samedi 15 octobre 2005 à 19:54
Weakheart : Pour le chapitre cosmogonie, voici une digression avant d'en reprendre les grands thèmes (si tu permets que je m'immisce un tant soi peu dans cette démarche).
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- Les faits supposés (
click) : Traitent de la découverte de tablettes d'argiles en Chaldée, qui comtent l'épopée de Gilgamesh. Dans celle-ci, un réçit de déluge mythique occurant vers -7500 aC., selon la tradition mythologique mésopotamienne (akkado-sumérienne). L'épopée de Gilgamesh servira de manuel scolaire dans la période babylonienne post-sargonite.
- L'histoire :
Click (en anglais)Gilgamesh, Seigneur de Kulaab et Roi d'Uruk (Chaldée), décide de partir à la recherche de l'immortalité. Après un long voyage, il parvient aux confluents des 4 fleuves de l'enfer, où il rencontre Outa'Napishtim, première apparition de l'entité qui sera reprise bibliquement sous la forme de Noé. Celui-ci lui narre comment il en est venu à l'immortalité : Enlil, démiurge, eut la haine des hommes et déclencha le déluge. Ea, la sagesse, ordonna à Outanapishtim de construire un arche, d'y emmener un couple de chaque espèce d'animaux, ainsi que sa famille. Déluge. Celui-ci ayant pris fin, Outa... libère une hirondelle qui revient vers l'arche, etc, jusqu'à ce qu'elle ne revienne plus. Après quoi, Outa... ayant survécu, on lui offre l'immortalité et le rôle de gardien de la porte des mânes.
(ici, une traduction anglaise de
l'Enuma Elish, poème babylonien de la création du monde, qui encense l'apparition de Mardouk, nouveau démiurge :
Click).
- L'analogie biblique :
On retrouve dans certains passages, mots pour mots, ou idées par idées, certains éléments du réçit mythologique mésopotamien. Le déluge biblique prend la même tournure, présente des personnages au même rôle, ayant les mêmes actions et les mêmes craintes.
Le schéma de construction de l'Arche est quasi-identique, celui de l'aboutissement du déluge de même. Voyons quelques extraits :
De Génèse 6, verset 5 à Génèse 8, verset 22 :Elohim dit à Noé : "La fin de toute chair m'est venue à l'esprit, car la terre est remplie de violence à cause d'eux. Voici donc que je vais les détruire avec la terre. Fais-toi une arche en bois de cyprès..."
"Des oiseaux selon leur espèce, des bestiaux selon leur espèce, de tous les reptiles selon leur espèce, il en viendra deux de chaque vers toi pour sauvegarder la vie."
Après le déluge, qui dura 40 jours, "Tout ce qui avait en ses narines une haleine d'esprit de vie, parmi tout ce qui existait sur la terre ferme, tout mourut", sauf Noé, ses animaux et sa famille.
"La colombe revint à lui, au temps du soir, et voici qu'en sa bouche il y avait une feuille d'olivier toute fraîche [...] Il attendit encore 7 autres jours et lâcha la colombe, mais elle ne revint plus vers lui."
Cela tend à souligner le replaquage littéraire effectué par les Patri Ecclesiae, les faits étant confondus, les dates citées étant aléatoires et les éléments repris du fond mythologique antique étant multiples. Bien sûr, certains y verront la preuve de la véracité des faits, puisqu'attestés à deux reprises.
Mais on peut aussi décider de n'y voir qu'une reprise parodique de croyances populaires, remaniée et améliorée, dont le but était de fonder le monothéisme en cette époque polythéiste. Il fallait donc trouver un terrain d'entente, ne pas prôner des valeurs nouvelles sans les appuyer sur des schèmes déjà connus. Aussi s'est-on attaché à fusionner ces croyances en un texte unique pour lui donner toute crédibilité. Le roman biblique, selon cette optique, devient alors une forme, certes raffinée, de plagiat historique...
Sources :
click