cheminements la font également apparaître: l'impératif catégorique s'impose toujours dès qu'il s'agit de définir une norme éthique fondamentale d'application universelle. C'est ce qu'a bien vu P. Mikat lorsqu'il s'est préoccupé de définir les facteurs stabilisateurs du mariage dans le monde moderne. Reprenant les différents éléments du débat scientifique, il rappelle la valeur qui fonde essentiellement l'éthique moderne de la liberté en responsabilité : la dignité de l'être humain comme sujet moral, comme personne, la dignité intangible de celui qui, en réglant sa propre conduite, a le pouvoir d'édicter les lois devant présider universellement à la coexistence d'êtres humains (34). «En effet, et bien que l'homme agisse comme un être de chair et d'os, il n'est pourtant pas un instrument de l'arbitraire mais, confié -- en liberté et en raison - à sa propre responsabilité, il est à lui-même sa propre fin.
«Tout être raisonnable, capable de définir des fins, se distingue donc, en dernier ressort, par son propre caractère de fin en soi et de volonté autonome, et c'est là ce qui constitue le sens de son être moral» (35).
L'impératif catégorique et la reconnaissance de la dignité de la personne, quels que soient l'homme et son champ d'activité, peuvent être considérés comme les deux faces d'une même médaille. L'impératif catégorique rappelle que la dignité de la personne humaine est la notion qui doit guider généralement l'action humaine. C'est la notion de la «dignité fondamentale de toutes les données naturelles qui portent et environnent l'être humain, comme de toutes les productions normatives transmises par voie socio-culturelle». C'est ce qui permet à Kant de formuler, dans la célèbre seconde version de l'impératif catégorique, le principe fondamental de la conduite de l'homme, en tant que personne morale, à l'égard de lui-même et des autres hommes: «Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen» (36).
Cette idée que tout homme constitue une fin en soi, liée pour nous au nom de Kant, revêt lorsqu'elle est située par certains commentateurs dans une perspective d'avenir (voir, par exemple, Reiner ou Bärthlein) une grande importance pour ce qui concerne la solidarité de la communauté humaine (37). Elle répond à des besoins anthropologiques essentiels et ouvre la voie à la coopération de cultures différentes. «Le droit que revendique tout être raisonnable comporte la reconnaissance du même droit pour tout autre être raisonnable, si l'on admet que tous puissent exister simultanément et côte à côte en cette qualité». C'est là le principe de réciprocité qui est posé. «Ce dernier a déjà, sous forme de «règle d'or», profondément marqué, de façon ou d'autre, la conscience morale de tous les peuples», et il se trouve formulé en termes positifs dans le Nouveau Testament: «Ainsi, tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux» (Mathieu 7, 12).
Le précepte de portée universelle ainsi exprimé dans l'ouvrage fondamental du christianisme, en accord avec les autres grandes religions, peut être formulé à peu près comme ceci dans le langage de la philosophie européenne: «La nature de l'être humain, que la liberté et la raison constituent en sujet moral, oblige par là même à reconnaître tout homme comme objet moral, comme un individu» (38). Quiconque s'efforcera de mettre en pratique l'impératif catégorique et sa conception de la personne ne manquera pas d'aborder les problèmes interhumains et internationaux sous l'angle des droits légitimes des différentes parties concernées. «Dans le domaine des relations morales entre les personnes, il s'établira entre celles-ci un équilibre, dès lors que tout en poursuivant la réalisation de ses prétentions, l'individu ne fera jamais de la personne d'autrui un simple moyen, mais au contraire la respectera toujours comme porteuse de sens et animée de prétentions propres, différentes des siennes mais également légitimes. Ainsi la règle éthique fondamentale devra-t-elle toujours être appliquée comme critère suprême, et elle pourra, en outre, être utilisée aussi comme principe heuristique dès lors qu'il s'agira, dans le cas concret, de diriger l'action de l'être humain vers un résultat conforme à sa nature spirituelle» (39).
Les considérations qui précèdent ne sont pas de pure théorie, comme on peut le voir dans l'éloge de l'impératif catégorique qu'a prononcé le professeur Kurt Huber devant le Tribunal du peuple, le 19 avril 1943, avant d'être exécuté par les nazis: «Je m'étais fixé pour but de susciter dans les milieux étudiants, non pas au moyen d'une organisation mais par le seul verbe, non quelque acte de violence mais une prise de conscience morale des maux graves qui marquent actuellement notre vie politique. Le retour à des principes moraux clairs, à l'État fondé sur le droit, à la confiance d'homme à homme, cela n'est pas illégal mais c'est, au contraire, rétablir la légalité. Je me suis demandé, dans l'esprit de l'impératif catégorique de Kant, ce qu'il adviendrait si cette maxime subjective de mon action devenait loi universelle. À cette question, il ne peut y avoir qu'une seule réponse: ce serait alors le retour, dans notre vie politique, de l'ordre, de la sécurité, de la confiance en notre État» (40).[/QUOT


c'est bien ce que tu as ecrit?
brosse a dent
anticonstitutionnelement
paradoxal
liberalisme
Monday 18 October 2004 à 11:54
Citer +Citer
Allo docteur !!
Tuesday 19 October 2004 à 02:49