Je ne m'interesse pas aux faits ?
Je n'ai pas arreté depuis le début de notre conversation à ne parler que des faits et non de ton appartenance idéologique ou autres.
1 ) J'ai souligné que le grand patronat de l'industrie et les banquiers financèrent le NSDAP. Ainsi, à la naissance du NSDAP plusieurs personnalités du Grand Capital entrèrent en contact avec le parti, surtout après les éléctions de septembre 1930 afin de le mettre sous controle et de l'orienter dans le sens du capital financier pour le rendre apte à gouverner :
-Kurt Freiherr von Schröder : associé dans une banque privée de Cologne, parent et partenaire en affaires des propriétaires anglais et américain de la Banque Schroeder.
- Hjalmar Schacht : président de la Banque Nationale allemande et homme de confiance du capital financier international.
- Emil Georg von Stauss : un des directeurs de la banque la plus puissante d'Allemagne, la Deutsche Bank und Disconto-Gessellschaft
- Le Prince royal Guillaume de Hohenzollern et son frere qui obtint des hautes fonctions dirigeantes notament chez les SA.
L'influence directe du grande capital sur le NSDAP fut renforcée par l'adhésion en 1931 de monopolistes importants :
- Walter Funk : à l'époque éditeur du journal de la grande bourgeoisie Die Berliner Börsen-Zeituyng. Il devient conseiller économique de h*****.
- Frizt Thyssen : membre du conseil d'administration de l'Union des aciéries Vereinigten Stahlwerke, le plus grand trust de l'industrie du charbon et de l'acier en Europe.
- Wilhelm Mann : membre de la direction du plus grand groupe chimique mondial, IG Farben.
La meme année, le 19 juin 1931, Edmund Stinnes prit également personnellement contact avec h***** pour lui communiquer quelle politique intérieure et extérieure un gouvernement n**i devrait mener selon lui.
Fin 1931, debut 1932, à l'annonce de nombreux scrutin, les frais de campagne grimpèrent en flèche. Les donateurs issus de tous les secteurs de l'industrie, de la banque et du monde des propriétaires terriens étaient réunis dans un "cercle de soutien" dirigé par l'industriel Wilhelm Keppler, membre du NSDAP depuis 1927, conseiller finanier de h***** depuis la seconde moitié de l'année 1931 et agent de liaison des nazis dans les cercles financiers dirigeants, spécialement auprès du baron Kurt von Schroder.
Le reste de mon explication :
http://www.comlive.net/Nsdap-Et-Grand-Capital,111708.htm2) J'ai souligné la politique mise en place dès l'arrivée du national-socialisme contre les ouvriers notamment avec la suppression du droit de grève et des syndicats, l'augmentation du temps de travail et la baisse des salaires. Kershaw souligne lui aussi ces faits dans son livre "Qu'est ce que le nazisme ?"
A la page 112 on peut lire :
"L'écrasement de la gauche, la liberté d'action accordée à l'industrie, la mise au pas des rapports patrons-ouvriers et, de manière plus générale, l'instauration d'un nouveau climat politique furent à la base d'une relation politique entre le gouvernement et le Grand Capital, relation cimentée par le stimulus donné à l'économie par le programme de création d'emplois, puis de plus en plus, par les profits massifs générés par le boom de l'industrie de l'armement".
3) J'ai également mis le doigt sur les mesures du régime n**i en faveur de la concentration de grands groupes industriels et cartels privés, ainsi l'historien français Charles Bettelheim écrit : "Si le nazisme a laissé se développer le mouvement de trustisation tel qu'il ressort des précédentes statistiques (les statistiques tirées des archives allemandes montrent une incroyable concentration capitaliste avec la formation de grands trusts capitalistes) si meme il l'a favorisé ainsi que nous le verrons, il n'a pas non plus touché à la constitution économique et technique de ces grands organismes comme le reconnait Haussmann, économiste officiel allemand. Les principaux Konzern existaient déjà en 1932, ont seulement vu leur puissance s'accroitre par la suite. [...] il a analyse par la suite l'exemple d'IG Farben [...] La concentration économique a abouti en Allemagne à la domination de l'économie par de gigantesques Konzern, propriétés privées soit d'une famille de personnes que l'on retrouve dans les principaux conseils d'administration de l'industrie et de la banque. En définitive l'économie allemande est dominée par le grand capital, le nazisme n'a apporté aucun changement à ce fait, il n'a apporté aucune modification au fonctionnement des Konzern, la forme de propriété qu'il a défendue est celle du grand capital
4) J'ai remis en cause ton argument sur un autarcie qui n'a jamais existé et sur le mémorandum Blomberg qui est ton argument pour montrer l'affaiblissement des industriels. Or Kershaw écrit dans "Qu'est ce que le nazisme ?" page 114 :
" On a à juste titre fait observer qu'il ne fallait pas voir dans ce mémorandum "l'ingérence capricieuse d'un dictateur fébrile dans les affaires économiques". Il serait erroné d'imaginer que l'industrie fut irrémédiablement divisée par l'introduction du Plan. L'industrie lourde essuya un revers provisoire et non une défaite permanente. [...] La recherche a donc permis de nuancer considérablement l'idée que le Plan de quatre ans aurait marqué un tournant dans le pouvoir de l'industrie et instauré une primauté décisive du politique."
Voila qui balaye ton argument !
5) J'ai rappelé les mesures économiques nazis en faveur du réarmement dont les commandes bénéficièrent aux industriels privées tout comme les mesures contre les juifs et l'aryanisation des biens de production, j'ai cité Hillberg qui souligne : " On peut conclure que ces opérations d'expropriations ont rapporté aux industriels et commercants allemands des milliards de reichsmarks", il remarque aussi que l'Etat allemand ne toucha que "peu de recettes" de ces expropriations, tout alla dans les poches des patrons, commercants ou banquiers allemands.
De même les camps de concentration furent une mine d'or pour la main d'oeuvre comme le souligne l'historien américain Edwin Black dans son livre "IBM et l'Holocauste" le détenus étaient employés par les usines allemands à des salaires le plus bas possible, des esclaves au service du capitalisme et du réarmement allemand. Les nazis appelaient ca "la destruction par le travail". Ainsi pour la seule année 1942 le total des revenus dégagés par les esclaves de l'ensemble des camps se chiffrait à 13,2 millions de RM.
Un article du monde diplomatique sur l'exploitation des déportés par Volkswagen :
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/01/CLAIRMONT/98126) Enfin, j'ai abordé l'influence des industriels et hommes d'affaires dans les choix économiques du régime n**i. Ainsi, Kershaw écrit à la page 108-109 du livre deja cité (que tu n'as pas lu) :
"Les travaux récents sur l'économie nazie montrent en effet que les objectifs et les intérets des dirigeants nazis et ceux du capitalisme allemand s'interpénétraient si étroitement qu'il est difficile d'isoler deux sphères distinctes, l'une purement "politique", l'autre purement "économique", et donc d'établir un rapport de "primauté" de l'une sur l'autre. [...]
Il n'est pas possible de soutenir que la "cause commune" que les étites économiques allemandes embrassèrent aux cotés des nazis à partir du tournant de l'année 1932-1933 se soit transformée, après 1936, en une "primauté du politique". Bien plutot, l'Etat et les principaux secteurs de l'industrie s'unirent encore plus étroitement, si bien qu'avant et surtout durant la guerre, l'initiative,
la responsabilité et le controle administratif du fonctionnement de l'économie, avec pour corollaire une large influence sur les décisions politiques et militaires inextricablement liées à l'économie, passèrent entre les mains de l'industrie privées."
En effet, j'ai cité un document du Président de la Chambre de Commerce de Paris en visite à la fin de l'année 1938 dans des usines allemandes, il écrit que le système n**i conférait à ses homologues "le pouvoir politique" : "les présidents de chambres de commerce allemandes étaient tous hauts fonctionnaires et grands patrons, membre du parti n**i et dotés d'une très grande influence, presque dominante, en Allemagne. Ces présidents constituaient le conseil économique du Reich, la Reichswirtschatfskammer (chambre de l'économie du Reich), au ministère de l'Economie."
Férasson lui même en vain, "réclamait depuis deux ans au gouvernement français d'accorder à l'assemblée des présidents des chambres de commerce de France des pouvoirs similaires".
Enfin suite à la nomination de Speer en 1942, les milieux industriel avec ingénieurs et chefs d'entreprises furent placés à la tete des "unions de branche". Chaque secteur de production fut strictement organisé. On créa, à la fin de 1941 et au début de 1942, cinq Unions industrielles, Reichsvereinigungen à la tête desquelles furent placés des représentants des grandes firmes (Flick, Mannesmann, Krupp). Ces Reichsvereinigungen, dominés par quelques grands monopoles, avaient pouvoir, par exemple, de faire fermer les petites entreprises déclarées peu rentables ou ne travaillant pas directement pour la guerre.
Ces Unions étaient dotées de grands pouvoirs et fonctionnaient parallèlement à un Conseil de l'armement (Rüstungsrat) dans lequel étaient également représentés les grands industriels. A ce stade on peut considérer que les cadres supérieurs du Parti national-socialiste ont, dans ces domaines, largement fusionné avec l'appareil de direction capitaliste traditionnel. Des hommes comme Fritz Todt ou Albert Speer, chargés d'organiser sur le plan économique une certaine planification en vue de la "guerre totale", accentuent cette évolution qui débouche sur un système de capitalisme monopoliste d'Etat.
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Je pense donc m'être intéressé aux faits !
Ce message a été modifié par Hadora - Wednesday 13 June 2007 à 15:17.