Le SIDA
Ou syndrome de l’immuno-déficience acquise.
Rappelons premièrement que le virus du SIDA touche au total 33, 2 millions de personnes dans le monde. En Europe, c’est plus de 760 000 personnes qui sont concernée. Certes, proportionnellement ces chiffres sont insignifiants comparé au total de personnes contaminées. Cependant, je me permettrai une petite comparaison, histoire de faire redescendre sur terre les sceptiques : devons-nous oublier que des milliers d’homosexuels ont été déportés durant la Seconde Guerre mondiale sous prétexte que les juifs ou les tziganes y ont été plus nombreux ? La réponse est non. Il en va de même avec le SIDA, minimiser la chose ne la fait pas disparaître.
I- Le SIDA, qu’est-ce que c’est ?C’est le nom d’un ensemble de symptômes consécutifs à la destruction de plusieurs cellules du système immunitaire par un rétrovirus. Le sida est le dernier stade de l'infection par ce virus et finit par la mort de l'organisme infecté des suites de maladies opportunistes. Il existe plusieurs rétrovirus responsables du sida, chacun infectant une espèce particulière. Le plus connu d'entre eux est le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) infectant l'Homme. Les autres virus sont, parmi d'autres, le VIS infectant les singes et le VIF pour le chat.
En clair -> le VIH détruit tes défenses immunitaires (la faculté de ton corps à développer des anti-virus pour te protéger contre des maladies). Une fois tes défenses détruites, ton corps n’est plus protégé par rien, et tu peux mourir d’un simple rhume.
II- Comment on attrape le SIDA ?Le VIH (virus responsable du SIDA), est présent en chacun de nous dans le sang. Chez les femmes, il est également présent dans les sécrétions vaginales et le lait ; chez les hommes, c’est dans le sperme et le liquide séminal (qui s’écoule au début de l’érection).
C’est par ces liquides que le virus peut se transmettre, cependant, il faut qu’il y ait une forte concentration du virus pour qu’il y ait contamination. En effet, le VIH est un virus très fragile et qui survit très difficilement s'il se trouve en dehors de l'organisme humain.
Aussi, ne sont pas contaminants : la salive, la sueur, les larmes, l'urine... car le virus est présent en quantité trop faible. Il n'y a donc aucun risque de transmission dans les activités de la vie quotidienne : embrasser, serrer la main, partager des objets (verres, vaisselle...) et dans les lieux publics (piscine, toilettes...).
1) Contamination par voie sexuelle- Lors de rapports sexuels non protégés (pénétration vaginale ou anale sans préservatif)
- Lors d'une fellation, les risques sont infimes. Les contacts oraux-génitaux et oraux-anals comportent eux aussi des risques. En effet, le virus peut se transmettre si vous avez une lésion dans la bouche (saignement de la gencive, aphte, plaie). De ce fait, pour éviter tout risque, il est recommandé d'utilisé un préservatif (il en existe de différents goûts) lors d'une fellation, et d'utiliser un carré de Latex, ou du papier alimentaire pour les cunnilingus, et anulingus. De même, il est conseillé de ne pas se brosser les dents dans la demi heure qui précède et qui suit le rapport sexuel.
2) Contamination par voie sanguine- Transmission en cas d'utilisation d'une seringue usagée pour une injection par voie intraveineuse.
- Transmission de la mère à l'enfant pendant la grossesse, l'accouchement et l'allaitement. La transmission materno-feotale est importante mais pas systématique.
- En cas de blessure avec un objet souillé de sang contaminé
III- Evolution de la maladie1) ContaminationDe 0 à 48 heures maximum. Exposition au virus par voie sexuelle ou sanguine Entrée du virus dans l'organisme. Il existe un traitement préventif d'urgence pour tenter d'éliminer le virus. Contactez les urgences hospitalières. Pas de dépistage.
2) Dissémination Après 48 heures. Installation du virus dans les ganglions. Très faible concentration de virus dans le sang
La prise d'un traitement ne permet plus d'éliminer le virus mais diminue nettement sa multiplication. Pas de dépistage possible.
3) Primo-infectionEntre 10 et 40 jours. Multiplication intense du virus qui devient apparent dans le sang. Le virus peut être détecté dans le sang mais les anticorps peuvent encore être absents. Dépistage possible à partir du 15e jour. Traitement dit de la primo-infection afin de diminuer la multiplication du virus le plus tôt possible et d'influer sur l'avenir médical du patient.
4) Infection chronique A partir de 30 jours. Apparition des anticorps anti-VIH détectables dans le sang. L'infection peut rester de longues années silencieuse. Dépistage sérologique. Traitement par multithérapie possible dès confirmation sérologique du diagnostic.
5) Stade sidaA partir de 10 ans et plus. La durée séparant la contamination de l'entrée dans la maladie peut varier énormément selon les individus, en fonction de leur biologie, du virus, des traitements... Avant les trithérapies, environ 50% des sujets séropositifs développaient un SIDA dix à onze ans après la contamination avec effondrement des défenses immunitaires. Une trithérapie peut encore, à ce stade, diminuer la charge virale et restaurer partiellement les défenses immunitaires.
IV- Le dépistageAvoir recours à un dépistage constitue un acte volontaire et responsable, nul ne doit jamais être dépisté à son insu, et plusieurs raisons peuvent motiver cette démarche.
1) A quel moment ? Grâce à l'évolution de la recherche et de la prise en charge des patients, il n'est plus nécessaire d'attendre 3 mois pour se faire dépister. Le plus sage en cas de prise de risque est d'entrer en contact le plus rapidement possible avec un service d'urgence ou un médecin. Dans tous les cas, n'hésitez pas à interroger vos contacts privilégiés : médecins généralistes, infirmières, plannings familiaux, associations... Ils sauront vous accompagner dans votre démarche, vous conseiller et vous orienter.
Le besoin de pratiquer un test de dépistage peut intervenir à différents moments :
- Suite à une prise de risque (si celle-ci est récente - moins de 48h, il est important de consulter un service d'urgence ou un médecin le plus tôt possible) :
- relation sexuelle non protégée
- le préservatif s'est déchiré
- partage d'une seringue ou de matériel d'injection
|*] blessure avec un objet souillé de sang
Quelle que soit la durée qui vous sépare d'une prise de risque, il est important de consulter, il existe des tests et des prises en charges correspondant aux différentes étapes de l'infection.
Pour faire le point :
- pour savoir où on en est par rapport à l'infection à VIH
- parce qu'au sein d'un couple stable on souhaite ne plus utiliser de préservatifs
- parce qu'une grossesse est envisagée ou confirmée
2) Comment avoir accès à un test de dépistage ?- Par son généraliste
Lors d'une visite chez son généraliste, on peut aborder la question du VIH et, après examen de la situation, le médecin pourra prescrire un test qui est remboursé à 100% par la Sécurité Sociale. Son ordonnance en poche, on se rend dans un laboratoire d'analyses médicales pour y effectuer un prélèvement sanguin. Le résultat sera automatiquement adressé au médecin qui se chargera de vous l'expliquer et de vous prodiguer quelques conseils pour l'avenir. Des dépistages sont également effectués dans les centres de plannification familiale, les consultations MST. Renseignez-vous.
- Auprès d'un centre de dépistage
On peut également se rendre dans un Centre d'Information et de Dépistage Anonyme et Gratuit du Sida (CDAG). Il y en a au moins un dans chaque département. On peut y trouver des documents et des renseignements sur le VIH, mais également y effectuer un test. Pas besoin d'ordonnance, ni d'être à jeûn et il n'est pas forcément nécessaire de prendre rendez-vous (se renseigner par téléphone auparavant). Au cours de l'entretien avec un médecin ou un(e) infirmier(e), on peut exposer sa situation personnelle et poser des questions. On étudie alors la nécessité d'un test et, le cas échéant, un prélèvement sanguin est pratiqué. Le résultat est remis ( en général une semaine après le test) par un médecin avec lequel on peut à nouveau évoquer sa situation et envisager les dispositions à prendre selon le résultat.
3) Le testUn test négatif 1 mois après la dernière prise de risque signifie que l'on est séronégatif, cela ne signifie pas que l'on est à l'abri d'une contamination, il faut continuer à se protéger. A ce jour : Il n'existe aucun vaccin contre le sida. Aucun séropositif n'est jamais redevenu séronégatif. Les traitements prolongent la vie de nombreuses personnes mais ne les guérissent pas.
Si le test est positif, on est porteur du virus et on peut le transmettre. Il est important de se faire suivre régulièrement par un médecin. Celui-ci pourra prescrire un traitement afin de ralentir la progression de l'infection à VIH et de prévenir certaines maladies liées à celle-ci. Ce traitement diminue également les risques de transmission de la mère à l'enfant en cas de grossesse.
V- Le Traitement Post-Exposition au VIH Vous venez d'être exposé à une situation à risque avec une personne séropositive (blessure accidentelle avec un objet souillé de sang, rapport sexuel non protégé, le préservatif s'est percé, échange de seringue...). Réagissez dans les 48h !
En effet, vous pouvez bénéficier dans ce délai d'un traitement post-exposition, dit "prophylactique", afin de mettre toutes les chances de votre côté pour éviter l'infection. En vous rendant au plus vite à l'hôpital ou au centre de dépistage anonyme et gratuit (C.D.A.G.) le plus proche, vous pouvez éviter que le virus franchisse la barrière muqueuse et qu'il entre dans l'organisme. D'où la nécessité absolue de démarrer le traitement le plus rapidement possible après l'exposition. En France, les médecins estiment qu'au-delà de 48 h, la contamination est déjà installée.
L'efficacité du traitement n'est pas assurée à 100 %. On estime aujourd'hui qu'il peut réduire de 80% au moins le risque de contamination. Le traitement est constitué généralement d'une bithérapie et parfois d'une trithérapie. Il varie selon le type d'exposition et les antécédents de santé du patient.
Mais attention, il existe des contre indications au traitement, telles qu'une grossesse en cours, une maladie sévère du foie, du pancréas ou des reins, des antécédents allergiques connus à l'un des médicaments, une polyallergie ou un très mauvais état de santé.
Le traitement dure quatre semaines, à raison de deux à trois prises de médicaments par jour. Mais le suivi sérologique après traitement dure ensuite cinq mois. Le patient ne sait avec une certitude absolue s'il est séropositif ou non que 5 mois après l'arrêt du traitement, soit 6 mois après l'exposition au virus du Sida.
Le traitement peut engendrer des effets secondaires plus ou moins gênants selon les personnes. Les symptômes les plus couramment observés sont un état de grande fatigue, des maux de tête, des nausées et des fourmillements.
Pour les assurés sociaux, le traitement est automatiquement pris en charge à 100% par la Sécurité Sociale. Pour les non-assurés sociaux, le processus de prise en charge est un peu plus compliqué (beaucoup de formulaires à remplir) mais il existe.
LE FAIT QU’IL EXISTE DES TRAITEMENTS NE VOUS DISPENSE PAS DE VOUS PROTEGER ! Ces traitements ne sont jamais efficaces à 100%, et aucun ne peut encore détruire complètement le virus, ce qui veut dire qu’une fois que vous avez le virus, vous le gardez à vie.
Pour plus d’informations, contactez SIDA Info Service au 0 800 840 800 (numéro vert).
Ce message a été modifié par _A_ - Friday 08 February 2008 à 19:22.